Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Comment dire ? Un chef d’œuvre absolu ou une invraisemblable nullité ? Franchement, je ne sais pas vraiment. Pas plus que pour La fontaine de Marcel Duchamp, je ne saurais me positionner. Pour autant, je me suis bien marré !
Animan de Anouk Ricard
Et donc… N’est-ce pas là l’essentiel ?
Alors, fi de l’académisme et youpi pour l’audace et la fraîcheur ! Une bande dessinée pour retrouver l’âme et la légèreté de l’enfance
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Qui est Animan
C'est un homme comme les autres.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les histoires ne racontent pas seulement des enquêtes mais aussi la vie d’Animan, sa rencontre et ses combats avec son ennemi juré, Objecto. Le livre est ponctué de peintures, comme dans certains des albums précédents d'Anouk.
Lire du Jaenada, c’est accepter de se faire balader par un drôle de conteur (vraiment très drôle), mais qui a quand même le gros défaut de ne savoir faire court. Et, me semble-t-il, ne cesse, publication après publications, de se singer et de grossir (ça se paye sous la douche des hôtels miteux) ses propres excès. Génial biographe, éplucheur de fonds d’archives et baroudeur des lieux de crimes, il préfère par dessus tout raconter par le menu (oui, il mange pas mal !) toutes ses pérégrinations, en oubliant jusqu’au pourquoi de sa démarche (j’exagère, certes, car ce conteur merveilleux n’a de pareil pour retomber sur ses pattes).L’inconnue du quai de Javel de Philippe JaenadaEt ici, de plus, il s’adjoint le commissaire Maigret comme grand sage et consultant pour son enquête. Note personnelle : j’avais lu tous les Maigret il y a trois ou quatre ans, c’était bien sympa de le retrouver ici !
L’inconnue du quai de Javel s’appelle Louise Cansot, son meurtrier ne fut jamais inquiété, Philippe s’empare du cold case et part à la chasse de l’assassin
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Une blanquette. Voilà ce qui me ferait plaisir à midi, aujourd'hui, 7 septembre (d'habitude, je ne déjeune pas en plus il fait chaud, trop chaud pour septembre et trop chaud pour une blanquette - mais j'ai faim, je me suis levé tôt), près du pont Mirabeau, une bonne blanquette de veau, avec du riz, de la sauce, des oignons, des carottes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain : c’est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d’un roman de Simenon, mais l’inspecteur-chef Ferrière n’a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l’affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne.
Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l’enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux – remonte le temps.
Pour ce livre, il a lu les soixante-quinze enquêtes de Maigret, s’inspirant humblement et fidèlement des méthodes du commissaire fictif. Et il va résoudre ce meurtre bien réel, laissant le lecteur subjugué par la dextérité de son investigation et fasciné par cette jeune femme à laquelle il redonne un visage et une histoire.
Ça commence comme de la chick-lit, léger, parfois un poil acide, mais souvent très drôle. Une femme avec un petit souci d’alcool, qui perd son boulot dans la com suite à un accouchement difficile mais qui a quand même un mari sympa… Tous les ingrédients sont là. Des filles comme il faut de Nadia DaamPuis, insidieusement, le ton change même s’il reste léger, et le sujet gagne en profondeur.
…et les petits soucis deviennent des vrais problèmes. Des filles comme il faut qui n’ont pas dit leur dernier mot, pleines de force, d’humour et d’intelligence
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) C'est quoi une « femme disparue » au juste ? Quand sait-on qu'elle a disparu ? À partir
de combien d'heures ? De jours ? Quel âge a-t-elle pour être considérée comme telle et par qui ? Par la police ? Par BFM ? Par Twitter ? Une femme disparue. Pas une enfant de sept ans en pyjama feutré par les lessives à quatre-vingt-dix degrés probablement kidnappée par un père divorcé, amer, propriétaire d'une Fiat Punto et qu'on espère discerner sur les images de vidéosurveillance d'une station-service d'Alicante.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Blanche a trente ans, un enfant, un amoureux sans intérêt et une capacité inouïe à échouer.
