La vie secrète des arbres

Peter Wohlleben connait bien les arbres. Et bien les connaître, c’est en savoir un peu plus. C’est aussi leurs relations souterraines, leur vie intime, leurs collaborations avec les champignons, la forêt… Un arbre n’est jamais seul.

La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben, scénario de Fred Bernard, Illustrations de Benjamin Flao, traduction de Corinne Tresca
Cette superbe adaptation en bande dessinée de Fred Bernard met en valeur un texte (que j’avoue ne pas encore avoir lu) qui permet de mieux saisir l’importance de comprendre la forêt pour mieux la protéger… de nous

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La forêt...
Sa beauté m'a toujours fasciné. Étrange mélange de puissance et de délicatesse, monde végétal plein de recoins et de mystères...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Peter Wohlleben est le forestier le plus célèbre du monde, auteur du best-seller La Vie secrète des arbres, traduit dans plus de quarante langues. Ce livre est son histoire.
Avec un formidable talent de conteur, il nous plonge dans l'intimité des arbres, jusqu'à leurs racines. Au fil des pages, il nous entraîne à la découverte de l'extraordinaire fonctionnement de la forêt : comment les arbres interagissent, communiquent, se déplacent et se défendent.
La Vie secrète des arbres nous donne accès à un monde merveilleux mais fragile.
Protéger les arbres, c'est protéger l'humanité tout entière.

Le monde sans fin

Gros carton de la BD documentaire, je n’avais jamais lu ce Monde sans fin. Après Ressources et Dans l’indifférence générale, je me suis dit qu’il était quand même temps d’y jeter un œil. Et j’ai bien fait !

Le monde sans fin de Jean-Marc Jancovici, illustrations de Christophe Blain, couleurs de Clémence Sapin
Il a été pas mal reproché à Jean-Marc Jancovici d’y faire l’apologie du nucléaire et c’est vrai que c’est un peu gênant. Mais force est de reconnaitre qu’il ne fait qu’être pragmatique et que ses arguments semblent bien tenir la route. Et donc, où se trouve la gênance, si ce n’est dans les politiques et les modes économiques actuels ou notre comportement ? Les interventions de Sébastien Bohler en fin d’ouvrage m’ont d’ailleurs semblées fort d’à-propos.

Une excellente bande dessinée qui nous parle principalement de notre consommation sous l’angle de l’énergie, pour un constat un poil désespérant.

Pourtant, il est trop tard pour désespérer

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Août 2018.
Je roule dans une petite voiture de location avec ma compagne vers Étretat.
Il doit faire dans les 25°C.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l'impact sur le climat a abouti à ce projet, comme une évidence, une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d'humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient. Jean-Marc Jancovici étaye sa vision remarquablement argumentée en plaçant la question de l'énergie et du changement climatique au cœur de sa réflexion tout en évoquant les enjeux économiques (la course à la croissance à tout prix est-elle un leurre ? ), écologiques et sociétaux. Ce témoignage éclairé s'avère précieux, passionnant et invite à la réflexion sur des sujets parfois clivants, notamment celui de la transition énergétique. Christophe Blain se place dans le rôle du candide, à la façon de son livre « En cuisine avec Alain Passard » et de « Quai d'Orsay » signé avec l'expertise d'un coauteur : un pavé de 120 pages indispensable pour mieux comprendre notre monde, tout simplement !

Ressources : un défi pour l’humanité

L’utilisation de la bande dessinée pour documenter un cas ou vulgariser un essai n’est pas nouvelle (voir par exemple Le monde sans fin de 2021 ou Algues vertes de 2019), mais est franchement à la mode et bien souvent, comme ici, avec talent. Ici, Philippe Bihouix et Vincent Perriot s’attachent à démontrer (biographie et sources à l’appui) que nos ressources terriennes ne sont pas illimitées et que la course en avant que nous menons ne conduira à rien de bon. Il devient urgent de changer de paradigme !

Ressources : un défi pour l’humanité de Philippe Bihouix, illustrations de Vincent Perriot, couleurs de Maëlys Cantreau
Facile ? Certainement pas.
Indispensable ? Évidement !

Un album de vulgarisation clair et accessible avec des petites touches d’humour fort bienvenues pour aider à avaler ces indigestes évidences.

Une toute bonne BD aux graphismes soignés à mettre dans toutes les mains

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
An de grâce 3019...
L'humanité à définitivement conquis l'espace.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quel avenir pour notre civilisation ?

