Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Peter Wohlleben connait bien les arbres. Et bien les connaître, c’est en savoir un peu plus. C’est aussi leurs relations souterraines, leur vie intime, leurs collaborations avec les champignons, la forêt… Un arbre n’est jamais seul.La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben, scénario de Fred Bernard, Illustrations de Benjamin Flao, traduction de Corinne TrescaCette superbe adaptation en bande dessinée de Fred Bernard met en valeur un texte (que j’avoue ne pas encore avoir lu) qui permet de mieux saisir l’importance de comprendre la forêt pour mieux la protéger… de nous
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) La forêt...
Sa beauté m'a toujours fasciné. Étrange mélange de puissance et de délicatesse, monde végétal plein de recoins et de mystères...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Peter Wohlleben est le forestier le plus célèbre du monde, auteur du best-seller La Vie secrète des arbres, traduit dans plus de quarante langues. Ce livre est son histoire.
Avec un formidable talent de conteur, il nous plonge dans l'intimité des arbres, jusqu'à leurs racines. Au fil des pages, il nous entraîne à la découverte de l'extraordinaire fonctionnement de la forêt : comment les arbres interagissent, communiquent, se déplacent et se défendent.
La Vie secrète des arbres nous donne accès à un monde merveilleux mais fragile.
Protéger les arbres, c'est protéger l'humanité tout entière.
Une nouvelle qui sent le vécu. Un stage de fabrication de ruche-tronc au milieu des bois avec quelques personnages plutôt bien croqués.Une bonne chose de faite de Jérémie GindreUn stage où l’on dort dans des sacs de couchage et dont on revient avec l’odeur du feu de bois qui reste collée à la peau durant 3 semaines.
Une amusante nouvelle illustrée par l’auteur où l’on découvre que les plus sauvages ne se trouvent pas forcément dans les ruches
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Au Moyen Age, celui qui coupait un arbre habité par les abeilles risquait la peine de mort. Dans le Saint-Empire romain germanique, l'apiculteur avait le droit de s'armer d'une arbalète pour visiter ses ruches, et jouissait du privilège de porter les couleurs royales. Puis les choses ont évolué. Les ruches sont descendues des arbres. Les abeilles ont quitté la forêt pour les champs, les vergers. L'apiculture moderne s'est imposée, avec ses modules standardisés, son calendrier réglé, ses maladies, sa chimie.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Stagiaire le temps d’un weekend dans les bois, Damian apprend à construire une ruche-tronc, avec l’espoir que les abeilles ensauvagées s’approprient d’elles-mêmes le billot creusé, sans besoin de spray « attrape-essaim ». En attendant, c’est sous une forme inattendue que la nature s’invite, mettant à l’épreuve la bonne volonté des protagonistes.
Humour pince-sans-rire et intrigue jubilatoire, ce récit esquisse au passage l’histoire de l’apiculture.
Ce roman jeunesse est un livre de colère et de révolte. Contre l’injustice faite aux hommes, femmes, animaux, forêt, nature… Cette violence incessante qui lève des impôts, rase les forêt, massacre et broie toute résistance.La Louve de Antonin SabotLa Louve et l’ourse vont tenter de s’opposer et lutter. Mais le prix risque d’être exorbitant. Et… ? Que peut on faire contre l’armée des puissants ? Une histoire racontée par plusieurs voix, dont celle fort poétique de la Louve, une jeune fille des bois pourtant muette.
Un appel à la résistance au 17e siècle d’une actualité brûlante
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Elle n'était que deux yeux brillants au travers du feuillage. Des yeux humains et fauves à la fois. Elle n'était qu'un visage que l'on apercevait à peine, aux contours rendus flous par les tremblements des arbustes dans lesquels elle s'était dissimulée. Femme-buisson, son corps demeurait invisible aux hommes qu'elle observait.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) 1667, dans les Cévennes À seize ans, celle qu’on appelle La Louve en raison de la peau d’animal dont elle est vêtue vit seule dans la forêt.
Comme elle, d’autres « Exilés » ont fui leur village, leur famille pour se réfugier dans les bois. Leur mode de vie rude, mais libre, est menacé par les autorités qui veulent exploiter la forêt et mettre au pas ces rebelles.
Menés par La Louve, les Exilés choisissent de se battre pour défendre l’existence d’une forêt indépendante et sauvage.
Ce livre jeunesse est paru aux éditions Evalou dans la collection Lectures Animalistes : Une littérature engagée en faveur de la cause animale. Et la collection ne trompe pas.Le serment de l’homme rouge de Sophie Noël, illustrations de Marc PaufichetUn petit livre gentil et engagé avec un petit parisien de 15 ans qui retrouve ses racines dans la forêt indonésienne. Et c’est très chou.
