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Catégorie : Albums et BD
Bandes dessinées, romans graphiques, albums, récits graphiques, livres d’images, beaux livres, romans photos… Tous genres confondus
Comment dire ? Un chef d’œuvre absolu ou une invraisemblable nullité ? Franchement, je ne sais pas vraiment. Pas plus que pour La fontaine de Marcel Duchamp, je ne saurais me positionner. Pour autant, je me suis bien marré !
Animan de Anouk Ricard
Et donc… N’est-ce pas là l’essentiel ?
Alors, fi de l’académisme et youpi pour l’audace et la fraîcheur ! Une bande dessinée pour retrouver l’âme et la légèreté de l’enfance
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Qui est Animan
C'est un homme comme les autres.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les histoires ne racontent pas seulement des enquêtes mais aussi la vie d’Animan, sa rencontre et ses combats avec son ennemi juré, Objecto. Le livre est ponctué de peintures, comme dans certains des albums précédents d'Anouk.
Juste histoire de remettre les choses à leur place : le monde vivant n’a pas attendu les humains pour communiquer, évoluer, s’adapter, croître ou se défendre… Alliés, concurrents ou juste voisins, les végétaux, champignons, animaux, unicellulaires et autres virus évoluent ensemble depuis plus de trois milliards d’années sans avoir eu besoin de nous.Les incroyables pouvoirs de la nature de Hugues Demeude, illustrations de Yann WehrlingCette bande dessinée rend hommage à quelques intelligences naturelles remarquables, des arbres aux coraux, des koala aux vers de terre… De tous petits exemples, mais qui illustrent bien les impressionnantes compétences du monde vivant.
Avec un dessin parfois tout crado et pourtant tout chou, cette BD documentaire ne manque pas de faire réfléchir
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Fut un temps, des scientifiques et des philosophes nous expliquaient que les animaux n'avaient pas d'ÂME.
Parce qu'ils ne parlent pas comme nous, les animaux et les plantes devraient être considérés comme des « machines » sans émotions ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) À la découverte des prodigieuses capacités du monde vivant.
Chaque jour, sur notre planète, animaux, végétaux, champignons - trois mondes étroitement reliés - développent des trésors d'ingéniosité pour répondre à leurs besoins vitaux : se reproduire, croître, se nourrir, se déplacer, apprendre, se défendre, guérir, communiquer... C'est ainsi que l'hippocampe mâle est "mis enceint" pour mieux protéger ses petits ; la tortue olivâtre détermine le sexe de son embryon ; le poisson-éléphant, grâce à son sixième sens électrique, se déplace par électrolocation ; le koala possède un génome adapté à l'eucalyptus toxique ; l'embryon de seiche est capable d'apprendre dans son oeuf ; ou encore, l'anodin ver de terre se révèle un fabuleux laboureur, fertilisateur et guérisseur.
Ce livre vous emportera au coeur des pouvoirs insoupçonnés du vivant.
Derrière un dessin tout pourritch à l’air enfantin, se cache une bande dessinée franchement rigolote et plutôt pour adultes.Ancolie de Salome Lahoche, couleurs de Thaïs GuimardAncolie est une sorcière qui cache le vide et l’absence de sens de son existence dans la drogue, le sexe et l’alcool… Et c’est OK !
Jusqu’à ce que…
Une bonne marrade féministe et rock’n’roll avec une spéciale dédicace à Michel et Mireille
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Bonsoir.
