La vie secrète des arbres

Peter Wohlleben connait bien les arbres. Et bien les connaître, c’est en savoir un peu plus. C’est aussi leurs relations souterraines, leur vie intime, leurs collaborations avec les champignons, la forêt… Un arbre n’est jamais seul.

La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben, scénario de Fred Bernard, Illustrations de Benjamin Flao, traduction de Corinne Tresca
Cette superbe adaptation en bande dessinée de Fred Bernard met en valeur un texte (que j’avoue ne pas encore avoir lu) qui permet de mieux saisir l’importance de comprendre la forêt pour mieux la protéger… de nous

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La forêt...
Sa beauté m'a toujours fasciné. Étrange mélange de puissance et de délicatesse, monde végétal plein de recoins et de mystères...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Peter Wohlleben est le forestier le plus célèbre du monde, auteur du best-seller La Vie secrète des arbres, traduit dans plus de quarante langues. Ce livre est son histoire.
Avec un formidable talent de conteur, il nous plonge dans l'intimité des arbres, jusqu'à leurs racines. Au fil des pages, il nous entraîne à la découverte de l'extraordinaire fonctionnement de la forêt : comment les arbres interagissent, communiquent, se déplacent et se défendent.
La Vie secrète des arbres nous donne accès à un monde merveilleux mais fragile.
Protéger les arbres, c'est protéger l'humanité tout entière.

Acki

Dieter et Volker partent en weekend retrouver Acki dans ce qui ressemble fortement à une attente de Godot.

Acki de Max Baitinger, traduction de Elisabeth Willenz
Ce roman graphique présente une histoire bien légère mais brille par ses graphismes monochromes. Un album en mouvement avec des trouvailles ingénieuses mais qui pêche malgré tout par son manque de contenu

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Kepepepep !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dietz, la quarantaine, père de famille, est ingénieur et prof de Judo. Un été, il embarque Volker, musicien apathique et cleptomane notoire, dans un road trip direction Leipzig pour rejoindre Acki. Dès le début, le tant attendu week-end de retrouvailles déraille quand leur vieux copain d’enfance demeure introuvable.

Depuis leur chambre d’hôtel, les recherches s’organisent. La visite au musée dérive vers la tournée des bars, le duo insolite vagabonde dans le dédale des rues de Leipzig à la recherche d’Acki, mais ils n’ont pas son adresse actuelle et celui-ci reste aux abonnés absents.

Dans sa nouvelle bande dessinée, Max Baitinger questionne la survivance de l’amitié dans la durée, l’absurdité et la fragilité des choses qui nous lient. Dietz incarne la ténacité de ceux qui s’accrochent au passé, insensible au temps qui passe et change les relations. Le personnage, en voulant réunir le triangle amical original, poursuit une chimère, un doux rêve, qui ne le fera pourtant pas revenir à ses jeunes années.

Acki est porté par des dialogues facétieux et une certaine poésie de l’errance. Le style Baitinger, insiste sur la fluidité des mouvements, la distorsion des corps et la vitesse du monde. Ce livre confirme, s’il le fallait encore, que son auteur appartient à une nouvelle génération allemande qui fait, littéralement, bouger les lignes.

Le monde sans fin

Gros carton de la BD documentaire, je n’avais jamais lu ce Monde sans fin. Après Ressources et Dans l’indifférence générale, je me suis dit qu’il était quand même temps d’y jeter un œil. Et j’ai bien fait !

Le monde sans fin de Jean-Marc Jancovici, illustrations de Christophe Blain, couleurs de Clémence Sapin
Il a été pas mal reproché à Jean-Marc Jancovici d’y faire l’apologie du nucléaire et c’est vrai que c’est un peu gênant. Mais force est de reconnaitre qu’il ne fait qu’être pragmatique et que ses arguments semblent bien tenir la route. Et donc, où se trouve la gênance, si ce n’est dans les politiques et les modes économiques actuels ou notre comportement ? Les interventions de Sébastien Bohler en fin d’ouvrage m’ont d’ailleurs semblées fort d’à-propos.

