Je sommes plusieurs : sur les personnalités multiples

Pierre Bayard est fascinant par ses questions à l’air impertinent et, plus encore, par le soin qu’il porte à y répondre.

Le second dégroupement est la conséquence logique des idées développées dans ce livre. Si chacun de nous est bien plusieurs personnes, toutes ne méritent-elles pas d'être étudiées en tant que telles, comme des sujets à part entière, avec le souci de respecter la spécificité de leur écriture et de leur vie?
On voit bien par exemple l'intérêt pour Gary comme pour Ajar d'être étudiés séparément, en respectant la spécificité de leur histoire ─ ils ne sont pas nés à la même époque ─ comme de leur écriture, alors même que le rassemblement des deux auteurs sous un nom unique affaiblit de beaucoup la portée de deux œuvres pourtant très différentes.
Un certain nombre d'auteur-es étudiées dans cet essai tireraient ainsi bénéfice de ne pas être regroupées avec « elles/eux-mêmes ». Que l'on songe à Dominique Aury, dont l'œuvre poétique a disparu de la mémoire collective alors qu'elle mériterait, sous le nom d'Anne Desclos, de trouver une place dans les anthologies, sans que la lecture de ses livres soit perturbée par ce que nous avons appris de son double interne.
Je sommes plusieurs : sur les personnalités multiples de Pierre Bayard
Ici, commençant par poser des bases littéraires (Dr Jeckill et Mr Hyde), psychiatriques (Freud) ou cinématographiques, il continue avec les grands noms de la littérature qui écrivirent sous pseudo. Anaïs Nin, Romain Gary ou Pessoa… et touche à des questions plutôt insolites.

Quand bien même, le suis-je nous tous ? Pourrait-on lui répondre

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'idée de ce livre m'est venue d'une réflexion formulée par ma femme alors que nous visitions, il y a quelques années, une exposition consacrée à Picasso.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Plutôt que de présenter l’être humain comme déchiré entre des pulsions contradictoires, ne serait-il pas plus simple d’admettre que chacun·e d’entre nous abrite différentes personnes, qui parfois ne se connaissent même pas ?

Une telle évolution théorique, qui devrait logiquement nous inciter à prendre plusieurs noms, contribuerait à apaiser la vie en société, puisqu’il n’y aurait plus de sens à reprocher aux politiciens de changer d’avis, à accuser son conjoint d’adultère ou à condamner les malfaiteurs pour des actes qu’ils ont commis à leur insu.