Et les gens portent encore des Crocs

Si la fiction m’est fort utile (faut-il d’ailleurs qu’elle le soit ?) pour comprendre le monde qui nous entoure, la presse, les magazines et autres journaux ne le sont pas moins.

Du coup, je me suis permis d’ajouter cette catégorie J’ai lu quelque part, dans laquelle je glisserais, au fil de mes surprises, sourires, interrogations ou autres découvertes, quelques phrases et paragraphes tirés d’ici ou là.

L’intelligence artificielle nous conseille ce que nous devrions visionner, qui écouter, ce que nous devrions acheter en fonction de notre historique. Les algorithmes sont prudents, ils n’aiment guère le changement, pour la bonne raison qu’ils sont incapables d’imaginer autre chose. Mais si seul compte ce qui figure dans les bases de données, ne risquons-nous pas de perdre une part de nous-même ? La vie n’est-elle pas d’un ennui mortel dans le ventre mou de la statistique ? Et n’est-il pas pour le moins risqué de transposer dans l’avenir nos vieux schémas du passé ? Il n’est qu’à regarder autour de nous: une vedette de la télé-réalité siège pour la deuxième fois à la Maison-Blanche, la Terre se réchauffe d’année en année… Et les gens portent encore des Crocs.

Johanna Jürgens

Lu dans le Courrier international 1883 du 18 décembre 2025, trad. de Die Zeit du 2 mars 2025

Récap 2025

Encore une belle année de lecture avec 256 livres et 47243 pages avec une presque parité auteurs-rices (92-98). Une soixantaine de bandes dessinées-albums et autres livres d’images et 73 Simenon… Il m’en reste encore une petite trentaine et j’aurais enfin terminé ses romans durs.

Lectures 2025
De nouveau, une grosse majorité de fiction avec plus de 200 livres, une trentaine de (autos)bios et assimilés, quelques docs et essais et un poil de poésie.

Côté poésie, il y a eu l’invraisemblable et magnifique Brigitte Fontaine
En bande-dessinée le choc éblouissant de redécouvrir un vieux Druillet et la joie de retrouver un Baladi coincé dans ma bibliothèque. En plus récent, D’or et d’oreillers de Mayalen Goust m’a ébloui autant que José Luis Munuera avec son adaptation de Son odeur après la pluie de Cédric Sapin-Defour m’a ému
Dans la non-fiction, Nicolas Demorand qui m’a profondément touché, Rebeka Warrior ma bouleversé et Isabelle Flükiger m’a beaucoup fait réfléchir avec sa fiction plus que réelle

Pour la fiction, Rim Battal emporte tout avec son petit Je me regarderai dans les yeux
Philippe Battaglia m’a délicieusement fait rire, tout comme Mathilda Di Matteo
Ahmet Altan m’a beaucoup touché avec son Madame Hayat
Une heureuse ré-édition m’a fait découvrir l’effroi de Swiss Trash de Dunia Miralles
Pour les belles histoires, c’est évidemment Aimer de Sarah Chiche qui m’a séduit
Cette année fut pour moi aussi celle de la découverte de l’excellent Erwan Larher qui, lorsque qu’il ne traduit pas des bluettes pour Harlequin, écrit admirablement bien

Et cadeau, un petit Simenon pour la route

Finalement, et même si ce ne fut pas forcément son meilleur, Art&fiction a miraculeusement retrouvé et enfin édité le premier roman de Laurence Boissier, une incitation à lire toutes les merveilles de cette autrice genevoise. Je vous glisse ci-dessous les immanquables juste après ce Londres 13h30

Salut BB

Icône absolue !

Brigitte Bardot

Tout a été dit et écrit, et plus encore, et encore plus sera dit encore. On ne compte plus le nombre de biographies et beaux-livres qui t’ont été consacrés.

Beauté fascinante et militante pour les droits des animaux engagée, tu as marqué ton époque !

