Solo tu

Ouvrir Solo tu c’est comme se retrouver en un instant en Italie. Après un petit séjour dans le monde alcoolisé de la nuit romaine, c’est embrasser la chaleur et le soleil des Pouilles et plonger dans la mer adriatique.

Solo tu de Philippe Fusaro
Et la cuisine !

Un voyage avec la chemise ouverte et les cheveux au vent, une histoire d’amitié et de rencontres.

Un livre émouvant porté par une écriture délicate

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le Piper Club, via Tagliamento 9, demeure inchangé depuis ses débuts en 1965. D'autres boîtes de nuit ont poussé dans Rome, copié son style ou tenté de le dépasser, mais le Piper reste le Piper. Un roi en son domaine. La file devant le club s'étend le long du trottoir sur des centaines de mètres et ne s'épuise qu'à deux ou trois heures du matin.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Rome, début des années 1980. Le mythique Piper Club, où se sont produits les plus grands chanteurs italiens, n’est plus ce qu’il était. Gianni, un dandy fatigué, devenu, au fil des années, un élément du décor, y traîne son désenchantement. Au point de laisser Carmela, la pétulante compagne du bassiste punk se produisant ce soir-là, lui confier son petit Giacomo le temps du concert, alors qu’il déteste le punk… et n’est pas supposé savoir y faire avec les enfants.
Mais, quand la jeune femme lui propose de les retrouver pour boire un café le lendemain, avant leur départ dans les Pouilles, il ne dit pas non. Et ne décline pas non plus son invitation d’aller les voir en septembre : « il fera bon et la mer sera encore chaude, lui dit-elle. Cela te fera du bien. Avec Giacomo, nous allons te remettre sur pied. » Et se remettre sur pied, il en a bien besoin : ses réveils, dans les brumes de l’alcool, sont de plus en plus difficiles, de même que ses regrets sont lancinants, d’avoir raté un nouveau départ avec Nico, une fille solaire, qu’il n’a pas su aimer.
Le voilà à Polignano a Mare, balcon sur l’Adriatique, dans la lumière éclatante d’un été qui semble ne jamais vouloir finir. Giacomo l’a accueilli en se jetant à son cou, Carmela – qui à Rome avait spontanément accordé sa confiance au fêtard invétéré dont la réputation le précédait – lui ouvre grand les portes de sa maison suspendue sur la mer. Le père du petit garçon a fait ses valises, et les nouveaux colocataires vont bien vite trouver leur place dans le trio indéfectible qu’ils vont former, tissé de complicité, de tendresse et d’une grande pudeur. Ils sont bientôt rejoints par Corrado, le libraire de la petite ville, un merveilleux autodidacte avec qui l’entente est immédiate. Les rires, les cafés du matin, les dîners tardifs, les plongeons dans la grande bleue rythment les journées, le temps s’étire. Et si Gianni finit par rentrer à Rome, pour « régler des affaires », il promet de revenir.
Quand, trois saisons plus tard, il retrouve ses comparses, un vent mauvais s’est levé, et il faudra bien la force de leurs liens pour l’affronter.
Avec une remarquable intelligence de ses personnages et une extrême délicatesse, Philippe Fusaro nous entraîne alors vers un dénouement aussi poignant qu’inattendu, qui nous laisse sur la crête de l’émotion, au diapason de ce lieu âpre et lumineux qu’on rêve de ne jamais quitter.

Une bonne chose de faite

Une nouvelle qui sent le vécu. Un stage de fabrication de ruche-tronc au milieu des bois avec quelques personnages plutôt bien croqués.

Une bonne chose de faite de Jérémie Gindre
Un stage où l’on dort dans des sacs de couchage et dont on revient avec l’odeur du feu de bois qui reste collée à la peau durant 3 semaines.