Mais si ce livre ne brille pas franchement par son style et que le traitement est un peu simpliste, il demeure fort efficace, plein d’émotions et porteur de messages forts et essentiels
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je pose mon pied nu sur l'herbe humide. Il est tôt et les bruits de la forêt me parviennent, tellement différents de ce que j'ai l'habitude d'entendre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) En vacances chez ses grands-parents dans la jungle indonésienne, Kali, un adolescent parisien, découvre un journal intime mentionnant un certain "Homme Rouge de la forêt". Ce séjour prend un tournant inattendu et dangereux lorsqu'il se retrouve confronté à des trafiquants d'animaux et à des compagnies détruisant illégalement la forêt. La jungle, loin d'être hostile, devient, pour lui et son amie Kirana, une alliée précieuse dans sa lutte pour sauver une jeune orang-outan en détresse. Dans ce récit captivant, Sophie Noël nous entraîne au cœur de la jungle indonésienne, semant la graine de l'éco-activisme et de l'amour de la nature dans l'esprit du lecteur. Au fil des pages, elle nous invite à partager le courage et l'engagement de ses personnages pour défendre les animaux sauvages, tout en explorant des thèmes profonds tels que la quête de soi et le besoin impérieux de préserver notre monde.
Inflorescence explore les difficultés de la transmission mère-fille au travers de quatre générations.Inflorescence de Raluca AntonescuUn livre subtil et sensible où les poisons sont parfois bien enfouis et mettent plusieurs générations à instiller leur venin.
Histoires de femmes blessées en quête d’une guérison, mères de sang ou d’adoption
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le gouffre
Jura, 1911
Elle coupa à travers bois et pressa le pas. Le plateau s'ouvrit brusquement et la lumière crue l'obligea à plisser les yeux. En baissant la tête, elle traversa un champ parsemé de touffes d'herbes jaunies. Agitées par le vent, elles lui firent penser à des crinières. Elle ralentit, essoufflée. Ce n'était plus très loin.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Jura, 1911. Une femme se désespère d’être à nouveau enceinte et se rend superstitieusement au lieu-dit Le Gouffre du diable pour implorer la fin de sa grossesse. À partir de ce lieu dont la terrifiante et réelle histoire nous est contée et de cette aïeule commune, le roman dresse quatre portraits de femmes ordinaires qui traversent de lourdes épreuves et dont les vies s’entrecroisent, et parfois se déchirent.
Le jardin, comme une trame, relie ces quatre destins. Plates-bandes ordonnées d’un lotissement Levitt ou serre en Argentine mais lieu-miroir qui n’appartient qu’à soi et qui permet la reconstruction.
En tombant sur cette suite du Roitelet dans une librairie, je me suis empressé de l’embarquer pour m’y plonger aussitôt.Herbier du souvenir de Jean-François BeaucheminPourtant, après quelques chapitres, je n’arrivais toujours pas à y retrouver la magie qui m’avait alors emporté. Comme si j’étais passé d’un coup du parfum léger des fleurs des champs à un pot de miel un poil trop sucré.
L’auteur a perdu son frère schizophrène voilà deux ans, il raconte le deuil plein d’une nostalgie heureuse, une tristesse pleine de l’amour pour le frère disparu
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le soir où mon frère est mort de son inconsolable chagrin, les dernières feuilles se sont un peu inclinées et, dans les arbres, la communauté très tendre des oiseaux a interrompu son chant. Partout, la nature se recueillait, comme cela arrive chaque fois qu'une âme qui a été beaucoup aimée quitte le corps qui l'abritait.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Deux ans après la mort de son frère, qui souffrait de schizophrénie, un homme revisite leur histoire commune au fil de son quotidien. Grâce à l’amour de ses proches – sa femme Livia, leur vieux chat Lennon, la voisine madame Vermeulen –, grâce aussi à l’intarissable splendeur du monde, il réapprend doucement la joie. Son témoignage prend ici la forme d’un herbier, c’est-à-dire d’une collection de souvenirs semés puis recueillis dans la vaste vallée fleurie de sa mémoire, et destinés, comme dans les albums photos, à une certaine immortalité.
Juste histoire de remettre les choses à leur place : le monde vivant n’a pas attendu les humains pour communiquer, évoluer, s’adapter, croître ou se défendre… Alliés, concurrents ou juste voisins, les végétaux, champignons, animaux, unicellulaires et autres virus évoluent ensemble depuis plus de trois milliards d’années sans avoir eu besoin de nous.Les incroyables pouvoirs de la nature de Hugues Demeude, illustrations de Yann WehrlingCette bande dessinée rend hommage à quelques intelligences naturelles remarquables, des arbres aux coraux, des koala aux vers de terre… De tous petits exemples, mais qui illustrent bien les impressionnantes compétences du monde vivant.
Avec un dessin parfois tout crado et pourtant tout chou, cette BD documentaire ne manque pas de faire réfléchir
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Fut un temps, des scientifiques et des philosophes nous expliquaient que les animaux n'avaient pas d'ÂME.
