Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Un amour psychédélique, une passion hallucinée… Encore une fois, Brigitte Fontaine lâche la bride.La limonade bleue de Brigitte FontaineEt Stella et Tony vont se consumer d’une flamme trop intense.
L’histoire d’une passion cinématographique aux couleurs sursaturées
Un peu trop, peut-être
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) A la tienne pépère, dit cordialement au travesti cosmonaute la momie aux beaux yeux du cinématographe. C'est dans un bar un peu suffocant où plane la poussière dorée de fin d'après-midi. Les cocktails sont meurtriers, frappant comme des poignards. La sueur fait briller les fards du jeune monstre et de la diva longue et surfine qui fait glisser en pluie ses bracelets le long de son bras transparent.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) L'histoire fatale de Toni Laos et Stella Maelström.
Il y a des livres, comme ça, qui vous font les aimer.
Avec des histoires qui vous touchent et vous emportent. Avec des plats qui ont du goût, avec l’odeur du vieux papier peint et tous les parfums des prairies comme ceux des rues sombres aux relents de bières tièdes. Morvan de Bénédicte BelpoisEt au milieu, Morvan, Monica et Giovanni… Et la splendide, merveilleuse et invraisemblable Duquesita (impossible de continuer à la voir laide après quelques pages).
Un livre qu’on referme ému et triste de laisser des amis qu’on a connu et aimé (presque inquiets de les abandonner là), après avoir partagé leurs joies et leurs souffrances
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) C'était dimanche, alors je suis allé me promener, refaire la balade qu'on faisait tous les deux le matin quand il allait bien, qu'il n'avait pas trop bu la veille. Un chemin plat bordé d'herbes jaunes et de déjections canines, parallèle à la route. Chez nous, c'est l'Ardèche des pauvres, celle où l'on ne fait que passer, par hasard, quand l'auto-route encombrée vomit ses hordes de vacanciers assoiffes de soleil qui tentent désespérément d'éviter les bouchons rituels. Itinéraire bis, seconde zone d'un département. Une bourgade éventrée par une nationale surchargée, une poste ouverte deux heures par semaine, des commerces moribonds, une église fermée où même Dieu ne vient plus. Ici, pas de folklore, pas de fromage de chèvre, pas de marché où des post-soixante-huitards attardés vendent de l'encens made in China, pas de pain bio ni de macramés, pas de châtaigniers séculaires. Plus de mines non plus, plus d'usine, plus de travail.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Je ne sais pas pourquoi, mais, à la dernière bouchée avalée sans faim, il s'est brisé quelque chose en moi, une sorte d'amarre qui m'attachait là, à caboter inlassablement contre le crépi moisi de la maison. J'ai senti nettement quelque chose se défaire, qui m'a laissé libre, vacillant, légèrement groggy. Je suis allé dans ma chambre, j'ai fait une valise rapidement sans vraiment réfléchir à quoi emporter. »
Un jeune homme solitaire, surnommé Morvan, décide de tout laisser derrière lui un dimanche de printemps : sa maison ardéchoise, son travail d'ouvrier agricole et ses douloureux souvenirs auprès d'un père alcoolique. Sa route va croiser celle de Monica et de Giovanni, dans une pizzeria au pied du mont Blanc, et sa vie prendra dès lors un tour inattendu, à la faveur de l'amour et de l'amitié. Le trio nous entraîne dans une équipée romanesque entre la France, l'Italie et la Suisse, en passant par l'Espagne imaginaire contée par la Duquesita, une vieille femme qui les marquera à jamais.
Avec ce roman à l'écriture vibrante, porté par des personnages d'une profonde humanité, Bénédicte Belpois explore le mystère des paysages que chacun porte en soi.
Ces chairs impatientes se lisent d’une traite, en un seul souffle et laissent hagard, hébété. Avec des courts chapitres et dans un rythme halluciné, Marion Roucheux nous parle d’une passion adultère qui emporte tout.Les chairs impatientes de Marion RoucheuxPas de réflexion ni de recul. Le désir pur et la jouissance des corps.
