Gonzalo et les autres

Si son premier roman, Suiza, m’avait cisaillé, Saint Jacques ne m’avait guère laissé de souvenirs et j’avais donc laissé Gonzalo de côté… Jusqu’à ce que, bienheureusement, on m’en loue la qualité. Et merci !

J'ai voulu rencontrer d'autres femmes ensuite, pour tenter d'oublier, de guérir, mais je cherche toujours une part de Bonnie dans mes nouvelles conquêtes. J'ai des séquelles insurmontables, des lésions chéloïdes sur le cœur qui le rendent encore plus dur à s'émouvoir, je fais de l'arythmie d'amour. Je finirai seul, Gonzalo, je ne sais pas aimer. Quand la solitude sera trop corrosive, que je me sentirai trop ankylosé, j'irai parfois à Cáceres me promener dans les rues et m'enivrer aux terrasses dans la touffeur du soir. Je m'injecterai un rappel d'amour, en m'arrêtant sous les porches, je remonterai vers la rue Roso de Luna et, depuis notre ancienne chambre d'hôtel au velux ouvert sur le ciel, je me souviendrai de tout et j'écrirai comme Neruda les vers les plus tristes de ma vie : « La nuit est pleine d'étoiles, elle n'est pas avec moi. »
Gonzalo et les autres de Bénédicte Belpois
Ce roman choral où les amis, voisins et famille de Gonzalo prennent tour à tour la parole, respire la vie.

Un livre magnifique ou l’amour, tout comme Gonzalo, s’en vient et s’en va

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Aujourd'hui j'ai écrit à la Tía Cayetana.
Elle seule peut faire quelque chose pour moi. Elle ira parler au Père, certainement, elle plaidera ma cause. Elle a toujours trouvé les mots pour l'adoucir et il l'écoute comme un oracle depuis l'enfance.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Gonzalo, fils d’un viticulteur d’un petit village d’Estrémadure, s’enfuit pour éviter le service militaire instauré par les franquistes et le destin médiocre auquel il se croit promis. Mais, après des années passées en France et un amour malheureux, il embrasse de nouveau ses racines et l’immuabilité de la vie rurale.
Il devient alors pour les autres le confident, celui à qui chacun peut livrer les grandeurs et les misères de son existence. Car c’est le portrait d’un village qui se dessine au travers des récits de ces personnages si attachants, un lieu clos où tous se connaissent et où chacun conserve ses secrets. Avec ce roman, Bénédicte Belpois continue de tracer une œuvre singulière au prisme d’une écriture très haute en couleur, sincère et émouvante.

Mémoire sous scellés

Roman… ? Oui mais pas tout à fait. Roman historique, roman politique, roman réel ?

Maya tressaillit d'abord au son de sa voix, puis, fendant la foule avec Matt pour atteindre le premier rang, elle frémit d'émotion et aussitôt d'angoisse. Il parlait comme l'Américain, il sentait comme l'Américain. L'Américain dont le flegme précieux cachait une violence froide, l'Américain du bureau de Monsieur Joe. L'Américain à l'amulette de Pazuzu qui préférait les sandwichs de Burger King et avait une phobie des cafards. Il sentait pareil. L'oud, le pur, sans les agrumes.
Mais ça ne pouvait pas être lui. Il ne pouvait pas être Arthur le salaud puisqu'il était Arthur le sympa, celui en train d'être applaudi et remercié et honoré et mignon dans son costume trois pièces qu'il portait avec des baskets. Cet Arthur-là était le créateur d'une fondation qui justement pourchassait les Arthur de là-bas, sans foi ni loi. Le Arthur d'ici ne pouvait pas être le Arthur de là-bas.
Mémoire sous scellés de Saphia Azzeddine
Saphia Azzeddine se penche sur le pillage des oeuvres d’art en Irak. Sur l’hypocrisie, le cynisme ou l’aveuglement volontaire qui permet de dépouiller les patrimoines culturels dans les pays en guerre.

Un roman plus froid et distant que ses précédents, mais très ancré dans la réalité (et l’actualité) avec un mélange entre les faits avérés et la fiction finement géré

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
─ Non, ce n'est pas grâce à notre industrie militaire que nous sommes les plus forts, Maya, c'est d'abord grâce à notre industrie de la narration, lui dit Arthur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
A-t-on le droit de voler l’histoire d’un peuple ?