Parce qu'ils ne parlent pas comme nous, les animaux et les plantes devraient être considérés comme des « machines » sans émotions ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) À la découverte des prodigieuses capacités du monde vivant.
Chaque jour, sur notre planète, animaux, végétaux, champignons - trois mondes étroitement reliés - développent des trésors d'ingéniosité pour répondre à leurs besoins vitaux : se reproduire, croître, se nourrir, se déplacer, apprendre, se défendre, guérir, communiquer... C'est ainsi que l'hippocampe mâle est "mis enceint" pour mieux protéger ses petits ; la tortue olivâtre détermine le sexe de son embryon ; le poisson-éléphant, grâce à son sixième sens électrique, se déplace par électrolocation ; le koala possède un génome adapté à l'eucalyptus toxique ; l'embryon de seiche est capable d'apprendre dans son oeuf ; ou encore, l'anodin ver de terre se révèle un fabuleux laboureur, fertilisateur et guérisseur.
Ce livre vous emportera au coeur des pouvoirs insoupçonnés du vivant.
Entre polar et roman noir, cette sombre histoire se déroule au dessus d’enfouissement de déchets toxiques en Sologne.La proie et la meute de Simon FrançoisSon style un poil à l’ancienne en fait un page turner rythmé et fort plaisant à parcourir au milieu d’une campagne repliée sur elle-même et où les écolos (et tous les autres qui ne rentrent pas dans le rang) font des cibles parfaites pour les fachos et les chasseurs avinés
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le vieux sanglier écume. Derrière lui, les aboiements lointains des chiens fredonnent la mélodie d'une mort certaine.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un petit village du centre de la France, cerné de champs, barricadé par des murs de forêts et quelques fermes isolées, qui abrite une usine : un abattoir de poulets où travaille la quasi-totalité des habitants.
Presque tous, sauf Romain, le marginal, l’homme à tout faire, affligé d’un bec de lièvre qui lui vaut le surnom « Lapin ». Romain, aussi habile dans les arbres où il aime bâtir des cabanes que les pieds dans la rivière où il pêche, loin du monde, loin du village qui l’a toujours tenu à l’écart et exerce contre lui une sourde violence.
Depuis sa plus tendre enfance, le géant blond, est épris de Solène, l’actuelle maire de la bourgade. Alors quand cette dernière disparaît, mêlée malgré elle à une sombre histoire d’enfouissement illégal de déchets, c’est le soleil de Romain qui s’éteint brutalement.
Reste la vengeance…
L’histoire de Giono est belle, magnifique, poétique. Elle fait rêver d’une humanité réconciliée avec sa terre.L’homme qui plantait des arbres : d’après l’oeuvre de Jean Giono de Florence Lebonvallet, dessin de Daniel Casanave, couleurs de Claire ChampionL’adaptation est splendide. La poésie des arbres, du temps et du sirocco se partage à chaque page.
Et la guerre ? Oui, il y a la guerre.
Mais passé le temps des obus, le vent revient caresser les feuilles des chênes au soleil et Elzéard Bouffier plante les arbres de demain
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il y a environ une quarantaine d'années...
Je faisais une longue course à pieds sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Elzéard Bouffier, berger solitaire des Alpes arides et venteuses de Haute-Provence, comprend un jour que son pays meurt par manque d'arbres. Il se donne alors une mission d'une simplicité qui confine au merveilleux: planter des arbres.
Des centaines de milliers d'arbres.
Ce recueil de trois albums (Petit traité d’écologie sauvage, La cosmologie du futur, Mythopoïèse) ébloui tout d’abord par la qualité de ses aquarelles. C’est magnifique !Petit traité d’écologie sauvage : intégrale de Alessandro PignocchiPuis, vient l’humour et l’absurde (hélas absurde). Animiste et antispéciste, l’humanité reprend sa place sur terre (enfin, presque).Certes, certaines blagues tirent un peu en longueur et au fil des trois albums, le sujet se politise de plus en plus au détriment de la fraicheur et de l’efficacité.
Mais quel bonheur de nous voir scrutés par un anthropologue Jivaro et d’en rire avec les mésanges
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Vous allez être en retard à la réunion du G20, monsieur le président.
J'arrive, j'arrive, je remets un bousier sur ses pattes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les plantes et les animaux sont désormais perçus comme des partenaires sociaux ordinaires. Le pouvoir ne fait plus envie à personne, pas même à nos hommes politiques. Autrement dit, l`animisme des Indiens d`Amazonie est devenu la penséedominante.
La culture occidentale moderne, quant à elle, ne subsiste plus que dans quelques petits villages français où un anthropologue jivaro l`étudie et tente avec passion de sauver les dernières fermes d`élevage intensif, les derniers bars PMU et le rituel de la pêche à la ligne.