Une excellente bande dessinée qui nous parle principalement de notre consommation sous l’angle de l’énergie, pour un constat un poil désespérant.

Pourtant, il est trop tard pour désespérer

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Août 2018.
Je roule dans une petite voiture de location avec ma compagne vers Étretat.
Il doit faire dans les 25°C.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l'impact sur le climat a abouti à ce projet, comme une évidence, une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d'humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient. Jean-Marc Jancovici étaye sa vision remarquablement argumentée en plaçant la question de l'énergie et du changement climatique au cœur de sa réflexion tout en évoquant les enjeux économiques (la course à la croissance à tout prix est-elle un leurre ? ), écologiques et sociétaux. Ce témoignage éclairé s'avère précieux, passionnant et invite à la réflexion sur des sujets parfois clivants, notamment celui de la transition énergétique. Christophe Blain se place dans le rôle du candide, à la façon de son livre « En cuisine avec Alain Passard » et de « Quai d'Orsay » signé avec l'expertise d'un coauteur : un pavé de 120 pages indispensable pour mieux comprendre notre monde, tout simplement !

Ressources : un défi pour l’humanité

L’utilisation de la bande dessinée pour documenter un cas ou vulgariser un essai n’est pas nouvelle (voir par exemple Le monde sans fin de 2021 ou Algues vertes de 2019), mais est franchement à la mode et bien souvent, comme ici, avec talent. Ici, Philippe Bihouix et Vincent Perriot s’attachent à démontrer (biographie et sources à l’appui) que nos ressources terriennes ne sont pas illimitées et que la course en avant que nous menons ne conduira à rien de bon. Il devient urgent de changer de paradigme !

Ressources : un défi pour l’humanité de Philippe Bihouix, illustrations de Vincent Perriot, couleurs de Maëlys Cantreau
Facile ? Certainement pas.
Indispensable ? Évidement !

Un album de vulgarisation clair et accessible avec des petites touches d’humour fort bienvenues pour aider à avaler ces indigestes évidences.

Une toute bonne BD aux graphismes soignés à mettre dans toutes les mains

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
An de grâce 3019...
L'humanité à définitivement conquis l'espace.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quel avenir pour notre civilisation ?

A en croire les milliardaires de la Silicon Valley, notre destin passerait inéluctablement par les métavers, l’intelligence artificielle, les robots autonomes et la conquête spatiale, tandis que les énergies renouvelables et les voitures électriques nous permettraient de maintenir notre « niveau de vie » tout en poursuivant la croissance économique et en « sauvant » la planète au passage.

Mais les limites planétaires se rapprochent dangereusement : changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, pollutions globales… Alors peut-on croître indéfiniment ? Et si la contrainte sur les ressources matérielles à disposition, sur la planète et même dans le système solaire, mettait fin à cette course en avant effrénée ? Ressources dresse un état des lieux sans concession, mais ouvre des pistes concrètes vers un avenir durable.

Un dossier complète l’album avec 12 pages d’informations complémentaires, de glossaire et de sources.

Fabienne

Franchement, je ne sais toujours pas si j’aime. Cette bande dessinée nécessite un lacher prise plutôt conséquent pour réussir à sourire et se laisser emporter par la poésie naïve d’Anouk Richard.

Fabienne de Anouk Ricard

Mais, il me faut bien reconnaître qu’une fois entré dans cet univers, celui-ci ne manque pas de charme.

La suite de Animan s’approche un peu plus de Fabienne la grenouille, une Pelophylax lessonae, pour être précis

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tu manges pas ?
J'ai pas très faim.
Tu penses à ta vie d'avant ?
Oui, c'est pas facile.
Je sais...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Qui est Fabienne, d’où vient-elle, comment se sont-ils rencontrés avec Francis ?

Nous aurons les réponses à ces questions, nous pourrons également entrer dans l’intimité du couple.

Il y aura des enquêtes comme dans le premier tome, avec des apparitions d’Objecto, l’ennemi juré d’Animan.