Mais… Rien ne dure, n’est-ce pas ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Pieds nus dans la neige, je m'allume une cigarette chaque soir depuis que je suis ici. Je n'ai pas le droit de fumer, alors je sors en peignoir sur le balcon. Il a neigé toutes les nuits, le paysage est moulé dans un seul bloc silencieux, on discerne à peine les chalets sombres et leurs volets dentelés, la montagne n'est qu'une masse imposante derrière moi dont je ressens la densité.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Six mois après la naissance de son deuxième enfant, une jeune femme est admise en maison de repos au bord d'un lac de montagne. En retournant skier seule pour la première fois depuis longtemps, elle rencontre un homme qui va réveiller son corps.
Dans une langue poétique et crue, Les chairs impatientes racontent un certain désir féminin dévorant qui ne veut plus renoncer à rien et peut tout renverser sur son passage.
Alexandre Roulin est un chanceux privilégié (ce n’est d’ailleurs pas que de la chance, mais beaucoup de travail), il est passionné et vit de sa passion. Les oiseaux, et plus spécifiquement, les chouettes effraie. Ma vie de chouette : moi, dame blanche, pas si différente de toi de Alexandre Roulin et Christine Mohr
Alternant entre sa vie et celle des chouettes qu’il observe depuis plus de 40 ans, il partage sa fascination avec talent, pédagogie et un enthousiasme fort communicatif
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je n'ai pas attendu longtemps pour commencer à observer les oiseaux. À 7 ans, en 1975, j'avais déjà des jumelles autour du cou. Depuis, je n'ai jamais arrêté, c'est bien la seule chose qui soit restée aussi constante dans ma vie. Tous les jours, je chevauchais mon vélo pour rejoindre un étang et y observer les migrateurs qui y avaient fait escale. Je ne tenais pas en place, comme ces oiseaux au long cours. Tout le temps envie de faire quelque chose en lien avec les animaux.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Il était une fois une chouette qui faisait peur à beaucoup par son aspect de dame blanche fantomatique et ses chuintements grinçants. L’effraie des clochers a pourtant plus à craindre des humains que nous n’avons de nous en méfier. Surtout, cette silhouette élégante qui peuple les nuits de son vol furtif a beaucoup de points en commun avec nous. Diplomatie, chasse, espionnage, solidarité, adultère, divorce, éducation des petits… : les comportements de cet oiseau pas si rare mais menacé ne manquent pas de sel. Il en résulte 10 leçons de morale sauvage dans lesquelles Alexandre Roulin, un des meilleurs spécialistes de la chouette qu'il côtoie et étudie depuis plus de 40 ans, se met en scène pour dévoiler les coulisses authentiques de ses recherches et tisser des parallèles saisissants entre cet oiseau et nous les humains.
Coécrit avec Christine Mohr, professeure de psychologie, spécialiste de l’analyse des comportements humains et des superstitions, ce récit original et jubilatoire sur la vie et les mœurs de ce rapace nocturne, plus proche de nous qu’on ne le pense, ne cessera de vous mener de surprise en surprise.
Philippe Besson sait raconter les histoires. Il sait alterner les plans larges avec les portraits, les paysages et les macros, l’action et l’émotion, le présent et les flash-back, la douleur et le mélo, entretenir le suspense et laisser surgir les révélations. Sans qu’il n’y paraisse, il captive et tient le lecteur jusqu’au bout de chaque page.Une pension en Italie de Philippe BessonEt quand l’histoire est belle, triste mais belle, déchirante et magnifique, qu’elle raconte une vie et une époque, il réussit à toucher juste, avec une sorte de délicatesse impudique
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Longtemps, dans notre famille, cette histoire a été tue. Ma grand-mère, pourtant une femme douce, avait imposé le silence à ses filles au moyen d'une sentence prononcée sur le ton de la menace : « Nous ne devrons jamais en parler. » Celles-ci avaient observé le pacte à la lettre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Milieu des années 60, en Toscane.
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s'impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.
Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison.
