Les petits courages

Burn-out, maladie, stress, perte de sens…

Au travers de brefs chapitres passant d’une protagoniste à l’autre, les petits courages proposent des portraits de femmes en difficulté. Des esquisses légères comme des aquarelles pour des situations qui ne le sont pas vraiment.

 ─ Et comme ça tu vas me raconter tes options pour l'année prochaine Carmen. Et moi j'ai eu une révélation à l'hôpital. Je crois que moi aussi je vais me réorienter.
 ─ Tu ne vas plus coiffer des gens Maman?
 ─ Si, mais plus dans un salon.
Carmen ouvre les yeux comme des billes.
 ─ Ouhla y a de l'actu.
 ─ Et ta patronne Maman ?
Louise répond en chantant :
 ─ Ma patronne... est une conne...
Antoine fronce les sourcils, absolument outré :
 ─ Maman, un gros mot égale un euro dans le pot !
 ─ Je le mettrai mon chéri. Allez, apéro.
Les petits courages de Sabrina Delarue

Des pastels quand-même un peu clairets

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je m'entends dire : hoho !
Ma voix est comme absorbée par les bruits de la rue.
Ils sont en train d'élaguer les arbres.
Hoho!
Il ne se retourne pas.
Il continue sa marche, de ce petit pas régulier que je connais bien. Je l'observe souvent quand il part de la maison, depuis cette fenêtre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Il y a Louise, mère constamment débordée, qui a peur de ne pas être à la hauteur. Et Maria, qui se relève, avec sa dignité habituelle, de la maladie. Il y a aussi Iris, qui se demande comment trouver l’amour quand on est infirmière de nuit. Et puis Carmen, qui cherche sa place auprès de ses parents, avec toute la puissance de sa douceur. Enfin il y a Amira, étudiante qui fuit une brillante carrière en enchaînant petits boulots et missions d’intérim.

Cinq femmes, cinq destins reliés par un lien invisible : le roman L’Art de la joie de Goliarda Sapienza.

Dans Les Petits Courages, Sabrina Delarue explore avec humour et tendresse les métamorphoses silencieuses et les luttes intimes qui transforment une vie.

T’es pas ma mère

Il faut s’accrocher un peu pour cette lecture. Non pas que le livre tombe des mains, mais il me semble impossible de ne pas sortir bouleversé par cette histoire de naissance sous X et d’adoption.

Le 19 octobre
Bon, avant-hier je me suis arrêtée au milieu de ma lettre. Je t'en voulais tellement que j'ai tout cassé dans l'appartement.
Les vitres, les portes, le balcon.
Je ressentais comme le jour où j'avais voulu te trancher la gorge avec le sabre de papi. John, qui ne m'avait jamais vue dans cet état-là, n'en revenait pas. Il m'a emmenée de force dans la crique la plus proche et m'a jetée à l'eau tout habillée. L'eau était glacée. Mon jean lourd et collant me gênait pour nager. Mais ça m'a calmée.
T’es pas ma mère de Prune Berge
Pourtant, si ce tout petit roman épistolaire pêche probablement, c’est par la violence de son implacable piège émotionnel.

Dès les premières pages, impossible de ne pas se laisser emporter par une déferlante mélo qui ne s’apaisera pas avant d’avoir refermé la couverture.

Parfait, brillant, impressionnant… Mais too much

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ma fille,
Sans doute n'ai-je pas le droit de t'appeler ainsi. Mais tu existes, je viens de l'apprendre, tu as vingt ans. Je ne sais pas encore si j'écris cette lettre pour toi, pour moi, ou comme pour tisser des fils entre deux océans.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Adoptée à la naissance. Stéphanie a vingt ans quand elle reçoit une lettre de sa mère, qui a accouché sous X.

En lisant le récit des circonstances de sa conception et de sa naissance, la jeune femme, qui se croyait en rupture de lignage, découvre qu'elle doit compter à présent avec une autre mère et qu'il lui faudra concilier deux familles, avec leurs territoires génétiques et leurs pays dans la peau. Mais deux mères, cela demande « deux mers » à traverser, afin de pouvoir soi même mettre au monde un enfant sur une rive qui porte un nom.

Dans ce texte épistolaire sur le thème de l'adoption, la simplicité de l'écriture nourrit une émotion dont la force ne prétend qu'à celle du témoignage.