La vie de Fabienne sera observée, grâce à l’écriture de son journal intime et sa relation aux réseaux sociaux comme échappatoires à sa vie recluse.

Dans cet album aux dimensions plus modestes, on explore une autre facette de ce monde où situations étranges, amour des animaux, petites joies et déceptions du quotidien se côtoient.

L’occupation des sols

N’ayant pas lu le livre de Jean Echenoz, il m’est difficile de juger de la qualité de l’adaptation de ce roman paru en 1988. Pourtant, cet album m’ayant fortement donné envie de le lire, il me semble que cela doit être un fort bon signe.

L’occupation des sols de Guy Delisle, d’après l’oeuvre de Jean Echenoz
L’histoire du deuil de deux hommes ayant perdu une épouse pour l’un, la mère pour l’autre, disparue dans le feu d’une maison.

Une histoire subtilement mise en images par Guy Delisle avec sa ligne claire si talentueuse

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Comme tout avait brulé -la mère, les meubles et les photographies de la mère -, pour Fabre et le fils Paul c'était tout de suite beaucoup d'ouvrage : toute cette cendre et ce deuil, déménager, courir et se refaire dans les grandes surfaces.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ainsi débute la nouvelle de Jean Echenoz parue en 1988. La seule image survivante de la mère est un incongru portrait publicitaire géant, peint à même la façade d'un immeuble parisien. Mais à mesure que la ville se construit, le plan d'occupation des sols menace la pérennité de l'icône et du lieu de recueillement. Le père se lance alors dans une opération de la dernière chance... Guy Delisle enrichit et ponctue de sa ligne claire ce récit best-seller à la fois fataliste et piquant sur l'irrationnalité du deuil, le temps qui passe et la vie qui va.

Un chat dans la ville

Six jeunes étudiant.e.s de l’école supérieure de la bande dessinée et d’illustration de Genève sont réunis dans ce petit recueil autour de la ville et des chats et c’est vraiment réussi !

Un chat dans la ville : Quand le chat fait mouche de Max Heer
Six styles, six approches, six sensibilités et autant de messages doux, militants, amusés, mignons, sensibles.

Un chat dans la ville : L’amour de la ville de Azriel Barrientos
Un très bel album à déguster sur une terrasse ou devant une cheminée avec un chat sur les genoux

Un chat dans la ville : Les miettes du bonheur de Léa Debossens
Difficile de choisir quels exemples insérer pour illustrer au mieux ces talents très divers…

Un chat dans la ville : L’écrivaine de Amandine Profichet
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ma ville
Mon quartier
Mes rues


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La ville racontée par six jeunes talents de la scène artistique et de la bande dessinée francophone.

Si un cadre ne cesse de fasciner, c’est bien celui de la ville. Sa seule évocation renvoie à un imaginaire riche et varié, aussi universel que propre à chacun·e. Lieu de tous les possibles ou encore toile de fond à de fabuleuses rencontres, la ville est perçue comme le miroir idéalisé de nos fantasmes. Mais l’on oublie parfois que ce sont l’ordinaire et les petits riens qui font, au quotidien, sa grandeur. Et c’est justement ce qu’explorent les six histoires du recueil graphique, Un chat dans la ville.
Comme dans un film de Klapisch, une figure récurrente traverse ces nouvelles graphiques, un chat, l’animal urbain par définition. Héros du premier récit, présence secondaire ou invisible dans les autres, il imprègne l’ensemble du recueil. Son esprit d’indépendance en lutte avec son besoin d’affection caractérise l’ensemble des personnages. Du jeune homme qui approche uniquement le monde à travers le prisme de sa caméra à l’adolescente qui gratifie chaque passant·e d’un salut pour leur offrir un moment d’humanité, toutes et tous négocient avec l’espace dans lequel ils·elles évoluent. Un espace social où la solitude pèse parfois bien plus lourd qu’ailleurs et où le moindre geste vers l’autre a un impact toujours plus grand que l’on n’imagine.
La ville est aussi une zone géographique à apprivoiser. Le recueil graphique se clôt sur l’histoire d’un jeune homme qui apprend à se repérer dans le dédale urbain et surtout à en apprécier les charmes et les opportunités. Et ce grâce à une main tendue. Parce que la solidarité, en ville, plus qu’ailleurs, est la règle numéro un de survie. Même les chats de gouttière le savent !

