Strip-tease

Simenon n’est que rarement aussi malaisant que lorsqu’il parle du corps des femmes. Et là, ma foi, dans un cabaret où les femmes se dénudent, il peut s’en donner à cœur joie ! Bouarf !

Une fois de plus, elle avait le sentiment d'une injustice.
Car, tel que Léon était aujourd'hui, tel elle aurait voulu l'avoir, mais autrement, par des moyens plus dignes, et pour elle.
Elle avait conscience d'être une vraie femme, une vraie femelle aussi, et, avec elle, il n'aurait pas déchu en tombant amoureux, même au point d'en perdre la clairvoyance et la dignité. C'était le jeu. C'était naturel. Ils auraient formé ─ ils avaient commencé à former ─ un couple dur, passionné, se déchirant pour mieux se reprendre, affrontant leurs orgueils et se matant l'un l'autre.
Il l'avait si bien compris que, parfois, il avait peur d'elle, peur d'être entraîné dans le gouffre où elle lui donnait l'envie de s'enfoncer avec elle.
La haine de Célita pour Florence l'avait-elle refroidi ? Elle savait que non. Elle était sûre d'elle. Elle n'avait plus besoin que de temps pour le détacher d'une compagne vieillie et gênante.
Qu'y avait-il de mal à ça ? N'étaient-ils pas des fauves tous les trois et les fauves se ménagent-ils entre eux ?
Strip-tease de Georges Simenon
Une histoire de jalousie et de convoitise. Rivalités de femmes. Une trame pas forcément mauvaise en soi, des caractères plutôt bien croqués, presque un bon roman (qui tire un peu en longueur) malgré les clichés, mais finalement : pénible.

Et que dire de la fin ?

Tous les romans durs de Simenon
92. Strip-tease
91. Le président (à lire) 93. Dimanche
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Célita fut la première à voir la nouvelle.
A trois heures de l'après-midi, comme les autres jours, elle avait entendu le réveil sonner sur la table de nuit qui séparait les deux lits et, recroquevillée sur elle-même, elle avait laissé à Marie-Lou le soin d'arrêter la sonnerie, puis d'aller ouvrir les persiennes, de retirer les culottes de nylon et les soutiens-gorge qui séchaient à la fenêtre et enfin d'allumer le réchaud à gaz de la cuisine pour préparer le café.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
A trente-deux ans, Célita, strip-teaseuse au Monico, à Cannes voit avec anxiété pâlir son étoile. Son seul espoir : succéder bientôt à Florence, sa patronne, gravement malade, dont elle s'est attaché le mari, Léon, d'une façon qu'elle croit sûre.
Mais tout est compromis le jour où Maud, une débutante de dix-neuf ans, ravissante et faussement ingénue, franchit pour la première fois le seuil du Monico. La clientèle s'enthousiasme, et Léon en fait bientôt la vedette du spectacle.
Comment une rivalité à la fois professionnelle et amoureuse va se muer en un combat désespéré, où même le crime est envisageable pour conjurer la déchéance : c'est ce que nous conte, avec une saisissante vérité psychologique et une apparente impassibilité qui ne fait que souligner le drame, le romancier de Lettre à mon juge, le créateur de Maigret.

Le voyageur de la Toussaint

Voilà un des romans dur de Simenon des plus balzacien. Une petite ville, des petites gens, de l’argent, des jalousies, des amours tristes ou impossibles…

 - Tu ferais mieux de t'acheter de beaux vêtements, une belle auto, et d'aller t'amuser à Paris ou dans le Midi... Ici, ce n'est pas pour toi
Elle ne s'était jamais expliquée franchement.
 - Tu n'as rien à voir avec eux, tu comprends ?... disait-elle sans jamais préciser qui elle entendait par eux.
Ou encore :
 - Ce n'est pas un métier pour toi... Ils finiront par t'avoir...
Il n'y avait pas cru. Il se refusait encore à y croire. Et pourtant, il commençait à concevoir la possibilité d'une conjuration sournoise.
 - Vous avez tout ce qu'il vous faut ? venait parfois questionner le patron.
 - Mais oui...
 - Alors, tout va bien...
Et il retournait annoncer à la cuisine :
 - J'ai vu des repas d'enterrement plus gais que cette noce.
Le voyageur de la Toussaint de Georges Simenon
A la Rochelle un héritage vient rebattre les cartes des petits puissants de la ville. Le jeune héritier saura-t-il faire face ?

