Dans son deuxième roman, Pauline Gonthier nous parle d’hommes et de politique. Et de Léa aussi, ouf !
Et qui va peut-être devoir faire un pas de côté.
Une plongée dans dans les coulisses politiques droitardes et leurs nouveaux outils : les incels et leurs frustrations alimentant les réseaux sociaux mascus : désinformation, fake news, manipulations, coups tordus… tout est permis, seule la victoire est belle
Un lit king size aux draps clairs encastré dans une bibliothèque noire. Une lumière vive et mordante qui magnifie les contrastes. Dans le cadre de la porte-fenêtre entrouverte sur un minuscule balcon, une silhouette de femme. Dans l'ombre, immobile et vêtu ─ costume marine, chemise bleu ciel ─, un corps allongé. Immobile, ce corps, mais non inerte : la poitrine se soulève, si l'on regarde bien, et des narines s'échappe un léger sifflement. Les poings de l'homme ─ il s'agit d'un homme ─ sont liés. Sa bouche, bâillonnée ; ses yeux, couverts d'un bandeau noir.
Depuis sa rupture, Baptiste n’a plus goût à rien, si ce n’est scroller nuit et jour sur les forums à la recherche de conseils en séduction, en attendant que son père le vire de chez lui.
Jeune attachée parlementaire, Léa dédie toute son énergie à son patron, dont les idées réactionnaires attirent de plus en plus d’électeurs.
Baptiste et Léa n’ont rien en commun, si ce n’est Parthenia. Parthenia, c’est leur soupape, leur sanctuaire virtuel : une cité gréco-romaine idéale où sens du devoir et discipline règnent en valeurs maîtresses. Mais du jeu en ligne à l’échiquier politique il n’y a qu’un pas, et dans l’obscurité de chambres de garçons solitaires, la fronde s’organise. Les pions sont en place, la partie peut commencer.
Pauline Gonthier brosse le portrait incisif d’un malaise civilisationnel. Quand la haine misogyne se diffuse sous les traits du divertissement, la guerre des sexes ne laisse personne indemne.











