Le grand livre des gnomes, tome 3 : Les aéronautes

Dans ce troisième et dernier tome des aventures des gnomes, vont-ils réussir à rejoindre leur vaisseau ?

Le grand livre des gnomes, tome 3 : Les aéronautes de Terry Pratchett
Et avec le même humour que dans les précédents, Terry Pratchett s’amuse avec eux pour mieux parler de nous : de nos religions (oui, curieux que cette trilogie ne soit pas bannie des écoles état-uniennes), de nos suivismes, sexismes, conflits et autres « petites humeurs »…
Des gnomes semblables à des grenouilles d’Amérique du Sud vivant dans des arbres (des broméliacées, d’où le titre anglais, The Bromeliad) et n’en descendant jamais… qu’imaginent-elles du monde qui les entoure ?

Une trilogie de cosy-fantasy qui ravira les plus jeunes comme les grands avec un premier tome nettement en dessus du lot

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Aéroports : Un endroit où les gens se dépêchent et attendent.
Encyclopédie scientifique pour l'édification des jeunes gnomes curieux, par Angalo de Konfection

Transformez l'œil de votre imagination en objectif photographique.
Voici l'univers, une boule scintillante de galaxies. Il ressemble à un ornement de Noël accroché à un inconcevable sapin.
Repérez une galaxie...
Mise au point


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Décidément, les humains sont incorrigibles. Où que s'installent les gnomes ─ Le Grand Magasin, la carrière abandonnée... ─, on vient les embêter. Pourtant, il reste un espoir : le grand Vaisseau qui les a conduits sur Terre est toujours là, au-dessus du ciel, après quinze cents ans.
L'espace, c'est froid, ça manque d'air et c'est loin, surtout quand on est tout petit. Par chance, il y a en Floride un machin qui peut conduire les gnomes à bon port. Un satellite, ça s'appelle. Il suffit donc d'aller là-bas et de grimper discrètement dans ledit satellite.
Oui, mais c'est où, la Floride ? On y va comment ?
Bah ! Quand on a volé un camion... pourquoi ne pas emprunter ce drôle de camion doté d'un nez pointu et de deux ailes ? Le Concorde, ça s'appelle.
Bon, allez, c'est reparti mon riquiqui, attachez vos ceintures !

Le grand livre des gnomes, tome 2 : Les terrassiers

Ce deuxième tome faiblit un peu. L’effet de surprise est probablement passé. De plus, tout ceci ressemble clairement à un chapitre de transition… vers plus haut encore ?

Le grand livre des gnomes, tome 2 : Les terrassiers de Terry Pratchett
Une histoire toujours rigolote avec des petits personnages aussi attachants que leurs défauts

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
I. En ce temps-là se passèrent d'étranges Merveilles : l'Air s'agitait de cruelle façon, la Température du Ciel s'amenuisait et, certains matins, le Dessus des Flaques devenait Dur et Froid.
II. Et les gnomes s'ébahirent: Quel est ce prodige
La Gnomenclature, Profils de Carrière, Versets I-II


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Après les péripéties du Grand Exode (qui suivit la démolition du Grand Magasin), les gnomes pensaient vivre tranquilles et heureux, installés dans leur carrière abandonnée à flanc de colline.
Mais la situation change brusquement : la température baisse, du ciel tombent des gouttes et les flaques d'eau deviennent dures, craquantes et glissantes. Bref, l'hiver approche.
Et pour tout compliquer, ces idiots d'humains ont décidé de rouvrir la carrière. Que faire ? Quand on mesure dix centimètres de haut et qu'on vit dix fois plus vite qu'un humain, on n'est pas de taille à repousser de tels envahisseurs.
Heureusement, les gnomes ont peut-être sur la colline un allié de poids : Jekub, le terrible dragon qui sommeille là depuis la construction du Monde...

Le grand livre des gnomes, tome 1 : Les camionneurs

Si cette histoire de petits gnomes vivant dans un grand magasin peut paraître gentillette au premier abord, elle m’a semblé bien plus profonde que ça. Et comme nombre de très bons livres «jeunesse » elle délivre des messages bien plus aiguisés qu’en apparence.