Une amusante nouvelle illustrée par l’auteur où l’on découvre que les plus sauvages ne se trouvent pas forcément dans les ruches

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Au Moyen Age, celui qui coupait un arbre habité par les abeilles risquait la peine de mort. Dans le Saint-Empire romain germanique, l'apiculteur avait le droit de s'armer d'une arbalète pour visiter ses ruches, et jouissait du privilège de porter les couleurs royales. Puis les choses ont évolué. Les ruches sont descendues des arbres. Les abeilles ont quitté la forêt pour les champs, les vergers. L'apiculture moderne s'est imposée, avec ses modules standardisés, son calendrier réglé, ses maladies, sa chimie.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Stagiaire le temps d’un weekend dans les bois, Damian apprend à construire une ruche-tronc, avec l’espoir que les abeilles ensauvagées s’approprient d’elles-mêmes le billot creusé, sans besoin de spray « attrape-essaim ». En attendant, c’est sous une forme inattendue que la nature s’invite, mettant à l’épreuve la bonne volonté des protagonistes.

Humour pince-sans-rire et intrigue jubilatoire, ce récit esquisse au passage l’histoire de l’apiculture.

La Louve

Ce roman jeunesse est un livre de colère et de révolte. Contre l’injustice faite aux hommes, femmes, animaux, forêt, nature… Cette violence incessante qui lève des impôts, rase les forêt, massacre et broie toute résistance.

La Louve de Antonin Sabot
La Louve et l’ourse vont tenter de s’opposer et lutter. Mais le prix risque d’être exorbitant. Et… ? Que peut on faire contre l’armée des puissants ?
Une histoire racontée par plusieurs voix, dont celle fort poétique de la Louve, une jeune fille des bois pourtant muette.

Un appel à la résistance au 17e siècle d’une actualité brûlante

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Elle n'était que deux yeux brillants au travers du feuillage. Des yeux humains et fauves à la fois. Elle n'était qu'un visage que l'on apercevait à peine, aux contours rendus flous par les tremblements des arbustes dans lesquels elle s'était dissimulée. Femme-buisson, son corps demeurait invisible aux hommes qu'elle observait.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
1667, dans les Cévennes À seize ans, celle qu’on appelle La Louve en raison de la peau d’animal dont elle est vêtue vit seule dans la forêt.
Comme elle, d’autres « Exilés » ont fui leur village, leur famille pour se réfugier dans les bois. Leur mode de vie rude, mais libre, est menacé par les autorités qui veulent exploiter la forêt et mettre au pas ces rebelles.
Menés par La Louve, les Exilés choisissent de se battre pour défendre l’existence d’une forêt indépendante et sauvage.

Le monde sans fin

Gros carton de la BD documentaire, je n’avais jamais lu ce Monde sans fin. Après Ressources et Dans l’indifférence générale, je me suis dit qu’il était quand même temps d’y jeter un œil. Et j’ai bien fait !

Le monde sans fin de Jean-Marc Jancovici, illustrations de Christophe Blain, couleurs de Clémence Sapin
Il a été pas mal reproché à Jean-Marc Jancovici d’y faire l’apologie du nucléaire et c’est vrai que c’est un peu gênant. Mais force est de reconnaitre qu’il ne fait qu’être pragmatique et que ses arguments semblent bien tenir la route. Et donc, où se trouve la gênance, si ce n’est dans les politiques et les modes économiques actuels ou notre comportement ? Les interventions de Sébastien Bohler en fin d’ouvrage m’ont d’ailleurs semblées fort d’à-propos.

Une excellente bande dessinée qui nous parle principalement de notre consommation sous l’angle de l’énergie, pour un constat un poil désespérant.

Pourtant, il est trop tard pour désespérer

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Août 2018.
Je roule dans une petite voiture de location avec ma compagne vers Étretat.
Il doit faire dans les 25°C.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l'impact sur le climat a abouti à ce projet, comme une évidence, une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d'humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient. Jean-Marc Jancovici étaye sa vision remarquablement argumentée en plaçant la question de l'énergie et du changement climatique au cœur de sa réflexion tout en évoquant les enjeux économiques (la course à la croissance à tout prix est-elle un leurre ? ), écologiques et sociétaux. Ce témoignage éclairé s'avère précieux, passionnant et invite à la réflexion sur des sujets parfois clivants, notamment celui de la transition énergétique. Christophe Blain se place dans le rôle du candide, à la façon de son livre « En cuisine avec Alain Passard » et de « Quai d'Orsay » signé avec l'expertise d'un coauteur : un pavé de 120 pages indispensable pour mieux comprendre notre monde, tout simplement !

