Les anneaux de Bicêtre

Un homme fait un avc et se retrouve hémiplégique à l’hôpital pour de longues semaines de convalescence et de rééducation. L’occasion pour lui de tirer un bilan de sa vie, bien remplie mais de laquelle il semble désormais totalement se dissocier.

Il n'y a rien d'autre ce jour-là. Rien que la mention qu'il a écrite avec application dans l'agenda :
Pourtant, ils vivent!
Il vit aussi. Cette nuit, il n'aura pas Joséfa à côté de son lit, seulement un bouton à portée de la main pour le cas où il serait saisi de panique. Car il est susceptible de panique. Deux fois dans sa vie, il s'est senti en harmonie avec la nature. Deux fois, il s'est presque fondu en elle.
Il en était imprégné. Il en faisait partie.
Les deux fois, il a eu peur !
La première fois, c'était sur les bords de la Loire, dans le décor le plus doux et le plus rassurant qui soit, la seconde dans une Méditerranée de carte postale, lumineuse et limpide.
Sur la Loire, où un homme coiffé d'un chapeau de paille pêchait à la ligne, il a suffi d'un nuage et d'un courant d'air frais. A Porquerolles, rien que de regarder le rivage qui semblait s'éloigner avait suffi pour que sa gorge se serre et qu'il ne pense plus qu'à fuir.
Est-ce cela qu'Hélène a compris jadis ?
 ─ Bonsoir, mon petit René...
Ses camarades, au lycée Guy-de-Maupassant, lui criaient :
 ─ Couillon!
Il a cinquante-quatre ans et en s'endormant, ce soir, il se demandera si on devient jamais une grande personne.
Les anneaux de Bicêtre de Georges Simenon
Alors, oui, c’est bien écrit, je peux même comprendre les bonnes critiques… Mais c’est long, il ne se passe rien, c’est plat, fade.

Certes, c’est possiblement ce que voulait faire passer Simenon, mais à trop bien réussir, il en a fait un livre écrasant d’ennui

Tous les romans durs de Simenon
101. Les anneaux de Bicêtre
100. La porte (à lire) 102. La chambre bleue
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Huit heures du soir. Pour des millions d'humains, chacun dans sa case, dans le petit monde qu'il s'est créé ou qu'il subit, une journée bien déterminée s'achève, froide et brumeuse, celle du mercredi 3 février.
Pour René Maugras, il n'y a pas d'heure ni de jour et ce n'est que plus tard que la question du temps écoulé le tracassera. Il est encore tout au fond d'un trou aussi obscur que les abysses des océans, sans contact avec l'univers extérieur. Son bras droit, pourtant, à son insu, commence à s'agiter d'une façon spasmodique, cependant que sa joue se gonfle comiquement à chaque expiration.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Introspection et rédemption

René Maugras, un des magnats de la presse parisienne, tombe foudroyé après un déjeuner au Grand Véfour où, chaque mois, il retrouve les amis de ses débuts, tous également devenus des célébrités dans leur domaine. Maugras, paralysé et privé de l'usage de la parole, est hospitalisé à Bicêtre sous la surveillance du grand neurologue Audoire...