Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Pas de suspense, ça va mal finir ! Pour autant, difficile de lâcher cette influenceuse pour plusieurs raisons. Premièrement, avec sa construction en chorale, c’est un livre qui va vite, très vite ! Ensuite, parce qui est vite vraissemblable que savoir que cela va mal finir, ne dit pas vraiment tout.L’influenceuse de Joyce Maynard, traduction de Laurence RichardUn thriller sympa au pays des exhibitionnistes du web en quête de followers et de like
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Lors d'une conférence de presse tenue voilà quelques minutes à l'orée des marais de Big Cypress, Rick Pettigill, le chef de la division Homicides du comté de Collier, a annoncé l'arrêt des recherches entreprises dans les dix mille hectares de réserve nationale pour retrouver le corps de Kevin Canner, âgé de vingt-quatre ans, disparu depuis neuf jours du domicile familial, dans le sud de la Floride, alors qu'il était parti marcher dans les marécages.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Tammy et son petit ami Kevin entreprennent un road trip à travers les États-Unis, parfaitement conçu pour des photos, à la poursuite de la gloire sur les réseaux sociaux. Au début, le jeune couple ne compte que quelques centaines d'abonnés, parmi lesquels Roxanne, une fan inconditionnelle de la jeune influenceuse, en qui elle veut voir l'amie qui lui fait défaut dans sa vie. Mais lorsque le corps de Tammy est découvert dans la nature sauvage de l'Utah quelques semaines après le départ, tandis que Kevin reste introuvable, l'aventure prétendument parfaite vire au tragique et devient virale sur Internet.
Les théories les plus folies circulent, les médias s'emballent. Chacun élabore sa propre version de la vérité, et la réalité semble difficile à saisir. Sauf pour Roxanne, qui observait tout de très près, de plus près que quiconque.
Joyce Maynard s'est inspirée de plusieurs affaires criminelles américaines, dont celle de Gabby Petito, retentissante en 2021, pour écrire ce thriller court et percutant. Plaçant le lecteur au cœur d'un monde obsédé par la célébrité numérique, elle le surprend sans cesse tout au long de ce roman d'une ingéniosité remarquable.
F.X. Toole a bossé dans le monde de la boxe et ça se ressent immédiatement. En 5 nouvelles il nous dresse le panorama d’un sport gangréné par l’argent et où la violence est omniprésente.Million dollar baby de F. X. Toole, traduction de Bernard CohenEt si la nouvelle qui donne son titre au recueil ainsi qu’au film d’Eastwood est bouleversante, les autres textes qui l’accompagnent ne sont pas en reste de puissance.
Un livre d’une grande humanité avec des hommes et des femmes souvent dépassés par les événements dans un monde brutal. Bousculés et brutalisés ils tentent, coups après coups, de se relever
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) J'arrête le sang.
Entre deux rounds, j'empêche le sang de couler pour que les boxeurs puissent continuer à combattre.
Certains gars perdent leurs moyens dès qu'ils saignent. C'était le cas de Sonny Liston, qu'il repose en paix. C'était un dur, et pourtant il s'effondrait à la vue de son propre sang.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) La boxe n'a rien de naturel, murmurait la voix. Comprends-moi bien là-dessus, petit. Tout ce que tu fais en boxe, c'est le contraire de ce que tu ferais dans la vie. Par exemple, tu veux aller à gauche ? Eh bien tu ne bouges pas ton pied gauche, tu pousses sur tes orteils droits. Comme ça. Et pour bouger à droite, pareil. Au lieu de fuir la douleur, ce qui est la réaction naturelle, en boxe tu vas la chercher, tu comprends ?
Plongée unique dans un monde difficile à comprendre pour le profane, mais qui a fasciné Jack London, Ernest Hemingway ou encore Joyce Carol Oates, Million Dollar Babya été porté à l'écran par Clint Eastwood et a remporté quatre Oscars.