Un whisky, s'il vous plait !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Ancolie est une sorcière de 27 ans. Le temps passe 13 fois plus lentement pour elle que pour les humains, alors voilà des siècles qu’elle se traîne de beuveries en aventures sans lendemain à des fêtes peuplées de vampires et de monstres, des rave partys chez les elfes et des afters dans des tavernes. Cette existence alcoolisée, trash et vide de sens est pourtant sur le point de s’arrêter car un événement décisif se prépare : le Congrès annuel du Conseil des sorcières ! Chaque année, les hauts faits des meilleures sorcières y sont récompensés. Sans surprise, Ancolie ne fait jamais partie du lot. Cette année, elle est même convoquée. Pour le Haut Conseil, c’en est trop des déboires d’Ancolie ! Si elle n’accomplit pas un haut fait, elle sera excommuniée et mourra. Ancolie n’avait pas prévu de mourir de sitôt. Qu’à cela ne tienne, elle décide de sauver le monde ! Mais dans une Société inégalitaire, capitaliste et sexiste, elle a du pain sur la planche. Après avoir réfléchi à quelques actions coup de poing, elle se ravise et décide de sortir enfin de sa paresse légendaire. Un soir, une idée de génie – ou de folie – la traverse. Qu’est-ce qui manque le plus dans ce monde, si ce n’est l’empathie ? À force d’écumer les grimoires, notre sorcière tombe enfin sur le parfait sortilège de compassion ! Avec ça, peut-être qu’elle parviendra à sauver le monde, et accessoirement sa peau. Il faut juste que le sort fonctionne…
Un vent de fraîcheur souffle avec Salomé Lahoche qui s’empare de la figure féministe de la sorcière avec aplomb et une bonne dose d’humour pour un récit déjanté. Entre quête initiatique et aventures nocturnes barrées colorisées par Thaïs Guimard, des problématiques modernes comme l’écologie ou les inégalités sont abordées à travers une histoire loufoque ancrée dans un univers singulier où se mêlent fantasy, pop culture et rock’n’roll.
Si le dessin peut sembler tout pourritch, cette bande dessinée déborde d’une énergie vivante et punk à souhait. La démarche n’est pas académique, elle tire sa puissance des tripes, du rythme, de la force de vie qui met le feu dans une saturation de gros son !Punk à sein de Magali Le HucheMagali a découvert une petite boule dans son sein gauche, Joe Strummer sera là pour le combat !
London Calling – The Clash
C’est chou et plein d’émotions
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) One two three four
Well, she was just seventeen, you know what I mean
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de passer le cap de sa phobie scolaire au collège, Magali Le Huche raconte un autre moment grave de son existence. À l'aube de ses quarante ans, la dessinatrice découvre qu'elle a un cancer du sein. Toujours armée de sa fantaisie et de son auto-dérision, elle se découvre également une passion pour Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Pour se battre contre sa maladie, Magali convoque l'énergie de la musique punk, où les guitares sont comme des armes sur le champ de bataille.
Cette biographie dessinée de Judith Scott est déchirante. Si le dessin a mis un peu de temps à me convaincre, l’histoire de cette artiste trisomique et sourde est emblématique du sort des personnes handicapées au siècle précédent (et ce n’est pas si vieux !).Le cocon de Alexandre De Moté, dessins et couleurs de Natacha Sicaud, avec une préface de Lucienne PeiryLe parallele avec Mon vrai nom est Elisabeth est évident. Incompétence, maltraitance, camisole chimique, isolement, brutalité, chirurgie, absence d’empathie… la vie en institution pouvait (sans généralisation !) être inhumaine.Mais c’est aussi l’histoire de sœurs jumelles, de séparation et de retrouvailles, d’amour et de lien
Une bio préfacée par Lucienne Peiry, ex-directrice de la magnifique collection d’art brut de Lausanne qui lui consacra une exposition en 2001
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Alors, les filles, on rêve d'un beau mariage ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Née en 1943 dans l’Ohio, Judith Scott est atteinte de trisomie 21 et de surdité. Dans l’Amérique des années 1950, son handicap est mal compris : jugée « inapte », elle est séparée de sa famille et surtout de sa sœur jumelle, Joyce, avec qui elle entretenait un lien profond malgré l’absence de langage verbal commun. Commence alors pour Judith une longue période d’institutionnalisation, loin des siens.
Trente-cinq ans plus tard, Joyce parvient à obtenir la tutelle de sa sœur et lui offre une nouvelle vie. Installée à Oakland, Judith rejoint le Creative Growth Art Center. C’est là, à 44 ans, qu’elle découvre la sculpture textile : des objets enveloppés de fils, des formes mystérieuses et organiques qui deviennent son mode d’expression privilégié. À travers ces œuvres singulières, Judith tisse un langage propre, intime, presque thérapeutique, et se reconnecte peu à peu au monde. Aujourd’hui, elle est reconnue comme une figure majeure de l’Art Brut.
