Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
L’idée est drôle, la couv’ attirante et le potentiel évident… et pourtant.Comment les chats nous apprennent à résister au fascisme de Stewart Reynolds, illustrations de Pablo Amargo, trad. de Santiago ArtozquiIl me reste comme un petit sentiment de gâché après cette lecture un petit peu drôle et qui aurait mérité un poil de talent-travail-créativité-humour supplémentaire.Et à bien regarder les chats sur leurs canapés… pas vraiment sûr que l’on puisse compter sur eux pour contrer la (re)montée du fascisme
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Les chats ne laissent jamais personne deviner où ils comptent aller, et vous devriez faire de même.
Le fascisme prospère sur le terreau du prévisible ; alors, semez le trouble ! Bondissez de but en blanc sur un fauteuil avant de descendre les rideaux en rappel.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les chats, maîtres absolus du sans-gêne et du chaos stratégique, mettent en œuvre depuis des siècles, l'air de rien, des tactiques de survie face à l'oppression. Il est grand temps pour nous, humains, de nous y intéresser.
Comment les chats nous apprennent à résister au fascisme révèle en onze leçons les secrets pour déjouer les tentatives de domination et reprendre le pouvoir. Qu'il s'agisse de rester agile et imprévisible, de veiller à toujours avoir les griffes acérées ou de réclamer son dû avec l'aplomb d'un matou affamé, ce livre distille des enseignements aussi subversifs que pratiques contre l'autoritarisme.
Alors, invoquez le félin qui sommeille en vous ! Les chats ne demandent pas la permission : pourquoi le feriez-vous ?
Pour une base solide, le bon sens ne suffit pas. Savoir que les conditions de vie et d’abattage des animaux produits industriellement sont ignobles, cruelles, indignes et irrespectueuses ne suffit pas à construire une argumentation académique.Faut-il être végane ? : éthique d’un mode de vie de François Jaquet et Malou AmselekIci, mot est défini, chaque prémisse est analysée, chaque conclusion argumentée, que ce soit pour la production, l’achat ou la consommation de POA (Produits d’origine animale).
Un livre scolaire et académique (assommant) qui ne se contente pas de dire que tout cela est une grosse saloperie, mais qui le démontre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) La population humaine mondiale a récemment dépassé la barre des 8 milliards. Pour sa consommation, 83 milliards d'animaux terrestres sont tués chaque année. Bien davantage si l'on tient compte des poissons, au sujet desquels les statistiques sont toutefois moins précises. Parce qu'ils sont trop nombreux pour être dénombrés, on se contente de les peser. Sur cette base, les estimations médianes évaluent leur quantité à environ 1500 milliards, soit 187 fois plus d'individus qu'il n'y a d'humains sur Terre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Quoi qu'il demeure le fait d'une minorité, en à peine une décennie, le véganisme est devenu un authentique sujet de société, un thème clivant qui ne laisse personne, ou presque, indifférent. Si la question de sa moralité a fait l'objet de développements majeurs dans la littérature scientifique internationale, en France, seuls quelques livres lui sont consacrés, dont plus ou moins aucun ne relève de l'éthique. Faut-il être végane ? vise à combler cette lacune. François Jaquet et Malou Amselek s'attachent en premier lieu à fournir une définition du véganisme, qu'ils conçoivent comme le mode de vie excluant la production, l'achat et l'utilisation de biens d'origine animale. Ils soumettent ensuite à un examen critique les arguments le plus souvent mobilisés en faveur et à l'encontre de ces trois pratiques. Rédigé dans un style sans verbiage, l'ouvrage se distingue par sa clarté et la rigueur de son argumentation. Il offre une introduction incontournable au débat contemporain sur l'éthique du véganisme.
Voilà un bien un bouquin qui m’a fait réfléchir un peu plus loin que prévu pour finir par me perdre un peu… avec beaucoup de plaisir.Une brève introduction à la conscience : réflexion sur le soi, le libre-arbitre et l’expérience du monde de Annaka Harris, trad. de Anne LemoineCar si la conscience est absolument indéniable (je la vis et la ressens présentement !), elle est pourtant bien moins palpable et évidente que la matière.
