Une romance comme si vous y étiez (si vous êtes un homme)
C’est tendre, doux et sensible, et ça goûte comme la vraie vie vue à la télé. Délicieusement kitsch et superbement interprété.
Des points de vue intimes aux superbes crayonnés
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je sais pas, tu me regardes...
Il la rencontre, un soir, dans une bibliothèque universitaire. Elle est étudiante, elle est séduisante, elle l’émeut immédiatement. Il va entreprendre de la conquérir, sans brusquerie, à pas comptés…
De lui, on ne saura rien, ou presque. Mais l’on saura tout, en revanche, de la manière dont il la découvre et l’observe, dont il la désire, et de sa manière à elle de s’exposer, parfois plus et parfois moins, à ce regard masculin saisi par le sentiment amoureux. Car toute la narration de Dans mes yeux ─ et c’est là l’un des tours de force de cet album véritablement bluffant, tant dans la forme que dans le fond ─ est menée de A à Z en caméra subjective et à hauteur d’homme, comme pour mieux convoquer le lecteur au cœur même de cette patiente, lente et profonde entreprise de séduction, du point de vue de ce narrateur silencieux dont on ne verra jamais le visage, dont on n’entendra jamais les mots. Tous les menus événements ordinaires d’une vie de jeune adulte d’aujourd’hui s’y égrènent tranquillement ─ l’inviter au restaurant, au cinéma, l’écouter se raconter, subir ses copains rencontrés au détour d’un trottoir, aller ensemble à une soirée d’anniversaire… ─ portés par une inventivité graphique et une justesse d’observation peu communes.






![Em Corée, le statut social repose sur un modèle très strict[e]. Encore aujourd'hui, un homme ne peut prétendre devenir un bon père de famille que s'il a effectué son service militaire et qu'il a un métier. Chan-Wook, qui était toujours étudiant, avait donc, sans surprise, préféré rompre tout contact avec Joy, en apprenant la grossesse de cette dernière.](https://i0.wp.com/www.noid.ch/wp-content/uploads/2025/08/destins-coreens.jpg?resize=660%2C667&ssl=1)



![Sylvain ouvrit le frigo, en sortit la dépouille du jour soigneusement rangée dans sa housse et la transporta jusqu'à la table de préparation. Il sentit, comme toujours, l'excitation monter en lui au son de la fermeture Éclair glissant entre ses doigts gantés ; l'enthousiasme d'une nouvelle découverte, d'un nouveau voyage dans les profondeurs d'une peau humaine, d'une nouvelle rencontre, intime et éphémère, qui viendrait, comme toutes les autres, nourrir son univers.
De Catherine émanait un délicat parfum floral, à dominante d'iris. Son maintien élégant, soigné, empreint de bon goût bourgeois, son corps resté séduisant en dépit de l'âge et de la maladie, son brushing gris à peine défait [...]](https://i0.wp.com/www.noid.ch/wp-content/uploads/2024/08/le-parfum-des-cendres.jpg?resize=660%2C338&ssl=1)