Bruxelles, attends-moi, j’arrive !

Pour un premier petit livre en nom propre, voilà une jolie parution. Fraîche et enlevée (comme semble l’être son autrice) !

Femme battante aux activités multiples, Suzanne n'avait toutefois pas été chanceuse en amour durant les dix-sept années la séparant de son divorce : pervers narcissique, mythomane, ancien meurtrier, alcoolique paranoïaque, toxicomane, borderline, elle avait presque épuisé l'inventaire des désordres psychiques et des tares possibles. Épicurienne très portée sur la gaudriole, elle n'en cherchait pas moins une relation durable mais choisissait mal ses amoureux qui se révélaient être finalement des amants honorables mais jamais des compagnons.
Bruxelles, attends-moi, j’arrive ! de Sarah Des Hesses
Une histoire de rencontres à plusieurs niveaux. Genève et Bruxelles qui semblent si différemment similaires. Et leurs habitants ?

Après de longues années de célibat et fraîchement licenciée, Suzanne va-t-elle retrouver… Mais que cherche-t-elle, d’ailleurs ?

La vie au tournant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Genève offre une météo clémente en cette journée ensoleillée de début août 2024. À la rue de l'École-de-Médecine, le bar « L'Établi », véritable institution genevoise, voit sa terrasse et son arrière-cour bondées et résonner des rires et bavardages d'une belle jeunesse. Une cliente, une seule, a choisi de rester à l'intérieur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Suzanne, Genevoise et fraîchement licenciée, boit une caïpirinha dans un bistrot genevois et voit soudain Bruxelles envahir son esprit. Elle travaille à comprendre cette obsession et écrit ses conclusions dans son cahier rouge, objet transitionnel et fil conducteur de la narration. Et puis, soudain, tout s’aligne, sa vie bascule, Bruxelles y prend sa place, sa plume aussi, et d’autres surprises surviennent.

Au travers d’une approche à la fois légère et documentée de la sororité belgo-suisse, c’est une histoire particulière qui peut être celle de nombreuses femmes. Les thématiques du tournant de la vie, de l’intuition (la « petite voix »), du désir d’écrire et de la rencontre amoureuse s’y entremêlent, avec une mise en abyme de l’écriture de l’ouvrage lui-même.

Les justiciers de l’ombre

Habitant Genève, c’est avec délice que j’ai lu ce polar qui s’y déroule. Pourtant, pas de grande littérature ici, non, au contraire, même.

Jaroslav Kravic et ses mercenaires sont réunis à Bratislava, dans une des nombreuses caves voûtées de la vieille ville, magnifiquement restaurée.
Les justiciers de l'ombre se savent traqués.
Nous ne cesserons jamais la lutte, assène le Polonais, mais nous devons pour l'instant, réduire nos actions au minimum et communiquer uniquement par messages cryptés. Je vais moi-même quitter la Tchéquie et me rendre dans un pays où personne ne pensera à me chercher. Mais n'ayez crainte, un jour, nous ou nos successeurs reprendrons la chasse aux mécréants.
Les justiciers de l’ombre de Robert Jordan
Et pourtant, cette écriture au style plat (voir absent) apporte un petit charme un peu naïf à ce polar où se mêlent franc-maçonnerie, groupuscules d’extrême-droite et opéra.

Un petit livre à réserver aux régionaux ou au personnes qui seraient attachées à Genève, son Grand-Théâtre ou Mozart

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Salzburg (Autriche) de nos jours...
Le festival de musique bat son plein.
Nous sommes en août, le temps est splendide et la ville baroque, qui a vu naître le grand Mozart en 1756, brille de mille feux.
Elle a aussi vu naître, en 1908, le célèbre chef d'orchestre Herbert von Karajan.
Ses palais, ses églises et ses rues étroites enchantent les nombreux touristes et amateurs de grande musique, venus du monde entier.
L'immense forteresse de Hohensalzburg domine toute la ville. Un vieux funiculaire permet d'y accéder en quelques minutes.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Les deux policiers présentent leurs cartes et le patron du Grand Théâtre les invite à s’asseoir.
Puis s’adressant à Passard :
– Que puis-je pour vous commissaire ?
L’homme a un visage rond, une chevelure noire abondante, une carrure massive. Il paraît encore assez jeune, la cinquantaine au maximum.
– Je dois malheureusement vous annoncer une mauvaise nouvelle : le Maestro Karl Schaugel ne viendra pas. Il a été assassiné ! »

Quand le célèbre chef d’orchestre Karl Schaugel est retrouvé mort dans un train à son arrivée à Genève, la scène artistique retient son souffle. Nous retrouvons le commissaire Sébastien Passard, qui sera chargé d’enquêter sur cet assassinat signé d’un nom mystérieux : les Justiciers de l’ombre. Très vite, les recherches s’orientent vers un groupuscule radical, antisémite et antimaçonnique, dont les racines plongent dans l’Europe du XVIIIe siècle. De Genève à Prague, en passant par Vienne, Nuremberg ou Salzburg, la narration alterne entre passé et présent, et explore les résurgences inquiétantes de l’extrémisme en Europe. La tension monte jusqu’au soir de la première de Don Giovanni au Grand Théâtre de Genève, où tout pourrait basculer…

Comment devenir

Une galerie de portraits criants de vérité, adolescences qui se cherchent (adolescences qui durent parfois longtemps et qui se reconnaissent souvent dans ce qu’elles sont niées).