Ressources : un défi pour l’humanité

L’utilisation de la bande dessinée pour documenter un cas ou vulgariser un essai n’est pas nouvelle (voir par exemple Le monde sans fin de 2021 ou Algues vertes de 2019), mais est franchement à la mode et bien souvent, comme ici, avec talent. Ici, Philippe Bihouix et Vincent Perriot s’attachent à démontrer (biographie et sources à l’appui) que nos ressources terriennes ne sont pas illimitées et que la course en avant que nous menons ne conduira à rien de bon. Il devient urgent de changer de paradigme !

Ressources : un défi pour l’humanité de Philippe Bihouix, illustrations de Vincent Perriot, couleurs de Maëlys Cantreau
Facile ? Certainement pas.
Indispensable ? Évidement !

Un album de vulgarisation clair et accessible avec des petites touches d’humour fort bienvenues pour aider à avaler ces indigestes évidences.

Une toute bonne BD aux graphismes soignés à mettre dans toutes les mains

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
An de grâce 3019...
L'humanité à définitivement conquis l'espace.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quel avenir pour notre civilisation ?

A en croire les milliardaires de la Silicon Valley, notre destin passerait inéluctablement par les métavers, l’intelligence artificielle, les robots autonomes et la conquête spatiale, tandis que les énergies renouvelables et les voitures électriques nous permettraient de maintenir notre « niveau de vie » tout en poursuivant la croissance économique et en « sauvant » la planète au passage.

Mais les limites planétaires se rapprochent dangereusement : changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, pollutions globales… Alors peut-on croître indéfiniment ? Et si la contrainte sur les ressources matérielles à disposition, sur la planète et même dans le système solaire, mettait fin à cette course en avant effrénée ? Ressources dresse un état des lieux sans concession, mais ouvre des pistes concrètes vers un avenir durable.

Un dossier complète l’album avec 12 pages d’informations complémentaires, de glossaire et de sources.

Le serment de l’homme rouge

Ce livre jeunesse est paru aux éditions Evalou dans la collection Lectures Animalistes : Une littérature engagée en faveur de la cause animale. Et la collection ne trompe pas.

Pour changer le monde, un enfant à la fois
Je suis réveillé par des voix d'hommes. Le jour est levé. Kirana, au-dessus, se laisse glisser hors du nid et descend sans bruit jusqu'à moi.
 ─  Ça doit être les ouvriers du chantier, me murmure-t-elle le plus bas possible.
J'acquiesce. On ne distingue pas ce qu'ils disent. Il y a deux ou trois hommes, peut-être. D'où nous sommes, nous ne voyons rien. Tant mieux, parce que cela veut dire qu'ils ne nous voient pas non plus.
 ─ Tu crois qu'ils nous cherchent ? Ça m'étonnerait, quand même. Ils n'ont pas vu qu'on avait pris Nour.
 ─ Ils ne sont pas idiots. Elle aurait pu se sauver toute seule, mais sûrement pas ouvrir la cage... Les voix s'éloignent. Nous attendons encore un instant, puis descendons prudemment de l'arbre.
Plus personne. Plus de bruit.
Le serment de l’homme rouge de Sophie Noël, illustrations de Marc Paufichet
Un petit livre gentil et engagé avec un petit parisien de 15 ans qui retrouve ses racines dans la forêt indonésienne. Et c’est très chou.