III. Or Arnold Frères (fond. 1905) dit : que les Annonces soient, afin que nul en cette enceinte n'ignore la Conduite adéquate à tenir dans le Grand Magasin.
IV. Sur l'Escalier qui Bouge, qu'un panneau proclame : Animaux domestiques et Landaus doivent être tenus dans les bras.
V. Et grand fut le Courroux d'Arnold Frères (fond. 1905), car beaucoup ne tenaient dans leurs bras ni Animaux Domestiques ni Landaus.
VI. Sur les Ascenseurs, qu'un Panneau proclame : Capacité : dix Personnes.
VII. Et grand fut le Courroux d'Arnold Frères (fond. 1905), car maintes fois les Ascenseurs ne transportaient qu'une ou deux Personnes.
VIII. Et Arnold Frères (fond. 1905) déclara : en Vérité, je vous le dis, les Humains sont des sots, qui n'entendent point le Langage le plus clair.
La Gnomenclature, Règlements, Versets III-VIII
Le grand livre des gnomes, tome 1 : Les camionneurs de Terry Pratchett
Car ces petits personnages crédules, suivistes, sexistes, égocentriques, naïfs, manipulateurs-manipulés à la foi absolue dans dans une surréaliste religion magique… nous ressemblent fortement.

Et ce n’en est que plus drôle, tout en nous invitant, bien malgré nous, à un petit poil d’introspection collective

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Voici l'histoire du Retour à la Maison.
L'histoire du Chemin Critique.
L'histoire du camion qui rugit à travers la cité endormie pour débouler sur les routes de campagne, démolissant les réverbères sur son passage, zigzaguant d'un trottoir à l'autre, fracassant les vitrines des magasins, pour s'arrêter enfin quand la police le prit en chasse. Et quand les humains stupéfaits regagnèrent leur voiture en annonçant : « Hé, écoutez, vous m'entendez ? Y a pas de conducteur à bord ! » cela devint l'histoire du camion qui redémarra, abandonna les humains médusés et s'évanouit dans la nuit.
Mais l'histoire ne s'est pas arrêtée là.
Elle n'a pas commencé là, non plus.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Au commencement, Arnold Frères (fond. 1905) créa le Grand Magasin. Et Arnold Frères (fond. 1905) vit que cela était bon... »
Ce ne sont pas les gnomes établis là depuis des générations qui diront le contraire. Climatisation, moquette et nourritures terrestres à profusion... On trouve de tout chez Arnold Frères, il suffit de le chaparder à ces balourds d'humains !
Mais une terrible nouvelle va fracasser cette existence paradisiaque : le Grand Magasin doit être démoli.
Que faire ? Fuir vers le Dehors ? Mais est-ce que ça existe seulement, le Dehors ? Et peut-on s'y rendre en camion ? Si oui, comment passer les vitesses quand on ne mesure que dix centimètres de haut ?

Punk à sein

Si le dessin peut sembler tout pourritch, cette bande dessinée déborde d’une énergie vivante et punk à souhait. La démarche n’est pas académique, elle tire sa puissance des tripes, du rythme, de la force de vie qui met le feu dans une saturation de gros son !

Punk à sein de Magali Le Huche
Magali a découvert une petite boule dans son sein gauche, Joe Strummer sera là pour le combat !

London Calling – The Clash

C’est chou et plein d’émotions

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
One two three four
Well, she was just seventeen, you know what I mean


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de passer le cap de sa phobie scolaire au collège, Magali Le Huche raconte un autre moment grave de son existence. À l'aube de ses quarante ans, la dessinatrice découvre qu'elle a un cancer du sein. Toujours armée de sa fantaisie et de son auto-dérision, elle se découvre également une passion pour Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Pour se battre contre sa maladie, Magali convoque l'énergie de la musique punk, où les guitares sont comme des armes sur le champ de bataille.

La mort de Belle

Écrasé par la suspicion qui pèse sur ses épaules, un homme glisse peu à peu et finit par perdre pied.

Sa serviette sous le bras, il franchit la porte vitrée et marcha vers sa classe en regardant droit devant lui. C'était encore des élèves qu'il avait le plus peur, peut-être parce qu'il se souvenait du regard de Bruce. Il sentait qu'ils n'osaient pas l'observer ouvertement, qu'ils le laissaient passer en ayant l'air de continuer leurs conversations. Ils n'en étaient pas moins impressionnés, et plusieurs devaient avoir la gorge serrée.
Car il n'y avait pas de preuve formelle qu'il fût innocent. A moins qu'on découvre le meurtrier et que celui-ci avoue, il n'existerait jamais de certitude absolue. Et, même alors, il se trouverait des gens pour douter. Ne douterait-on pas de lui, il lui semblait qu'il en garderait quand même comme une souillure.
La mort de Belle de Georges Simenon
Simenon ausculte une petite ville et les effets de groupe qui l’agitent suite à un crime. Le besoin d’un coupable, d’une tête de turc.Comme si elle avait peur qu'il oublie ses jambes, miss Moeller tirait sur sa jupe.
 ─ Asseyez-vous, Mr Ashby...
Christine, comme troublée, restait debout près de la porte de la cuisine.
Pourquoi Bill Ryan cessait-il de l'appeler par son prénom ?Un livre qui suit un homme innocent qui finit par ne plus même croire en lui

