Sangliers

Sangliers nous fait passer de l’autre côté du miroir d’une jeune maquilleuse, candide instagrameuse beauté.

Sangliers de Lisa Blumen
Et si les images sont d’un exaspérant rose bonbon elle soulignent parfaitement le propos. Une image lisse, joyeuse aux pastels paradisiaques maquillant une réalité bien moins glam’

Une très belle réussite

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Bonjour, ça va ? Vous pouvez signer ici, comme d'habitude.
Merci !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Nina est maquilleuse professionnelle, mais c'est son activité d'influenceuse beauté qui l'occupe principalement. Son quotidien est rythmé par la création de tutoriels pour les réseaux sociaux. Elle aime son métier, et c'est avec le pseudo NINA MAKEUP qu'elle s'y investit avec ferveur. Mais pour exister dans ce monde du paraître, elle se doit d'être productive et Nina s'enferme dans une routine qui la pousse à la solitude. Son exposition médiatique ne lui apporte que désillusion et elle est victime de harcèlement. Son agent lui met la pression, sa famille ne la comprend pas, un partenariat commercial menace son éthique et le plus angoissant : un inconnu rôde autour de chez elle. La réalité se mélange à l'existence numérique et floute les frontières de la raison, créant la figure d'un sanglier chimérique.

Après une incursion remarquée dans la science-fiction (Avant l'oubli et Astra Nova), Lisa Blumen reprend ses feutres à alcool pour donner cours à un thriller psychologique qui matérialise des réflexions sur la marchandisation de la beauté féminine et le sexisme ordinaire. Le personnage principal lutte contre un ennemi à la fois invisible et omniprésent : la superficialité que l'on attend d'elle. En exposant l'envers du décor, Sangliers met en scène une figure contemporaine on ne peut plus controversée, mais finalement trop peu exploitée dans la fiction, l'influenceur.euse.

L’horloger d’Everton

Un homme a élevé son fils seul. Un soir, le fils n’est pas rentré.

Il se conduisait un peu comme certains malades qui ont si peur de déclencher une crise qu'ils vivent au ralenti, avec des mouvements prudents, ne parlant que d'une voix éteinte. Au fond, il n'avait pas été surpris par la vue des deux policiers. Il n'avait pas cru sérieusement non plus que Ben avait eu un accident. D'ailleurs, s'il s'était agi d'un accident, ils le lui auraient dit tout de suite. Depuis qu'il était revenu la veille dans l'appartement vide, il savait que c'était plus grave et il rentrait les épaules pour donner moins de prise au destin. Peu importait ce qui était arrivé, il lui fallait protéger son fils. Jamais il n'avait senti aussi nettement, aussi charnellement, le lien qui existait entre eux. Ce n'était pas une autre personne qui était en détresse quelque part, Dieu sait où — c'était une partie de lui-même.
L’horloger d’Everton de Georges Simenon
Simenon raconte un père dans la détresse, de n’avoir rien vu venir, désemparé de ne pouvoir aider, démuni face à l’irréparable.

Avec une grande empathie, Simenon tente de décrire le désarroi et l’amour inconditionnel d’un parent

Tous les romans durs de Simenon
82. L’horloger d’Everton
81. Le grand Bob 83. La boule noire
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Jusque minuit, voire jusqu'à une heure du matin, il suivit la routine de tous les soirs, ou plus exactement des samedis, qui étaient un peu différents des autres jours.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La fugue, la délinquance, le meurtre : en quelques jours, pour une amourette avec une fille de son âge, Ben Galloway, à seize ans, a commis l'irréparable. C'est dans la prison d'Indianapolis que son père, Dave, modeste horloger d'un village de l'Etat de New York, le retrouve. Mais le garçon se mure dans un silence hostile que n'entameront ni le procès, ni la condamnation à la prison perpétuelle. Comment ce fils qu'il a élevé seul a-t-il pu devenir à ce point un étranger ? Qu'adviendra-t-il de l'enfant qui naîtra de la brève union de Ben et de Lilian ?
Un roman poignant aux résonances dramatiquement actuelles, dont s'est inspiré Bertrand Tavernier pour son film L’Horloger de Saint-Paul.