Qui suis-je ? Qu’en est-il de mon libre arbitre ? Ma conscience ne sert-elle qu’à valider, justifier et apporter un peu de cohérence ?
Et les animaux sont-ils les seuls détenteurs d’une conscience ? Les vers de terre ? Et les mousses, les unicellulaires, le non-vivant, l’univers ?
Mais alors ? C’est quoi ?
Vertigineux
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Notre expérience de la conscience est profondément intrinsèque à ce que nous sommes, au point que nous remarquons rarement le mystère qui se joue en nous.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Qu’est-ce que la conscience ?
Comment apparaît-elle ?
Pourquoi existe-t-elle ?
Est-elle une illusion ou, au contraire, une propriété de la matière ?
L’existence même de la conscience soulève des questions innombrables et profondes.
Nous considérons souvent la conscience comme une aptitude exclusivement humaine qui nous permet de faire l’expérience du monde. Mais pourrait-elle être en réalité inhérente à tout être vivant ? Un tournesol, par exemple, fait-il preuve de conscience lorsqu’il suit la course du Soleil ? Cette faculté se limite-t-elle à la capacité de perception d’un stimulus ou est-elle davantage que cela ? Pourrait-elle émerger d’une intelligence artificielle ? Est-ce déjà le cas ?
Dans ce petit livre accessible à tous, Annaka Harris nous guide à travers les théories et les découvertes scientifiques les plus récentes qui tentent de percer le mystère de la conscience. Elle revient notamment sur la question du panpsychisme, selon lequel toute matière serait imprégnée de conscience. Ce best-seller traduit en 8 langues questionne nos idées reçues sur la conscience, et nous invite à y réfléchir librement, pour autant que nous en soyons capables.
En anthropologue, Pascal Boyer tente ici de comprendre ce qui ─ du Cambodge à Salt Lake City, du Cameron jusqu’en Finlande ─ est à l’origine des croyances humaines. Avatars surnaturels, ancêtres, dieux, zombis… Pourquoi l’humanité les a-t-elle créés ?Et l’homme créa les dieux : comment expliquer la religion de Pascal BoyerA la manière d’un testeur informatique, convoquant neurologie, psychologie, sociologie et anthropologie, il dissèque nos fonctionnements pour tenter d’en trouver les failles qui ont permis au surnaturel de s’y glisser tout naturellement.Tout ça semble assez bien tenir la route même si à la fin de cette lecture, j’avoue ne pas tout comprendre beaucoup mieux.
A noter quand-même que si cet essai tente de mettre à jour les origines des croyances et leur inébranlable succès, il ne parle absolument pas de ce que les hommes en ont fait.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Une voisine, au village, me conseille de me protéger des sorciers. Faute de quoi ils me lanceront des flèches invisibles qui pénétreront dans mes veines et m'empoisonneront le sang.
Un chaman fait brûler des feuilles de tabac devant une rangée de statuettes tout en leur parlant. Il leur demande de se rendre dans les villages du ciel pour l'aider à guérir un patient dont l'âme est retenue prisonnière par des esprits invisibles.
Un groupe d'adeptes s'en va racontant que la fin est proche. Le Jugement dernier est prévu pour le 2 octobre. La date arrive et rien ne se produit. Les fidèles continuent à clamer que la fin est proche (mais la date a changé).
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Là où il y a des hommes, il y a des dieux, des ancêtres, des esprits, des sorcières et des démons. D'un bout à l'autre de la Terre, du bocage normand à la brousse africaine, des hauteurs de l'Himalaya aux confins du Pacifique, on retrouve le même cortège bigarré de croyances et de pratiques dont la finalité et la cause restent somme toute obscures. Car, au fond, s'il y a partout de la religion, sait-on pourquoi il en est ainsi ?