A en croire les milliardaires de la Silicon Valley, notre destin passerait inéluctablement par les métavers, l’intelligence artificielle, les robots autonomes et la conquête spatiale, tandis que les énergies renouvelables et les voitures électriques nous permettraient de maintenir notre « niveau de vie » tout en poursuivant la croissance économique et en « sauvant » la planète au passage.

Mais les limites planétaires se rapprochent dangereusement : changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, pollutions globales… Alors peut-on croître indéfiniment ? Et si la contrainte sur les ressources matérielles à disposition, sur la planète et même dans le système solaire, mettait fin à cette course en avant effrénée ? Ressources dresse un état des lieux sans concession, mais ouvre des pistes concrètes vers un avenir durable.

Un dossier complète l’album avec 12 pages d’informations complémentaires, de glossaire et de sources.

Notes sur l’amour

Mais qui a bien pu avoir l’idée chez l’Âge d’homme de republier ce truc en 1993 ? Et pire encore, dans cette version totalement remaniée de l’édition originale de 1908 ?

Méfie-toi des intellectuelles. Elles ne sont tolérables, et encore ! qu'en société. Souviens-toi que tu cherches une compagne de lit et qu'un beau corps est, entre les draps, plus précieux qu'un trait d'esprit.
La sensibilité de la femme nous intéresse plus que son intelligence si à fleur de cerveau, après tout. L'intelligence n'est du reste, que la région superficielle de l'esprit. Au-dessous d'elle, il y a le monde énorme, obscur, de l'inconscient, toujours plus riche chez la femme que chez nous.
Fuis les femmes qui prétendent diriger leur vie par l'intelligence et la raison.
Notes sur l’amour de Claude Anet, illustrations de Pierre Bonnard
Il n’en reste qu’un livret d’à peine 70 pages d’où on peine à discerner l’humour qui (espère-t-on) devrait en parsemer les chapitres peu ragoutants aux pages qui tentent de nous enseigner comment choisir femme ou maîtresse, qu’elles aiment les coups ou encore l’art de la rupture…

Un petit (heureusement) ouvrage qu’il peut être intéressant d’oublier. Quant à la version de 1908, il est possible de juger sur pièce grâce au généreux travail de la BNF et Gallica.

Notes sur l’amour de Claude Anet – E. Fasquelle, 1908

Bouarf, vite, j’ai oublié ce machin qui plaira fort aux mascus qui rêvent d’un bon vieux temps bien pourri

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Aimer, c'est difficile. Être aimé, c'est fatigant.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Claude Anet est à compter parmi ces Suisses qui, tel Victor Tissot ou Blaise Cendrars, ont trouvé leur vérité sous des cieux étrangers. Né à Morges en 1868 et mort en 1931, Jean Schopfer c'est son patronyme exact - fit de longs séjours en Perse en en rapporta des connaissances et des sensations qui firent le succès de ses livres orientaux, Les Roses d'Ispahan, La Perse en automobile, Les Feuilles persanes, La Rive d'Asie, ou encore la traduction des 144 quatrains d'Omar Khayyam. Correspondant à Saint-Pétersbourg du Journal, il suivit au front les troupes russes, assista aux grands bouleversements provoqués par la Révolution d'Octobre et en donna de vivants comptes rendus rassemblés dans les quatre volumes de La Révolution russe. Sa bonne connaissance de l'âme slave fait la qualité de son roman, Ariane, jeune fille russe ou de son essai, L'Amour en Russie. Après avoir été publié par Cendrars aux Editions de la Sirène, il devint entre les deux guerres un des auteurs choyés de la maison Grasset. Son meilleur titre de gloire reste peut-être d'avoir évoqué, dans Mayerling, le double suicide de l'archiduc Rodolphe et de la baronne Marie Vetsera, récit qui se trouva aussitôt, grâce au film qu'en tira Anatole Litvak, avec Danielle Darrieux et Charles Boyer, hissé à une dimension merveilleusement impériale, réalisant un des plus inoubliables mythes modernes de l'amour fou. Les romans de Claude Anet, qu'ils se situent en Perse, en Russie ou dans la province française, témoignent d'une observation délicate ou amusée de la vie sentimentale - qui se retrouve dans ces jolies Notes sur l'amour, que le grand Pierre Bonnard, on ne sait dans quelles circonstances, prit plaisir à illustrer.