L’extinction des vaches de mer

Les vaches de mer (Rhytine de Steller) : découvertes en 1741, éteintes en 1768. L’homme découvre… L’homme détruit ! Écœurant, révoltant !

Les vaches de mer, victimes de ce qu'on a appelé la ruée vers l'or gras, et avec elles les cormorans aux ailes inutiles ainsi que les autochtones aléoutes, enrôlés de force pour la chasse à la loutre, ont été exterminés. Moins d'un an après le départ de Steller et de l'équipage, les vaches de mer furent massacrées. Pour peu qu'on fût distrait, on aurait cru l'île de Béring baignée dans le rougeoiement d'un éternel coucher de soleil, même en plein jour.
L’extinction des vaches de mer de Adèle Rosenfeld
Dans ce livre Adèle Rosenfeld raconte sa fascination pour cet animal et pour l’expédition qui le découvrit. Puis, dans une seconde partie, elle tisse des liens (un poil alambiqués ?) avec la fin de vie de son grand père. La disparition et la préservation de la mémoire.

Une écriture exigeante qui m’a plusieurs fois laissé à distance malgré un sujet fascinant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les nuages s'étaient essorés et ne formaient plus qu'un mince ourlet vaporeux au-dessus de la mer, quand une impulsion électrique traversa le ciel, la sensation d'un danger, un changement brutal qui alerta Steller. Une masse sombre couvrit les flots, lui fit d'abord penser à une zone d'algues brunes, mais cette masse persista, jusqu'à ce qu'émergeassent d'autres collines au-dessus des flots bariolés d'écume, puis une silhouette jaillissant qui émit un bruit de choc d'air, de chair et d'eau, comme si quelque part des draps mouillés étaient étendus dans une plaine, le linge claquant dans le vent, et la masse brune replongea, et une autre plus loin apparut.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La Rhytine de Steller, plus connue sous le nom de « vache de mer », a été découverte en 1741 par le naturaliste allemand Georg Wilhelm Steller. C’est lors d’une expédition dans les eaux glacées du Pacifique nord qu’il rencontre ce gigantesque animal marin au destin tragique – puisqu’il s’éteindra définitivement 27 ans après son premier contact avec les hommes.
À la fois roman d’aventure, épopée scientifique et plongée dans l’intimité d’un équipage échoué, L’extinction des vaches de mer nous entraîne dans la vie d'un grand explorateur lancé dans la bataille que se livrent les savants européens du XVIIIème siècle pour s’approprier de nouvelles terres et des espèces encore inconnues. Jusqu’à trouver ces vaches de mer devenues mythiques, dont la chair a le pouvoir de sauver les naufragés affamés, sa graisse de les réchauffer, et ses airs de sirène de les enivrer.Mais si la Rhythine de Steller a envahi l’imaginaire de la narratrice, de quoi cette obsession est-elle le nom ?
Porté par une écriture poétique, sensorielle, L’extinction des vaches de mer interroge la possibilité de préserver ce qui menace de s’effacer : un animal, un grand-père, une langue, une histoire familiale. À travers la figure de Steller, scientifique hanté par la beauté et la fragilité du vivant, Adèle Rosenfeld propose une réflexion bouleversante sur la disparition, les douleurs silencieuses et le besoin de transmettre.

Un violent désir de chaleur humaine

Tania de Montaigne poursuit son analyse du racisme avec une version plus personnelle suite à la réception de messages haineux sur les réseaux sociaux.

