Des filles comme il faut

Ça commence comme de la chick-lit, léger, parfois un poil acide, mais souvent très drôle. Une femme avec un petit souci d’alcool, qui perd son boulot dans la com suite à un accouchement difficile mais qui a quand même un mari sympa… Tous les ingrédients sont là.

Les hommes sont si prévisibles. Ils passent leur temps à se plaindre de ne pas comprendre les femmes, comme si on était des créatures très sophistiqués et qu'il leur fallait des instruments pour évaluer notre valeur sur le marchés des pierres précieuses. On ne peut pas leur retourner le compliment. Eux sont comme ce petit galet gris et lisse qu'on ramasse quand on se promène, qu'on tient au creux de la main, qu'on examine dans l'espoir de découvrir qu'il s'agit d'un diamant rare, avant de le laisser retomber sur le chemin. La plupart du temps, c'est juste un caillou.
Des filles comme il faut de Nadia Daam
Puis, insidieusement, le ton change même s’il reste léger, et le sujet gagne en profondeur.

Adélaïde retire son pull et dévoile des avant-bras déliés dont l'un est orné d'un large tatouage. Les yeux de Milan s'affolent et quittent plusieurs fois la route. Il finit par lui demander ce qui habille son biceps depuis l'épaule. J'ai envie de répondre Bah c'est un oiseau, ducon, j'le vois d'ici. De fait, ce n'est pas un oiseau ordinaire qu'Adélaïde s'est fait tatouer, mais un corbeau de trente bons centimètres. Elle en compte six autres ailleurs sur le corps, à des endroits qu'elle énumère: l'épaule, l'arrière du coude, l'aine, le poignet, derrière l'oreille. Dans un gloussement, elle refuse de dire où se situe le dernier. (J'ai tellement levé les yeux au ciel que je me suis auto-énucléée.) Milan, lui, se découvre une passion nouvelle pour les corvidés et l'assaille de questions. Je gobe mes confiseries au chocolat, écoutant cette parade nuptiale en Scenic d'une oreille distraite.…et les petits soucis deviennent des vrais problèmes. Des filles comme il faut qui n’ont pas dit leur dernier mot, pleines de force, d’humour et d’intelligence

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est quoi une « femme disparue » au juste ? Quand sait-on qu'elle a disparu ? À partir
de combien d'heures ? De jours ? Quel âge a-t-elle pour être considérée comme telle et par qui ? Par la police ? Par BFM ? Par Twitter ? Une femme disparue. Pas une enfant de sept ans en pyjama feutré par les lessives à quatre-vingt-dix degrés probablement kidnappée par un père divorcé, amer, propriétaire d'une Fiat Punto et qu'on espère discerner sur les images de vidéosurveillance d'une station-service d'Alicante.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Blanche a trente ans, un enfant, un amoureux sans intérêt et une capacité inouïe à échouer.
Licenciée après un accouchement traumatique, elle est bien déterminée à pleurer sur sa bière et sur sa médiocrité, quand elle croise une ancienne connaissance, star des médias au féminisme affirmé et photogénique. À sa grande surprise, celle-ci la prend sous son aile et lui confie un projet de podcast sur les disparitions volontaires. Un défi providentiel pour cette jeune femme velléitaire, accro à l'alcool et au regard masculin.

Blanche part mener l'enquête dans sa ville natale, sur les traces d'une professeure de lycée évaporée du jour au lendemain. Saisira-t-elle sa chance ? Trouvera-t-elle enfin sa place du côté des puissantes ? Pas sûr. Mais elle aura fait une découverte encore plus exaltante : les filles comme il faut, il ne faut pas trop les chercher.