Interrogé lors d’une interview dont j’ai perdu la trace mais qui m’avait donné envie de trouver ce petit bouquin, le Professeur Rollin révélait ceux qui – pour lui – étaient des marqueurs de la bêtise. Il en avait trouvé cinq : l’inconséquence, l’auto-définition, le suivisme langagier, l’absence d’empathie et l’absence de doute.

On en retrouve quelque-uns dans ce petit essai sur la bêtise qu’il ne faut pas confondre avec la méchanceté (même si l’un n’exclura pas l’autre)

Un livre un petit peu léger, quoiqu’en dise Alexandre Astier qui en signe la préface.
Et attention cher Professeur, pour éviter une connerie, ne jetez surtout pas d’eau sur une friteuse en feu. Parfois certains gestes malheureusement intuitifs peuvent s’avérer très dangereux
Oser le défaitisme
Le combat visant à éradiquer la bêtise de la surface de la Terre est un combat ambitieux qui vaut incontestablement la peine d'être mené. Mais il débute par un paradoxe pour parvenir à éradiquer totalement la bêtise, il faut impérativement avoir abandonné tout espoir d'y parvenir. Croire que la disparition totale et définitive de la bêtise relève du « possible » est une énorme bêtise, et on ne peut pas imaginer gagner un combat en démarrant les opérations par une énorme bêtise.
Le combat visant à éradiquer la bêtise est ambitieux et vaut la peine d'être mené. Mais pour faire disparaître la bêtise, il faut avoir abandonné tout espoir d'y parvenir.
La bêtise humaine est arrivée sur Terre avec le premier homme, et elle n'en partira qu'avec le dernier.
Le combattant avisé doit donc s'armer d'une solide dose de défaitisme.
Avec humour, sérieux et désespoir, le Pr Rollin donne ici sa leçon la plus magistrale: comment accepter de ne pas triompher de la bêtise, mais tenter tout de même de la vaincre. Diagnostics pratiques et solutions sans appel sont proposés