Cest pas moi, c'est lui.
C'est pas moi, c'est elle.
La faute de l'Autre.
Tout le monde veut être parfait, un vrai petit ange. N'est-ce pas? C'est le bouc émissaire qui fait tenir debout ce bel édifice de perfection. Il permet à la société de rendre réels les mythes de vertu et de pureté. Tout le monde veut être vertueux. Non? Il y a d'un côté la société saine, angélique, et de l'autre le bouc, élément impur, nuisible, diabolique, coupable. Forcément coupable. Regarde, depuis la nuit des temps les discours, les programmes, les dictatures, les autocrates, tous adossés au bouc émissaire. Le bouc est à lui seul la solution et la cause de tous les problèmes. Il ne demande aucune réflexion, grâce à lui plus besoin de penser. Il est la maladie et le médicament, le poison et le remède, le pharmakon. C'est parce qu'il est là que tout va mal, mais c'est parce qu'il est là qu'on peut affirmer qu'après lui, tout ira bien.
Un violent désir de chaleur humaine de Tania de Montaigne
Elle y soulève quelques évidences, certes, mais qui méritent d’être répétées !
Si l'on admet que ça n'est pas le réseau qui a fait l'Homme mais que c'est bien l'Homme qui a créé et alimente les réseaux, c'est que quelque chose de nous-mêmes doit être réfléchi.
Notre rapport à la violence.Le triste constat d’une société individualiste, rongée par la haine et les injonctions qui font le succès et l’argent des GAFAM et autres TikTok.

Un appel à retrouver notre vitale humanité

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Et puis, j'ai posté une photo de moi un peu floue prise sur un bateau-mouche avec ce commentaire, « Quel plaisir de retrouver les amis ».


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Dégénérée », « Vas faire à bouffer connasse ! », « Vas t'occuper de ton gosse ! » , « T'es pas prête à ce qui va t'arriver », « Regarde ta coupe on dirait un balai à chiotte », « Meurs, t'es pas belle... », « Tu mérites de te faire égorger… »
« Le premier message est arrivé sur mon compte à 23h03. Je me suis dit, ça doit être une erreur. Je n'ai pas senti qu’à ce moment précis j’étais en train de devenir le point de rencontre entre les plus anciennes pulsions humaines, la peur, la haine, le meurtre, la cupidité, d'un côté, et la technologie la plus avant-gardiste de l’autre ».
Quelque chose dans notre civilisation s’est brisé. Il ne s’agit plus d’un malaise ni d’un combat entre le juste et l’injuste, le vrai et le faux, le bien et le mal, le réel et le numérique. Quelque chose de bien plus profond et d’enfoui a explosé à la faveur des réseaux sociaux : la haine, notre haine. On ne compte plus les messages violents, racistes, misogynes, homophobes, qui déferlent sur nos appareils. Et dans nos vies. À la légitime question, que faire ?, on pointe du doigt les objets, ce téléphone que l'on dit smart, ces réseaux que l'on dit sociaux. Mais si l'objet est en cause, est-il vraiment LA cause ? Regarder l'objet sans se regarder soi-même, c'est regarder le doigt sans regarder la lune. « La folie c'est de faire tout le temps la même chose et d'attendre un résultat différent », écrit Einstein. Sommes-nous prêts à vivre différemment ?

Karl

C’est beau, tendre, délicat, subtil. Carton plein pour Karl !

Et quelles sont tes autres compétences ? 
Eh bien, en tant que « life companion » je sais faire le café, le ménage, entretenir une maison ou un jardin... 
Faire une lessive en séparant bien les textiles délicats, changer une ampoule, réparer un robinet qui fuit... Cuisiner...
J'ai de multiples recettes dans ma base de données et je peux en télécharger d'autres. La recette préférée de votre père était la tarte au citron meringuée…
OK, OK, Karl... Tu as de nombreuses cordes à ton arc, maintenant je te propose de rester silencieux jusqu'à notre arrivée.
Comme vous voudrez.
Karl de Cyril Bonin
Le dessin (et ses chaudes palettes de couleurs) de Cyril Bonin est tout à fait remarquable, il est immédiatement identifiable et plus encore aujourd’hui où la majorité des bandes dessinées sont réalisées numériquement. Le traitement de l’histoire également. Un déroulement qui prend son temps, un univers poétique, un équilibre fin entre textes et images, entre dit et non-dit.

Une histoire de robot pleine d’humanité

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
J'espère que vous avez été satisfaite de nos services, Mlle Brooks. Votre père avait déjà pris des dispositions et nous nous sommes efforcés de la respecter.
C'était très bien. Merci.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Charles Brooks, riche banquier fantasque, meurt dans un accident de voiture aux circonstances troubles. Sa fille, Magda qui ne l’a pas vu depuis près de dix ans, hérite de sa vaste demeure.
Alors qu’elle ouvre une à une toutes les pièces de la maison elle découvre, glissé dans une housse, un robot bleu acier mis en veille…

C’est Karl, l’androïde-majordome de son père disparu.
Pour Magda, qui préfère les relations humaines aux technologies, Karl n’est qu’un objet froid. Que va-t-il lui révéler quand elle décide de le rallumer… ?

