Clamser à Tataouine

De la vraie fiction, drôle et amorale. Les meurtres s’enquillent sans qu’on ne s’intéresse trop au victimes. Et qu’importe, car ici, c’est l’action qui compte.

Mon plan achève de prendre forme. La société doit s'acquitter de ce mal-être dont je la tiens responsable. Pour que l'anéantissement soit total et que mon action porte, je dois frapper symboliquement. Je vais tuer un représentant de chacune des classes sociales. Je choisirai des femmes, non par virilisme vengeur mais simplement parce que, si ces coups d'éclat doivent être mes derniers et se solder par un enfermement définitif, autant dépenser mes dernières heures auprès de ceux qui ont toujours eu ma préférence. À savoir les femmes.
C'est l'histoire d'une misandrie qui faisait qu'une misanthropie prenait l'apparence d'une misogynie.
Clamser à Tataouine de Raphaël Quenard
Et ça fonctionne plutôt bien avec quelques phrases, pensées et pépites fort sympathiques.

Un bon divertissement dont j’ai toutefois eu peine à trouver le message

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tataouine, novembre 2024

Je coule les jours les plus doux de mon existence. J'ai trouvé la parade ultime. Vivre aux crochets d'une octogénaire, c'est quand même le pied.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« La discutable dextérité dont j'ai fait montre pour me dépatouiller de mon existence laisse à penser que je suis tout sauf un exemple à suivre.»

C'est le moins qu'on puisse dire. Le narrateur est un jeune marginal qui n'a jamais cherché à s'intégrer. Ce qui ne l'empêche pas de trouver plus commode de rejeter l'entière responsabilité de son ratage sur la société. Et il compte bien, « en joyeux sociopathe », lui faire salement payer l'addition de sa défaite. Son plan ? S'immiscer dans toutes les classes sociales pour dénicher chaque fois une figure représentative de cette société détestée. Et la tuer. En écrivant le roman de ce psychopathe diaboliquement pervers, provocateur et gouailleur, l'auteur entraîne le lecteur dans une épopée macabre mâtinée d'un humour noir très grinçant. Avec un style aussi électrique qu'inventif, Raphaël Quenard dissèque le cerveau malade d'un monstre moderne et met en scène toute la galerie de personnages qui l'entourent.