Licenciée après un accouchement traumatique, elle est bien déterminée à pleurer sur sa bière et sur sa médiocrité, quand elle croise une ancienne connaissance, star des médias au féminisme affirmé et photogénique. À sa grande surprise, celle-ci la prend sous son aile et lui confie un projet de podcast sur les disparitions volontaires. Un défi providentiel pour cette jeune femme velléitaire, accro à l'alcool et au regard masculin.
Blanche part mener l'enquête dans sa ville natale, sur les traces d'une professeure de lycée évaporée du jour au lendemain. Saisira-t-elle sa chance ? Trouvera-t-elle enfin sa place du côté des puissantes ? Pas sûr. Mais elle aura fait une découverte encore plus exaltante : les filles comme il faut, il ne faut pas trop les chercher.
Une histoire de marins, de codes d’honneur, de frères et d’une sale histoire du temps de leurs parents. Mais avec un mort.Les rescapés du Télémaque de Georges SimenonUn roman dur plutôt polar avec un des deux frères qui enquête pour tenter d’innocenter l’autre. L’occasion de soulever le voile sur un drame passé.
Un roman à l’ancienne qui se lit facilement sans pour autant marquer par la finesse de ses portraits ou la profondeur de son intrigue
Adapté pour la télévision britanique en 1966 par Rudolph Cartier dans la série Thirteen Against Fate, épisode 9 The Survivors
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Les mêmes causes produisent les mêmes effets et l'arrivée d'un bateau dans un port est précédée d'un certain nombre d'allées et venues invariables, le bateau fût-il, comme dans le cas présent, un chalutier de Fécamp armé à la pêche au hareng.
Cela ne vaudrait donc pas la peine d'en parler si un détail, cette fois, n'avait été différent.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) À peine le Centaure, chalutier de Fécamp, est-il arrivé au port que son capitaine, Pierre Canut, est arrêté. Il aurait tué, dix jours plus tôt, juste avant de prendre la mer, un vieil homme retrouvé à son domicile la gorge tranchée. Ce serait une vengeance. La victime, rescapée vingt ans plus tôt des suites d'un naufrage au large du Brésil, aurait été sur la même barque de fortune que le père de Pierre Canut. Les secouristes avaient retrouvé ce dernier mort avec le poignet entaillé par ses camarades qui avaient commencé à le manger...
Si vous avez un petit souci de cholestérol, n’ouvrez surtout pas ce livre. Même la couverture risquerait de vous le faire grimper. Le titre ne trompe pas.Le beurre de Manako de Asako Yuzuki, trad. de Mathilde Tamae-BouhonCar derrière une histoire de tueuse en série manipulatrice, se cache une histoire gastronomique à la française en plein cœur du Japon. Joël Robuchon devrait valider sans hésitation !Une enquête menée par une journaliste gourmande et fascinée qui dévoile un pays patriarcal avec toutes les injonctions et inégalités qui pèsent sur les femmes
Délicieux, mais un poil écœurant… doublement
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Les étroites habitations aux façades écrues s'étirent à perte de vue le long des collines en pente douce.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le quotidien de Rika, jeune journaliste ambitieuse mais surmenée, est bouleversé quand elle rencontre Manako, une femme accusée d’avoir assassiné trois de ses amants.
Pleine d’assurance, Manako ne cache pas son amour pour la cuisine somptueuse grâce à laquelle elle a su garder ses hommes. Rika veut à tout prix l’interviewer, et Manako y consent à condition que celle-ci se plie à ses demandes culinaires. Fascinée par ce personnage, Rika accepte. Mais en changeant de régime alimentaire, elle gagne quelques kilos et pour la première fois, subit le regard des autres.
Entre emprise et velléités d’indépendance, Rika va mener son enquête sur le passé trouble de Manako, tout en prenant conscience des injonctions de la société à l’endroit des femmes.
Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique, Le beurre de Manako est un roman délicieux saupoudré de tension psychologique et un portrait panoramique du Japon contemporain.