Si les dents de la mer font partie de l’imaginaire collectif (de ma génération, certes) grâce au film de Spielberg, je n’avais jamais plongé dans le livre qui l’avait inspiré. Et ce fut une très bonne surprise de constater que l’adaptation était globalement plutôt fidèle. Les dents de la mer de Peter Benchley, traduction de Alexis NolentA l’exception pourtant de deux pans de l’histoire qui ne se déroulent pas vraiment dans l’eau, mais plutôt dans un lit ou à l’abri des regards…
Une très bonne surprise, un page-turner qui ne se laisse pas poser avant de l’avoir complètement dévoré
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le grand poisson avançait en silence dans les eaux nocturnes, propulsé par les courts battements de sa queue en forme de croissant. Sa bouche à peine ouverte, juste assez pour permettre à l'eau de passer par ses branchies. Rien d'autre ne bougeait : une correction de sa trajectoire apparemment erratique, de temps en temps, en baissant ou levant légèrement une de ses nageoires pectorales - comme un oiseau change de direction en inclinant une aile ou l'autre. Ses yeux étaient aveugles dans le noir, et ses autres sens ne transmettaient rien de particulier à son petit cerveau primitif.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Une nuit, le corps mutilé d'une jeune femme s'échoue sur la côte d'Amity, petite cité balnéaire du Massachusetts. Martin Brody, le chef de la police, en est convaincu : un requin rôde dans les parages. Et maintenant qu'il a goûté à la chair humaine, il ne s'arrêtera plus. L'accès aux plages doit être interdit, mais le maire et une partie de la population s'y opposent. En pleine saison estivale, c'est l'économie de la ville qui en dépend. Lorsque deux nouveaux cadavres sont découverts, un pêcheur local est chargé de traquer le requin. Il en sera la quatrième victime. Le temps est venu, pour Brody, de prendre les choses en main. Une lutte à mort s'engage alors, qui n'aura que deux issues possibles : l'anéantissement du requin, ou celui de l'équipage.
American spirit c’est les États-Unis sous Trump I. Un pays s’effaçant sous un vernis MAGA qui cache à peine une absence sidérale de sens commun et où la violence reste le dernier argument (si ce n’est le premier).American spirits de Russell Banks, traduction de Pierre FurlanDrames noirs dans une petite ville dans l’état de New-York, proche de la frontière du Canada.
Trois histoires aux constructions remarquables et aux dénouements sordides, d’une tristesse consternante
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) D'après ce que l'on m'a dit, tout a commencé un samedi matin où Doug essayait de faire la grasse matinée pour résorber l'excès d'alcool auquel il avait une fois de plus cédé le vendredi soir au Spread Eagle. Pendant ce temps-là, au sous-sol, Debbie veillait à ce que les gosses ne fassent pas de bruit. Debbie et les gamins décoraient les boîtes « merci-pour-votre-engagement » qui allaient être envoyées aux réservistes de Fort Pierce stationnés en Afghanistan.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Des électeurs de Trump et des armes, des situations qui dérapent, échappent aux protagonistes et font la une du journal local, trois histoires de famille et de voisins, une montée en puissance exceptionnelle à mesure que la tension grimpe : voilà les ingrédients de cet opus final, qui frappe par la finesse des profils dessinés et l’art de la nuance.
Palpitant, haletant et d’une remarquable maîtrise, « American Spirits » explore les hostilités souterraines qui minent les communautés rurales américaines, ainsi que les dérives de la politique nationale. En nous entraînant dans le Nord de l’État de New York, au cœur du bourg de Sam Dent, Russell Banks signe une œuvre magistrale, qui s’inscrit avec éclat au panthéon de la grande littérature américaine.