Ma vie de chouette : moi, dame blanche, pas si différente de toi

Alexandre Roulin est un chanceux privilégié (ce n’est d’ailleurs pas que de la chance, mais beaucoup de travail), il est passionné et vit de sa passion. Les oiseaux, et plus spécifiquement, les chouettes effraie.

Ce discours semble dénué de cœur, et il l'est. Les effraies, comme les autres organismes vivants, se projettent dans le futur et n'ont que faire de la nostalgie. Les parents préfèrent les premiers-nés, non pas parce qu'ils ont déjà investi plus de ressources pour eux que pour les derniers-nés mais parce qu'ils sont plus forts. Comme ils sont plus costauds, leurs chances de survie sont plus élevées. Pour les parents, cela signifie qu'ils peuvent s'attendre à avoir des petits-enfants avec les premiers-nés plutôt qu'avec les derniers-nés.
Ma vie de chouette : moi, dame blanche, pas si différente de toi de Alexandre Roulin et Christine Mohr

Alternant entre sa vie et celle des chouettes qu’il observe depuis plus de 40 ans, il partage sa fascination avec talent, pédagogie et un enthousiasme fort communicatif

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je n'ai pas attendu longtemps pour commencer à observer les oiseaux. À 7 ans, en 1975, j'avais déjà des jumelles autour du cou. Depuis, je n'ai jamais arrêté, c'est bien la seule chose qui soit restée aussi constante dans ma vie. Tous les jours, je chevauchais mon vélo pour rejoindre un étang et y observer les migrateurs qui y avaient fait escale. Je ne tenais pas en place, comme ces oiseaux au long cours. Tout le temps envie de faire quelque chose en lien avec les animaux.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Il était une fois une chouette qui faisait peur à beaucoup par son aspect de dame blanche fantomatique et ses chuintements grinçants. L’effraie des clochers a pourtant plus à craindre des humains que nous n’avons de nous en méfier. Surtout, cette silhouette élégante qui peuple les nuits de son vol furtif a beaucoup de points en commun avec nous. Diplomatie, chasse, espionnage, solidarité, adultère, divorce, éducation des petits… : les comportements de cet oiseau pas si rare mais menacé ne manquent pas de sel. Il en résulte 10 leçons de morale sauvage dans lesquelles Alexandre Roulin, un des meilleurs spécialistes de la chouette qu'il côtoie et étudie depuis plus de 40 ans, se met en scène pour dévoiler les coulisses authentiques de ses recherches et tisser des parallèles saisissants entre cet oiseau et nous les humains.
Coécrit avec Christine Mohr, professeure de psychologie, spécialiste de l’analyse des comportements humains et des superstitions, ce récit original et jubilatoire sur la vie et les mœurs de ce rapace nocturne, plus proche de nous qu’on ne le pense, ne cessera de vous mener de surprise en surprise.

Journal d’un paysan

C’est la vie, les emmerdes, les bonheurs, le fric qui manque, le travail (beaucoup, tout le temps), les craintes, le climat qui se réchauffe, les copains, les collègues, les employés, les arbres, les cultures, la famille… C’est la vie d’un paysan (agrumiculteur) qui fait du bio en France.

Hiver
Dimanche 4 décembre
Je voulais cueillir des clémentines, il pleuvait comme vache qui pisse. Je me suis fait un jus avec les petites impossibles à éplucher, en regardant les nuages se vider. L'odeur de la pluie d'hiver est l'un des parfums les plus évocateurs que je connaisse.
Journal d’un paysan de Jean-Noël Falcou
Alors, oui, le journal a forcément un petit côté répétitif, mais pourtant, il n’y a pas un seul jour pareil ! Car Jean-Noël Falcou a tout l’air d’un hyperactif et bosser avec lui ne doit pas être de tout repos (pas du tout, même !), et il ne s’en cache pas. Mais il aime la terre, les arbres et la vie. Et pour cela, il ne compte pas.

