Le blanc à lunettes

Voilà un roman dur bien atypique que ce blanc à lunettes. Déjà il n’y fait pas froid… il se déroule au Congo belge et la température (élément essentiel chez Simenon) y est étouffante. En Afrique coloniale, donc. Et c’est vraiment là que ce récit est le plus dérangeant : plongée dans les colonies ! Et ça pue bien comme il faut, ne serait-ce qu’au niveau du langage.

Pour autant, difficile de voir ici une apologie du colonialisme (pas plus que qu’une dénonciation d’ailleurs), Simenon se contentant d’y décrire les relations humaines coloniales. Témoignage dérangeant… Mais y était-il allé alors ?

Voilà ! En sortant de la chambre de lady Makinson (la montre de Graux marquait deux heures dix du matin !) il avait tourné machinalement le commutateur électrique.Et Ferdinand, en se dressant comme il l'avait fait, avait dévoilé la négresse roulée en boule au creux des draps. - am sorry... Il éteignit, rentra chez lui tandis que Camille, non réveillé, poussait un grognement, se soulevait pour un nouveau retournement.- am sorry... Baligi était éveillée, évidemment. Elle ne bougeait pas, n'osait plus respirer. Elle savait que cela n'aurait pas dû arriver, que cela ne devait jamais arriver. Quant à Graux, il pensait et c'étaient des pensées hargneuses qu'il n'aimait pas. Un quart d'heure durant il toléra la négresse près de lui, puis il murmura comme elle s'y attendait.- Va chez toi...Car elle avait sa natte par terre, dans la cuisine, près du fourneau à gaz de pétrole.
Le blanc à lunettes de Georges Simenon
Curieux roman dur également car c’est plutôt d’une bien malheureuse romance dont il s’agit ici. Une passion qui emporte un homme.

Mais là encore, il est intéressant de voir la position des femmes. Et franchement, zéro pointé ! Là aussi.

Un excellent roman donc, pour qui souhaite plonger dans la fin des années 30 et d’y comprendre le privilège des classes et de l’homme blanc.

Beuark !

Adapté pour la télévision en 1995 par Édouard Niermans avec Laurent Grévill, Catherine Mouchet et Lynsey Baxter
Tous les romans durs de Simenon
20. Le blanc à lunettes
19. L’assassin 21. Faubourg
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
- Tu entends, Georges ?
Le mari sursautait, son verre de bière à la main.
- Quoi ?
- Ferdinand dit que le seul moyen de se désaltérer, c'est de boire du thé brûlant...
- Je sais !
- Alors, pourquoi bois-tu de la bière ?
- Parce que je n'aime pas le thé !
- C'est ta quatrième bouteille aujourd'hui...
- Est-ce que je te demande combien de cigarettes tu as fumées?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ferdinand Graux, un jeune colon du Congo belge, est surnommé Mundele na Talatala, le Blanc à lunettes. Sur le point de se marier, il trouve un jour sa chambre occupée par lady Makinson. Et voilà sa vie transformée, bouleversée...

Swamp : un été dans le bayou

Très belle bande dessinée aux graphismes naïfs et enfantins mis en valeurs par des aquarelles qui rendent ces images du bayou et de la Louisiane très vivantes.

Swamp : un été dans le bayou par Johann G. Louis

Au travers d’une rencontre d’enfants, Louis raconte la pauvreté, les inégalité, le racisme, la ségrégation, le Ku Klux Klan, les « disparitions », les marais et les hypocrisies religieuses. Mais aussi – et surtout – tous leur contraires, à commencer par l’amitié ou l’humanisme

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Blackwater blues done called me to pack m things and go...
'Cause my house fell down and I can't lie there no more


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Louisiane, fin des années 1930.

En ce début d'été, il ne se passe jamais rien à Sunny Point, petite ville perdue au fin fond du bayou. Si bien que lorsque le bus arrive en ville, c'est toujours la promesse d'un bon divertissement ! Quand deux jeunes amis, Otis et Red, assistent à l'arrivée de Shelley, une petite fille pleine de secrets, ils sont loin de se douter qu'ils vont vivre un été inoubliable et fondateur.

Mais en enquêtant sur le meurtre d'un homme noir par d'inquiétants hommes à capuche, Otis et Red s'éveillent à la réalité de la ségrégation raciale.

Un grand récit romanesque qui fleure bon la littérature américaine (Mark Twain, Harper Lee, Truman Capote) signé Johann G. Louis (La Petite Dernière)