À son habitude, Eric Vuillard s’empare d’un fait ou d’un personnage historique, gratouille un peu la légende et s’intéresse d’un peu de plus près « à qui profite le crime » .Les orphelins : une histoire de Billy the Kid de Éric VuillardInutile de chercher bien loin pour les motivations : l’argent, le pouvoir, les terres ! Et des pauvres types qui règlent les basses besognes et qu’on laisse tomber dès que le temps de la respectabilité est arrivé.Histoire de la crédulité au service de la cupidité dans les violentes périodes de la création des États-Unis, de l’accaparation des terres, de la guerre de sécession, de la loi du plus fort, du colt et du dollar. (L’histoire n’est-elle pas qu’un éternel recommencement ?)
Une écriture magnifique au service des petites crapules (derrière qui se cachent les grosses)
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) À dix-sept ans, il tua son premier homme. C'est alors que sa vie commence. Les circonstances sont incertaines. Il paraît que l'homme s'appelait Cahill et travaillait comme forgeron à Camp Grant. Le lendemain, le juge de paix fut appelé pour enregistrer par écrit la déposition que voici : « Moi, Frank Cahill, convaincu que je vais mourir, je fais ce dernier témoignage. Mon nom est Frank P. Cahill. Je suis né dans le comté et le village de Galway, Irlande ; hier, 17 août 1877, j'ai eu une dispute avec Henry Antrim, qu'on appelle également le Kid, durant laquelle il m'a tiré dessus. Je l'ai traité de maquereau et il m'a appelé fils de pute ; nous nous sommes alors bagarrés, je ne l'ai pas frappé ; je l'ai vu essayer de prendre son arme et j'ai tenté de la saisir, mais je n'ai pas pu et il m'a tiré dans le ventre. »
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Soudain, le vide se fit en lui. Son petit corps se contracta tout entier, il trembla ; et, à cette minute, il sut qu’il serait toujours seul. Une terrible angoisse lui remonta par le bas du ventre. Il aperçut à contre-jour la gueule de Cahill, la mort lui parut proche, toute proche ! Sur sa joue, il sentit le soleil, son harmonie mortelle, sa beauté. Il eut envie de pleurer. Alors, les visages des soldats, des garçons vachers qui faisaient cercle autour de lui, s’évaporèrent dans le néant. Sa main se faufila jusqu'à l’arme, et il tira.
Les procédures déresponsabilisent. Il suffit de faire juste, comme indiqué dans le manuel, obéir, scrupuleusement. Quel que soit le résultat, ignoble, infect ou inhumain, l’essentiel est de s’en tenir au protocole. Déshumanisé.Protocoles de Constance DebréConstance Debré raconte la peine de mort aux États-Unis, elle s’y raconte aussi, factuelle, brève, à l’essentiel.
Il n’y a pas de bourreau. Il y a des membres d’équipes qui accomplissent leur tâche. On applique des protocoles on suit des procédures on respecte des règles. Personne ne tue.
C’est éprouvant, hypnotique comme un cristal de roche. Une lecture fascinante et écœurante
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Vous avez été condamné à mort. Cette réunion a pour objet de vous informer des règles et procédures applicables les trente-cinq prochains jours. À l'issue de cette réunion vous serez amené dans une cellule spéciale où vous demeurerez jusqu'à votre exécution.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Ici on achète les âmes.
Western drôle à l’ancienne avec des pistolets, du désert, des trains et des caravanes, des méchants, des niais, des morts et des indiens. Le tout de bonne facture. Rien à dire, le boulot est fait et même bien fait.L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 1 : Chili con carnage de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Lorenzo PieriEn bonus, l’héroïne principale use de ses armes avec beaucoup de talent et tient le manche de ces quatre albums avec poigne, douceur, séduction, pleurs, sourire, charmes et même : revolver en main !
L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 2 : Sur la piste de Madison de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon ChampelovierAu menu, trahisons, retournements de situations, manigances et… comme pour tout bon western : du sang, des viscères et des morts !