Mais si ce livre ne brille pas franchement par son style et que le traitement est un peu simpliste, il demeure fort efficace, plein d’émotions et porteur de messages forts et essentiels

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je pose mon pied nu sur l'herbe humide. Il est tôt et les bruits de la forêt me parviennent, tellement différents de ce que j'ai l'habitude d'entendre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
En vacances chez ses grands-parents dans la jungle indonésienne, Kali, un adolescent parisien, découvre un journal intime mentionnant un certain "Homme Rouge de la forêt". Ce séjour prend un tournant inattendu et dangereux lorsqu'il se retrouve confronté à des trafiquants d'animaux et à des compagnies détruisant illégalement la forêt. La jungle, loin d'être hostile, devient, pour lui et son amie Kirana, une alliée précieuse dans sa lutte pour sauver une jeune orang-outan en détresse. Dans ce récit captivant, Sophie Noël nous entraîne au cœur de la jungle indonésienne, semant la graine de l'éco-activisme et de l'amour de la nature dans l'esprit du lecteur. Au fil des pages, elle nous invite à partager le courage et l'engagement de ses personnages pour défendre les animaux sauvages, tout en explorant des thèmes profonds tels que la quête de soi et le besoin impérieux de préserver notre monde.

Si j’étais un arbre

Adressé à un public jeunesse, ce petit livre tente d’embrasser beaucoup de causes. Écologie, inclusivité, activisme, végétarisme, respect des autres et de la nature, transidentité… Pourtant, même si cela peut sembler beaucoup (et parfois en être même caricatural), c’est plutôt réussi.

Je les ai laissées à leur bourrasque familiale et je suis allée chez Cassandre, ma pote Cassandre, qui n'est ni fille ni garçon, mais qui est tout pour moi, et qui me trouve géniale absolument géniale.
Je dis elle, parce qu'elle préfère le féminin. En ce moment. Ça peut changer. Des fois c'est il. Elle n'aime pas iel parce que ça la perturbe assez d'être plusieurs, elle veut un pronom personnel stable le temps qu'elle le porte, quitte à en changer tout le temps. Ça n'est pas toujours facile, la transidentité, même si c'est le truc le plus passionnant que j'aie eu à observer depuis que j'observe.
J'adore observer, si possible, depuis le haut d'un arbre.
J'adore les arbres.
Chez mamie, il y a un noyer fantastique où je passe mes journées d'été. Je lis. J'écris. Je me fais arbre. Ça me va.
Si j’étais un arbre de Catherine Zambon
Alors oui, c’est un peu mignon et les émotions sont un poil exacerbées, mais cela ne correspond-il pas exactement à l’âge de Violette et Cassandre ?

Allez ! Tous à la ZàD avant que la forêt ne disparaisse sous les coups des pelleteuses et des tronçonneuses

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Pla Perré, c'est le lieu où nous devions passer des vacances tranquilles avant que tout n'explose.
Juillet sera à jamais ce mois où la vie sauvage m'a engloutie.
La montagne, c'est là où tout s'est passé.
Tout.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Violette adore se réfugier dans les arbres. Peut-être une manière de fuir l’encombrant amour d’une mère et d’une grand-mère. Son amour à elle, il va tout entier à Cassandre, qui est fille un jour et garçon le lendemain si ça lui chante.

Lorsque débarque un soi-disant grand-père, tout bascule. Et alors, grimper dans les arbres prendra un sens vertigineux. Celui de l’engagement, de la lutte et de l’espoir.

Certaines fièvres échappent au mercure

Comment vivre encore après un traumatisme destructeur ? Comment aimer encore après ?

 ─ Parfois, je ne ressens plus rien. Plus aucune émotion, plus aucun sentiment.
 ─ Je sais.
Les émotions sur le chemin entre moi et l'autre sont mal organisées. Soit elles surgissent, soit elles n'existent pas. Je me demande si certaines ont définitivement disparu ou si elles sont conscientes du danger dans lequel elles pourraient me plonger en apparaissant. Prendre conscience de l'autre peut me submerger si vite, alors parfois quelque chose se glace en moi. C'est la bête qui fait des allers-retours, entre l'autre et moi. C'est elle qui orchestre les émotions afin qu'elles soient déstabilisantes. La bête veut m'isoler. Elle a des yeux terribles. Si tu la voyais. Elle est terrible. Et je l'adore depuis toute petite.
Certaines fièvres échappent au mercure de Mathilde Forget
Un livre obsessionnel, avec des passages magnifiques et profonds mais qui m’a perdu plusieurs fois en cours de lecture

