Ressources : un défi pour l’humanité

L’utilisation de la bande dessinée pour soutenir une idée n’est pas nouvelle, mais est franchement à la mode et bien souvent, comme ici, avec talent. Ici, Philippe Bihouix et Vincent Perriot s’attachent à démontrer (biographie et sources à l’appui) que nos ressources terriennes ne sont pas illimitées et que la course en avant que nous menons ne conduira à rien de bon. Il devient urgent de changer de paradigme !

Ressources : un défi pour l’humanité de Philippe Bihouix, illustrations de Vincent Perriot, couleurs de Maëlys Cantreau
Facile ? Certainement pas.
Indispensable ? Évidement !

Un album de vulgarisation clair et accessible avec des petites touches d’humour fort bienvenues pour aider à avaler ces indigestes évidences.

Une toute bonne BD aux graphismes soignés à mettre dans toutes les mains

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
An de grâce 3019...
L'humanité à définitivement conquis l'espace.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quel avenir pour notre civilisation ?

A en croire les milliardaires de la Silicon Valley, notre destin passerait inéluctablement par les métavers, l’intelligence artificielle, les robots autonomes et la conquête spatiale, tandis que les énergies renouvelables et les voitures électriques nous permettraient de maintenir notre « niveau de vie » tout en poursuivant la croissance économique et en « sauvant » la planète au passage.

Mais les limites planétaires se rapprochent dangereusement : changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, pollutions globales… Alors peut-on croître indéfiniment ? Et si la contrainte sur les ressources matérielles à disposition, sur la planète et même dans le système solaire, mettait fin à cette course en avant effrénée ? Ressources dresse un état des lieux sans concession, mais ouvre des pistes concrètes vers un avenir durable.

Un dossier complète l’album avec 12 pages d’informations complémentaires, de glossaire et de sources.

Fabienne

Franchement, je ne sais toujours pas si j’aime. Cette bande dessinée nécessite un lacher prise plutôt conséquent pour réussir à sourire et se laisser emporter par la poésie naïve d’Anouk Richard.

Fabienne de Anouk Ricard

Mais, il me faut bien reconnaître qu’une fois entré dans cet univers, celui-ci ne manque pas de charme.

La suite de Animan s’approche un peu plus de Fabienne la grenouille, une Pelophylax lessonae, pour être précis

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tu manges pas ?
J'ai pas très faim.
Tu penses à ta vie d'avant ?
Oui, c'est pas facile.
Je sais...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Qui est Fabienne, d’où vient-elle, comment se sont-ils rencontrés avec Francis ?

Nous aurons les réponses à ces questions, nous pourrons également entrer dans l’intimité du couple.

Il y aura des enquêtes comme dans le premier tome, avec des apparitions d’Objecto, l’ennemi juré d’Animan.

La vie de Fabienne sera observée, grâce à l’écriture de son journal intime et sa relation aux réseaux sociaux comme échappatoires à sa vie recluse.

Dans cet album aux dimensions plus modestes, on explore une autre facette de ce monde où situations étranges, amour des animaux, petites joies et déceptions du quotidien se côtoient.

L’occupation des sols

N’ayant pas lu le livre de Jean Echenoz, il m’est difficile de juger de la qualité de l’adaptation de ce roman paru en 1988. Pourtant, cet album m’ayant fortement donné envie de le lire, il me semble que cela doit être un fort bon signe.

L’occupation des sols de Guy Delisle, d’après l’oeuvre de Jean Echenoz
L’histoire du deuil de deux hommes ayant perdu une épouse pour l’un, la mère pour l’autre, disparue dans le feu d’une maison.

Une histoire subtilement mise en images par Guy Delisle avec sa ligne claire si talentueuse

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Comme tout avait brulé -la mère, les meubles et les photographies de la mère -, pour Fabre et le fils Paul c'était tout de suite beaucoup d'ouvrage : toute cette cendre et ce deuil, déménager, courir et se refaire dans les grandes surfaces.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ainsi débute la nouvelle de Jean Echenoz parue en 1988. La seule image survivante de la mère est un incongru portrait publicitaire géant, peint à même la façade d'un immeuble parisien. Mais à mesure que la ville se construit, le plan d'occupation des sols menace la pérennité de l'icône et du lieu de recueillement. Le père se lance alors dans une opération de la dernière chance... Guy Delisle enrichit et ponctue de sa ligne claire ce récit best-seller à la fois fataliste et piquant sur l'irrationnalité du deuil, le temps qui passe et la vie qui va.