Un magnifique journal, vivant et passionné

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Dimanche 20 février 2022
Depuis 8 h 20 ce matin, c'est le printemps par ici. Il y avait bien quelques indices précurseurs, pour ceux qui se soucient de la fin de la floraison des amandiers, ou des rosiers centifolia qui débourrent malgré la sécheresse hivernale. Des indices oui, mais le printemps ce n'est pas ça. C'est une odeur changeante de la terre, une assurance imprévue du soleil, les rougequeues qui ne se sentent plus à leur place dans une vibration nouvelle connue de tous. Les saisons font mentir le calendrier.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Chaque soir, pendant un an, un paysan témoigne en quelques lignes de son activité du jour. Ses textes nous donnent accès à l'intimité rugueuse d'un métier fondamental devenu méconnu. On y trouve, entre autres, des bigaradiers, du désherbage, des souvenirs d'enfance, des oiseaux, des coups de gueule, des alambics... On y découvre de l'intérieur, dans l'oeil d'un naturaliste, des champs, une filière, un pays.
Ce journal rend compte d'un engagement corps et âme dans une vocation. Il est aussi une ode à la matière ─ naturelle, transformée, vivante, spirituelle.

Fables bucoliques autogérées

C’est un genre d’humour que j’affectionne tout particulièrement. En plus, ici, c’est souvent franchement très drôle !

À leur naissance, les baleineaux, les nouveau-nés de la baleine bleue, pèsent environ deux tonnes et demie pour une longueur de sept mètres. 
Ce sont les plus gros bébés de la planète, juste après les hommes blancs cis hétéros qui se sentent opprimés. 

En grandissant, les adultes, et plus précisément les adultes femelles, atteignent en moyenne les 130 tonnes et les 26 mètres de long. 
Cela fait d'eux les plus gros lourds du règne animal, juste après les oncles qui blaguent sur la transidentité ou le véganisme à chaque Noël.

Tous leurs organes sont énormes, comme l'anus, qui peut atteindre les 50 centimètres, et les intestins qui peuvent libérer jusqu'à 200 litres d'excréments.
Ce sont donc les plus gros trous du cul et les plus gros tas de merde existants, juste après les racistes et les fascistes. 
Prooooot !
Fables bucoliques autogérées de Popolitique
Une bande dessinée qui n’est pas sans rappeler le Petit traité d’écologie sauvage d’Alessandro Pignocchi et ses sublimes aquarelles. Certes, ici, pas de dessins au style aussi impressionnant, mais des comptines bien affirmées et un rythme rapide. Un vrai bonheur.

Un album activiste parfois inégal mais dont certaines pages méritent amplement d’être sauvées de l’autodafé par ce pauvre colibri

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Un jour, la catastrophe arriva. Un immense incendie s'était déclaré dans la vieille forêt.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les Fables bucoliques autogérées invitent à imaginer ce qu'il se produirait si tout ce qui constitue le vivant, les animaux, les plantes, se mettait à réfléchir, parler et se comporter comme les êtres humains.

Des planctons imaginent en quel plastique ou hydrocarbure ils seront transformés. Des loups déconstruisent le mythe du mâle alpha. Des poules se mettent à penser que c'était mieux avant, quand elles étaient de gros dinosaures. Et les fourmis sont bien entendu marxistes et rêvent du grand soir. À travers ces fables, tous ces êtres vivants deviennent enfin des acteurs politiques, au sens large.

La révolte des cigarières

Non, l’histoire de la Suisse n’est pas faite que d’un long fleuve tranquille bercé par la paix du travail. L’armée fut parfois convoquée et a même tiré sur la foule en 1932 à Genève.