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Si nous avions grandi dans la même ville, si nous avions été dans la même classe, j'aurais vu pour la première fois l'angle droit de ta mâchoire là un peu en dessous de la date du jour. Parce que Madame te l'aurait demandé, tu aurais été obligée de relever ta tête toujours baissée pour atteindre le haut du tableau et écrire, Mardi 29 septembre. Ta main gauche contre l'ardoise aurait laissé des petites traces de sueur. Est-ce que ça sert à relever la tête, de savoir pourquoi on la baisse ? Est-ce qu'on la baisse de ne pas savoir pourquoi la relever ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un roman d'apprentissage amoureux qui affronte les fantômes de l'enfance

Édith se cache des autres. Elle a une déchirure au cœur. Jusqu’au jour où, dans un train de banlieue, en face d’une fille aux cheveux follement bouclés, elle découvre un sentiment farouche, joyeux, sidérant. Mais le bonheur est-il possible quand il combat des terreurs anciennes, héritées d’une enfance marquée par le chagrin ?

Certaines fièvres échappent au mercure est le récit d’une rencontre qui sauve de l’adversité. Une grâce envoûtante.

Fabienne

Franchement, je ne sais toujours pas si j’aime. Cette bande dessinée nécessite un lacher prise plutôt conséquent pour réussir à sourire et se laisser emporter par la poésie naïve d’Anouk Richard.

Fabienne de Anouk Ricard

Mais, il me faut bien reconnaître qu’une fois entré dans cet univers, celui-ci ne manque pas de charme.

La suite de Animan s’approche un peu plus de Fabienne la grenouille, une Pelophylax lessonae, pour être précis

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tu manges pas ?
J'ai pas très faim.
Tu penses à ta vie d'avant ?
Oui, c'est pas facile.
Je sais...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Qui est Fabienne, d’où vient-elle, comment se sont-ils rencontrés avec Francis ?

Nous aurons les réponses à ces questions, nous pourrons également entrer dans l’intimité du couple.

Il y aura des enquêtes comme dans le premier tome, avec des apparitions d’Objecto, l’ennemi juré d’Animan.

La vie de Fabienne sera observée, grâce à l’écriture de son journal intime et sa relation aux réseaux sociaux comme échappatoires à sa vie recluse.

Dans cet album aux dimensions plus modestes, on explore une autre facette de ce monde où situations étranges, amour des animaux, petites joies et déceptions du quotidien se côtoient.

L’occupation des sols

N’ayant pas lu le livre de Jean Echenoz, il m’est difficile de juger de la qualité de l’adaptation de ce roman paru en 1988. Pourtant, cet album m’ayant fortement donné envie de le lire, il me semble que cela doit être un fort bon signe.

L’occupation des sols de Guy Delisle, d’après l’oeuvre de Jean Echenoz
L’histoire du deuil de deux hommes ayant perdu une épouse pour l’un, la mère pour l’autre, disparue dans le feu d’une maison.

Une histoire subtilement mise en images par Guy Delisle avec sa ligne claire si talentueuse

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Comme tout avait brulé -la mère, les meubles et les photographies de la mère -, pour Fabre et le fils Paul c'était tout de suite beaucoup d'ouvrage : toute cette cendre et ce deuil, déménager, courir et se refaire dans les grandes surfaces.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ainsi débute la nouvelle de Jean Echenoz parue en 1988. La seule image survivante de la mère est un incongru portrait publicitaire géant, peint à même la façade d'un immeuble parisien. Mais à mesure que la ville se construit, le plan d'occupation des sols menace la pérennité de l'icône et du lieu de recueillement. Le père se lance alors dans une opération de la dernière chance... Guy Delisle enrichit et ponctue de sa ligne claire ce récit best-seller à la fois fataliste et piquant sur l'irrationnalité du deuil, le temps qui passe et la vie qui va.