Les derniers grizzlys

Y a-t-il encore des grizzlys dans le Colorado ? Comme un dernier village d’irréductibles gaulois assiégés de partout mais… sans aucune potion magique à leur disposition pour lutter contre l’envahisseur !

Avons-nous vraiment besoin d'une nouvelle station de ski, d'une nouvelle route ? Ne vaudrait-il pas mieux chercher quelque chose de vraiment nouveau dans nos manières de vivre, quelque chose que possédaient nos ancêtres et qu'ils ont perdu ?
Fuyez dès que vous sentez l'odeur des hommes, ou de leur nourriture, ou de leur bétail. Fuyez vite.
Je ne suis pas en train de plaider pour les ours, car c'est impossible. Ils sont au-delà de tout argument, comme les baleines ou les nuages. Je réclame seulement un peu d'espace pour eux. Mais à peine dites-vous cela, que vous vous heurtez partout à des portes verrouillées. Reste à en trouver les clefs. Des grizzlys dans le Colorado ? La serrure peine à s'ouvrir.
Les derniers grizzlys de Rick Bass, traduction de Gérard Meudal
Comme Tesson avec la panthère des neiges, Rick Bass accompagne des amis à la recherche de traces et indices.

Du nature writing à l’état pur, au milieu des bois sur les flancs des rocheuses, un bol d’air frais teinté de désespoir face à l’inexorable avancée de… nous

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les étoiles brillent d'un éclat froid dans le ciel d'automne quand je quitte les bois de ma vallée du Yaak, dans le nord du Montana. Je ne suis pas certain que mon vieux camion tiendra jusqu'au sud du Colorado, mais je vais tenter le coup.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les grizzlys parcourent-ils les montagnes des San Juan, dans le Colorado, où ils sont depuis longtemps considérés comme éteints ?

Sur la foi d'une improbable rumeur, Rick Bass accompagne le légendaire Doug Peacock (héros du mythique Gang de la clef à molette d'Edward Abbey) et son ami le biologiste Dennis Sizemore sur la piste de ces animaux fabuleux, traquant la moindre empreinte de patte ou trace de griffe.

Tandis que s'enchaînent les péripéties, les trois hommes sont de plus en plus hantés par la présence de l'animal insaisissable. Ce grand récit d'aventures à l'écriture intense est aussi une quête initiatique à la recherche de la part de mystère et de sauvagerie qui demeure au plus profond de chacun d'entre nous.

Les incroyables pouvoirs de la nature

Juste histoire de remettre les choses à leur place : le monde vivant n’a pas attendu les humains pour communiquer, évoluer, s’adapter, croître ou se défendre… Alliés, concurrents ou juste voisins, les végétaux, champignons, animaux, unicellulaires et autres virus évoluent ensemble depuis plus de trois milliards d’années sans avoir eu besoin de nous.

Les incroyables pouvoirs de la nature de Hugues Demeude, illustrations de Yann Wehrling
Cette bande dessinée rend hommage à quelques intelligences naturelles remarquables, des arbres aux coraux, des koala aux vers de terre… De tous petits exemples, mais qui illustrent bien les impressionnantes compétences du monde vivant.

Avec un dessin parfois tout crado et pourtant tout chou, cette BD documentaire ne manque pas de faire réfléchir

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Fut un temps, des scientifiques et des philosophes nous expliquaient que les animaux n'avaient pas d'ÂME.
Parce qu'ils ne parlent pas comme nous, les animaux et les plantes devraient être considérés comme des « machines » sans émotions ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À la découverte des prodigieuses capacités du monde vivant.

Chaque jour, sur notre planète, animaux, végétaux, champignons - trois mondes étroitement reliés - développent des trésors d'ingéniosité pour répondre à leurs besoins vitaux : se reproduire, croître, se nourrir, se déplacer, apprendre, se défendre, guérir, communiquer... C'est ainsi que l'hippocampe mâle est "mis enceint" pour mieux protéger ses petits ; la tortue olivâtre détermine le sexe de son embryon ; le poisson-éléphant, grâce à son sixième sens électrique, se déplace par électrolocation ; le koala possède un génome adapté à l'eucalyptus toxique ; l'embryon de seiche est capable d'apprendre dans son oeuf ; ou encore, l'anodin ver de terre se révèle un fabuleux laboureur, fertilisateur et guérisseur.
Ce livre vous emportera au coeur des pouvoirs insoupçonnés du vivant.