Punk à sein

Si le dessin peut sembler tout pourritch, cette bande dessinée déborde d’une énergie vivante et punk à souhait. La démarche n’est pas académique, elle tire sa puissance des tripes, du rythme, de la force de vie qui met le feu dans une saturation de gros son !

Punk à sein de Magali Le Huche
Magali a découvert une petite boule dans son sein gauche, Joe Strummer sera là pour le combat !

London Calling – The Clash

C’est chou et plein d’émotions

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
One two three four
Well, she was just seventeen, you know what I mean


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de passer le cap de sa phobie scolaire au collège, Magali Le Huche raconte un autre moment grave de son existence. À l'aube de ses quarante ans, la dessinatrice découvre qu'elle a un cancer du sein. Toujours armée de sa fantaisie et de son auto-dérision, elle se découvre également une passion pour Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Pour se battre contre sa maladie, Magali convoque l'énergie de la musique punk, où les guitares sont comme des armes sur le champ de bataille.

Tante Jeanne

L’histoire d’un retour au pire moment possible. Fatiguée, malade, usée… Tante Jeanne va pourtant devoir tout reprendre en main dans la maison de son frère qui vient de se pendre au grenier.

Mais Henri est à peine plus âgé que moi, juste deux ans, et je me suis arrangée pour le faire parler.
Et pour qu'il t'emmène avec lui.
 ─ Oui. C'est ainsi que ç'a commencé. Mais je suis sûre que, sans Henri, la même chose se serait produite, seulement un peu plus tard.
Elle ajouta sérieusement en regardant sa tante :
 ─ Je crois que je suis une vicieuse. Il n'y a rien à faire.
Puis, excitée :
 ─ Ce n'est pas tellement la chose en soi, vous savez bien ce que je veux dire. La plupart du temps, cela ne me fait même pas plaisir. Et je sais, avant de commencer, qu'après je serai dégoûtée.
 ─ Tu commences quand même ?
 ─ Oui. C'est pourquoi je dis que je suis vicieuse.
Tante Jeanne de Georges Simenon

Un roman édifiant sur la (guère enviable) condition de la femme dans les années 50

 ─ Tu l'aimais encore ?
Jeanne la regarda et, sans répondre directement :
 ─ Je le connaissais si bien ! Je connaissais toutes ses petites faiblesses, toutes ses lâchetés, et Dieu sait s'il en avait !
 ─ Tu les lui disais ?
 ─ Oui.
 ─ Vous vous disputiez ?
 ─ Presque chaque nuit. Ensuite il me battait.
 ─ Et tu le laissais faire ?
 ─ Il m'arrivait de lui débiter ses vérités pour qu'il me batte.
 ─ Ça je ne peux pas le comprendre.
 ─ Cela ne fait rien. J'étais partie, n'est-ce pas ?
 ─ De mon plein gré, ne l'oublie pas. Et, quand on a commencé à dégringoler, c'est parfois une volupté de s'enfoncer, exprès, toujours davantage.

Tous les romans durs de Simenon
71. Tante Jeanne
70. Les volets verts 72. Le temps d’Anaïs
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
À la gare de Poitiers, où elle avait changé de train, elle n'avait pu résister. Dix fois, traînant à bout de bras sa valise, que les gens accrochaient au passage, elle était passée devant la buvette. Le malaise, dans sa poitrine, était vraiment angoissant et, plus elle approchait du but, plus souvent cela la reprenait. C'était comme une grosse boule d'air - certainement aussi grosse qu'un de ses seins - qui montait vers sa gorge en comprimant les organes et cherchait une issue, cependant qu'elle attendait, anxieuse, immobile, le regard fixe, avec, à certain moment, la certitude qu'elle allait mourir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jeanne, une femme âgée, revient dans son village après quarante ans d'absence. Fatiguée, malade et lassée par la vie, elle espère y trouver le repos. Mais elle découvre une famille à la dérive.

Son frère Robert, qui avait repris le commerce de vins paternel, s'est pendu, Louise, sa belle-soeur, s'adonne à la boisson tandis que les enfants d'Alice, Madeleine et Henri, méprisent leur mère.