Quand l’obsession, le manque, la jalousie, le désir et la dépendance sombrent dans la folie.À table ! de Tiffany TavernierÀ table ! monte gentiment en puissance pour plonger en enfer. Celui d’une maîtresse folle d’un homme adultère. Une femme prête à assaisonner dangereusement les plats d’un amant volage
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) C'est étrange, ça la gratte. Là, au bout de l'orteil, sur la peau douce comme celle des bébés. Elle frotte. Elle pose même ses lèvres puis un peu ses dents. Elle n'aime pas cette sensation. Elle ne la comprend pas. Il l'a quittée il y a environ une demi-heure et elle vient de se coucher. Trente minutes sur le drap roulé en boule avant de trouver le courage d'éteindre la lumière puis, là, pof, ce picotement à l'extrémité du corps. Elle ne sera donc jamais tranquille ? Là-haut, à l'étage, la vieille ne bouge pas. Rien ne la gratte, elle, pourtant, elle est en train de pourrir.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Marie rencontre Eli, un jour banal dans un lieu banal. Plus elle l'aime, plus elle s'enfonce là où le sexe et l'attente règnent en maîtres : chair archaïque, jouissance. Cela pourrait en rester là, mais dans cette obsession-peau, Marie décide de tuer son amant. En cinq repas. La nuit venue, dans sa cuisine, elle plonge ses mains dans les beurres et les pâtes. Face à la somptuosité des mets, Eli est dérouté : est-ce le goût de cette farce sublime qui rend soudain Marie plus attirante ? Ou cette façon bien à elle de l'amener plus loin qu'il n'étaient jamais allés ensemble ? Jeux de la bouche et de la mort : Marie ira-t-elle jusqu'au bout ? Dans ce récite mené au fil du couteau, Tiffany tavernier lève un pan de l'imaginaire féminin qu'on n'a jamais fini de découvrir, entre l'attirance et l'effroi. L'écriture est à l'image de l'ogresse qui se révèle ici à travers la cuisine : concise et crue.
Pour les amateurs de la cuisine sicilienne, cette cucina est un pur régal qui titille sensuellement les papilles des antipasti jusqu’aux dolci.La cucina de Lily Prior, trad. de Marie-France GirodMais en Sicile, quand la passion s’emmêle, tout n’est pas forcément simple. Mafia, église, famille et qu’en dira-t-on guettent le moindre faux pas et la vie dans les village peux vite devenir étouffante.Une histoire qui fera saliver les gourmands sans pour autant franchement combler les plus gourmets
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Dépose un tas de farine sur la table, la vieille table de chêne qui nous vient de Nonna Calzino, patinée par des années d'usage quotidien. Il en faut juste assez, ni trop, ni trop peu. De la fine farine de blé dur du moulin de Papa Grazzi à Mascali. Ajoute une bonne pincée de sel. Fais un puits et casses-y des œufs entiers extra-frais, plus quelques jaunes, puis incorpore un filet d'huile d'olive premier choix et quelques cuillerées d'eau froide.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Sexe et gastronomie, passion et désillusion, le tout saupoudré de mafia sicilienne : tels sont les ingrédients du premier roman sensuel et envoûtant de Lily Prior. Chant d'amour pour l'Italie, La Cucina est une célébration de la vie. Un roman irrésistible de parodie et de satire, farci d'images captivantes, de couleurs, d'odeurs et de saveurs intenses. Toutes les splendeurs d'une Sicile magique et troublante.
Ce liftier emporte tout près du ciel de la poésie. Juste là où elle embrasse la prose avec passion.Le liftier des anges de Raoul PastorRaoul Pastor raconte sa vie, ses amitiés et le théâtre. Instants exaltés ou l’angoisse touche la jouissance, la scène et le partage, la mise en scène et les doutes.
Un théâtre où le « je » se confond avec lui. Et vient la fin, avec nostalgie, regrets et souvenirs lumineux
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Jaune et ocre pâle ou blanc. On ne distingue pas le ciel de l'air. On respire sous daltonisme.
Le silence est immobile.
La mer, pourtant si proche, se venge de son absence.