Pour le reste, bah, on était certainement pas du même avis, mais ce n’était clairement pas ton souci 😉

Salut Édika

Tu as été une des superstar de ma jeunesse. Chaque mois, impatiemment, j’attendais mon magazine d’Umour et Bandessinées et dès qu’il se retrouvait dans mes mains, j’en tournais avidement les pages pour t’y retrouver.

Édika

C’est sûr, tes productions ne brillaient pas toujours par la complexité de leur scénarios, pas plus que par leurs chutes parfois périlleuses et approximatives. Mais comme j’aimais ça !

Merci !

Salut Frank

Tu m’as ébloui avec ta reprise du Marsupilami. Il y avait déjà eu tant d’horreur et de sacrilèges, mais ta bête (avec Zidrou) aurait bien réjoui Franquin.

La bête : tome 2 de Zidrou, dessin de Frank Pé, couleurs de Elvire de Cock

Je n’ai pas beaucoup suivi ce que tu avais fait d’autre, mais pour le Marsu, merci mille fois !

A force de crier au loup

Salut Paul-Loup,

A l’époque j’avais adoré Popov, Hannah ou Money ou Kate… Puis on apprenait que ce n’était pas forcément toi qui tenais la plume… C’était les années 80, strass et bling-bling, la richesse s’exhibait.

Paul-Loup Sulitzer

Après, ça a été plus difficile, voire franchement minable.

Bah, merci pour les bons moments !

Salut Bertrand

C’était avant, et tu en as témoigné. Aujourd’hui, ça ne passe plus vraiment, c’est clair. Mais tu as montré ton temps sans trop de maquillage. Certes, il faisait bon être un homme blanc, fort et viril (mais est-ce que ça a vraiment beaucoup changé ?).

Bertrand Blier

Comme Simenon, tu ne te séparais guère de ta pipe, comme lui, tu as montré la France et ton époque. Tu avais l’humour en plus, un humour triste

Salut Howard

Comme beaucoup, Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué m’avait bousculé et marqué durablement !

Howard Buten

Je devais avoir moins de vingt ans quand je l’avais lu, et ces mots si proches m’avait tellement ému que, sans plus m’en souvenir, ils me touchent encore.

Récap 2024

En fin d’année 2023, je m’étais fixé le challenge suivant : j’essaie la parité, et lire autant d’autrices que d’auteurs.
Si j’ai un peu oublié mes vœux en cours d’année, au moment des comptes, j’arrive à 84 autrices et 82 auteurs. C’est fait !
Alors certes, en comptant les livres (oui, j’ai lu pas mal de Simenon), ça n’est pas tout à fait ça. Et si je compte tous les auteurs et autrices (les secondaires, les illustrations, dessins, co-auteurs-trices…), là non plus. Mais zut, j’avais compté comme ça l’année passée et cette année, je fais la même chose !

196 livres, trente-six mille et quelques pages, 54 bandes dessinées et albums pour 142 écrits. Très majoritairement de la fiction avec 152 documents et 44 non-fiction (essais, biographies, documentaires…).

Lectures 2024

Une fin d’année magnifique avec Jérôme Ferrari qui plonge au cœur de la fierté des hommes avec son Nord Sentinelle. Brillant, stylé et fort drôle !
Graphiquement, Le voleur d’amour m’a impressionné par la qualité de ses aquarelles.
En octobre, ce furent Clémentine Mélois et Maude Ventura qui m’impressionnèrent par leur talent de conteuses. D’amour ou d’obsession, chacune dans leur registre, impressionnantes, donc !
Durant l’été, ce fut Claire Barré qui me fascina avec La ballade de Nitchevo.
Et finalement, au printemps, c’était Manu Larcenet qui déchirait tout avec La route.
Pour les autrices locales, Marie Beer et Laure Tuia m’ont régalé !

Et le challenge 2025 ? Allez, au moins un livre par continent en diversifiant les origines de mes lectures et continuer de rester proche de la parité femmes / hommes !