L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 3 : Le mystère de la femme araignée de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon ChampelovierLe fond de l’histoire est également bien trouvé avec le second amendement de la constitution et l’avenir des États-Unis qui se retrouve en jeu.
L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 4 : La loi du plus fort de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon ChampelovierBref, une bande dessinée en quatre tomes, drôle et mouvementée qui, sans être un chef d’oeuvre absolu se défend fort bien avec charme, violence et humour
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Tome 1 : Chili con carnage
TroOOOoo ChoOOohhh...
Vous avez raison Monsieur Hoggaard. C'est inhumain, cette chaleur.
Tome 2 : Sur la piste de Madison
C'est qui, ce gars-là ?
Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Allez, mon vieux Tim. Tu vas le retrouver, cet indien, et lui faire la peau ! Tôt ou tard !
Tome 4 : La loi du plus fort
J'vvouus juuuure...
P... Pas vue, non...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Tome 1 : Chili con carnage
Début du XXe siècle, Arizona... Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d'affaires, escorté de son acolyte, l'effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert en quête d'un mystérieux papier qui pourrait changer à jamais le cours de l'histoire des états-Unis d'Amérique. Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s'associe à une bande de Mexicains sans foi ni loi... Et ils seront sans pitié !
Tome 2 : Sur la piste de Madison
Pourquoi Margot de Garine a-t-elle quitté son époux, Maître Byron Peck ? Comment le Danois Knut Hoggaard, alors encore en pleine possession de ses moyens intellectuels, est-il entré dans la vie de Margot et de Byron ? Surtout, que contiennent ces mystérieuses lettres, pour lesquelles cet improbable trio est prêt à s'entre-tuer ?... Deuxième volet de la poursuite infernale au cœur de l'Arizona.
Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Margot sait y faire avec les hommes. Elle alterne baisers et coups de revolver. Certains ont eu droit aux deux traitements. Mais la méthode a un défaut : ceux qui survivent sont revanchards. Ainsi, Byron Peck et Knut Hoggaard ne sont plus seuls à traquer l'élégante voleuse en terre Navajo. Pour Margot, la messe semble dite. À moins que la mystérieuse "femme araignée" ne lui vienne en aide...
Tome 4 : La loi du plus fort
Washington D.C. Dans la jeune capitale, ce n'est pas le flingue qui fait la loi mais la finance... Lupano et Salomone mettent le point final à leur histoire de l'Amérique à contresens, ultime étape de ce voyage d'ouest en est. Dans cette Amérique de 1900 où le Congrès est dominé par les millionnaires, l'application de la loi Dawes permet la spoliation de milliers d'hectares de terres indiennes et la NRA, jeune association de promotion des armes à feu, intrigue pour faire voter une loi à sa mesure. Tandis que dans les banques le TIC TIC d'une nouvelle machine est en train de changer le monde, nos héros se retrouvent pour un chassé-croisé impitoyable...
Un roman à l’américaine, un vrai de vrai. Avec des très méchants et des moins méchants. Avec des règlements de compte, la famille, la loyauté, des vendus et des tueurs. Un roman qui, sans surprise, a été adapté au cinéma.
Les frères Rico de Georges Simenon, illustrations de Loustal
Une édition illustrée magnifiquement par Loustal, un vrai bonheur d’en tourner les pages pour tomber sur des pleines pages flamboyantes aux contours noirs intenses
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Comme tous les autres jours, c'étaient les merles, les premiers, qui l'avaient réveillé. Il ne leur en voulait pas. Au début, cela le mettait en rage, surtout qu'il n'était pas encore habitué au climat et que la chaleur l'empêchait de s'endormir avant deux ou trois heures du matin.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les trois frères Rico appartiennent à l'Organisation. Quand Tony, le plus jeune, disparaît après un coup manqué et fait savoir qu'il veut reprendre sa liberté, l'Organisation ordonne à Eddie, l'aîné, de retrouver son jeune frère pour lui conseiller de fuir. Mais cette mission est un piège, et quand Eddie s'en rend compte, il est déjà trop tard...
