Notes sur l’amour

Mais qui a bien pu avoir l’idée chez l’Âge d’homme de republier ce truc en 1993 ? Et pire encore, dans cette version totalement remaniée de l’édition originale de 1908 ?

Méfie-toi des intellectuelles. Elles ne sont tolérables, et encore ! qu'en société. Souviens-toi que tu cherches une compagne de lit et qu'un beau corps est, entre les draps, plus précieux qu'un trait d'esprit.
La sensibilité de la femme nous intéresse plus que son intelligence si à fleur de cerveau, après tout. L'intelligence n'est du reste, que la région superficielle de l'esprit. Au-dessous d'elle, il y a le monde énorme, obscur, de l'inconscient, toujours plus riche chez la femme que chez nous.
Fuis les femmes qui prétendent diriger leur vie par l'intelligence et la raison.
Notes sur l’amour de Claude Anet, illustrations de Pierre Bonnard
Il n’en reste qu’un livret d’à peine 70 pages d’où on peine à discerner l’humour qui (espère-t-on) devrait en parsemer les chapitres peu ragoutants aux pages qui tentent de nous enseigner comment choisir femme ou maîtresse, qu’elles aiment les coups ou encore l’art de la rupture…

Un petit (heureusement) ouvrage qu’il peut être intéressant d’oublier. Quant à la version de 1908, il est possible de juger sur pièce grâce au généreux travail de la BNF et Gallica.

Notes sur l’amour de Claude Anet – E. Fasquelle, 1908

Bouarf, vite, j’ai oublié ce machin qui plaira fort aux mascus qui rêvent d’un bon vieux temps bien pourri

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Aimer, c'est difficile. Être aimé, c'est fatigant.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Claude Anet est à compter parmi ces Suisses qui, tel Victor Tissot ou Blaise Cendrars, ont trouvé leur vérité sous des cieux étrangers. Né à Morges en 1868 et mort en 1931, Jean Schopfer c'est son patronyme exact - fit de longs séjours en Perse en en rapporta des connaissances et des sensations qui firent le succès de ses livres orientaux, Les Roses d'Ispahan, La Perse en automobile, Les Feuilles persanes, La Rive d'Asie, ou encore la traduction des 144 quatrains d'Omar Khayyam. Correspondant à Saint-Pétersbourg du Journal, il suivit au front les troupes russes, assista aux grands bouleversements provoqués par la Révolution d'Octobre et en donna de vivants comptes rendus rassemblés dans les quatre volumes de La Révolution russe. Sa bonne connaissance de l'âme slave fait la qualité de son roman, Ariane, jeune fille russe ou de son essai, L'Amour en Russie. Après avoir été publié par Cendrars aux Editions de la Sirène, il devint entre les deux guerres un des auteurs choyés de la maison Grasset. Son meilleur titre de gloire reste peut-être d'avoir évoqué, dans Mayerling, le double suicide de l'archiduc Rodolphe et de la baronne Marie Vetsera, récit qui se trouva aussitôt, grâce au film qu'en tira Anatole Litvak, avec Danielle Darrieux et Charles Boyer, hissé à une dimension merveilleusement impériale, réalisant un des plus inoubliables mythes modernes de l'amour fou. Les romans de Claude Anet, qu'ils se situent en Perse, en Russie ou dans la province française, témoignent d'une observation délicate ou amusée de la vie sentimentale - qui se retrouve dans ces jolies Notes sur l'amour, que le grand Pierre Bonnard, on ne sait dans quelles circonstances, prit plaisir à illustrer.

Parthenia

Dans son deuxième roman, Pauline Gonthier nous parle d’hommes et de politique. Et de Léa aussi, ouf !

Leur armée de l'ombre grossit désormais de façon quasi autonome. C'est à elle, bien sûr, que les négligences seront reprochées. Elle perdra alors de son influence, déjà entamée depuis que Thibaut a obtenu de coanimer l'équipe de campagne virtuelle. Cette pensée l'angoisse.
Parthenia de Pauline Gonthier
Des hommes solitaires, frustrés, masculinistes, un peu paumés. Mais aussi des hommes ambitieux, avides et prêts à tout. Et Léa qui peine à se situer.