Après avoir été ravagé par la guerre, l’Irak est en proie à un autre fléau, moins spectaculaire mais plus vicieux : le pillage de son patrimoine culturel. Après que toute sa famille a été décimée par une bombe, Maya grandit avec une juste colère qui l’entraîne vers les sphères opaques du pouvoir, et c’est sans relâche qu’elle traque ceux qui confisquent le futur en pillant le passé et en fabriquant les récits d’aujourd’hui. De Bagdad à Paris, de Londres aux musées les plus prestigieux du monde, Maya se lance dans une enquête périlleuse afin de démanteler un réseau international de trafiquants et, l’ironie s’en mêlant, c’est sur le tapis rouge de la plus mondaine des soirées new-yorkaises que celle-ci se dénouera.

« Au Met Gala de New York, Kim Kardashian, posait, engoncée dans une robe lamée ornée d’une croix chrétienne aux côtés d’une icône tout aussi rutilante. Enrobé à la feuille d’or, le cercueil du prêtre Nedjemankh était le seul dont elle acceptait qu’il lui fasse de l’ombre, plus de 2 500 ans les séparant l’un de l’autre. Le sarcophage était là, dressé à côté de la star, impassible, sous une pluie de flashs dont il ne semblait pas vraiment comprendre le sens. »

La vie secrète des écrivains

Voilà une adaptation fort réussie d’un roman (que je n’ai pas lu, mais qui m’a quand même donné l’envie de lire une fois un Guillaume Musso)

La vie secrète des écrivains de Miles Hyman, d’après le roman de Guillaume Musso
J’ai découvert Miles Hyman avec sa sublime adaptation de La loterie de Shirley Jackson et là encore, le trait est magnifique (bien que fort statique) et l’atmosphère colle parfaitement au sujet.Une histoire d’écrivain reclus et de meurtres non élucidés

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
On appelle cela l'effet Streisand : plus vous cherchez à cacher quelque chose, plus vous attirez la curiosité sur ce que vous souhaitez dissimuler.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Tout le monde a trois vies : une vie privée, une vie publique et une vie secrète... »
Gabriel García Márquez

Après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée.

Vingt ans après, alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste, débarque sur l’île, bien décidée à percer son secret. Commence entre eux un dangereux face-à-face, où se heurtent vérités et mensonges, où se frôlent l’amour et la peur...

Une lecture inoubliable, un fascinant roman de Guillaume Musso magistralement adapté par Miles Hyman.

On était des anges, 1/2

Dans les années 90, c’est la zone pour les jeunes à Isheim. Il n’y a pas grand-chose pour eux. Au mieux, une boum et une mob.

On était des anges, 1/2 de Anne-Caroline Pandolfo, dessins et couleurs de Terkel Risbjerg
C’est les années punk et new wave à l’âge désillusionné des hormones qui bouleversent.Le dessin est d’un magnifique charbonneux, le scénario tient la route et surtout, accroche parfaitement pour s’impatienter de la venue du tome deux… trente ans plus tard

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Foook !
Fook !
Feuk !
Pas « Feuk », « feuk », ça fait minette. C'est nul, « feuk ».


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Années 1990. Un groupe de jeunes désœuvrés traîne son ennui dans une petite ville pavillonnaire du Grand Est. Isheim est peut-être un endroit où les parents trouvent leur compte de tranquillité après le travail mais, à seize ans, la tranquillité ne fait pas partie des rêves que l'on peut avoir. Certains, comme Chris, Magou ou Tralala, font avec... aussi parce qu'il faut bien quelqu'un pour s'occuper des petits frères et sœurs. Mais Hervé et Vivi, eux, ne pensent qu'à partir. Où ? « N'importe où ! Loin de ce trou. » En attendant, ça débat sur la bonne prononciation de fuck, ça organise des boums à coup de Goldman et Jeanne Mas - une vraie « fanfare de punks » pour les voisins -, ça se retrouve la nuit en cachette...

Il faut parfois une étincelle pour amorcer le mouvement. Pour Vivi, ce sera Persille - celle qui danse toute seule dans les champs, qui fait du patin à roulettes sous les lampadaires, la « folle », qui a encore moins de raisons que les autres de rester à Isheim. Et les yeux noirs de Vivi sont fascinés par la blondeur de Persille...

Justesse des situations, humour des dialogues... À se demander si Anne-Caroline Pandolfo n'a pas connu certains des huit ados ! Tout comme le beau dessin charbonneux de Terkel Risbjerg semble n'avoir attendu que les Cure et cette mode des années 1980 pour s'épanouir...