La piscine municipale : ethnographie sensible d’un commun

Ce petit livre sent bon l’été, la crème solaire et un petit parfum de chlore soutenu vers midi par celui des frites.

La piscine municipale : ethnographie sensible d’un commun de Cornelia Hummel, photos de David Wagnières
Mais qui vient, quand et pour faire quoi ? Cornelia Hummel s’y est intéressée, accompagnée par David Wagnière à l’appareil photo et nous donne ici sa vision de sociologue. Et même un peu plus, tant son regard est tendre et empathique.

Photos de David Wagnières
Un livre comme une plongée dans les souvenirs d’enfance, les glaces à l’eau sur un linge de bain à l’ombre des bouleaux à jouer au UNO avec les copains et les copines du quartier sous le regard des grand-mères feuilletant leur Danielle Steel

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Un grand bassin, un petit bassin, parfois plus ; des arbres, une pelouse ; des vestiaires, une buvette ; des jeux pour enfants, une table de ping-pong. Tout le monde connaît la piscine municipale. Elle est présente dans les imaginaires et les souvenirs, elle évoque les jours d'été et l'insouciance, les longueurs de crawl au petit matin et l'heureuse fatigue des enfants après une journée de baignades. Lieu de mixité sociale et de vivre ensemble, elle se fait pourtant discrète, presque pudique, ses qualités étant rarement dévoilées au grand jour.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tout le monde la connaît, la piscine municipale : elle est présente dans les imaginaires et les souvenirs d'enfance ; elle s'impose dans la vie de quartier ; elle constitue un support à l'actuel regain de la pratique de la natation. Pourtant, il s'agit d'un lieu banal, parfois méprisé car associé à la culture populaire et aux vacances « sur place ». Elle mène donc une vie discrète, hors des rayons des bibliothèques.

Mais la piscine mérite son livre ! C'est ce constat qui a rassemblé une sociologue et un photographe, qui se sont plongés dans un microcosme au sein duquel te vivre- ensemble s'exerce au quotidien et où se noue, à bas bruit, du lien social. Leur immersion révèle un espace de mixité captivant où les générations se mélangent et où les signes de classement social tombent en même temps que les habits laissés au vestiaire.

À travers un récit mêlant paroles des usagers, photographies et bulles sonores se dévoile le paysage sensible de la piscine : nous suivons les routines et les attachements, au plus près des mouvements de brasse, des sauts et plongeons, des amours adolescentes, des parasols et paréos, des frites et de la crème solaire.

Les fruits confits : suivi de La vieille prodige

Brigitte est aussi fascinante que surréaliste. Capable de trésors comme son Portrait de l’artiste en déshabillé de soie ou Les hommes préfèrent les hommes comme d’autres productions plus obscures.

La mystique et le génie sans frotter ont déserté.
Tant pis pour les femmes avec leur hideuse origine du monde. Si j'avais été de l'époque j'aurais tout fait pour le pendre ce peintre, je l'aurais fait moi-même car j'ai horreur de la peine capitale légale. J'ai horreur de ce qui est légal, d'ailleurs.
Finie la fée Électricité, finies les semelles de vent, la femelle aux sauts aéromantiques ; ne restent que les souffrances, ou l'insouciance, les maniaques intérieurs et les manques.
Il y a des nœuds de viscères, des torsions de torse.
l'idée de tout abandonner et de se laisser emporter par le courant d'air. Le petit donjon tordu, les vêtements vides et innombrables, les bougies qui coulent, les bijoux qui attendent une occasion.
Les dents qu'on voudrait arracher.
À l'horizon, s'il y en a, une plage vide, au crépuscule, un phare au large dans la nuit, un cabriolet gris et noir, des chats sinueux, paresseux ou excités, prêts à tout.
Les fruits confits de Brigitte Fontaine
Et ici, c’est plutôt brumeux. Dans le premier texte, ressemblant fort à journal de pensées, Fantaisie dissèque la grande Zonzon.

Un enfant toujours, depuis toujours, pour toujours. Éternité.
La vie est une mauvaise plaisanterie.
La vieille prodige de Brigitte Fontaine
Puis dans la vieille prodige, Zonzon change de style et de rythme pour continuer sur le grand naufrage de la vieillesse.