Basée sur une documentation riche, cette biographie retrace le destin exceptionnel de Judith Scott (1943-2005). De l’enfance brisée à l’émergence de son œuvre, elle interroge notre rapport à la différence, à la création et à l’inclusion. Préfacé par Lucienne Peiry, historienne de l’art et ancienne directrice de la Collection de l’Art Brut à Lausanne, ce roman graphique bouleversant signé Natacha Sicaud et Alexandre de Moté nous invite à regarder autrement l’art et le handicap.
Tiré du roman éponyme de Sandrine Collette, cette vague explore les dilemmes insolubles, la culpabilité et la force des liens familiaux.
Le tout dans une insoutenable tension post-apocalyptique.Juste après la vague de Dominique Monféry, d’après le roman de Sandrine ColletteLe traitement du scénario et les dessins de Dominique Monféry sont parfaits. Le trait est fin, soutenu par des aquarelles au service de l’histoire avec des planches d’une grande beauté.C’est beau et bien et, en plus, porteur de messages forts
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Coucou mes belles !
C'est moi que voilà !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Une vague géante déferle sur le monde et engloutit tout sur son passage. Le monde que connaissait Louie et sa famille a disparu, mais eux ont survécu. Du haut de leur colline devenue îlot, leur quotidien est étrangement tranquille et bien réglé : maman prépare le café, les enfants se lèvent grâce à la délicieuse odeur des tartines grillées, papa récolte les œufs frais du matin tandis que la mer, elle, monte chaque jour un peu plus.
Les parents n'ont d'autres choix que de faire face à la montée des eaux. Seulement, il n'y a pas assez de place dans la barque. Quels enfants laisser derrière ? Sera-t-il possible de revenir les chercher ? Seront-ils capables de survivre jusque-là ?
Lucky-Luke, Blake et Mortimer, Asterix… Tous ces héros sont bien malmenés pour des petits sous, souvent piètrement gagnés.Corto Maltese : le jour d’avant de Martin Quenehen, dessins de Bastien Vivès, d’après l’oeuvre de Hugo PrattCe Corto vieilli et post moderne m’a semblé tellement hors contexte qu’il aurait pu s’appeler Obelix au Pacifique qu’il ne m’aurait pas beaucoup plus surpris.
Oui, le dessin reste peut-être intéressant (un poil bâclé) et plein de mouvement. Mais avec ce scénario qui brasse de l’air il ne reste plus que du vent
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Nouvelle vague de chaleur en plein automne...
... de bien mauvais augure pour la saison des feux.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) De passage à Sydney en 2022, Corto tente d’aider Marcus, un ami pirate alors en pleine addiction narcotique. Et quoi de mieux pour le sortir de ce marasme qu’une nouvelle aventure ? Celle-ci leur est proposée par l’avocate d’un groupe d’eco-warriors dont l’une des membres a été arrêtée dans les îles Tuvalu, en plein océan Pacifique. D’origine chinoise, elle risque d’être remise aux autorités de son pays et a soufflé à son avocate le nom de Corto Maltese, comme son ultime chance de liberté... Avec Marcus aux commandes d’un hydravion en sale état, Corto et sa commanditaire s’envolent pour ces îles, premières victimes du dérèglement climatique qui provoque la montée du niveau des mers.
Cette fragilité est pleine d’une puissance magnifique.La fragilité des hommes de Zabus, dessins de Nicoby, couleurs de Pierre Jeanneau, Laurence et Salomé OryCet album sensible touche au cœur des hommes et de leur foutue virilité comme le chante Marguerite.
Un bijou de théâtre de la vie dans village un peu… Mouais avec des hommes appuyés au zinc et bien en peine avec leurs émotions
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Cette histoire commence ici, chez moi. Ici où rien ne se passe, ici où personne ne parierait que les événements à venir auront bel et bien lieu.
Et pourtant...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Cette histoire se passe là où rien ne se passe... à Mouais, une petite ville que les jeunes ont quitté pour travailler ailleurs et où les vieux sont morts. Ceux qui y restent ont simplement oublié de partir. Mais Fanny débarque en ville... La comédienne compte bien glaner les histoires de chacun pour en composer un spectacle de rue.