Très brève théorie de l’enfer : contes de l’indigène et du voyageur

Lire Jérome Ferrari est une expérience multiple. La forme est peut-être ce qui impressionne le plus avec un style travaillé et une écriture sublime. Le fond ensuite, avec ici une histoire d’expatriés et d’émigrés, de mélange de cultures et de coexistence de différentes origines sociales qui ne se mélangent pas toujours.

Et elle se rend à son travail, comme elle devra le faire tous les jours, pour retrouver d'autres enfants qu'elle ne verra pas grandir, d'autres jeunes femmes tristes qu'elle ne saura pas consoler, jusqu'à ce qu'elle n'en ait plus la force. Assise dans le bus, elle regarde défiler les immeubles de verre et d'acier éblouissant, elle voit la mer d'émeraude pâle s'étendre, inerte et brûlante, sous les rayons du soleil de la grande ville qu'elle ne quittera jamais pour rentrer chez elle, dans un foyer chimérique qu'elle a perdu il y a bien longtemps. Et elle ne croit plus à la promesse fallacieuse et cruelle que lui fit jadis une ombre errant dans la nuit d'un rêve, au pied d'un bouddha de pierre, car elle sait désormais que, pour celui qui prend les chemins de l'exil ou des enfers, il n'est pas de retour possible.
Très brève théorie de l’enfer : contes de l’indigène et du voyageur de Jérôme Ferrari
Mais finalement, ce sont les émotions qui emportent tout dans ce drame qui se joue ailleurs, un ailleurs qui ne sera jamais chez soi

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Sache, ô Roi du Temps, Roi très aimé, que dans les vastes étendues de l'enfer, où souffle un vent de Pestilence et d'Effroi, se trouve, bien au-delà de la septième porte, une demeure souterraine dont Satan lui-même, dit-on, ne peut se rappeler l'emplacement.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Après avoir quitté son île natale pour enseigner à Alger, un homme, mû par le désir d’un ailleurs où échapper à lui-même, prend un poste au lycée français d’Abu Dhabi et s’y installe avec femme et enfant. Bientôt, leur trajectoire effleure celle de leur employée, Kaveesha, partie du Sri Lanka trente ans plus tôt et voguant depuis de famille en famille pour subsister.
Expatrié, immigré – deux manières d’être étranger, deux mots pour dire deux mondes, séparés par un mur invisible que l’empathie ne saurait abattre.

Dans une langue acérée, ténébreuse, Jérôme Ferrari poursuit l’examen lucide de notre rapport à l’autre et livre un nouvel opus déchirant des « Contes de l’indigène et du voyageur ».

Salut Jeanno !

On s’était connus avec La Suisse lave plus blanc puis La Suisse, l’or et les morts. C’était l’époque de la Commission Bergier et des secrets de polichinelles qui tombaient les uns après les autres. Le voile se levait sur une sale époque (est-elle terminée ?) mais qui fut bien lucrative pour tous les profiteurs.

Jean Zigler

Qu’en dire ? Si ce n’est que nous sommes gentiment passés de l’hypocrisie au cynisme !

Salut Jean, et merci

L’homme qui plantait des arbres : d’après l’oeuvre de Jean Giono

L’histoire de Giono est belle, magnifique, poétique. Elle fait rêver d’une humanité réconciliée avec sa terre.

L’homme qui plantait des arbres : d’après l’oeuvre de Jean Giono de Florence Lebonvallet, dessin de Daniel Casanave, couleurs de Claire Champion, d’après l’oeuvre de Jean Giono
L’adaptation est splendide. La poésie des arbres, du temps et du sirocco se partage à chaque page.

Et la guerre ? Oui, il y a la guerre.

Mais passé le temps des obus, le vent revient caresser les feuilles des chênes au soleil et Elzéard Bouffier plante les arbres de demain

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il y a environ une quarantaine d'années...
Je faisais une longue course à pieds sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Elzéard Bouffier, berger solitaire des Alpes arides et venteuses de Haute-Provence, comprend un jour que son pays meurt par manque d'arbres. Il se donne alors une mission d'une simplicité qui confine au merveilleux: planter des arbres.
Des centaines de milliers d'arbres.

Je sommes plusieurs : sur les personnalités multiples

Pierre Bayard est fascinant par ses questions à l’air impertinent et, plus encore, par le soin qu’il porte à y répondre.