Dans cet ouvrage novateur, Pascal Boyer résout l'énigme en l'abordant sous trois angles différents. D'abord, les résultats de l'ethnographie moderne démontrent l'étonnante diversité des religions humaines mais aussi l'existence, sous ce foisonnement, de thèmes récurrents, de caractéristiques universelles. Ensuite, les sciences du cerveau, qui ont connu une véritable révolution au cours des trois dernières décennies, permettent de comprendre comment se forment les croyances religieuses. Enfin, le renouvellement de la réflexion darwinienne appliquée au cerveau permet d'inscrire le phénomène religieux dans l'histoire de notre espèce.
C'est parce que nous sommes dotés d'un certain type de cerveau, fruit dune certaine évolution, que la religion existe. Mais c'est seulement en s'intéressant au détail des résultats décrits ici par Pascal Boyer que l'on pourra mesurer la force de cette assertion. Car cette approche permet non seulement de comprendre enfin pourquoi la religion existe, mais aussi pourquoi elle entretient un rapport particulier avec la mort et la morale, pourquoi il y a des rituels, pourquoi il existe des institutions et des doctrines, et pourquoi la force de ces croyances est telle qu'elles peuvent pousser les hommes au don de soi - mais aussi à l'intolérance et au fanatisme.
Si certains éléments sont bien connus et d’autres peuvent sembler évidents, ce petit livre est assez épatant par la largeur de son ouverture aux différentes facettes de la santé. Masculinité toxique, charge mentale, religion, démarche scientifique, formation des médecins, monde du travail, genre, sexualité… Les inégalités sont partout et elles ont un impact direct et chiffré sur la santé.Votre santé a un sexe : l’urgence de régler les inégalités femmes-hommes face à la santé de Matthias Savignac et Marlène SchiappaMais si ce panorama des inégalités m’a semblé plutôt exhaustif et sourcé, son petit côté « outil de campagne » m’a un peu chiffonné.
Un excellent petit outil pour ouvrir les yeux sur une réalité dérangeante
Les hommes meurent plus tôt, les femmes souffrent plus longtemps.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) À première vue, femmes et hommes ne semblent pas connaître de discriminations dans l'accès aux soins et à la santé. La maladie touche tout le monde, nous direz-vous ! Et les problèmes de désertification médicale ou de coût des soins impactent aussi bien les femmes que les hommes. Vous aurez raison d'affirmer cela.
Et pourtant...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Notre système de santé est pétri de stéréotypes de genre. Ils impactent négativement les parcours de santé des femmes... et des hommes ! Comment ? Via des inégalités entre les sexes profondes, invisibles ou minimisées. Les douleurs des femmes sont trop souvent attribuées à des causes psychologiques, retardant des diagnostics pour des maladies allant de l'endométriose aux troubles cardiaques. La recherche médicale continue à se fonder sur un patient « masculin neutre ». Elles assument la charge mentale des soins familiaux de toute la famille au détriment des leurs : c'est le « syndrome Doctolib ». Les hommes, soumis à une injonction à la performance, sont sous-diagnostiqués pour certains cancers ou troubles psychologiques.
En somme, si les hommes meurent plus tôt, les femmes souffrent plus longtemps. Un vrai « gender health gap » s'est creusé et tout notre système de santé y plonge. Appuyé sur des études rigoureuses et chiffrées, ce livre pousse un cri d'alarme, éclaire ces injustices et propose un nouveau paradigme. Pour qu'enfin votre santé ne dépende plus de votre sexe !