Sauf qu'à Mouais, on ne parle pas d'intime, et encore moins les hommes. Et certainement pas François. Son mètre quatre-vingt-quinze vouté sur une quarantaine bien tassée et son incapacité à terminer une phrase, François est pourtant chargé d'accompagner l'étrange projet. A moins que, justement, il ait lui aussi des secrets qui ne demandent qu'à s'échapper ?
Entre comédie douce-amère à manière des frères Coen et récit à l'âpreté proche de Ken Loach, Zabus et Nicoby raconte la désindustrialisation et la difficulté masculine à communiquer.
La Suisse aux airs si lisses cache vigoureusement sous le tapis tous les mouvements qui la secouent. Ici, ne dépassent que les montagnes enneigées au dessus de paysages dignes des maquettes de trains électriques des vitrines des jouets Weber.Le siècle de Jeanne : une famille suisse dans les remous du 19e siècle de Éric Burnand, illustrations de Fanny VaucherPourtant l’histoire de la Suisse moderne fut mouvementée et les droits des femmes, des ouvriers et des paysans acquis lors de luttes fratricides.
Et si aujourd’hui encore Une Suisse au noir démontre le nombre de progrès qui restent à accomplir, cette magnifique série : Le siècle de Jeanne, Le siècle d’Emma et La révolte des cigarières raconte les grandes avancées sociales des deux derniers siècles avec un grand talent
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Quoi ?!
Vous m'avez caché ça pendant 20 ans ?
Mais alors... Qui sont mes vrais parents ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Cette bande dessinée nous embarque dans les temps fort du 19e siècle helvétique : les révoltes paysannes de 1802, la famine de 1816, la guerre civile de 1847 et, enfin, la révolution industrielle suisse des années 1870. Petit pays au cœur de l'Europe, la Suisse a une histoire bien moins tranquille qu'il n'y paraît en surface !
« J'ai grandi dans une famille paysanne qui a cru aux promesses de la révolution vaudoise. J'ai fondé une famille en terre catholique, connu les troubles de la guerre civile et la famine, jusqu'à l'émigration forcée à l'autre bout du monde... Je suis Jeanne, née à l'orée du 19e siècle dans le Pays de Vaud. »
Que ne nous apprend-on pas l’histoire ainsi à l’école ? Misère !Le siècle d’Emma : une famille suisse dans les turbulences du XXe siècle de Éric Burnand, illustrations de Fanny VaucherCe siècle d’Emma, c’est l’histoire sociale Suisse récente vue au travers d’une femme. Le regard est au niveau des gens, des préoccupations populaires, féminines, ouvrières. C’est la vie au long des années 1900 avec les luttes féministes, syndicales et politiques. Peu ou pas de grands noms pour plus de réalités.Une belle humanisation de l’histoire au féminin, une grande réussite tant pour le graphisme et les couleurs que la narration et le contenu
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Moi, c'est Emma. Je suis née avec le XXe siècle à Granges, au pied du Jura. Une bourgade suisse de 10 000 habitants, presque tous horlogers.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) On dit souvent de l’histoire suisse qu’elle est ennuyeuse, sans conflits ni événements marquants. La vie (fictive) d’Emma démontre le contraire: née dans une petite bourgade horlogère au pied du Jura, Emma est soudain précipitée dans les soubresauts du XXème siècle.
En 1918, elle perd son fiancé dans les affrontements de la grève générale.
En 1937, elle se brouille avec son frère devenu pro nazi.
En 1956, son neveu, qu’elle a adopté, lui fait découvrir la face sombre de l’immigration italienne.
En 1975, sa petite-fille la confronte à la contestation féministe et antinucléaire.
Et en 1989, Emma fait une découverte stupéfiante lors du scandale des fiches.
Déclinée en cinq temps, dessinée en plusieurs centaines de cases, l’histoire d’Emma, fictive, mais très vraisemblable, nous immerge dans les conflits, les tensions et les questionnements du XXe siècle.