L’odeur des feux

Une merveille !

Certains livres vous laissent avec une sensation d’incomplet, de pas fini après 500 pages. Mais ici, après 78 pages, rien à ajouter, rien à retirer. C’est beau et tout est là. Les odeurs, les goûts, les couleurs, le bruit… la fatigue du père après le travail, le jardin et le béton, il ne manque rien.

L’odeur des feux de Charlotte Centelighe
C’est beau, mais comme rien ne dure toujours, un jour l’enfance s’en va.

Une écriture magnifique, toute en douceur et tendresse, même au milieux du béton, des poubelles qui brûlent et le père qui sombre.

Et oui, à Lausanne aussi, les caves prennent feu, juste derrière l’autoroute, dans les barres et les tours

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Quand j'étais petite, mon père c'était le concierge du quartier. Moi dans ma tête, pendant longtemps, j'ai cru qu'il était né concierge. Qu'il n'avait pas eu d'enfance et pas d'autres rêves. Il était né concierge et ça lui allait bien.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Ils avaient construit ce quartier tout en haut de la ville, tellement haut qu’on n’était même plus dans la ville.
J’imagine que les architectes ne s’étaient pas dit qu’on ne serait jamais à la bonne hauteur et que ça commencerait par là ce sentiment d’être né au mauvais endroit. »

Dans ce premier livre, Charlotte Centelighe raconte sa jeunesse dans un quartier populaire de Lausanne, en Suisse. Avec une écriture orale et sensible – entre Agota Kristof et Amélie Plume – elle nous plonge dans le quotidien d’une enfant qui découvre le monde et ses failles. Abrasif et tendre, ce texte évoque par la marge les embrasements à venir.