Tourner la page

Un écrivain au succès passé se prend une belle série de bonnes grosses claques et décide de partir, fuir sur son bateau.

Tourner la page de Zep
Une première partie plutôt amusante sur le milieu littéraire, cruel et impitoyable. N’existe que le succès ! La suite est un poil plus abracadabrantesque.

Un album aux aquarelles soignées, même si la palette de couleurs m’a laissé quelque peu dubitatif

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Voilà mon histoire.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Seize ans après avoir remporté le prix Femina pour Le Voyage parallèle, l'écrivain Lambert Delville disparaît tragiquement dans la mer Égée. C`est un drame national, les ventes de ses livres s'envolent, les hommages pleuvent, son éditrice célèbre sa mémoire « Un grand auteur ne meurt jamais, ses mots sont éternels ». Lambert est hilare devant sa télévision. Retiré sur une île grecque oubliée, il savoure le spectacle de sa propre mort, décidé à enterrer son ego sous le soleil et à profiter de cette seconde vie, subventionnée par une valise de billets providentielle. Enfin, jusqu'au jour où son ancien assistant tente de s'approprier ses œuvres et que les propriétaires des fameux billets, posent le pied sur l`île...

Dans mes yeux

Une romance comme si vous y étiez (si vous êtes un homme)

C’est tendre, doux et sensible, et ça goûte comme la vraie vie vue à la télé. Délicieusement kitsch et superbement interprété.

Dans mes yeux de Bastien Vivès
Un petit moment de poésie (peut-être un poil survolé), un instant de vie, une rencontre dans les yeux du narrateur.

Des points de vue intimes aux superbes crayonnés

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je sais pas, tu me regardes...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Il la rencontre, un soir, dans une bibliothèque universitaire. Elle est étudiante, elle est séduisante, elle l’émeut immédiatement. Il va entreprendre de la conquérir, sans brusquerie, à pas comptés…

De lui, on ne saura rien, ou presque. Mais l’on saura tout, en revanche, de la manière dont il la découvre et l’observe, dont il la désire, et de sa manière à elle de s’exposer, parfois plus et parfois moins, à ce regard masculin saisi par le sentiment amoureux. Car toute la narration de Dans mes yeux ─ et c’est là l’un des tours de force de cet album véritablement bluffant, tant dans la forme que dans le fond ─ est menée de A à Z en caméra subjective et à hauteur d’homme, comme pour mieux convoquer le lecteur au cœur même de cette patiente, lente et profonde entreprise de séduction, du point de vue de ce narrateur silencieux dont on ne verra jamais le visage, dont on n’entendra jamais les mots. Tous les menus événements ordinaires d’une vie de jeune adulte d’aujourd’hui s’y égrènent tranquillement ─ l’inviter au restaurant, au cinéma, l’écouter se raconter, subir ses copains rencontrés au détour d’un trottoir, aller ensemble à une soirée d’anniversaire… ─ portés par une inventivité graphique et une justesse d’observation peu communes.

Animan

Comment dire ? Un chef d’œuvre absolu ou une invraisemblable nullité ? Franchement, je ne sais pas vraiment. Pas plus que pour La fontaine de Marcel Duchamp, je ne saurais me positionner. Pour autant, je me suis bien marré !

Animan de Anouk Ricard

Et donc… N’est-ce pas là l’essentiel ?

Alors, fi de l’académisme et youpi pour l’audace et la fraîcheur ! Une bande dessinée pour retrouver l’âme et la légèreté de l’enfance

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Qui est Animan
C'est un homme comme les autres.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les histoires ne racontent pas seulement des enquêtes mais aussi la vie d’Animan, sa rencontre et ses combats avec son ennemi juré, Objecto. Le livre est ponctué de peintures, comme dans certains des albums précédents d'Anouk.