Touriste de bananes

Paradoxalement, la fatigue est un fréquent moteur de l’action chez Simenon. La fatigue d’un couple, des responsabilités, de la pauvreté… ou même parfois, juste l’ennui.

Donadieu se raidissait. Il s'était raidi toute sa vie, contre sa faiblesse physique quand il était gamin, contre le vertige quand il travaillait au barrage, puis contre le dégoût quand il avait été plongé de force dans le drame qui avait détruit sa famille.
Pourquoi n'y avait-il pas quelqu'un, un seul homme, pour lui parler simplement et pour comprendre son espoir ?
Non ! il n'avait pas de compte en banque et il ne pouvait espérer qu'on lui enverrait de l'argent. Mais il n'espérait pas non plus qu'il allait vivre nu dans un paradis terrestre où il n'aurait qu'à se baisser pour trouver sa nourriture.
Il voulait fuir les hommes et vivre d'une vie simple, labourer peut-être, apprendre comme les indigènes, à capturer les poissons au harpon...
Il possédait encore cinq mille francs. Qu'est-ce qui l'empêcherait d'acheter une petite terre et de la mettre en valeur ?
Touriste de bananes de Georges Simenon
Et Oscar est épuisé, il ne souhaite plus que fuir, seul, sur une île et y vivre de la pêche et de ses récoltes. Y trouverait-il le repos ?

Une suite du Testament Donnadieu qui signe la fin de la désagrégation de cette famille

Tous les romans durs de Simenon
31. Touriste de bananes
30. Le suspect 32. Les trois crimes de mes amis
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il y avait trente-sept jours que le bateau, qui s'appelait l’Île-de-Ré, avait quitté Marseille ; on était parti qu'il gelait et tous les passagers, sauf deux, avaient été malades en sortant de Gibraltar ; après la monotonie des houles de l'Atlantique, on s'était ébroué dans les bals Doudou de la Guadeloupe et le missionnaire des secondes classes lui-même avait revêtu un costume civil pour accompagner la famille Nicou à Panama, les dames avaient acheté des parfums qui y sont meilleur marché que partout, et on avait déjeuné sur le pont en traversant le canal, car c'est la tradition ; on approchait des antipodes ; on avait aperçu de loin les Galapagos, photographié des pélicans et des poissons volants ; Muselli, l'administrateur de première classe qui jouait de la guitare hawaïenne, avait acheté une tête d'Indien réduite à la grosseur d'un poing d'enfant ; on était à l'autre bout du monde, à cisailler patiemment, avec un ronron de machine-outil, l'eau trop lisse et trop brillante du Pacifique qui forçait à porter des verres fumés ; le trait qui, sur la carte, dans le salon des premières, s'allongeait chaque jour, toucherait bientôt aux points minuscules des Marquises ; il y avait trente-sept jours qu'on n'était plus en France, ni nulle part.
Et pourtant c'était dimanche.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Oscar, vingt-cinq ans, fils d'une grande famille laminée par un drame, arrive à Papeete pour, croit-il, s'isoler dans une nature vierge des hypocrisies du monde. Il est un « touriste de bananes », l'un de ces idéalistes méprisés des Blancs locaux et que l'on retrouve un jour desséché dans la jungle.
A Tahiti comme ailleurs, on s'arrange, on s'amuse, on trahit et l'on raille. Des hommes tuent, d'autres meurent. Oscar qui fuyait va croiser son destin. Il se trouve dans une chambre, près d'une femme, au Relais des Méridiens...

Le roman Touriste de bananes prolonge la tragique saga de la famille Donadieu, richissimes armateurs de La Rochelle, entamée dans Le testament Donadieu.

Les brûlures

Une BD qui m’a laissé dubitatif. Certaines planches sont splendides alors que d’autres m’ont paru bâclées avec beaucoup de styles différents sans réelle unité. Le scénario m’a semblé également bien pauvre pour une BD qui aurait pu plonger un peu plus profondément dans cette piscine.

Les brûlures de Zidrou et Laurent Bonneau

Un flic qui drague à la piscine, des prostituées qui se font tuer, l’histoire se complique un peu et pis voilà

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La vie, c'est comme la piscine.
Il y a toujours quelqu'un pour t'apprendre à nager. Mais va-t'en trouver quelqu'un pour t'apprendre à te noyer !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans les rues d'une petite station balnéaire, les putes tombent comme des mouches. Un premier cadavre, atrocement mutilé, est découvert, puis un second, brûlé. La série, pourtant, ne fait que commencer.

Arrêter les assassins, les deux inspecteurs de police chargés de l'enquête n'y comptent pas trop. Après, tout, les victimes ne sont que des putes. Italiennes, de surcroît. Nos deux flics cherchent néanmoins à comprendre. C'est leur boulot. Surtout, c'est ce qui les aide à tenir debout. Tenir debout, c'est déjà beaucoup, pas vrai ?