Adapté au cinéma par Edouard Molinaro en 1961
Adapté au cinéma par Edouard Molinaro en 1961
Tous les romans durs de Simenon
76. La mort de Belle
75. Marie qui louche 77. Antoine et Julie
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il arrive qu'un homme, chez lui, aille et vienne, fasse les gestes familiers, les gestes de tous les jours, les traits détendus pour lui seul, et que, levant soudain les yeux, il s'aperçoive que les rideaux n'ont pas été tirés et que des gens l'observent du dehors.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
L'existence de Spencer Ashby, paisible professeur dans une bourgade de la région new-yorkaise, s'écroule un beau matin lorsqu'on découvre chez lui le cadavre de Belle, la fille d'une amie de sa femme, leur invitée pour quelque temps. Il est le principal suspect... Cet homme naïf, timide, quelque peu complexé, va connaître l'humiliation des interrogatoires policiers, l'ostracisme de ses collègues et l'hostilité de la petite ville. Lorsqu'il apprend qu'aucune charge n'est retenue contre lui, il se croit tiré d'affaires. C'est à ce moment-là pourtant que sa vie va basculer dans la tragédie. Comment un individu peut être profondément traumatisé, au point de devenir le meurtrier qu'on l'a accusé d'être : c'est ce que nous relate, dans l'univers étroit et mesquin de la petite ville, le romancier de Lettre à mon juge et du Petit Homme d'Arkhangelsk.

Le cocon

Cette biographie dessinée de Judith Scott est déchirante. Si le dessin a mis un peu de temps à me convaincre, l’histoire de cette artiste trisomique et sourde est emblématique du sort des personnes handicapées au siècle précédent (et ce n’est pas si vieux !).

Le cocon de Alexandre De Moté, dessins et couleurs de Natacha Sicaud, avec une préface de Lucienne Peiry
Le parallele avec Mon vrai nom est Elisabeth est évident. Incompétence, maltraitance, camisole chimique, isolement, brutalité, chirurgie, absence d’empathie… la vie en institution pouvait (sans généralisation !) être inhumaine.Mais c’est aussi l’histoire de sœurs jumelles, de séparation et de retrouvailles, d’amour et de lien

Une bio préfacée par Lucienne Peiry, ex-directrice de la magnifique collection d’art brut de Lausanne qui lui consacra une exposition en 2001
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Alors, les filles, on rêve d'un beau mariage ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Née en 1943 dans l’Ohio, Judith Scott est atteinte de trisomie 21 et de surdité. Dans l’Amérique des années 1950, son handicap est mal compris : jugée « inapte », elle est séparée de sa famille et surtout de sa sœur jumelle, Joyce, avec qui elle entretenait un lien profond malgré l’absence de langage verbal commun. Commence alors pour Judith une longue période d’institutionnalisation, loin des siens.

Trente-cinq ans plus tard, Joyce parvient à obtenir la tutelle de sa sœur et lui offre une nouvelle vie. Installée à Oakland, Judith rejoint le Creative Growth Art Center. C’est là, à 44 ans, qu’elle découvre la sculpture textile : des objets enveloppés de fils, des formes mystérieuses et organiques qui deviennent son mode d’expression privilégié. À travers ces œuvres singulières, Judith tisse un langage propre, intime, presque thérapeutique, et se reconnecte peu à peu au monde. Aujourd’hui, elle est reconnue comme une figure majeure de l’Art Brut.

Basée sur une documentation riche, cette biographie retrace le destin exceptionnel de Judith Scott (1943-2005). De l’enfance brisée à l’émergence de son œuvre, elle interroge notre rapport à la différence, à la création et à l’inclusion. Préfacé par Lucienne Peiry, historienne de l’art et ancienne directrice de la Collection de l’Art Brut à Lausanne, ce roman graphique bouleversant signé Natacha Sicaud et Alexandre de Moté nous invite à regarder autrement l’art et le handicap.

La neige était sale

La neige était sale m’a semblé être curieux roman dur. Comme si Simenon, en cours d’écriture avait décidé d’en faire une autre histoire.