Le dessin de Toppi se prête admirablement bien au polar américain. Des mâchoires carrées, un noir-blanc d’une franchise impeccable, les villes, les marais et les mouvements (et les coups) sont francs et tendus juste à souhait.Traces de sang : une enquête de Nick Rider de Gino D’Antonio, dessin de Sergio Toppi, traduction de Salvatore BiddauPour l’histoire, pas de surprise. Du polar très classique, des poursuites, des gentils qui ne le sont pas forcément, des flics aux gros bras et des guns qui crachent de la poudre et du plomb.
Rien de nouveau, un bon gros classique mais plutôt bien fait, plaisant
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Mais arrête !...
Toutes ces années Levasseur nous a donné de quoi subvenir à nos besoins. Il mérite au moins notre gratitude, tu ne crois pas ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Jacky Duvall n’a pas eu une vie facile, mais ce qui l’attend semble être bien pire. Seule au monde et fuyant tout le monde, elle cherche refuge à New York de la furie du brutal Levasseur et de ses sbires. Mais pourquoi la recherche, ce qui se cache derrière le voyage aventureux d’une jeune fille des marais de la Louisiane à la Grande Pomme ?
Une tragédie inimaginable, mûrie depuis longtemps dans l’isolement qui enveloppe les terres inhospitalières des Cajuns et la dégradation familiale… Une tragédie sur laquelle Nick Raider ne pourra faire la lumière que grâce à l’aide de la combattante Sarah Himmelman et des coéquipiers habituels : Marvin, Jimmy et tous les « anges en uniforme » du District Central !
Un accident en face de la ferme va rompre brutalement l’équilibre de la famille Roy.Le rapport du gendarme de Georges SimenonEntre enquête, suspicions et vieux secrets mal enfouis, la vie bascule et la parano s’installe.
Un roman d’atmosphère à l’écriture travaillée qui s’alourdi au fil des pages
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Les deux femmes étaient dans le grenier de devant celui dont l'œil-de-bœuf donnait sur la route, et qu'on avait transformé en fruitier. La mère, Joséphine Roy, assise sur une chaise basse, prenait des pommes dans un panier, les essuyait avec un torchon à carreaux rouges, mettait les fruits véreux à part et passait les bons à Lucile.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un soir d'orage, un homme blessé par une voiture est ramassé sur la route et porté dans la ferme la plus proche. Là habitent Étienne Roy, un paysan un peu sauvage, un peu demeuré, sa femme Joséphine et leur fille. Au cours de l'enquête, Joséphine dissimule un petit papier échappé de la poche du blessé. Sur ce papier on déchiffre mal une adresse : celle justement de la ferme Roy.
Le geste de Joséphine a suffi pour créer le doute. La police rôde sans repos. Un enchaînement subtil permettra au gendarme d'établir un rapport inflexible. La colère d'Étienne éclate dans le meurtre...
Habitant Genève, c’est avec délice que j’ai lu ce polar qui s’y déroule. Pourtant, pas de grande littérature ici, non, au contraire, même.Les justiciers de l’ombre de Robert JordanEt pourtant, cette écriture au style plat (voir absent) apporte un petit charme un peu naïf à ce polar où se mêlent franc-maçonnerie, groupuscules d’extrême-droite et opéra.
Un petit livre à réserver aux régionaux ou au personnes qui seraient attachées à Genève, son Grand-Théâtre ou Mozart
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Salzburg (Autriche) de nos jours...
Le festival de musique bat son plein.
Nous sommes en août, le temps est splendide et la ville baroque, qui a vu naître le grand Mozart en 1756, brille de mille feux.
Elle a aussi vu naître, en 1908, le célèbre chef d'orchestre Herbert von Karajan.
Ses palais, ses églises et ses rues étroites enchantent les nombreux touristes et amateurs de grande musique, venus du monde entier.
L'immense forteresse de Hohensalzburg domine toute la ville. Un vieux funiculaire permet d'y accéder en quelques minutes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Les deux policiers présentent leurs cartes et le patron du Grand Théâtre les invite à s’asseoir.
Puis s’adressant à Passard :
– Que puis-je pour vous commissaire ?
L’homme a un visage rond, une chevelure noire abondante, une carrure massive. Il paraît encore assez jeune, la cinquantaine au maximum.