Loustal s'est emparé de ce roman de Mafia très noir, histoire de trahison et de lâcheté, et a restitué, en cinquante illustrations, le décor sombre de Brooklyn comme les paysages lumineux de la Floride.
Ce fond de la bouteille est très cinématographique et à sa lecture on imagine fort bien les canyons, la rivière en furie, l’ambiance moite rendue floue par l’alcool et la violence contenue de chaque instant. Le fond de la bouteille de Georges SimenonPour autant, à sa lecture, le rythme m’a semblé lent, limite un peu poussif.
L’histoire de deux frères que tout sépare, contraints par des forces plus grandes qu’eux. Le fleuve et la famille
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il tenait son verre à la main et regardait vaguement le fond de whisky pâle qu'il contenait encore. On aurait dit - et c'était sans doute vrai - qu'il reculait le plaisir de boire la dernière gorgée. Quand il l'eut enfin avalée, il continua un bon moment a fixer le
verre. Il hésitait à le poser sur le comptoir, à le pousser un tout petit peu, de deux ou trois centimètres.
Bill, le barman, qui paraissait pourtant plongé dans une partie de dés avec des cow-boys, comprendrait le signal, car il était aux aguets: il était toujours aux aguets. surtout avec un client comme P.M.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Lorsque les pluies diluviennes de juillet viennent gonfler la rivière Santa Cruz, qui traverse la petite ville frontalière de Tumacacori, il devient impossible de passer de l'Arizona au Mexique.
Donald, évadé de prison, a mal choisi le moment pour se réfugier temporairement dans le ranch de son frère Patrick Ashbridge, dit "P.M.". Rien n'a jamais rapproché les deux hommes, si ce n'est un goût immodéré de l'alcool et un étrange dégoût de la vie. Mais Patrick est devenu un riche propriétaire et "deputy sheriff". Donald, le frère prodigue et séduisant, un criminel en fuite. Celui-ci doit passer le fleuve à tout prix.
Simenon a construit ce drame de la solitude et de l'amour fraternel comme un western tragique et sanglant. A l'image du désert illimité qui en est le décor, c'est un de ses romans les plus désespérés.
Voilà un roman dur bien atypique que cette jument perdue. Plutôt un western avec des chevaux, des revolvers et des Stetson.La jument perdue de Georges SimenonUne histoire de vieille rancune entre deux amis qu’une découverte vient complètement remettre en question.
Un roman dur qui surprend aussi par son message plutôt positif avec un droit à l’erreur et des sentiments généreux.
Oui, vraiment atypique. Hélas un peu longuet, presque mièvre et sans beaucoup de suspense
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il ne s'était pas réveillé de mauvaise humeur. Pas d'humeur enjouée, évidemment, ni particulièrement de bonne humeur. Il savait qu'on était mardi, puisque c'était le jour d'aller à Tucson. Il y verrait Mrs Clum, qu'il appelait Peggy, et c'était déjà une satisfaction dussent-ils passer leur temps à se chamailler tous les deux. C'était une autre satisfaction, le mardi, de ne pas se raser et de ne pas s'occuper des bêtes dès la pointe du jour.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pour Curly John, son associé Andy était devenu "l'innommable", depuis ce jour de 1909 où il avait tenté de l'assassiner afin de posséder à lui seul le ranch de la Jument-Perdue, et les riches gisements de son sol. Mais voilà que, trente-huit ans plus tard, une lettre à demi effacée, découverte dans une malle ayant appartenu à un géologue, ébranle ses certitudes en désignant un autre coupable par une initiale. Et l'homme vieillissant va vouloir faire toute la lumière sur cet épisode qui a bouleversé sa vie... Georges Simenon nous entraîne ici loin de son univers habituel, vers l'Amérique brutale des pionniers et des aventuriers.