Celles et ceux qui attendraient une réponse univoque seront déçu. Car au long des courts chapitres thématiques, Edgar Morin va répondre que oui, mais non, évidement non, mais oui quand même, enfin parfois, et de toute façon, c’est à postériori, alors oui, mais sait-on jamais, et il faut encore voir et rien n’est définitif car les contre-exemples sont nombreux…Y a-t-il des leçons de l’histoire ? de Edgar MorinEn dehors de la blague, voilà un petit livre qui ouvre beaucoup plus de questions qu’il n’apporte de réponses définitives (avec une vision de l’histoire plutôt « guerres, pouvoir et personnalités ») et qui démontre qu’une question qui peut sembler toute simple, cache bien des pièges et des subtilités.Un petit plaisir divertissant
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) « La vraie histoire étant mêlée à tout,
le véritable historien se mêle de tout. »
Par ces mots, dans Les Misérables, Victor Hugo signifie que l'Histoire se nourrit de connaissances tirées de toutes les disciplines, notamment des sciences humaines, des récits tels que les Mémoires et les romans, et même des sciences naturelles - ainsi les aléas du climat peuvent-ils avoir une incidence capitale sur les événements historiques.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) L'Histoire n'a cessé d'être pour Edgar Morin un sujet de réflexion - y compris l'Histoire à laquelle il a participé. Témoin des atrocités de la guerre, des bouleversements économiques et écologiques, penseur des civilisations, Edgar Morin en a tiré des leçons fondamentales qui éclairent le passé et nous aident à construire l'avenir.
Depuis son poste de vigie, il nous apprend que l'improbable peut advenir, que les destructeurs peuvent être aussi de grands civilisateurs, que les mythes influent puissamment sur le réel, qu'un seul individu peut parfois changer le cours de l'Histoire... Dans un esprit de synthèse particulièrement vif, Edgar Morin nous entraîne dans le grand voyage de l'humanité, de l'Antiquité à nos jours.
Une réflexion profonde et personnelle sur le temps long, nourrie d'une expérience humaine et intellectuelle incomparable.
Réécrire ou récrire des ouvrages pour ne pas blesser ou pour mieux vendre ? Dans ce petit, tout petit livre, Laure Murat tente de préciser la question et d’éclaircir un peu le sujet afin d’arrêter de tout mélanger. Et elle le fait très bien !Toutes les époques sont dégueulasses : ré(é)crire, sensibiliser, contextualiser de Laure MuratMais ça ne va pas beaucoup plus loin que l’éclaircissement. Et même si elle y précise bien son point de vue, le sujet est bien vite clos.
Une excellente introduction pour commencer à penser sur de bonnes bases en ayant précisé de quoi il était sujet
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) « Faut-il réécrire les classiques de la littérature ? », « Doit-on réécrire nos livres pour ne pas offenser les sensibilités ? », « Faut-il adapter les classiques à leur époque ? », « Réécriture de romans, une histoire ancienne ? »... Difficile, ces derniers temps, de ne pas tomber sur ces questions pointant, ici, la nécessité de réviser le sexisme de James Bond et le racisme d'Agatha Christie, ou, là, l'antisémitisme de Roald Dahl, en remplaçant des termes jugés offensants pour les minorités.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Depuis quelques années, un malaise s'est installé dans la culture contemporaine. Ici on récrit des textes classiques ou certains best-sellers pour les purger du racisme et du sexisme, ailleurs on en appelle à une surenchère de contextualisations.
Et si la question qui sous-tend ce vaste débat était mal posée ? S'il s'agissait, dans bien des cas, d'argent et non d'éthique ? Et si la censure n'était pas du côté qu'on croit ? Et si les précautions prises à tout contextualiser produisaient à terme un effet pervers ?
À l'aide de quelques exemples, Laure Murat tente de rebattre les cartes d'une polémique qui, à force d'amplifier, brouille les vrais enjeux de la création et de sa dimension politique.
Les dialogues et les entretiens sont une méthode assez efficace pour sortir une bonne émission de télé ou de radio. On est dans l’instant, les phrases rebondissent et l’imprévisible se retrouve parfois au coin d’un ricochet. Encore faut-il des avis différents, des personnalités maîtrisant tant le domaine que l’instantané.Bouffons ! : l’humour est-il un sport de combat ? de Swann Périssé et Guillaume MeuriceDans un livre, par contre, sans un gros travail d’édition, il est souvent difficile de sortir des platitudes et des « moi, personnellement, je pense que… »
Un petit livre sur le paysage de l’humour en France, sur les radios, les réseaux et dans les salles. Un peu léger, mais sympa…
Bah, pour bouffer, faut bien remplir la marmite
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Guillaume Meurice entre partout avec la nonchalance de ceux qui ont un planning bien chargé : le lundi, renverser le système, le mardi, converser avec un astrophysicien, le dimanche, partir en soirée avec des potes.