Et qui va peut-être devoir faire un pas de côté.

Une plongée dans dans les coulisses politiques droitardes et leurs nouveaux outils : les incels et leurs frustrations alimentant les réseaux sociaux mascus : désinformation, fake news, manipulations, coups tordus… tout est permis, seule la victoire est belle

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Un lit king size aux draps clairs encastré dans une bibliothèque noire. Une lumière vive et mordante qui magnifie les contrastes. Dans le cadre de la porte-fenêtre entrouverte sur un minuscule balcon, une silhouette de femme. Dans l'ombre, immobile et vêtu ─ costume marine, chemise bleu ciel ─, un corps allongé. Immobile, ce corps, mais non inerte : la poitrine se soulève, si l'on regarde bien, et des narines s'échappe un léger sifflement. Les poings de l'homme ─ il s'agit d'un homme ─ sont liés. Sa bouche, bâillonnée ; ses yeux, couverts d'un bandeau noir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Depuis sa rupture, Baptiste n’a plus goût à rien, si ce n’est scroller nuit et jour sur les forums à la recherche de conseils en séduction, en attendant que son père le vire de chez lui.
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Jeune attachée parlementaire, Léa dédie toute son énergie à son patron, dont les idées réactionnaires attirent de plus en plus d’électeurs.
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Baptiste et Léa n’ont rien en commun, si ce n’est Parthenia. Parthenia, c’est leur soupape, leur sanctuaire virtuel : une cité gréco-romaine idéale où sens du devoir et discipline règnent en valeurs maîtresses. Mais du jeu en ligne à l’échiquier politique il n’y a qu’un pas, et dans l’obscurité de chambres de garçons solitaires, la fronde s’organise. Les pions sont en place, la partie peut commencer.

Pauline Gonthier brosse le portrait incisif d’un malaise civilisationnel. Quand la haine misogyne se diffuse sous les traits du divertissement, la guerre des sexes ne laisse personne indemne.

Des filles comme il faut

Ça commence comme de la chick-lit, léger, parfois un poil acide, mais souvent très drôle. Une femme avec un petit souci d’alcool, qui perd son boulot dans la com suite à un accouchement difficile mais qui a quand même un mari sympa… Tous les ingrédients sont là.

Les hommes sont si prévisibles. Ils passent leur temps à se plaindre de ne pas comprendre les femmes, comme si on était des créatures très sophistiqués et qu'il leur fallait des instruments pour évaluer notre valeur sur le marchés des pierres précieuses. On ne peut pas leur retourner le compliment. Eux sont comme ce petit galet gris et lisse qu'on ramasse quand on se promène, qu'on tient au creux de la main, qu'on examine dans l'espoir de découvrir qu'il s'agit d'un diamant rare, avant de le laisser retomber sur le chemin. La plupart du temps, c'est juste un caillou.
Des filles comme il faut de Nadia Daam
Puis, insidieusement, le ton change même s’il reste léger, et le sujet gagne en profondeur.

Adélaïde retire son pull et dévoile des avant-bras déliés dont l'un est orné d'un large tatouage. Les yeux de Milan s'affolent et quittent plusieurs fois la route. Il finit par lui demander ce qui habille son biceps depuis l'épaule. J'ai envie de répondre Bah c'est un oiseau, ducon, j'le vois d'ici. De fait, ce n'est pas un oiseau ordinaire qu'Adélaïde s'est fait tatouer, mais un corbeau de trente bons centimètres. Elle en compte six autres ailleurs sur le corps, à des endroits qu'elle énumère: l'épaule, l'arrière du coude, l'aine, le poignet, derrière l'oreille. Dans un gloussement, elle refuse de dire où se situe le dernier. (J'ai tellement levé les yeux au ciel que je me suis auto-énucléée.) Milan, lui, se découvre une passion nouvelle pour les corvidés et l'assaille de questions. Je gobe mes confiseries au chocolat, écoutant cette parade nuptiale en Scenic d'une oreille distraite.…et les petits soucis deviennent des vrais problèmes. Des filles comme il faut qui n’ont pas dit leur dernier mot, pleines de force, d’humour et d’intelligence

