Départ

Avec un style magnifique, Départ raconte la chute d’un homme. Travail, famille, confiance en soi, capacité à se projeter… il ne reste rien, un homme déchu.

tu demandes : c'est quoi là, sur la tempe ─ le début d'une cicatrice, je dis. Puis j'entends le clac clac de tes sabots qui repartent, qui s'éloignent. Tes jambes souples de danseuse de ballet.
Tu sais Christine, en amour je suis décevant
médiocre même si Regina au début prétendait
tu es un dieu,
je sais
mes cigarettes et lunettes noires produisent leur petit effet mais,
te fais pas d'illusion, Christine.
La vie m'a démoli.
Départ de Claire Genoux
Un homme cassé.

Un petit livre où la forme épouse le fond avec beaucoup de tendresse

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Regina me laisse mes caleçons, quelques chemises,
lorsqu'elle dit
dehors
tu habites plus ici,
un matin elle me met à la porte, je buvais mon café sur la table, des toasts et du beurre, pour les petits des céréales, je fumais ma cigarette et ouste.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Trois femmes dans la vie d'un homme en chute libre

Un homme installé dans un quotidien un peu gris mais sans histoire se retrouve chassé de chez lui par son épouse, confronté au prévisible éloignement de ses enfants devenus grands, et propulsé dans l'âpre réalité du travail sur un chantier après la perte de son emploi de bureau. Dès lors, le protagoniste navigue entre la méditation sur son passé et la difficile reconstruction de sa vie. Subissant les événements, notamment avec les femmes, son épouse et sa cheffe de chantier, il échoue à s'engager auprès de la figure potentiellement rédemptrice qui croise son chemin. Partant d'une situation ordinaire d'incertitude, c'est tout l'art de Claire Genoux de nous conduire de cet ordinaire vers l'envoûtement ; et cela au moyen d'une langue tantôt rugueuse, tantôt poétique, éminemment sensuelle, toujours dans une recherche parfaite d'équilibre entre le sens et le style.

Quartier nègre

Coincé en Amérique du Sud après la faillite de l’entreprise qui les y a envoyé, le couple Dupuche peine à réagir. Pise en main par les expats français Germaine arrive à peu près à s’en sortir alors que Jo s’enfonce dans l’alcool de mauvaise qualité et s’en va vivre avec une (très) jeune femme noire.

Qui est-ce qui aurait pu comprendre ces choses-là comme lui ? Il ne se fâchait jamais. Il n'en voulait à personne, même s'il pensait à la rue ensoleillée d'Amiens où il traçait des cercles à la craie sur le mur de l'école pour tirer avec un fusil à air comprimé.
M. Philippe non plus ne disait jamais rien. Il avait les mêmes yeux qui semblaient vides, parce qu'ils regardaient en dedans !
Quand Dupuche avait bu ses deux verres de chicha, il traversait la voie du chemin de fer, à côté de la gare. Il subsistait une bande de sable entre le talus et la mer, à cent mètres à peine de la rue bétonnée et des grands bazars.
Et là, il y avait des huttes, quatre exactement, des huttes pareilles à celles du centre de l'Afrique.
On n'était plus à Panamá, ni en Amérique centrale. On n'était nulle part: en plein air, parmi l'herbe et le sable gris, de vieilles caisses devenaient des tables et des enfants tout nus se traînaient par terre.
Quartier nègre de Georges Simenon
Un roman des années 30, du temps des colons, du racisme, des castes et des classes.

Une histoire sans fards, moche, sale, puante. Et pourtant, comme à son habitude, Simenon dépeint avec le plus de réalisme possible ce qu’il voit. Une veule humanité