Un très bon Simenon à l’ambiance fausse et aux conseils appuyés

Un roman adapté au cinéma en 1943 par Louis Daquin

Tous les romans durs de Simenon
44. Le voyageur de la Toussaint
43. L’outlaw 45. Le fils Cardinaud
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Gilles Mauvoisin regardait sans voir et il avait les yeux rouges, la peau gercée de quelqu'un qui a beaucoup pleuré. Pourtant, il n'avait pas pleuré.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quand un héritage est en jeu, les bonnes âmes montrent soudain leur noirceur.

Un jeune homme et sa tante, d'abord opposés, s'allient contre ceux qui les prennent pour de naïves victimes. L'histoire se passe à La Rochelle, et c'est un puissant tableau de la vie de province, des haines familiales, des jalousies, des infamies que l'on voit trop souvent se perpétrer pour des questions d'argent dans la bourgeoisie aisée. Mais là, les faibles triomphent des forts.

Les femmes de

Le soir de réveillon, toutes ses femmes sont là, mais Vittorio ne vient pas.

Les femmes de de Caterina Bonvicini

Le livre, donnant la voix à chacune, dresse des portraits teintés de jalousies et de rancœurs, de regrets et d’incompréhensions.

Une construction sympa et bien menée qui, hélas tend à s’épuiser rapidement…

… pour un rebondissement final bienvenu mais qui m’a semblé un peu bricolé

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Milan. Le soir de Noël. La mère, la soeur, la femme, l'ex-femme, l'amante et les deux filles de Vittorio attendent en vain cet écrivain à la carrière déclinante. Une enquête pour disparition est ouverte. Au fil des mois, un nouvel équilibre vient régir les rapports entre ces femmes. Chacune des protagonistes narre son histoire avec l'absent

Déjeuner en paix

Chick-lit, pop-lit ou feel-good… difficile de coller une étiquette très claire sur ce portrait en miroir de deux femmes sur une terrasse. Deux femmes dont on suit les pensées, les envies, les frustrations, les bonheurs, les errances, les jalousies et les échecs…

Déjeuner en paix de Charlotte Gabris

C’est en tout cas absolument drôle, facile à lire et plus profond qu’une simple blagounette

Un brillant premier roman à la construction remarquable !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Paris, une terrasse de café ensoleillée.

C'est l'heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue.

Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre.

Deux femmes qui n'ont a priori rien en commun. Si ce n'est que l'une et l'autre se regardent, se jaugent, se moquent.

Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d'assurance et d'aplomb ? se demande la première. Peut-on boire un verre de vin en trinquant... avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde.

Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ?

Charlotte Gabris s'amuse ici de la rivalité féminine avec malice.

Et si nous essayions, nous aussi, de déjeuner en paix ?

Concours pour le Paradis

Pour les amateurs du genre, un roman historique comme une invitation à Venise.

La courtisane sonna et Veronese, tout en la saluant comme au théâtre, sortit à reculons en lui envoyant des baisers de la main. Il traversa les appartements de sa maîtresse, observant dépité les plafonds qu'il avait peints pour elle, les murs tendus de soie et les sols couverts du terrazzo le plus tendre. Il se laissa installer dans sa gondole par l'armée de valets, maures pour la plupart, habillés de pourpre et de jaune. Partagé entre le charme de sa visite et sa frustration, il navigua, prêt à accepter toute nouveauté qui se présenterait à lui jusqu'à une salle de jeu, près du Rialto, où il avait indiqué au gondolier de le mener.
Concours pour le Paradis de Clélia Renucci

Pensez à réserver votre chambre avant de commencer la lecture

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Benedetto alerta son frère aussitôt qu'il apprit la nouvelle. Véronèse, enroulé dans ses draps de lin, ouvrit un œil méfiant.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Tout était dévasté, consumé, calciné. C'est de cet enfer qu'allait renaître le Paradis. »

Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l'immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames

Ô vous, soeurs humaines

C’est parfois drôle et tendre et à d’autres instants, c’est glauque et sordide. 40 histoires de femmes, 40 portraits autour de la complicité ou de la rivalité, de l’amour ou de la répulsion, des envies ou du dégout.

O vous, soeurs humaines de Mélanie Chappuis
O vous, soeurs humaines de Mélanie Chappuis

Peu d’hommes dans ce recueil de nouvelles très courtes qui pourtant, ouvrent toutes sortes de portes sur un monde, une relation, un début, une histoire…

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Mère, amie, amoureuse, rivalités, fidélités, complicités... quarante portraits de femmes qui vont vous rappeler quelqu'une