Un chat dans la ville

Six jeunes étudiant.e.s de l’école supérieure de la bande dessinée et d’illustration de Genève sont réunis dans ce petit recueil autour de la ville et des chats et c’est vraiment réussi !

Un chat dans la ville : Quand le chat fait mouche de Max Heer
Six styles, six approches, six sensibilités et autant de messages doux, militants, amusés, mignons, sensibles.

Un chat dans la ville : L’amour de la ville de Azriel Barrientos
Un très bel album à déguster sur une terrasse ou devant une cheminée avec un chat sur les genoux

Un chat dans la ville : Les miettes du bonheur de Léa Debossens
Difficile de choisir quels exemples insérer pour illustrer au mieux ces talents très divers…

Un chat dans la ville : L’écrivaine de Amandine Profichet
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ma ville
Mon quartier
Mes rues


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La ville racontée par six jeunes talents de la scène artistique et de la bande dessinée francophone.

Si un cadre ne cesse de fasciner, c’est bien celui de la ville. Sa seule évocation renvoie à un imaginaire riche et varié, aussi universel que propre à chacun·e. Lieu de tous les possibles ou encore toile de fond à de fabuleuses rencontres, la ville est perçue comme le miroir idéalisé de nos fantasmes. Mais l’on oublie parfois que ce sont l’ordinaire et les petits riens qui font, au quotidien, sa grandeur. Et c’est justement ce qu’explorent les six histoires du recueil graphique, Un chat dans la ville.
Comme dans un film de Klapisch, une figure récurrente traverse ces nouvelles graphiques, un chat, l’animal urbain par définition. Héros du premier récit, présence secondaire ou invisible dans les autres, il imprègne l’ensemble du recueil. Son esprit d’indépendance en lutte avec son besoin d’affection caractérise l’ensemble des personnages. Du jeune homme qui approche uniquement le monde à travers le prisme de sa caméra à l’adolescente qui gratifie chaque passant·e d’un salut pour leur offrir un moment d’humanité, toutes et tous négocient avec l’espace dans lequel ils·elles évoluent. Un espace social où la solitude pèse parfois bien plus lourd qu’ailleurs et où le moindre geste vers l’autre a un impact toujours plus grand que l’on n’imagine.
La ville est aussi une zone géographique à apprivoiser. Le recueil graphique se clôt sur l’histoire d’un jeune homme qui apprend à se repérer dans le dédale urbain et surtout à en apprécier les charmes et les opportunités. Et ce grâce à une main tendue. Parce que la solidarité, en ville, plus qu’ailleurs, est la règle numéro un de survie. Même les chats de gouttière le savent !

Tourner la page

Un écrivain au succès passé se prend une belle série de bonnes grosses claques et décide de partir, fuir sur son bateau.

Tourner la page de Zep
Une première partie plutôt amusante sur le milieu littéraire, cruel et impitoyable. N’existe que le succès ! La suite est un poil plus abracadabrantesque.

Un album aux aquarelles soignées, même si la palette de couleurs m’a laissé quelque peu dubitatif

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Voilà mon histoire.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Seize ans après avoir remporté le prix Femina pour Le Voyage parallèle, l'écrivain Lambert Delville disparaît tragiquement dans la mer Égée. C`est un drame national, les ventes de ses livres s'envolent, les hommages pleuvent, son éditrice célèbre sa mémoire « Un grand auteur ne meurt jamais, ses mots sont éternels ». Lambert est hilare devant sa télévision. Retiré sur une île grecque oubliée, il savoure le spectacle de sa propre mort, décidé à enterrer son ego sous le soleil et à profiter de cette seconde vie, subventionnée par une valise de billets providentielle. Enfin, jusqu'au jour où son ancien assistant tente de s'approprier ses œuvres et que les propriétaires des fameux billets, posent le pied sur l`île...