Deux textes hallucinés qui m’ont hélas laissé délaissé

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'Ange Exterminateur nommé Corona coiffe la planète d'un métal de bronze apparent. Le je, le moi est haïssable, d'accord, pourtant je l'aime un peu et il va jouer à se confier, jouer aux murs qui protègent de la peste, du noir nazisme, de la grande faucheuse. Ce je-ne-sais quoi n'est pas prêt pour la grande aventure, ce moi a des choses à faire et les fera.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans « sa carapace de confiserie à deux étages », petit nom qu’elle donne à son appartement au cœur de l’île Saint-Louis, à Paris, Brigitte Fontaine livre un texte aussi puissant que poétique sur la vieillesse et la sensation d’être confinée dans son propre corps. Lire La Vieille prodige, c’est plonger dans l’univers fantasque et dans l’intimité de cette artiste performeuse aux multiples facettes.

Assaut contre la frontière

Leïla Slimani parle ici (oui, le texte a d’abord été lu avant d’être remanié et édité), de son rapport à la langue arabe et française. Puis, tirant parti de son expérience personnelle, des origines et du métier de romancière.

Et pourtant, je continue à croire que la manière dont nous pensons le monde, dont nous le racontons est d'une importance majeure. Plus que jamais, alors que le modèle occidental est traversé par le doute et la peur du déclin, je crois qu'il faut défendre un autre universel et élargir notre univers littéraire en tendant l'oreille à des histoires nouvelles qui viennent nous perturber et faire assaut contre toutes les frontières qui nous enferment. Ce qui n'est pas raconté cesse d'exister, les corps à qui on ne donne pas de voix ne peuvent conquérir leur dignité.
Assaut contre la frontière de Leïla Slimani
Mais plus encore, m’a-t-il semblé, c’est du sentiment d’assignation dont elle parle ici. Qu’attend-on d’une écrivaine franco-marocaine et comment se positionne-t-elle face à cette attente ressentie.

Un très beau texte, intime autant qu’universel sur les origines, sur la richesse des métissages et la difficulté de se définir multiple dans une société qui fantasme la pureté

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je fais souvent le même cauchemar. Un cauchemar terrifiant, dont le décor change sans que la peur, elle, s'atténue. Je suis dans une salle de tribunal, mais ça pourrait être une école ou même une église, puisque je me tiens debout, derrière une rangée de bancs en bois sombre. Autour de moi, il n'y a que des hommes. Je sais que ça va être å mon tour de parler, j'ai Ia gorge sèche et les mains moites. J'ai honte sans bien savoir pourquoi.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Il me semble que tout roman est la tentative de répondre à une question. Et que celle qui fut à l’origine et au centre de ma trilogie est celle-ci : pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue ? Cette langue arabe, qu’est-elle pour moi ? Penser à ça, à la langue arabe, c’est ressentir un mélange de chagrin et de honte, de colère et de frustration. Comment pourrais-je vous raconter, vous faire comprendre que je parle comme une enfant la langue qui devrait être la mienne ? Que je vis avec une langue fantôme comme on parle d’un membre fantôme dont on sent encore la présence bien qu’il ait été amputé. Cette langue, je l’ai cherchée partout. Je l’ai désirée, je l’ai poursuivie, j’ai pu suivre des inconnus dans la rue simplement pour les entendre prononcer ces syllabes familières. Je pourrais aisément reprendre à mon compte les mots de l’écrivaine et peintre libanaise Etel Adnan : “Je me suis retrouvée à la porte de cette langue. Je l’ai érigée en mythe, en une sorte de paradis perdu.” »

Insolente veggie, tome 5 : panique chez les carnistes !

Après une longue pause, Rosa B. revient avec un nouvel album plus mûr et au dessin de mieux en mieux maîtrisé (même s’il pourrait sembler toujours aussi brouillon).

Insolente veggie, tome 5 : panique chez les carnistes ! de Rosa B.
L’argumentaire se pose toujours aussi bien.

Un seul regret pourtant, qu’il ne soit lu que par des vegans convaincus et déjà pratiquants

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le cycle de la vie.
Les gens disent n'importe quoi.
- Protéines, homme préhistorique, steak.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Fous dangereux ? Extrémistes ? Bobos urbains désorientés ?
La vie des végés dans un monde spéciste n’est pas toujours facile.
Heureusement, Rosa B. est là pour disséquer le quotidien des vegans et la pseudo morale carniste avec un humour toujours aussi incisif et libérateur.
Longue vie aux animaux et à la B12 !