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est quoi une « femme disparue » au juste ? Quand sait-on qu'elle a disparu ? À partir
de combien d'heures ? De jours ? Quel âge a-t-elle pour être considérée comme telle et par qui ? Par la police ? Par BFM ? Par Twitter ? Une femme disparue. Pas une enfant de sept ans en pyjama feutré par les lessives à quatre-vingt-dix degrés probablement kidnappée par un père divorcé, amer, propriétaire d'une Fiat Punto et qu'on espère discerner sur les images de vidéosurveillance d'une station-service d'Alicante.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Blanche a trente ans, un enfant, un amoureux sans intérêt et une capacité inouïe à échouer.
Licenciée après un accouchement traumatique, elle est bien déterminée à pleurer sur sa bière et sur sa médiocrité, quand elle croise une ancienne connaissance, star des médias au féminisme affirmé et photogénique. À sa grande surprise, celle-ci la prend sous son aile et lui confie un projet de podcast sur les disparitions volontaires. Un défi providentiel pour cette jeune femme velléitaire, accro à l'alcool et au regard masculin.

Blanche part mener l'enquête dans sa ville natale, sur les traces d'une professeure de lycée évaporée du jour au lendemain. Saisira-t-elle sa chance ? Trouvera-t-elle enfin sa place du côté des puissantes ? Pas sûr. Mais elle aura fait une découverte encore plus exaltante : les filles comme il faut, il ne faut pas trop les chercher.

Tous les silences ne font pas le même bruit

Choquant, bouleversant, intime… c’est une foule d’adjectifs qui me viennent après cette intense lecture.

Un livre à prendre dans son entier. A lire tout en empêchant son cerveau de lever la main et de crier oui mais moi…

Les « masculinistes» méritent tous de crever pour mille et une raisons, mais d'abord pour celle-ci : avoir discrédité, avili, terni, déconsidéré, sali, flétri, enlaidi, frelaté l'ensemble des attributs traditionnellement associés au genre féminin.
Tous les silences ne font pas le même bruit de Baptiste Beaulieu
Le témoignage magnifique de la vie d’un homosexuel (homme blanc et d’un milieu aisé), de son enfance à aujourd’hui avec toutes les frustrations, salissures et humiliations… mais aussi les belles rencontres, la famille, l’amour et les amitiés.Toi, ce que tu veux savoir, c'est pourquoi, si les hommes aiment vraiment leur femme, ils la quittent quand elle tombe malade, c'est-à-dire quand ils ne peuvent plus avoir le sexe gratuit. Le ménage gratuit. Les lessives gratuites.
Il existe des études. Tu ne sors pas ça d'une étude from your ass. C'est documenté : à l'annonce d'un cancer, une femme aurait six fois plus de risque d'être quittée qu'un homme*. Et c'est le même chiffre avec d'autres maladies (par exemple sclérose en plaques). Tu ne serais pas étonné que ces chiffres soient les mêmes quand ce n'est pas la femme mais l'enfant du couple qui tombe malade.
À tout cela, par habitude, on a donné le nom d'amour.
Mais où est l'amour là-dedans ?A l’heure de la montée des masculinistes (y en a-t-il plus ? Je ne sais pas, mais en tout cas, ils se permettent de faire de plus en plus de bruit) et des fascismes décomplexés, il est important de comprendre leur toxicité, leur violence, leur haine ! Que ce soit pour les femmes, les homos ou toutes les minorités…

Une nocivité qui, finalement, touche toute la société si on l’observe sous l’angle de l’intersectionnalité

Le concept d’intersectionnalité dans le cadre de la réussite universitaire au Canada

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tu es enfant, c'est dimanche soir, tu es installé sur le divan en osier, dans les bras de ta mère, merveilleux bras qui n'ont jamais trahi, jamais manqué à leurs devoirs. Tu portes un pyjama bleu en pilou-pilou, tu as glissé tes pieds nus sous les cuisses de ton père pour les tenir au chaud.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tu es un garçon de 8 ans. Un dimanche soir, en famille, tu regardes un film qui se moque d'un couple d'hommes. Qu'y a-t-il de si drôle ?

