Le discours

Adrien est un looser magnifique doté d’une triste autodérision, consternante autant qu’hilarante.

Le pitch est tout simple et illustre parfaitement sa situation : son futur beau-frère lui demande de faire un discours pour son mariage avec sa sœur alors qu’il vient précisément de se faire larguer.

La comète de Halley possède une période de soixante-seize ans, le temps de cuisson d'un œuf à la coque est de trois minutes (départ eau bouillante), la durée de gestation d'une éléphante se situe entre vingt et vingt-deux mois, quelle est la durée moyenne d'une pause ?
Le discours de Fabrice Caro
Une histoire aussi navrante qu’elle est drôle, racontée dans un long monologue plaintif et auto-consterné non dénué d’humour.

À réserver toutefois aux amateurs d’un schadenfreude mélancolique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » Il laisse tomber ces quelques mots, comme ça, sans plus d'ornements, sans même me regarder, appliqué à se servir un verre de vin rouge qu'il vide dans la foulée. Le détachement, l'absence totale de solennité qu'il imprime à cette phrase empêchent toute négociation.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café. »

Lors d’un dîner en famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu’il doit prendre la parole au mariage de sa sœur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n’espère qu’une chose : que Sonia revienne.

Jewish cock

Un monologue qui commence par de la bonne grosse blague, un gynéco entre les cuisses.

Jewish cock de Katharina Volckmer

Et tout ça se prolonge un peu trop pour qu’il ne soit question que de ça, et derrière un texte décousu qui se déroule comme une conversation avec soi-même apparaissent des indices qui font de ce livre bien plus qu’une franche rigolade.

Et la petite blagounette de la couv’ m’a quand même bien fait sourire

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Allongée dans le cabinet du Dr Seligman, jambes écartées, une jeune femme se lance dans un monologue absolument délirant. Elle s'adresse au médecin qui s'affaire entre ses cuisses et lui raconte ses fantasmes, ses obsessions, son histoire familiale - elle est née en Allemagne mais a fui sa culture et sa langue maternelles pour s'installer à Londres. Exilée dans ce pays autant que dans son propre corps, ses compagnons de route se nomment désormais M. Shimada (créateur japonais de sex-toys), Jason (son psy à qui elle parle des petits noms qu'elle donne au sexe d'Hitler) et K (un homme marié rencontré dans des toilettes publiques). Entre la découverte d'écureuils comestibles et l'art de la fellation, entre une mère envahissante et le pyjama du Führer, la jeune femme se débarrasse des conventions pour caresser son rêve le plus fou : retrouver sa liberté - et s'offrir un pénis circoncis.

Déjà culte dans de nombreux pays, Jewish cock est un roman explosif qui a été applaudi par toute la critique à sa sortie. Dans les pas de Thomas Bernhard, Katharina Volckmer explore la culpabilité allemande, la question du genre, l'asservissement de nos corps et le danger des tabous érigés en barrières morales. Un texte puissant qui annonce la naissance d une écrivaine majeure

Anne-Marie la Beauté

Dans un monologue destiné à la scène, Anne-Marie la Beauté se souvient de Gigi, Gisèle Fayolle, comédienne contemporaine… ayant visiblement mieux réussi qu’elle sa carrière cinématographique.

Anne-Marie la Beauté de Yasmina Reza

Une petite vieille qui se rend à la cérémonie du décès de sa rivale et amie. Touchante

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Elle s'enduisait de la vieille crème de huit heures d'Elizabeth Arden. Tu pues le camphre Gigi, je disais. Elle répondait c'est un aphrodisiaque, la pauvre
Au temps du Théâtre de Clichy, j'étais sa seule amie. Les autres étaient jalouses
Les hommes tournicotaient comme des mouches. Elle tombait amoureuse plusieurs fois par mois. À vingt-trois ans elle s'est trouvée enceinte. Pendant deux jours on s'est cassé la tête pour savoir quoi faire et puis elle a dit, allez hop je le garde. Ça ne l'intéressait pas de connaître le père : de toute façon il me fera chier