Nos rives partagées

À l’instar des femmes qui regardent les hommes qui regardent les femmes (selon Nancy Huston), les humains regardent les animaux qui les regardent. De quoi faire une histoire plutôt amusante…

Nos rives partagées de Zabus, dessins de Nicoby et couleurs de Philippe Ory
Et pourtant, si ces regards croisés tentent de plonger dans l’intime, la maladie, la mort ou la sexualité (par exemple), cette bande dessinée au dessin clair et aéré reste en surface de ses personnages.

Alors oui, c’est joli, sensible, mais je suis finalement resté comme la grenouille à me dire que finalement, il n’y avait rien à expliquer… Et, c’est peut-être très bien comme ça

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le monde commence au pied de mon nénuphar.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ils sont six que rien ne rapproche.
Simon est prof et il doute. Son métier doit-il se résumer à inscrire des notes sur des bulletins ? Diane cherche à se reconstruire après une opération, à se sentir femme sans se sentir regardée. Nicole agite sa retraite à militer, même si sa fille ne veut plus lui parler. Vieux et usé, Pierre s'emmerde chez lui. Jill est une ado. Elle hésite entre garçons et filles... et elle envie Hugo qui, lui sait, mais sans succès.
Rien ne les rapproche sauf le rivage partagé avec une faune intriguée, qui observe ces gens empêtrés dans leurs drames, grands ou petits mais si typiquement humains.
Chronique sensible, "Nos rives partagées" narre des existences pas si ordinaires et qui ressemblent aux nôtres. Car même quand le tragique rôde, la vie peut être belle.

Il y a encore des noisetiers

Typique des derniers romans durs de Simenon, ces noisetiers racontent un homme au moment du bilan de sa vie. Apaisé, enfin, l’homme regarde avec satisfaction son oeuvre : famille, argent, réalisations et quelques regrets quand même… point trop de brillance n’en faut pour celui qui résidait alors en Suisse protestante.

J'ai eu la chance de réaliser dans ma vie à peu près tout ce que j'ai entrepris. Jusqu'ici, j'ai été exempt de la plupart des maux moraux ou physiques qui frappent la plupart des hommes.
Cela signifie-t-il que je voudrais recommencer ?
Ce n'est pas la première fois que j'y pense et chaque fois la réponse a été non. Ni en tout, ni en partie. Pour chaque époque, je trouve, avec le recul, quelque chose de gênant, d'inachevé.
J'ai souvent honte de l'homme que j'ai été à tel ou tel moment.
Il y a encore des noisetiers de Georges Simenon
Mais là, alors que la dernière ligne semblait bien droite et déblayée, tout s’emballe : des tristes nouvelles d’une ex outre-Atlantique, à Paris son fils se marie avec une femme de l’âge de sa fille qui en profite pour annoncer qu’elle est enceinte d’un homme qu’elle ne veut pas revoir…

Et Simenon de lui donner l’occasion de briller enfin dans la famille, vieux sage, patriarche généreux. Un peu mélo, mais sympa.

L’occasion de jeter encore une fois un œil sur la position de la femme dans les années 60. L’époque où les mères célibataires étaient des filles-mères, stigmate honteux

Tous les romans durs de Simenon
112. Il y a encore des noisetiers
111. La prison 113. Novembre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Étais-je, ce matin-là, plus ou moins heureux que les autres jours ? Je n'en sais rien et le mot bonheur n'a plus beaucoup de sens pour un homme de soixante-quatorze ans.
En tout cas, la date reste dans ma mémoire: le 15 septembre. Un mardi.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le banquier Perret-Latour vit retiré dans son appartement de la place Vendôme, entouré de quelques domestiques et protégé par sa gouvernante. Dans son existence régulière et ordonnée surviennent trois événements qui vont réveiller le passé et rendre sa vitalité au vieil homme.

Toutes les vies

Quelle claque, quelle violence ! Lu en un souffle, je me suis fait exploser par Toutes les vies.

