Les dédicaces

Une amusante et distrayante histoire d’amour saupoudrée de littérature, de jalousie et d’intrigue.

Les affichettes en vitrine me disent que je suis au bon endroit ; je fais mine de regarder les livres qui y sont exposés, censés en dire long sur le bon goût du libraire. Dans une petite librairie parisienne, le propriétaire se doit d'être un découvreur de talents très pointu, à même de conseiller une clientèle se considérant elle-même comme pointue, voire pure — acheter un livre estampillé Mercure de France dans une petite échoppe indépendante est aujourd'hui vu comme un acte de résistance culturelle, voire de résistance tout court. Mais pour vivre il faut aussi écouler du Michel Bussi, alors on les empile par dizaines dans un coin près de l'entrée, à droite, sur un petit tréteau où ils côtoieront Marc Levy et Virginie Grimaldi ; coin où les habitués ne vont jamais, de peur d'être contaminés par la médiocrité ou pire, d'être surpris là par un autre habitué — le syndrome de la sortie du sex-shop.
Les dédicaces de Cyril Massarotto

Une collectionneuse de dédicaces décide de rencontrer l’auteur de l’une d’elle et en tombe amoureuse tout en devenant jalouse de la dédicataire.

Une histoire d’amour (im)possible ?

Avec des pages très drôles sur la sous-littérature, sur les Levy et Musso, de la part d’un auteur qui pourtant navigue dans des mers guère plus profondes. Non ?

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je n'ai jamais compris que l'on puisse se séparer d'un livre dédicacé. Pour moi cela a toujours tenu de l'hérésie ; et cette fois c'est pire que tout. Comment un exemplaire de Si c'est un homme de Primo Levi, portant la dédicace « Pour Louis, j'espère que tu comprendras, Ton père », peut-il se retrouver sur les rayonnages bancals d'un bouquiniste des quais de Seine ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Le roman qui aime les livres et ceux qui les écrivent, quitte à les malmener parfois. »

De Claire, on ne sait pas grand-chose, sinon qu'elle vit à Paris et collectionne les livres dédicacés. Son plus grand plaisir est d'écumer les librairies à la recherche de ces trésors qui font de chaque livre un objet unique et précieux, « parce que la dédicace ajoute une histoire à l'histoire ».
Chez un bouquiniste, elle tombe sur un livre dont la dédicace lui laisse une désagréable impression de vulgarité. L'auteur, Frédéric Hermelage, laisse son numéro de téléphone à une certaine Salomé, assorti d'un compliment outrancier. Seulement, à la lecture, le roman est à l'opposé de la dédicace. Subtil, élégant. Comment expliquer un tel contraste ?
De librairies en Salons du livre, Claire va alors se lancer sur les traces de cet écrivain discret, jusqu'à franchir les règles de la fiction