Mémoire sous scellés

Roman… ? Oui mais pas tout à fait. Roman historique, roman politique, roman réel ?

Maya tressaillit d'abord au son de sa voix, puis, fendant la foule avec Matt pour atteindre le premier rang, elle frémit d'émotion et aussitôt d'angoisse. Il parlait comme l'Américain, il sentait comme l'Américain. L'Américain dont le flegme précieux cachait une violence froide, l'Américain du bureau de Monsieur Joe. L'Américain à l'amulette de Pazuzu qui préférait les sandwichs de Burger King et avait une phobie des cafards. Il sentait pareil. L'oud, le pur, sans les agrumes.
Mais ça ne pouvait pas être lui. Il ne pouvait pas être Arthur le salaud puisqu'il était Arthur le sympa, celui en train d'être applaudi et remercié et honoré et mignon dans son costume trois pièces qu'il portait avec des baskets. Cet Arthur-là était le créateur d'une fondation qui justement pourchassait les Arthur de là-bas, sans foi ni loi. Le Arthur d'ici ne pouvait pas être le Arthur de là-bas.
Mémoire sous scellés de Saphia Azzeddine
Saphia Azzeddine se penche sur le pillage des oeuvres d’art en Irak. Sur l’hypocrisie, le cynisme ou l’aveuglement volontaire qui permet de dépouiller les patrimoines culturels dans les pays en guerre.

Un roman plus froid et distant que ses précédents, mais très ancré dans la réalité (et l’actualité) avec un mélange entre les faits avérés et la fiction finement géré

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
─ Non, ce n'est pas grâce à notre industrie militaire que nous sommes les plus forts, Maya, c'est d'abord grâce à notre industrie de la narration, lui dit Arthur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
A-t-on le droit de voler l’histoire d’un peuple ?

Après avoir été ravagé par la guerre, l’Irak est en proie à un autre fléau, moins spectaculaire mais plus vicieux : le pillage de son patrimoine culturel. Après que toute sa famille a été décimée par une bombe, Maya grandit avec une juste colère qui l’entraîne vers les sphères opaques du pouvoir, et c’est sans relâche qu’elle traque ceux qui confisquent le futur en pillant le passé et en fabriquant les récits d’aujourd’hui. De Bagdad à Paris, de Londres aux musées les plus prestigieux du monde, Maya se lance dans une enquête périlleuse afin de démanteler un réseau international de trafiquants et, l’ironie s’en mêlant, c’est sur le tapis rouge de la plus mondaine des soirées new-yorkaises que celle-ci se dénouera.

« Au Met Gala de New York, Kim Kardashian, posait, engoncée dans une robe lamée ornée d’une croix chrétienne aux côtés d’une icône tout aussi rutilante. Enrobé à la feuille d’or, le cercueil du prêtre Nedjemankh était le seul dont elle acceptait qu’il lui fasse de l’ombre, plus de 2 500 ans les séparant l’un de l’autre. Le sarcophage était là, dressé à côté de la star, impassible, sous une pluie de flashs dont il ne semblait pas vraiment comprendre le sens. »