La maison était aussi belle que mon désespoir était grand.
La maison était très belle.
C'était un palace, avec de nombreuses petites
terrasses extérieures, une gigantesque cuisine ouverte en faïence, de somptueuses chambres calmes, une piscine avec vue sur la mer et, au bout du chemin, une plage privée.
J'arrivai la peau sur les os et le visage émacié.
On voyait littéralement sur ma tronche et mon corps les stigmates de la fatigue, de la dépression, de la folie, de l'adultère, du deuil et de la rupture.
J'étais très pâle avec sous l'œil droit ma vallée des larmes qui s'était encore creusée.
J'avais perdu tous mes muscles, j'étais molle, j'avais même perdu mes seins, ils tombaient comme des petits gants de toilette.
J'avais fait un reset, je repartais de zéro.
Toutes les vies de Rebeka Warrior
Une histoire ─ dans l’ordre ─ d’amour, de maladie, de mort et de deuil. Avec des drogues et du zen. Tout ensemble pour un cocktail qui hurle sa douleur. Un livre incroyable qui se permet même parfois d’être drôle, cultivé et touchant.

Un théâtre d’amour grand-guignolesque, un cri de plus de 260 pages écorchées, torrides et glaciales, un tour du monde psychotropique, une machine à baffes d’une sincérité à cœur ouvert

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Pauline et moi étions amoureuses depuis de nombreuses années.
Elle avait vingt-huit ans et moi trente et un quand nous nous sommes rencontrées.
Nous faisions à peu près la même taille et le même poids.
Nous pouvions échanger tous nos vêtements sauf les chaussures.
Elle avait des cheveux longs, châtains, des yeux noirs et de magnifiques petits seins.
Son odeur me rendait folle.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Une nuit, dans notre bicoque sur la plage, j'ai fait un drôle de cauchemar.
La mort contournait la moustiquaire et tentait perfidement de s'introduire dans notre lit.
Elle attendait tapie dans l'ombre que je m'endorme pour s'infiltrer et prendre Pauline.
C'était elle qu'elle voulait.
Elle s'en fichait de moi.
Je lui mettais des bâtons dans les roues.
Ça ne lui plaisait pas.
Je passais la nuit à monter la garde.
La mort était mécontente.
Au petit matin, je m'étais assoupie, elle était venue souffler près de mon visage.
Elle avait murmuré quelque chose, mais je n'avais pas compris quoi.
Elle parlait latin ou suédois.
Juste pour me faire chier. »

Premier roman virtuose, Toutes les vies est le récit d'une histoire d'amour sublime, d'un deuil impossible et d'une quête spirituelle qui sauve.

Merveilleux

Appelé depuis l’hôpital à Paris, Cookie traverse l’Atlantique pour venir au chevet de son père victime d’un AVC.

Débute la rééducation d’un père dont il n’avait jamais été proche et qui ne peut plus dire que « Merveilleux » et trois ou quatre autres mots. Une histoire de relations de famille recomposée et dispersée gravitant autour d’un malade qui ne se fait comprendre que difficilement.

Merveilleux de Cookie Kalkair, couleurs de William Wagner

Un album aux graphismes colorés avec une histoire touchante, tant pour son regard sur les proches aidants, que pour le portrait de famille qu’il propose

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je n'ai jamais été très proche de mon père. Un océan nous sépare. Littéralement - depuis que je vis au Québec. Pourtant, lorsque j'apprends son AVC, je saute immédiatement dans un avion. À l'hôpital, dans un temps suspendu, je retrouve une petite soeur que je n'ai pas vue depuis des années. C'est l'attente... et le couperet tombe : notre père restera aphasique, il a perdu l'usage de la parole. Il lui reste à peine quelques mots... dont "Merveilleux". »

Alors que Cookie et ses proches réalisent peu à peu les conséquences de cet événement, tous doivent apprendre à vivre avec le handicap. Mais dans la tragédie, les réactions de chacun se révèlent parfois inattendues. Ce drame pourrait-il être une nouvelle chance ? La chance de se parler, de renouer les liens et de construire ensemble une nouvelle famille...

Cookie Kalkair nous offre ici, avec tendresse et humour, son récit le plus personnel.

Aimer

Les romances, non merci, me dis-je habituellement. Et pourtant, de temps à autres, je les retrouve dans mes mains avec plus ou moins de bonheur. Et cette fois-ci, c’est un carton complet ! Une vraie merveille bien au-delà d’une bluette nunuche. Une histoire de vies aux ramifications élaborées et aux personnages complexes.