Dans mes yeux

Une romance comme si vous y étiez (si vous êtes un homme)

C’est tendre, doux et sensible, et ça goûte comme la vraie vie vue à la télé. Délicieusement kitsch et superbement interprété.

Dans mes yeux de Bastien Vivès
Un petit moment de poésie (peut-être un poil survolé), un instant de vie, une rencontre dans les yeux du narrateur.

Des points de vue intimes aux superbes crayonnés

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je sais pas, tu me regardes...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Il la rencontre, un soir, dans une bibliothèque universitaire. Elle est étudiante, elle est séduisante, elle l’émeut immédiatement. Il va entreprendre de la conquérir, sans brusquerie, à pas comptés…

De lui, on ne saura rien, ou presque. Mais l’on saura tout, en revanche, de la manière dont il la découvre et l’observe, dont il la désire, et de sa manière à elle de s’exposer, parfois plus et parfois moins, à ce regard masculin saisi par le sentiment amoureux. Car toute la narration de Dans mes yeux ─ et c’est là l’un des tours de force de cet album véritablement bluffant, tant dans la forme que dans le fond ─ est menée de A à Z en caméra subjective et à hauteur d’homme, comme pour mieux convoquer le lecteur au cœur même de cette patiente, lente et profonde entreprise de séduction, du point de vue de ce narrateur silencieux dont on ne verra jamais le visage, dont on n’entendra jamais les mots. Tous les menus événements ordinaires d’une vie de jeune adulte d’aujourd’hui s’y égrènent tranquillement ─ l’inviter au restaurant, au cinéma, l’écouter se raconter, subir ses copains rencontrés au détour d’un trottoir, aller ensemble à une soirée d’anniversaire… ─ portés par une inventivité graphique et une justesse d’observation peu communes.

Animan

Comment dire ? Un chef d’œuvre absolu ou une invraisemblable nullité ? Franchement, je ne sais pas vraiment. Pas plus que pour La fontaine de Marcel Duchamp, je ne saurais me positionner. Pour autant, je me suis bien marré !

Animan de Anouk Ricard

Et donc… N’est-ce pas là l’essentiel ?

Alors, fi de l’académisme et youpi pour l’audace et la fraîcheur ! Une bande dessinée pour retrouver l’âme et la légèreté de l’enfance

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Qui est Animan
C'est un homme comme les autres.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les histoires ne racontent pas seulement des enquêtes mais aussi la vie d’Animan, sa rencontre et ses combats avec son ennemi juré, Objecto. Le livre est ponctué de peintures, comme dans certains des albums précédents d'Anouk.

Les incroyables pouvoirs de la nature

Juste histoire de remettre les choses à leur place : le monde vivant n’a pas attendu les humains pour communiquer, évoluer, s’adapter, croître ou se défendre… Alliés, concurrents ou juste voisins, les végétaux, champignons, animaux, unicellulaires et autres virus évoluent ensemble depuis plus de trois milliards d’années sans avoir eu besoin de nous.

Les incroyables pouvoirs de la nature de Hugues Demeude, illustrations de Yann Wehrling
Cette bande dessinée rend hommage à quelques intelligences naturelles remarquables, des arbres aux coraux, des koala aux vers de terre… De tous petits exemples, mais qui illustrent bien les impressionnantes compétences du monde vivant.

Avec un dessin parfois tout crado et pourtant tout chou, cette BD documentaire ne manque pas de faire réfléchir

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Fut un temps, des scientifiques et des philosophes nous expliquaient que les animaux n'avaient pas d'ÂME.
Parce qu'ils ne parlent pas comme nous, les animaux et les plantes devraient être considérés comme des « machines » sans émotions ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À la découverte des prodigieuses capacités du monde vivant.