Le second dégroupement est la conséquence logique des idées développées dans ce livre. Si chacun de nous est bien plusieurs personnes, toutes ne méritent-elles pas d'être étudiées en tant que telles, comme des sujets à part entière, avec le souci de respecter la spécificité de leur écriture et de leur vie?
On voit bien par exemple l'intérêt pour Gary comme pour Ajar d'être étudiés séparément, en respectant la spécificité de leur histoire ─ ils ne sont pas nés à la même époque ─ comme de leur écriture, alors même que le rassemblement des deux auteurs sous un nom unique affaiblit de beaucoup la portée de deux œuvres pourtant très différentes.
Un certain nombre d'auteur-es étudiées dans cet essai tireraient ainsi bénéfice de ne pas être regroupées avec « elles/eux-mêmes ». Que l'on songe à Dominique Aury, dont l'œuvre poétique a disparu de la mémoire collective alors qu'elle mériterait, sous le nom d'Anne Desclos, de trouver une place dans les anthologies, sans que la lecture de ses livres soit perturbée par ce que nous avons appris de son double interne.
Je sommes plusieurs : sur les personnalités multiples de Pierre Bayard
Ici, commençant par poser des bases littéraires (Dr Jeckill et Mr Hyde), psychiatriques (Freud) ou cinématographiques, il continue avec les grands noms de la littérature qui écrivirent sous pseudo. Anaïs Nin, Romain Gary ou Pessoa… et touche à des questions plutôt insolites.

Quand bien même, le suis-je nous tous ? Pourrait-on lui répondre

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'idée de ce livre m'est venue d'une réflexion formulée par ma femme alors que nous visitions, il y a quelques années, une exposition consacrée à Picasso.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Plutôt que de présenter l’être humain comme déchiré entre des pulsions contradictoires, ne serait-il pas plus simple d’admettre que chacun·e d’entre nous abrite différentes personnes, qui parfois ne se connaissent même pas ?

Une telle évolution théorique, qui devrait logiquement nous inciter à prendre plusieurs noms, contribuerait à apaiser la vie en société, puisqu’il n’y aurait plus de sens à reprocher aux politiciens de changer d’avis, à accuser son conjoint d’adultère ou à condamner les malfaiteurs pour des actes qu’ils ont commis à leur insu.

Mémoires d’un garçon agité

Il y a comme un air de Sempé dans ces images, dans la poésie enfantine de cette histoire aussi. En plus triste pourtant.

Mémoires d’un garçon agité de Vincent Zabus, dessins et couleurs de Valérie Vernay
Et si c’est très réussi, l’histoire plonge finalement dans un mélo irrattrapable.

Et en partant des petits deuils de l’enfance, ces mémoires finissent par devenir bien sombres

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il est dans la courbe.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Âgé d'une dizaine d'années, Germain est un garçon sensible qui décide un jour d'écrire ses mémoires. Persuadé d'être responsable de la mort de sa petite sœur, il éprouve une culpabilité profonde et il se réfugie alors dans l'écriture, essayant maladroitement d'exprimer ce sentiment de culpabilité qui ne le quitte pas car, chaque jour, il pense à elle. Une histoire d'une sensibilité rare qui évoque la question du deuil et de l'enfance.

La belette

Publié trois ans après Silence, cette bande dessinée reprend des lieux similaires et la même sensation d’oppression s’en dégage. Entre sorcellerie et religion, les nouveaux venus ne sont guère bien accueillis.

La belette de Didier Comès
Comès accentue ici le trait et les visages en pâtissent en même temps que le scénario se montre moins créatif.

Une suite (qui n’en est pas vraiment une) moins heureuse que le noir et brillant Silence mais qui, avec lui, annoncent les débuts du roman graphique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
... Non ! Non ! ...
Rien à faire, elle ne me plaît pas !
... Je la sens hostile !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
En quelques sortes, un prolongement de « Silence ». La sorcellerie est toujours le vecteur de ce très bel album. Plusieurs éléments se côtoient dans ce roman qui a pour cadre la région natale de Comès. La fécondité et Démeter, la déesse mère avec Anne, Pierre son fils autiste et la Belette face à la religion représentée par le curé Schonbroodt sans oublier la nouvelle religion : la télévision représentée par Gérald, réalisateur venu de la ville. Les tensions et les rivalités du petit village Amercoeur sont dépeintes avec beaucoup de sensibilité.