Il y a des titres qui font honte aujourd’hui. Pourtant, ils sont les témoins d’une époque (pas si lointaine !) et leur remplacement n’effacera pas l’histoire.
Une descente dans les tréfonds de la rancœur qui relègue le sort de ce malheureux juste arrivé en train de l’Oubangi en arrière-plan
| Tous les romans durs de Simenon 89. Le nègre |
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| 88. Le fils | 90. Le passage de la ligne |
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Un jour je leur montrerai...
Depuis combien d'années se répétait-il ça dans sa tête, quelquefois entre ses dents, surtout le soir, quand son teint devenait violacé et ses gros yeux humides ? Peut-être le pensait-il déjà sur les bancs de l'école, à Versins-Haut, lorsque les Van Straeten, les fermiers, Ferdinand et Emma à la voix criarde, chez qui l'Assistance publique l'avait placé, le traitaient de fainéant et de propre à rien.
Un jour je leur montrerai...
Depuis combien d'années se répétait-il ça dans sa tête, quelquefois entre ses dents, surtout le soir, quand son teint devenait violacé et ses gros yeux humides ? Peut-être le pensait-il déjà sur les bancs de l'école, à Versins-Haut, lorsque les Van Straeten, les fermiers, Ferdinand et Emma à la voix criarde, chez qui l'Assistance publique l'avait placé, le traitaient de fainéant et de propre à rien.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Théo n'a pas été choyé par la vie. Il est borgne de naissance, enfant de l'Assistance publique, et aujourd'hui sa femme l'a abandonné. Modeste chef de halte sur la ligne Paris-Calais, il est hanté par un désir : « Un jour, je leur montrerai. » Montrer quoi, et à qui ? Il ne le sait pas lui-même. Le cadavre d'un Noir vient d'être découvert près de la ligne du chemin de fer. Tous s'accordent à dire que, devant descendre à Versins et n'ayant pas remarqué l'arrêt, l'homme a sauté en marche après le départ du train. Mais Théo en sait plus que les autres...
Théo n'a pas été choyé par la vie. Il est borgne de naissance, enfant de l'Assistance publique, et aujourd'hui sa femme l'a abandonné. Modeste chef de halte sur la ligne Paris-Calais, il est hanté par un désir : « Un jour, je leur montrerai. » Montrer quoi, et à qui ? Il ne le sait pas lui-même. Le cadavre d'un Noir vient d'être découvert près de la ligne du chemin de fer. Tous s'accordent à dire que, devant descendre à Versins et n'ayant pas remarqué l'arrêt, l'homme a sauté en marche après le départ du train. Mais Théo en sait plus que les autres...