Adapté en téléfilm par Pierre Koralnik en 1990 avec Tom Novembre, Fabienne Babe, Jean-Paul Roussillon et Jacques Denis
Tous les romans durs de Simenon
18. Quartier nègre
17. Long cours 19. L’assassin
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
─ Je ne vois que des nègres, avait murmuré Germaine, alors que le navire manœuvrait encore et que, du haut du pont-promenade, elle voyait se rapprocher lentement un quai où attendaient deux rangs de dockers noirs.
Et son mari avait murmuré sans conviction :
─ Évidemment !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
L'Amérique du Sud, cela peut faire rêver. Le canal de Panama... les Antilles... la jeune puissance américaine qui grandit, la fortune possible et l'exotisme des paysages, l'excitation de l'aventure, le risque de croiser d'anciens forçats de Cayenne...
Cela peut aussi devenir l'enfer : une mort lente sous tropiques. Joseph, fiancé depuis deux et marié depuis peu, débarque à Panama la zone du Canal. Il croyait faire escale se retrouve bloqué. La compagnie qui l'embauchait a fait faillite.
Plus de ressources. d'argent. Joseph ne sait plus que faire. Son épouse, si jeune, le regarde autrement. Que sait-il d'elle finalement ? Que sait-elle de ? Entre espoir, survie et quartier réservé aux putes à matelots, quelle sera la fin ?

Tu t’appelais Maria Schneider

Une famille dysfonctionnelle, une mère qui ne sait aimer sa fille, un père lointain, une starification trop rapide, trop belle, l’agression sexuelle du « dernier Tango à Paris »… il y avait bien des raisons pour que cela tourne mal…

Tu t'appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider
Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider

Et tout ne se passe effectivement pas très bien… drogue, descente aux enfers… et pourtant, cette vie fut belle, avait elle confié à sa cousine quelques jours avant sa mort.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Tu étais libre et sauvage. D'une beauté à couper le souffle. Tu n'étais plus une enfant, pas encore une adulte quand tu enflammas la pellicule du Dernier Tango à Paris, un huis clos de sexe et de violence avec Marlon Brando.
Tu étais ma cousine. J'étais une petite fille et tu étais célèbre. Tu avais eu plusieurs vies déjà et de premières fêlures. Tu avais quitté ta mère à quinze ans pour venir vivre chez mes parents. Ce Tango marquait le début d'une grande carrière, voulais-tu croire. Il fut le linceul de tes rêves. Tu n'étais préparée à rien, ni à la gloire, ni au scandale. Tu as continué à tourner, mais la douleur s'est installée.
Cette histoire, nous nous étions dit que nous l'écririons ensemble. Tu es partie et je m'y suis attelée seule, avec mes souvenirs, mes songes et les traces que tu as laissées derrière toi. Ce livre parle beaucoup de toi et un peu de moi. De cinéma, de politique, des années soixante-dix, de notre famille de fous, de drogue et de suicide, de fêtes et de rires éclatants aussi. Il nous embarque à Londres, à Paris, en Californie, à New York et au Brésil. On y croise les nôtres et ceux qui ont compté, Alain Delon, Brigitte Bardot, Patti Smith, Marlon Brando, Nan Goldin...
Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c'est le récit que tu aurais souhaité, mais c'est le roman que j'ai voulu écrire. »

Blonde à forte poitrine

Difficile, dès le début, d’imaginer une fin heureuse. Trop candide, trop sexy… le prix à payer sera évidement exorbitant.

Blonde à forte poitrine de Camille de Peretti
Blonde à forte poitrine de Camille de Peretti

Un livre très touchant sur une poupée de fantasme dont on préfère généralement éviter de savoir qui elles sont et ce qu’elles vivent.

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La fille pourrait lécher sa peau et s'en nourrir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« La fille était le fantasme absolu, la vierge et la putain réunies. Incroyable, inconcevable que personne ne l'ait encore remarquée. C'est de cette façon qu'il en parlerait à la presse par la suite, la version officielle du moins, et quand on lui demanderait de se justifier, il ferait le parallèle avec les chercheurs d'or : elle était la pépite d'une vie, elle était exceptionnelle. »

À 17 ans, Vickie, jeune fille naïve d'une petite ville texane, tombe enceinte de son copain. Rejetée par sa mère et bientôt par sa belle-famille, elle trouve refuge dans un club de strip-tease avec son bébé. Un peu trop grande, un peu maladroite, elle est pourtant vite remarquée pour le pouvoir d'attraction qu'elle exerce sur les hommes. De playmate à star de la téléréalité, son ascension sera fulgurante. Mais qu'il est dur de rester soi quand le monde entier convoite votre corps...