Avec quinze minutes de retard et après avoir lancé son seizième projet de la semaine, Swann Périssé débarque et son énergie remplit l'espace. Elle sourit, mais elle plierait le patriarcat juste en levant le petit doigt.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Dans ce dialogue drôle mais sérieux, Guillaume Meurice et Swann Périssé s'interrogent sur la place de l'humour et des humoristes dans notre société, sur leur métier, leurs limites, et sur ce qui les fait rire (ou pas).
Doit-on rire des faibles comme on rit des puissants ? Les blagues discriminent-elles ? Peut-on rire quand on est triste ? Doit-on rire à tout prix ? Peut-on subvertir l'ordre établi en riant ? Quelles révolutions l'humour mène-t-il ? Le rire est-il toujours encadré par le pouvoir, comme au temps des bouffons ?
Le livre pour ne plus dire qu'on ne peut plus rien dire.
Alors que l’on me demandait, en me voyant ouvrir ce livre, si je n’en avais pas un peu marre de lire encore des bouquins de ce genre (entendons par là : féministes et révoltés). J’avais répondu que non, vraiment pas ! J’y trouvais de la rage, une écriture nouvelle et politique. Une littérature jubilatoire et engagée pleine de convictions, armée de revendications solides et argumentées.
Ce livre en est un parfait exemple !
Armer la rage : pour une littérature de combat de Marie-Pier Lafontaine
Un essai qui tient entièrement dans son titre, 100 pages qui disent fièrement : ne nous chiez plus dans les bottes où vous allez vous les prendre dans le cul ! (notez que c’est beaucoup mieux dit que ça !)
Brillant !
Je me permet de copier ici l’intro qui annonce bien la couleur
J’imagine cet essai comme un combat. Je voudrais écrire un essai-colère, un essai-rage. Qu’il soit reçu comme une avalanche de coups. Entre chaque phrase, il faudra visuliser une énergie qui se déploie. Il faudra voir les muscles de mes cuisses se contracter, mon centre de gravité s’abaisser et mes poings en position de garde. Il faudra comprendre pourquoi je m’efforce de maintenir mes épaules détendues et mes réflexes alertes, imaginer avec précision un coude qui se baisse légèrement, des hanches qui se tournent. Voyez leur rotation, voyez comme elles suivent l’élan du bras, le propulsent vers sa cible. Entre chaque mot de chacune des phrases qui composent ce texte, il faudra entendre le bruit d’un corps qui en cogne un autre. Les martèlements de ma colère ne suffiront peut-être pas à faire éclater l’histoire de ma famille. Alors, il vaudra mieux garder en tête l’image de bandages noirs autour de mes jointures. Ils enrubannent leur tranchant, empêchent la peau de se fendre, me protègent des fractures aux poignets. Ils me permettent surtout de frapper plus fort.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) L'agression de trop
Un des conseils qui me mettait le plus hors de moi après qu'un homme m'a agrippé les fesses sur le quai d'une station de métro à Montréal était de ne plus prendre les transports en commun.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Armer la rage est une charge contre la culture du viol, la violence familiale et une société qui, plutôt que d’apprendre aux femmes à contre-attaquer en cas d’agression sexuelle, préfère les mettre en garde contre le risque de se défendre.
Cet essai jette un regard à la fois intime et politique sur les traumas sexuels dans leurs différentes modalités (directe, indirecte et insidieuse), sur le droit des femmes à l’autodéfense et sur le pouvoir de l’écriture pour un sujet qui n’a su qu’à l’âge adulte qu’il existe des familles préservées de la terreur.