Bande de sorcières !
Vous feriez mieux de vous occuper de vos gamins !
La révolte des cigarières de Éric Burnand, aquarelles de Fanny Vaucher
Cette bande-dessinée raconte une de ces révoltes en 1907, celle d’ouvrières dans une usine de cigares à Yverdon. Des salaires de misères, des amendes, des conditions de travail et des habitations insalubres, des pressions et des connivences politiques, l’intervention de l’armée…

Les aquarelles sont très vivantes et l’album est complété d’un petit dossier qui donne envie d’en savoir encore plus. Et en allant plus loin, il est même possible de comprendre pourquoi un club de foot antifasciste à Lausanne s’appelle le FC Hardegger

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Villa Fleur d'eau à Grandson, près d'Yverdon, propriété des frères Vautier, fabricants de cigares.
Le 6 juin 1906
Oh ! Petite dévergondée... Tu as à peine 18 ans...
Je ne peux pas te garder à notre service dans cet état.
Qui est le père ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Cette nouvelle bande dessinée d’Eric Burnand et de Fanny Vaucher retrace un événement majeur de l’histoire sociale suisse: la révolte, en 1907, des «petites mains» féminines de la fabrique de tabacs Vautier, aujourd’hui disparue.

Les cigarières d’Yverdon furent les premières en Suisse à organiser une grève entièrement menée par des femmes.

Quand Sara débarque en 1907 dans la fabrique de cigares de la petite ville d’Yverdon, la colère gronde. Salaires dérisoires, horaires épuisants, conditions de travail déplorables et, en prime, l’interdiction de se syndiquer : les ouvrières n’en peuvent plus !

La révolte qui s’annonce va ébranler la bonne société locale, révéler des clivages parmi les cigarières et faire éclater un secret de famille. Sara, Lucie, Berthe et les autres vont-elles en sortir indemnes ?

Au fil de cette bande dessinée, Fanny Vaucher (aquarelles) et Eric Burnand (scénario) nous plongent dans l’histoire captivante de la première grève menée par des femmes en Suisse.
Un dossier thématique richement illustré de documents et photos d’archives expose en fin d’ouvrage le contexte et la situation des ouvrières au début du 20e siècle.

La porte

Dans ce huis-clos malsain, un homme imagine, fantasme, jalouse…

 - A ta jalousie?
 - A toi... A moi... Je t'aime et je suis jaloux... Ne m'interromps pas... Ce que je dis est la vérité et elle n'est pas aussi belle que je le voudrais... Même si je ne t'aimais pas, mais que tu sois ma femme, je serais jaloux et je souffrirais... Tu com-prends ça ?
 - Peut-être. Tu as beaucoup souffert avec moi ?
 - Par moments... Ça vient, puis ça passe, et alors je suis parfaitement heureux... J'ai eu envie de dire follement heureux, car il y a des jours, quand je te vois descendre de l'autobus, où je me mettrais à crier de bonheur... Dès l'âge de quatorze ans, j'avais le désir du mariage, d'une femme à moi, d'un petit monde dont je serais...
Il hésitait.
 - Tu vois que ce n'est pas beau!... Un monde dont je serais le centre, dont je serais le maître... Pas tellement pour commander... Pour me sentir le plus fort... Je pensais à une femme qui aurait besoin de moi, qui n'aurait rien d'autre au monde, que je devrais protéger et rendre heureuse...
 - Tu m'as rendue heureuse...
La porte de Georges Simenon
Que se passe-t-il derrière la porte du voisin quand sa femme y pénètre ?

Un homme devient fou et emporte sa femme dans sa folie

Tous les romans durs de Simenon
100. La porte
99. Les autres 101. Les anneaux de Bicêtre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Comme dans beaucoup de vieilles maisons du quartier, les fenêtres, hautes et étroites, descendaient jusqu'à trente centimètres du plancher et des arabesques en fer forgé supportaient la barre d'appui. C'est à travers ces arabesques que Foy, de sa chaise, suivait plus ou moins consciemment les allées et venues de la rue. Il fronça les sourcils quand il vit la petite auto bleue du Dr Aubonne tourner l'angle de la rue des Francs-Bourgeois, s'engager dans la rue de Turenne et, traversant la chaussée en oblique, s'arrêter derrière le camion de la papeterie Herbiveaux.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un début de juillet. Dans leur appartement de la rue de Turenne, Bernard et Nelly Foy coulent une existence paisible et monotone, lui retrouvant grâce à des prothèses un semblant d'activité qui lui permet de peindre des abat-jour et de vaquer aux menus soins du ménage, elle travaillant au-dehors dans une importante maison de passementerie.