La sentinelle qu’on ne relève jamais

Dans ce témoignage, dalie Farah nous parle de son autisme, de ses stratégies d’adaptations pour vivre en société et, à 50 ans, de l’épuisement de ses ressources et d’un burn-out autistique.

Pour dénier l'autisme en moi pendant cinquante ans, aura-t-il suffi que je travaille à porter des masques toute ma vie ?
C'est une des hypothèses médicales, appelée masking, camouflage social en français. La recherche anglo-saxonne et américaine domine la française, quand on cause autisme, on cause english. Le masking serait une capacité de suradaptation, cause des burn-out autistiques, notamment féminins. Malgré le nombre de personnes autistes qui le subissent, le monde scientifique s'y intéresse depuis peu. Le burn-out autistique n'est pas lié au travail, il n'est pas psychologique, il s'agit d'un état d'épuisement intense face aux défis sensoriels et sociaux. A force de faire semblant de ne pas être autiste, on craque, à force de chasser le naturel, on finit par se crasher en soi.
La sentinelle qu’on ne relève jamais de dalie Farah
Un livre très touchant, une porte d’entrée pour qui ne connait pas les troubles autistiques et souhaiterait comprendre un peu mieux leurs impacts, le manque d’adaptations de la société et du monde professionnel, de formation du personnel de santé…

Mais aussi un livre intime qui parle de violence et de racisme… mais d’amour aussi

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je sens. Tout.
Je suis une sensation et je disparais.

Les contours de mon corps sont floutés, je n'existe pas. Je n'ai jamais autant eu mal d'exister, autant de mal à ressentir. Tout. Bruit, odeur, contact. Une foule dans un couloir est un étranglement, le rayonnement d'un néon, des aiguilles pénétrantes, une sonnerie imprévue, unedouleurunsursaut.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À 50 ans, dalie Farah se découvre porteuse d’autisme. Elle subit l’environnement social et sensoriel, supporte une crise douloureuse après l’autre. La sentinelle qu’on ne relève jamais, c’est elle. Que lui arrive-t-il ?

Très vite, l’enquête intime devient collective. dalie Farah raconte les familles désemparées, les autistes célèbre, les nombreuses femmes diagnostiquées tardivement. Depuis cette différence invisible, sa condition singulière, elle nous interroge : ne sommes-nous pas tous semblables, à percevoir et penser le monde par nos sens et nos corps ? Être soi, n’est-ce pas obéir à ce que l’on est ?

L’intensité vibrante de ses mots nous fait éprouver physiquement son ressenti ; son récit dessine un chemin bouleversant où la joie d’écrire éclate à chaque page.