Cette compilation de nombreux articles impressionne par sa pertinence et plus encore par l’époque à laquelle elle a été écrite ; L’éthique de la terre a été publiée en en 1933 ! Oui, cela fait bien longtemps que le signal d’alarme a été tiré.L’éthique de la terre : suivi de penser comme une montagne de Aldo LeopoldEn plaidant pour une éthique de la terre, similaire à celle qui régit nos rapports humains ou avec les animaux, Aldo Leopold souligne l’importance vitale, esthétique, culturelle ou nourricière… de la terre sur laquelle nous vivons. Non, nous ne pouvons pas (pour notre propre survie et notre bien-être) en faire n’importe quoi. Il est essentiel de la préserver, ainsi que d’en conserver certaines zones intactes d’une dégradation humaine.
Certes, il s’agit ici de la parole d’un forestier du début du 20e siècle, et certains points de vues environnementaux ont probablement évolué, mais le fond de sa vision reste absolument actuelle et se décline aisément pour l’entier du monde qui nous entoure
SOURCE DES TEXTES
Trois textes d’Aldo Leopold sont à l’origine de Land Ethic (L’éthique de la terre») : «The Conservation Ethic (Journal of Forestry, vol. 31, nº 6, octobre 1933, p. 633-643), «A Biotic View of Land » (Journal of Forestry, vol. 37, n° 9, septembre 1939, p. 727-730) et «The Ecological Conscience (conférence du 27 juin 1947 publiée dans le Bulletin of the Garden Club of America en septembre 1947, p. 45-53). Cet ensemble, ainsi que «Thinking Like a Mountain» (Penser comme une montagne»), écrit en avril 1944, «Good Oak» («Un bon chêne»), écrit en janvier 1948, «The Remnants» («Les vestiges»), «Conservation Esthetic» («Esthétique d’une protection de la nature »), publié dans Bird-Lore, vol. 40, nº 2, mars-avril 1938, «Wilderness As a Land Laboratory» («La nature sauvage, un laboratoire de la terre»), publié dans Living Wilderness, vol. 6, juillet 1941, ont ensuite été intégrés au recueil A Sand County Almanac. «Boomerangs» a été publié en avril 1918 dans The Pine Cone, journal officiel du New Mexico Game Protection Movement, où Leopold publia beaucoup entre 1915 et 1924. «The River of the Mother of God» («La Rivière de la mère de Dieu»), que la Yale Review avait refusé, date de décembre 1924 et «What Is Wilderness Area?» («Qu’est-ce qu’un espace naturel?») est extrait de «Wilderness As a Form of Land Use», publié en octobre 1925 dans le Journal of Land and Public Utility Economics (vol. 1, nº 4, p. 398-404).
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Quand le divin Ulysse rentra de la guerre de Troie, il fit pendre une douzaine de jeunes esclaves qu'il soupçonnait de s'être mal conduites en son absence.
Il ne le faisait pas pour une question de morale. Ces filles lui appartenaient. Disposer de ses biens était alors, comme aujourd'hui, une affaire de convenance personnelle, non de moralité.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Prends garde à ce que tu laisses. »
Il y eut trois pionniers américains de la pensée écologique : l'ermite Henry David Thoreau, le voyageur John Muir et le forestier Aldo Leopold. On doit à ce dernier, que certains tiennent pour un géant littéraire et un prophète, les premières politiques de protection des espaces naturels, une réflexion inégalée sur la nature sauvage, et la conviction qu'il est possible à l'homme de développer une intelligence écologique. Car l'« éthique de la terre » est possible. Elle repose sur l'idée lumineuse de communauté et d'équilibre. Grâce à elle, nous pouvons tous apprendre à être heureux dans la nature. À la fois narrative et philosophique, l'écologie d'Aldo Leopold possède une force surprenante : elle pulvérise notre arrogance tout en nous chuchotant « l'opinion secrète » de la montagne à l'égard des loups.