– Je dois malheureusement vous annoncer une mauvaise nouvelle : le Maestro Karl Schaugel ne viendra pas. Il a été assassiné ! »
Quand le célèbre chef d’orchestre Karl Schaugel est retrouvé mort dans un train à son arrivée à Genève, la scène artistique retient son souffle. Nous retrouvons le commissaire Sébastien Passard, qui sera chargé d’enquêter sur cet assassinat signé d’un nom mystérieux : les Justiciers de l’ombre. Très vite, les recherches s’orientent vers un groupuscule radical, antisémite et antimaçonnique, dont les racines plongent dans l’Europe du XVIIIe siècle. De Genève à Prague, en passant par Vienne, Nuremberg ou Salzburg, la narration alterne entre passé et présent, et explore les résurgences inquiétantes de l’extrémisme en Europe. La tension monte jusqu’au soir de la première de Don Giovanni au Grand Théâtre de Genève, où tout pourrait basculer…
Ce Folcoche a paru quelque temps après In violentia veritas de Catherine Girard et j’ai été surpris d’y trouver bien des analogies troublantes. Une enfance sous la coupe d’un parent violent et, bien plus tard, une cruelle vengeance. Un triple meurtre pour Henri Girard, un assassinat littéraire pour Hervé Bazin. Les deux fois un nom qui change, les deux fois la colère qui côtoie la folie.Folcoche de Emilie LanezFolcoche sévère ? Certainement. Pourtant, fallait-il en dresser un pareil tableau. Et d’ailleurs… Qui était réellement Hervé Bazin.
Un drôle de livre qui grattouille le mythe pour en dévoiler un original fort peu reluisant
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Les archives de la préfecture de police de Paris sont libres d'accès, il suffit d'en faire la demande par un courrier électronique, puis à la date convenue de venir les consulter dans une rue calme du Pré-Saint-Gervais. On ne pénètre dans la salle qu'avec des feuilles volantes et un crayon à papier -─ cahier et stylo interdits, afin d'éviter d'écrire sur les pièces ou de les subtiliser en les cachant.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Tout le monde a lu Vipère au Poing, premier roman d'Hervé Bazin. Chacun se souvient du récit poignant de son enfance martyre sous la férule de sa mère, la terrible Folcoche. Cri de douleur et de haine d'un adolescent, il est lu par des générations de collégiens, trouvant sa place dans notre patrimoine littéraire et dans notre imaginaire collectif. À son auteur, il aura permis de briller sur le monde des lettres jusqu'à devenir le président de l'académie Goncourt.
Voici pour la légende. Intriguée par cette mère haïe de tous et inconnue, Emilie Lanez a enquêté et nous livre une autre histoire, un contre-récit vertigineux. Le roman vrai d'un féminicide littéraire. Avant d'être un écrivain célèbre, Hervé Bazin est un jeune adulte menteur, qui escroque, menace, y compris sa mère... Il est interné en psychiatrie plusieurs fois et condamné à des années de prison. Vipère au poing sera sa vengeance, son triomphe et peut-être son remède.
À travers l'exploration des archives, Émilie Lanez révèle une famille dévastée par la littérature. Avec ses secrets, ses mensonges, son talent, Hervé Bazin est un personnage de roman fascinant.
N’ayant découvert Pierre Lemaitre qu’après son prix Goncourt, je ne connais pas du tout sa partie polars. Mais voilà qu’il m’a donné forte envie d’y jeter un oeil !Le serpent majuscule de Pierre Lemaitre, dessins de Dominique Monféry d’après le roman de Pierre LemaitreCar dans cet album, tout est très visuel ! Pas trop de textes, tout passe par l’image et c’est vraiment réussi !Une bande dessinée haute en couleurs, bien gore, avec du sang et de la viande
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Pweek !
Pweek !
Allez, Ludo, faut pas traîner, on va être en retard.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Mathilde est une tueuse à gages septuagénaire. Henri, son ancien camarade dans la Résistance pour qui elle exécute les missions, tente de la protéger. Mais, imprévisible, les accès de violences de Mathilde et son manque de discrétion inquiètent ses véritables commanditaires qui décident de l'éliminer avant qu'elle ne devienne incontrôlable.