Frank n'a pas peur. Il ne s'agit pas de peur. C'est infiniment plus subtil. C'est un jeu qu'il a inventé, comme, enfant, il inventait des jeux qu'il était seul à comprendre. Cela se passait le plus souvent le matin, dans son lit, pendant que Mme Porse préparait le petit déjeuner, et, de préférence, quand il y avait du soleil. Les yeux fermés, il pensait, par exemple :
 - Mouche !
Puis il écartait à moitié les paupières, en ne regardant qu'une portion déterminée de la tapisserie. S'il y avait une mouche, il avait gagné. Maintenant, il aurait pu dire :
- Destin !
La neige était sale de Georges Simenon
Dans ce livre en deux parties, on suit d’abord un odieux petit malfrat vivant dans une maison close tenue par sa mère durant l’occupation. Puis, l’histoire bascule avec son arrestation pour un interminable interrogatoire musclé dans une école.

Roman sur l’occupation, les maison closes, les profiteurs de guerre, les interrogatoires et la torture ? Ou plutôt celui d’un jeune homme sans repère qui finit par se comprendre (trop tard ?). Difficile à dire tant ce roman multifacettes peut désorienter par le soin que porte Simenon à ne pas écrire ce qu’il raconte

Adapté au cinéma en 1953 par Luis Saslavsky
Tous les romans durs de Simenon
63. La neige était sale
62. La jument perdue 64. Pedigree (à lire)
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Sans un événement fortuit, le geste de Frank Friedmaier, cette nuit-là, n'aurait eu qu'une importance relative. Frank, évidemment, n'avait pas prévu que son voisin Gerhardt Holst passerait dans la rue. Or le fait que Holst était passé et l'avait reconnu changeait tout. Mais cela aussi, et tout ce qui devait s'ensuivre, Frank l'accepta.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Frank aurait pu être un héros. S'il est devenu cet être abject, c'est qu'on ne lui a rien appris que l'argent facile.
Le lecteur attentif ne s'y trompera pas, pourtant: Frank ne tient pas à l'argent. II tient à prouver aux autres, et à se prouver à lui-même, qu'il n'a peur de rien, que rien ne saurait le faire reculer. Et c'est parce qu'il se voulait invulnérable et qu'il s'est senti touché par l'amour, c'est pour se punir d'une faiblesse et non point par sadisme qu'il inflige à celle qu'il aime et à son propre cœur le plus cruel, le plus humiliant des supplices.
Peut-être les autres ne s'en sont-ils pas avisés, celle qu'il aime ne s'y trompe pas...

Juste après la vague

Tiré du roman éponyme de Sandrine Collette, cette vague explore les dilemmes insolubles, la culpabilité et la force des liens familiaux.
Le tout dans une insoutenable tension post-apocalyptique.

Juste après la vague de Dominique Monféry, d’après le roman de Sandrine Collette
Le traitement du scénario et les dessins de Dominique Monféry sont parfaits. Le trait est fin, soutenu par des aquarelles au service de l’histoire avec des planches d’une grande beauté.C’est beau et bien et, en plus, porteur de messages forts

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Coucou mes belles !
C'est moi que voilà !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Une vague géante déferle sur le monde et engloutit tout sur son passage. Le monde que connaissait Louie et sa famille a disparu, mais eux ont survécu. Du haut de leur colline devenue îlot, leur quotidien est étrangement tranquille et bien réglé : maman prépare le café, les enfants se lèvent grâce à la délicieuse odeur des tartines grillées, papa récolte les œufs frais du matin tandis que la mer, elle, monte chaque jour un peu plus.

Les parents n'ont d'autres choix que de faire face à la montée des eaux. Seulement, il n'y a pas assez de place dans la barque. Quels enfants laisser derrière ? Sera-t-il possible de revenir les chercher ? Seront-ils capables de survivre jusque-là ?

D'après le roman de Sandrine Collette

Les quatre jours du pauvre homme

Grandeur et décadence selon Simenon… c’est évidement glauque.

Mais à présent Germaine est morte, et François s'en allait tout seul faire face à sa belle-sœur.
C'était une femme splendide, une sorte de Junon grande et bien faite, une femelle, une chaude garce, s'il fallait en croire Raoul qui, ayant passé sa vie aux colonies, savait, Dieu sait comment, tout ce qui concernait la famille.
Raoul précisait qu'elle avait un tempérament si ardent qu'il ne lui avait fallu que deux ans pour pomper toute la vitalité de leur frère.
Les quatre jours du pauvre homme de Georges Simenon
Au décès de sa femme un homme se dit qu’il n’a que trop attendu et laisse toute moralité pour, lui aussi, réussir. Et qu’importent les moyens pour y parvenir.Raoul, sans le vouloir, lui avait fait du bien. C'était un mou, lui aussi, malgré ses airs bravaches. C'était un mouton, comme il disait des autres, et c'est justement pourquoi il bêlait si fort!Deux jours pour réussir…
… Et deux jours de trop.