Chaque jour, sur notre planète, animaux, végétaux, champignons - trois mondes étroitement reliés - développent des trésors d'ingéniosité pour répondre à leurs besoins vitaux : se reproduire, croître, se nourrir, se déplacer, apprendre, se défendre, guérir, communiquer... C'est ainsi que l'hippocampe mâle est "mis enceint" pour mieux protéger ses petits ; la tortue olivâtre détermine le sexe de son embryon ; le poisson-éléphant, grâce à son sixième sens électrique, se déplace par électrolocation ; le koala possède un génome adapté à l'eucalyptus toxique ; l'embryon de seiche est capable d'apprendre dans son oeuf ; ou encore, l'anodin ver de terre se révèle un fabuleux laboureur, fertilisateur et guérisseur.
Ce livre vous emportera au coeur des pouvoirs insoupçonnés du vivant.

Ancolie

Derrière un dessin tout pourritch à l’air enfantin, se cache une bande dessinée franchement rigolote et plutôt pour adultes.

Ancolie de Salome Lahoche, couleurs de Thaïs Guimard
Ancolie est une sorcière qui cache le vide et l’absence de sens de son existence dans la drogue, le sexe et l’alcool… Et c’est OK !

Jusqu’à ce que…

Une bonne marrade féministe et rock’n’roll avec une spéciale dédicace à Michel et Mireille

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Bonsoir.
Un whisky, s'il vous plait !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ancolie est une sorcière de 27 ans. Le temps passe 13 fois plus lentement pour elle que pour les humains, alors voilà des siècles qu’elle se traîne de beuveries en aventures sans lendemain à des fêtes peuplées de vampires et de monstres, des rave partys chez les elfes et des afters dans des tavernes. Cette existence alcoolisée, trash et vide de sens est pourtant sur le point de s’arrêter car un événement décisif se prépare : le Congrès annuel du Conseil des sorcières ! Chaque année, les hauts faits des meilleures sorcières y sont récompensés. Sans surprise, Ancolie ne fait jamais partie du lot. Cette année, elle est même convoquée. Pour le Haut Conseil, c’en est trop des déboires d’Ancolie ! Si elle n’accomplit pas un haut fait, elle sera excommuniée et mourra. Ancolie n’avait pas prévu de mourir de sitôt. Qu’à cela ne tienne, elle décide de sauver le monde ! Mais dans une Société inégalitaire, capitaliste et sexiste, elle a du pain sur la planche. Après avoir réfléchi à quelques actions coup de poing, elle se ravise et décide de sortir enfin de sa paresse légendaire. Un soir, une idée de génie – ou de folie – la traverse. Qu’est-ce qui manque le plus dans ce monde, si ce n’est l’empathie ? À force d’écumer les grimoires, notre sorcière tombe enfin sur le parfait sortilège de compassion ! Avec ça, peut-être qu’elle parviendra à sauver le monde, et accessoirement sa peau. Il faut juste que le sort fonctionne…

Un vent de fraîcheur souffle avec Salomé Lahoche qui s’empare de la figure féministe de la sorcière avec aplomb et une bonne dose d’humour pour un récit déjanté. Entre quête initiatique et aventures nocturnes barrées colorisées par Thaïs Guimard, des problématiques modernes comme l’écologie ou les inégalités sont abordées à travers une histoire loufoque ancrée dans un univers singulier où se mêlent fantasy, pop culture et rock’n’roll.

Punk à sein

Si le dessin peut sembler tout pourritch, cette bande dessinée déborde d’une énergie vivante et punk à souhait. La démarche n’est pas académique, elle tire sa puissance des tripes, du rythme, de la force de vie qui met le feu dans une saturation de gros son !

Punk à sein de Magali Le Huche
Magali a découvert une petite boule dans son sein gauche, Joe Strummer sera là pour le combat !

London Calling – The Clash

C’est chou et plein d’émotions

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
One two three four
Well, she was just seventeen, you know what I mean


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de passer le cap de sa phobie scolaire au collège, Magali Le Huche raconte un autre moment grave de son existence. À l'aube de ses quarante ans, la dessinatrice découvre qu'elle a un cancer du sein. Toujours armée de sa fantaisie et de son auto-dérision, elle se découvre également une passion pour Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Pour se battre contre sa maladie, Magali convoque l'énergie de la musique punk, où les guitares sont comme des armes sur le champ de bataille.