Herbier du souvenir

En tombant sur cette suite du Roitelet dans une librairie, je me suis empressé de l’embarquer pour m’y plonger aussitôt.

Deux grandes passions illuminaient sa vie. La poésie, qu'il lisait avec intensité, et les oiseaux, dont il adorait la pure délicatesse, produisaient sur son cœur de vieil enfant leur effet de stupéfaction émer-veillée. On aurait dit que le spectacle de la beauté le convoquait entièrement, exigeait de sa part une présence proche de l'absolu, comme dans l'amour.
Herbier du souvenir de Jean-François Beauchemin
Pourtant, après quelques chapitres, je n’arrivais toujours pas à y retrouver la magie qui m’avait alors emporté. Comme si j’étais passé d’un coup du parfum léger des fleurs des champs à un pot de miel un poil trop sucré.

L’auteur a perdu son frère schizophrène voilà deux ans, il raconte le deuil plein d’une nostalgie heureuse, une tristesse pleine de l’amour pour le frère disparu

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le soir où mon frère est mort de son inconsolable chagrin, les dernières feuilles se sont un peu inclinées et, dans les arbres, la communauté très tendre des oiseaux a interrompu son chant. Partout, la nature se recueillait, comme cela arrive chaque fois qu'une âme qui a été beaucoup aimée quitte le corps qui l'abritait.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Deux ans après la mort de son frère, qui souffrait de schizophrénie, un homme revisite leur histoire commune au fil de son quotidien. Grâce à l’amour de ses proches – sa femme Livia, leur vieux chat Lennon, la voisine madame Vermeulen –, grâce aussi à l’intarissable splendeur du monde, il réapprend doucement la joie. Son témoignage prend ici la forme d’un herbier, c’est-à-dire d’une collection de souvenirs semés puis recueillis dans la vaste vallée fleurie de sa mémoire, et destinés, comme dans les albums photos, à une certaine immortalité.

Frangin

Très touchante Agnès Soral. Des mots sur les blessures, son frère, mais aussi son père, sa vie.

Frangin de Agnes Soral
Frangin de Agnes Soral
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
«Tiens, tu fais la couverture d'un magazine avec Dieudonné et Zemmour. En dessous du trio, les mots : "antisémitisme, racisme" et en rouge sang : "voyage dans une France xénophobe". Tu n'en es pas arrivé là ?! J'ai envie de m'allonger par terre, de pleurer, vomir, ou hurler ; je ne sais plus. Déjà je cours me réfugier à la maison où, sur ma porte à peine refermée, j'alterne les pleurs de rage, de colère, et surtout de chagrin... Ça va trop loin. Ça va s'arrêter où ?»

Révélée à dix-sept ans par Claude Berri, Agnès Soral n'a jamais quitté les écrans ni la scène. À travers son parcours, ses souvenirs d'enfance, ses blessures, l'actrice dresse en filigrane le portrait de son frère, le polémiste Alain Soral, pour tenter de comprendre comment il en est arrivé «là». Tour à tour drôle, révoltée ou tendre, elle livre un récit fort et rappelle que si l'on ne choisit pas sa famille, on ne doit pas en devenir la victime