Un roman dur pur jus. Du Simenon de petits avides et cupides. Ceux qui ont eu faim et que rien n’arrêtera

Tous les romans durs de Simenon
67. Les quatre jours du pauvre homme
66. Le fond de la bouteille 68. L’enterrement de Monsieur Bouvet
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Son regard errant quelque part sur le blanc des murs et du plafond, elle questionnait d'une voix sans accent, comme un récitatif :
‒ M. Maghin est toujours content de ton travail ?

Il ne s'y attendait pas. Plus exactement la voix mettait un certain temps à l'atteindre, parce qu'il était déjà dans son brouillard. Cependant, tant qu'il était près d'elle, à l'hôpital, il restait sur ses gardes. Juste un instant de flottement, un froncement imperceptible des sourcils, et il avait reconnu un de ses pièges.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Désemparé à la mort de sa femme, sans emploi et à bout de ressources, François Lecoin va céder à la tentation du chantage. Un chantage qu'il a l'occasion d'exercer contre son propre frère, le brillant avocat en quête d'une carrière politique.

Ainsi s'ouvre pour lui une nouvelle vie, quitte à exercer le pire des métiers : celui qui fait commerce du scandale, de la calomnie et de la diffamation. Jusqu'au moment où ses manœuvres se retourneront contre lui.

C'est l'histoire d'une déchéance morale que nous raconte Georges Simenon dans ce sombre roman, centré sur quatre journées décisives dans la vie de François Lecoin - personnage peu reluisant dont le titre nous rappelle néanmoins ce qu'il est d'abord, et peut-être avant tout : un pauvre homme.

Les fruits confits : suivi de La vieille prodige

Brigitte est aussi fascinante que surréaliste. Capable de trésors comme son Portrait de l’artiste en déshabillé de soie ou Les hommes préfèrent les hommes comme d’autres productions plus obscures.

La mystique et le génie sans frotter ont déserté.
Tant pis pour les femmes avec leur hideuse origine du monde. Si j'avais été de l'époque j'aurais tout fait pour le pendre ce peintre, je l'aurais fait moi-même car j'ai horreur de la peine capitale légale. J'ai horreur de ce qui est légal, d'ailleurs.
Finie la fée Électricité, finies les semelles de vent, la femelle aux sauts aéromantiques ; ne restent que les souffrances, ou l'insouciance, les maniaques intérieurs et les manques.
Il y a des nœuds de viscères, des torsions de torse.
l'idée de tout abandonner et de se laisser emporter par le courant d'air. Le petit donjon tordu, les vêtements vides et innombrables, les bougies qui coulent, les bijoux qui attendent une occasion.
Les dents qu'on voudrait arracher.
À l'horizon, s'il y en a, une plage vide, au crépuscule, un phare au large dans la nuit, un cabriolet gris et noir, des chats sinueux, paresseux ou excités, prêts à tout.
Les fruits confits de Brigitte Fontaine
Et ici, c’est plutôt brumeux. Dans le premier texte, ressemblant fort à journal de pensées, Fantaisie dissèque la grande Zonzon.

Un enfant toujours, depuis toujours, pour toujours. Éternité.
La vie est une mauvaise plaisanterie.
La vieille prodige de Brigitte Fontaine
Puis dans la vieille prodige, Zonzon change de style et de rythme pour continuer sur le grand naufrage de la vieillesse.

Deux textes hallucinés qui m’ont hélas laissé délaissé

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'Ange Exterminateur nommé Corona coiffe la planète d'un métal de bronze apparent. Le je, le moi est haïssable, d'accord, pourtant je l'aime un peu et il va jouer à se confier, jouer aux murs qui protègent de la peste, du noir nazisme, de la grande faucheuse. Ce je-ne-sais quoi n'est pas prêt pour la grande aventure, ce moi a des choses à faire et les fera.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans « sa carapace de confiserie à deux étages », petit nom qu’elle donne à son appartement au cœur de l’île Saint-Louis, à Paris, Brigitte Fontaine livre un texte aussi puissant que poétique sur la vieillesse et la sensation d’être confinée dans son propre corps. Lire La Vieille prodige, c’est plonger dans l’univers fantasque et dans l’intimité de cette artiste performeuse aux multiples facettes.