Tu deviens un adolescent que l'on insulte : « Sale pédé ! » Tu contemples l'eau noire du canal du Midi, prêt à abandonner. Sur tes épaules, un sac à dos rempli de pierres et ton secret.

Te voilà jeune homme, tenant la main de ton amoureux au risque d'être tabassé, puis père à ton tour. Un médecin révolté, un écrivain qui ne peut plus se taire.

C'est l'histoire d'un homosexuel, aujourd'hui, en France. Son récit nous fait entrer dans sa peau et adopter son regard. Il raconte les préjugés, le harcèlement, la mise à l'écart et les silences qu'il doit affronter. Il y a l'homophobie qui nous révolte et celle que l'on ne soupçonne pas, logée en chacun de nous.

Un grand texte, bouleversant et universel.

Phallers

Voilà un petit bouquin qui vaudrait bien 5 étoiles rien que pour son trigger warning hilarant ! Merci Chloé de penser à nous, petites choses fragiles !

Calmez-vous, Messieurs, ça va bien se passer
Le trigger warning est un avertissement au public. Il prévient qu’une œuvre contient des éléments pouvant déclencher le souvenir d’un traumatisme.
Personnellement je ne suis pas pour, mais il faut tout envisager tant la situation est actuellement tendue.
Certaines diront que, une femme étant agressée sexuellement ou violée toutes les sept minutes, ce qui se passe dans cette fiction relève du cathartique.
Certains agiteront Freud, tous les petits garçons connaissent « l’intense angoisse de castration ».
C’est par égard pour eux que se trace cet encadré.

Et si certaines femmes, par la grâce du fantastique, devenaient des super héroïnes ?

Marcia a beau parler de légitime défense autant que de protection, Violette reste lucide : faire imploser les bites, elle sait que c'est illégal. Mutilation génitale d'un humain, quand bien même en réponse à un viol ou une agression sexuelle, quelque chose dans sa tête lui hurle que si la police, suivie par la justice, suivie par les médias, découvrait ce qu'elle a fait et tout ce qu'elle pourrait faire, ses chances de s'en sortir seraient égales au néant.
Phallers de Chloé Delaume

Une bonne blague, (zut, c’est juste une blague ?) sans beaucoup plus de prétentions, mais qui m’a bien fait rigoler !

… Et derrière la blague… toutes les sept minutes !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Noël se meurt dans les vitrines de la galerie marchande.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Comment cela a été rendu possible, personne n'en sait rien. C'est en train d'arriver, c'est tout. Ainsi, très soudainement, un certain nombre de filles et de femmes ont la capacité psychique de faire imploser les phallus. Ces super-héroïnes d'un genre particulier ont pour nom les Phallers.

Violette a dix-sept ans et se serait bien passée de cet étrange pouvoir. Mais elle aimerait, comme toutes, apporter une réponse à cette question cruciale qui hante notre société : comment faire pour que les hommes cessent de violer ?

Testosterror

Et si le plus gros problème de l’humanité venait d’une paire de couilles ?

Testosterror de Luz

Surpris par une épidémie qui s’attaque à leur production hormonale, les virilistes paniquent !

C’est drôle, délirant, absurde, extrême et pourtant… tellement crédible !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le dimanche, chez moi, ça a toujours été sacré.
Grasse matinée, grillades, rosé bien frais, sieste devant la télé...
Une seule règle d'or...
.. Jamais de sport.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Tu ne pleures pas, Jean-Pat, tu sues des larmes de colère. »

Un virus fait chuter le taux de testostérone des hommes... et se répand sur la planète !

Jean-Patrick, concessionnaire automobile dans la zone d'activité commerciale de Saint-Pierre-Le-Caillou, panique et tente de se réfugier au sein de la secte masculiniste dirigée par Jo, son coach sportif.

Contaminé par le virus, Jean-Pat voit sa vision du monde changer... Mais alors qu'il se détache du mouvement viriliste, son fils s'y engouffre.

Notre héros parviendra-t-il à sauver son enfant des griffes d'un gourou macho ? Privée de testostérone, l'humanité sombrera-t-elle dans le chaos ? Quel secret la part de féminité de Jean-Pat renferme-t-elle ? Et si la vérité résidait dans les yeux de Champion, son irrésistible chien priapique ?