Les vieux, sous leurs bérets, ont quitté les trottoirs et leurs chaises pour se mettre à l'abri dans l'ombre de leurs femmes et des volets clos.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un quart de siècle de direction théâtrale a ceci d’agréable qu’il laisse peu de place à la tiédeur : il y a ceux, nombreux, qui vous haïssent, et il y a les autres, chez qui vous avez laissé un souvenir, une bribe d’émotion, une trace quelconque, et qui éprouvent un sentiment qui va du respect à l’amitié. Ou quelque part entre les deux.
« Ce splendide récit où se mêlent tant de choses essentielles étreint la gorge et l’estomac. L’amitié, l’amour, le travail, la ville, les gens. Ce sentiment double de la plénitude et de l’incomplétude d’une vie. L’auteur a l’art de raconter ce qu’il a connu, souffert, aimé. Il atteint le rêve de l’écrivain, mettre en scène sa réalité, avec vigueur et la distance nécessaire. »
Un homme dangereux, cruel, riche, charismatique et puissant. Il ne faut pas, mais Aslı est irrésistiblement attirée.Boléro de Ahmet Altan, traduction de Julien Lapeyre de CabanesEt quand, en plus, sa femme et lui semblent en jouer, son désir devient besoin et l’éloignement synonyme de manque.Du désir en Turquie où les jeux de pouvoir et d’argent se mêlent et où le roi d’hier risque le cachot demain.
Une variation originale d’un triangle de désirs
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Si ma raison cherche à entraver ma chair, je l'étranglerai à mort. Ainsi se parlait-elle, pleine de résolution et de sang-froid. Deux fois encore, elle le répéta à voix haute. Comme si elle voulait intimer à son esprit, dont les tentatives d'obstruction l'inquiétaient, de ne pas s'engager sur cette voie.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Aslı, médecin d'une cinquantaine d'années et femme au caractère affirmé, est recrutée afin de soigner les douleurs de dos de Mehmet, un homme énigmatique qui dit avoir été procureur. Elle vit à Ankara mais se rend tous les week-ends dans la propriété de campagne de son patient et y fait la connaissance de Romaïssa, son épouse, avec qui elle noue une relation amicale. Peu à peu séduite par Mehmet, dont elle comprend qu'il cache bien des choses, Aslı plonge dans l'intimité du couple et dans le passé tortueux de Mehmet, au risque de se perdre.
Et Simenon de s’amuser à conter un bonheur amoral. La jouissance au milieu de la douleur. Une rencontre adultère dans un train de la débâcle alors que l’Allemagne s’empare de la France.
Un homme marié dont la femme va bientôt accoucher vit quelques jours passionnés avec une ancienne prisonnière, sous les tirs des Stukas, au milieu de la misère. Il est pourtant heureux. Il l’aime. Le train de Georges SimenonUn de romans durs sous la forme d’une confession. Des livres longuets où il semble qu’à chaque chapitre, Simenon tente de justifier sa vie dissolue, ses passions, sa boulimie sexuelle en nous prenant à témoin : « Voyez, je ne suis pas seul »
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Quand je me suis éveillé, les rideaux de toile écrue laissaient filtrer dans la chambre une lumière jaunâtre que je connaissais bien. Nos fenêtres, au premier étage, n'ont pas de volets. Il n'y en a à aucune maison de la rue. J'entendais, sur la table de nuit, le tic-tac du réveille-matin et, à côté de moi, la respiration scandée de ma femme, presque aussi sonore que celle des patients, au cinéma, pendant une opération. Elle était alors enceinte de sept mois et demi.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Juin 40
L'exode pousse des millions de civils sur les routes de la France défaite. Dans la débandade générale, sous les bombes de stukas allemands, un train file vers le sud. Parqués dans la foule de ce train, un homme et une femme. Elle est une jeune juive. Il est commerçant près de Maubeuge et, à la première alerte, sa famille a été dispersée.
Dans la pénombre et la promiscuité du wagon à bestiaux bondé, sans mot dire, les deux inconnus s'allongent côte à côte. Lentement ils s'étreignent, s'accouplent. Étonnés, ils accomplissent quelque chose qui ressemble à l'amour.