Il faisait de moins en moins l'amour avec Adèle. Elle aurait pu s'en émouvoir. En théorie, un corps pressant le sien, un souffle chaud, ce remue-ménage charnel, tout cela était divertissant, mais le charme se dissipait très vite à l'idée du désordre que cela imposerait à sa soirée. La simplicité d'un verre de vin solitaire en supervisant les devoirs des enfants lui semblait plus douce, plus indulgente.
Aimer de Sarah Chiche
Un roman qui commence bien sombrement, dans la violence, la manipulation et les abus. Des enfants qui deviendront adultes et puis, forcément, vieux…

Deux parcours de vie qui se croisent et s’éloignent, la vie avec des joies, des enfants, la maladie… La vie, donc

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Comme Alexis, Margaux avait neuf ans. Ils étaient dans la même classe, mais ne s'étaient jamais adressé la parole. D'ailleurs, personne ne parlait à Margaux, sauf l'institutrice de cette école où elle était arrivée trois jours après la rentrée scolaire. Margaux ne cherchait pas davantage la compagnie des autres.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Suisse, 1984. Margaux, neuf ans, se jette dans les eaux glacées du lac Léman. Pétrifié, Alexis, son camarade de classe, assiste à son sauvetage. Entre les deux enfants naît alors une complicité vibrante. Mais bientôt, Margaux disparaît mystérieusement. Quarante ans plus tard, tous deux se retrouvent par hasard. Lui, ancien consultant, a tout quitté, rongé par la culpabilité du scandale lié au Duroxil, un opioïde qui a ravagé l'Amérique. Elle, après une enfance dramatique, est devenue écrivain, célibataire et heureuse de l'être, mais ses romans sont peuplés de fantômes. Entre eux, l'amour est intact, aussi brûlant qu'au premier jour. Mais aimer à cinquante ans, est-ce encore possible, quand un père se meurt, quand les enfants grandissent loin, quand le monde lui-même semble s'effondrer ?

De l'enfance à l'âge mûr, de la Suisse de la fin du siècle dernier à la France des années 2020, en passant par les États-Unis où s'annonce déjà le retour de Donald Trump, Aimer dessine une fresque éblouissante sur ces instants où tout peut encore basculer. Un souffle de vie inouï traverse ce roman lumineux, sur la grâce des secondes chances.

Toi

Si ce livre m’avait été résumé, j’aurais peut-être souri, condescendant, en imaginant une « mèmère à chat-chat ». Mais il faut le lire et comprendre combien un tel jugement peut-être facile et… totalement hors propos. Et quand bien même ?

Il faudrait inventer un concept, la chaternité. Veiller sur un petit être, lui garantir la nourriture, les soins, la sécurité matérielle et affective, le protéger des dangers sans lui confisquer ce qui fait sa vie (sortir, chasser, manger de l'herbe et des souris qu'il vient dégobiller sur le palier), observer jour après jour cette créature, la voir grandir, vieillir, l'épauler quand elle est fatiguée, la rassurer quand elle a peur, voir comment son quotidien est une ligne simple et pleine, essentiellement employée à dormir et obtenir les moyens de sa subsistance.
Jouir des contreparties que le chat nous offre en échange de nos attentions, la présence fidèle, la douceur, les ronronnements, les coussinets élastiques qui pétrissent les gilets, les moustaches qui effleurent le visage, le poids du réconfort dans les ténèbres. Le regarder être heureux et n'avoir conscience de rien, ni de la cruauté des hommes ni des guerres qui ravagent le monde, encore moins de la mort qui nous attend au tournant, le voir traverser ce présent absolu dans une innocence qui fait fondre le cœur et donne parfois l'impression que la vie est un cadeau.
Toi de Hélène Gestern
Un livre qui m’a un peu rappelé Assise, debout, couchée ! d’Ovidie et de cette relation particulière qui peut se tisser avec un animal.

Et c’est touchant, tendre et beau. C’est plein d’amour

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
J'ai toujours sur que j'écrirais sur toi.
Depuis que je te sais malade, et qu'à plusieurs reprises tu as frôlé la mort, je me suis mise à prendre des notes pour tout fixer, les souvenirs heureux comme les sombres moments.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Nous sommes dans un bar en bord de mer, entre chien et loup, à la fin de l'hiver. Hélène Gestern a commandé une bière, elle est seule près de la cheminée, dans un coin tranquille, en attendant que le chat du patron vienne quêter une petite caresse.

Elle pense à Mimi, une belle chatte persane qu'elle a recueillie il y a des années, à sa peur de la perdre, à leur tendresse partagée.