American spirits

American spirit c’est les États-Unis sous Trump I. Un pays s’effaçant sous un vernis MAGA qui cache à peine une absence sidérale de sens commun et où la violence reste le dernier argument (si ce n’est le premier).

 ─ Doug, comme bêtise je crois que t'en as jamais imaginé de plus grosse.
 ─ Parfois, un truc idiot, c'est la seule chose à faire.
 ─ Je ne vais pas laisser Max y aller avec toi.
 ─ Quoi ? Pour ce qui est d'apprendre à ce garçon la chasse, c'est à moi de dire quand il est prêt. C'est l'apprentissage de toute une vie, et c'est maintenant que ça commence pour lui. Il est prêt à rabattre les cerfs ou, en tout cas, à regarder comment on fait. Il ne portera pas de fusil avant quatre ans, mais il y a plein de trucs qu'il peut apprendre d'ici là. Moi, tu sais, j'ai tenu un fusil bien plus jeune que ça. Évidemment, c'était avant que le gouvernement commence à grignoter le Deuxième amendement, ajouta-t-il.
 ─ Je t'en prie, ne commence pas, dit-elle. Et si Zingerman...?
 ─ Si Zingerman quoi ? Ce qu'il peut faire, au pire, c'est téléphoner à la police d'État. Mais avant qu'ils arrivent on sera déjà de retour ici, à la maison, en train de dépecer un cerf, et on dira qu'on l'a abattu dans la cour, depuis la terrasse et en pantoufles.
American spirits de Russell Banks, traduction de Pierre Furlan
Drames noirs dans une petite ville dans l’état de New-York, proche de la frontière du Canada.

Trois histoires aux constructions remarquables et aux dénouements sordides, d’une tristesse consternante

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
D'après ce que l'on m'a dit, tout a commencé un samedi matin où Doug essayait de faire la grasse matinée pour résorber l'excès d'alcool auquel il avait une fois de plus cédé le vendredi soir au Spread Eagle. Pendant ce temps-là, au sous-sol, Debbie veillait à ce que les gosses ne fassent pas de bruit. Debbie et les gamins décoraient les boîtes « merci-pour-votre-engagement » qui allaient être envoyées aux réservistes de Fort Pierce stationnés en Afghanistan.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Des électeurs de Trump et des armes, des situations qui dérapent, échappent aux protagonistes et font la une du journal local, trois histoires de famille et de voisins, une montée en puissance exceptionnelle à mesure que la tension grimpe : voilà les ingrédients de cet opus final, qui frappe par la finesse des profils dessinés et l’art de la nuance.
Palpitant, haletant et d’une remarquable maîtrise, « American Spirits » explore les hostilités souterraines qui minent les communautés rurales américaines, ainsi que les dérives de la politique nationale. En nous entraînant dans le Nord de l’État de New York, au cœur du bourg de Sam Dent, Russell Banks signe une œuvre magistrale, qui s’inscrit avec éclat au panthéon de la grande littérature américaine.