Comment devenir de Baladi
Et ces clichés n’ont guère pris de rides, au plus pourrait-on en ajouter certains nés avec Internet et les réseaux sociaux.

Un collector à dénicher absolument, un recueil de miroirs hilarants autant que fidèles, une pépite pleine d’amour pour la dangereuse Océanne

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Rencontrée dans un train entre Paris et Genève, Océanne m'est tout de suite apparue comme l'incarnation superbe de la souffrance et la cruauté mêlées...
Alors, évidement je suis tombé amoureux !...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Toutes ressemblances avec des personnages existants ou ayant existé se limitent aux observations d'Océanne et moi-même

Et pour rentrer chez moi, je contourne l’ambassade de Chine

Il semblerait qu’Erida Bega sache tout faire ! Du violon, de la guitare, autrice, compositrice, interprète, shopping et… écrire. Et chaque fois avec talent !

Mon voisin de palier est parti comme une flèche, laissant derrière lui sa silhouette sportive. Footballeur, m'étais-je dit. Je n'avais encore jamais rencontré une pareille beauté. Le genre de perfection qui produit un doux hérissement des poils, bloque le souffle. D'un pas vif, il s'est éloigné rapidement de ma vue. J'ai eu l'image d'un paysage inaccessible où l'homme n'a pas encore construit de route. Je ne pouvais que rester sidérée devant une telle beauté, et l'envie de remplacer mon chignon par une robe m'a prise de court. Mes jambes maigrichonnes, écartées d'un bout à l'autre, laissant circuler les courants d'air, je les ai jugées sévèrement, et l'impatience de voir mes seins grossir fut subite.
Et pour rentrer chez moi, je contourne l’ambassade de Chine de Erida Bega
C’est tendre, doux, nostalgique et malicieux. Elle nous parle de l’enfance et de l’attachement. Mais aussi, fatalement, de cet instant où l’on quitte, on déménage, on émigre.

C’est l’enfance en Albanie, vue par les yeux d’une petite fille. Mais aussi de Genève, vue par les yeux d’une femme

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
À 19 h, ce jour-là
Souvent, je crains l'arrivée du soir. À 19 h, je ressens un creux à l'estomac. Certainement la faim. Je n'ai qu'une envie: partir du bureau vite, m'échapper. De l'air, de l'air ! Comme si j'avais retenu mon souffle la journée entière.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le compte à rebours arrivait à son terme. Il fallait encore traverser le dernier jour dans des conditions supportables. J’avais vécu ce déménagement comme une milicienne dans des récits de guerre. Des sentiments homériques et audacieux bousculaient mon quotidien. J’imaginais ma grand-mère, jeune et belle, devant cette maudite grenade qui avait emporté sa jambe et sa jeunesse. Alors que je craignais les séquelles dans mon âme face au claquement définitif d’une simple porte.

Tirana, 1988. Alors qu’une jeune fille apprend que sa famille va déménager, c’est tout son équilibre qui vacille. Genève, trente ans plus tard, devenue femme, elle fait une rencontre impromptue à travers laquelle ressurgit l’Albanie communiste de son enfance. Un texte vif et frais, qui questionne avec malice le déracinement ainsi que le poids des souvenirs.

Je vous écris de Porrentruy

Voilà bien un livre qui réjouira tous les helvètes et évidement les jurassiens… à l’exception peut-être des genevois un peu trop fiers, gaussés de leur prétendue importance, repus, fats et vaniteux.

Quand elle survient, le 1 août, Suisses et non-Suisses se réunissent autour de feux de joie que surveillent attentivement les pompiers, car en Suisse on est prudent. Les enfants portent des lampions et les sapeurs veillent. Les édiles font des discours. Plus ou moins les mêmes à chaque fois, sauf la fin qui cible et qui flatte généralement la commune d'accueil. La fanfare joue le Cantique suisse, hymne national dont le nom est honnête puisqu'il en dit l'ennui et la lenteur. Dans les champs où sont dressées de grandes tentes, on va manger des frites que les sociétés locales décon gèlent dans des machines louées comme le Seigneur et des saucisses servies avec de la moutarde Thomy. L'armée, la monnaie et le schüblig scellent la nation.
A me lire ça ne se voit pas, mais j'adore ces moments villageois.
Je vous écris de Porrentruy de Andre Klopmann
Car oui, la grande Genève s’en prend un peu plein sa légendaire grande gueule. Et c’est très drôle !

Alors certes, ce n’est pas si drôle que ça, parce que derrière l’humour – oui, j’ai bien ri – se retrouvent bien des vérités que les petits roitelets aveugles préfèrent ne pas regarder, préférant l’entre-soi suffisant autour d’un Spritz à la Clem…

… tant que ça dure

Allez, on se tire aussi ?

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je vous écris de Porrentruy.

C'est inattendu et moi-même je m'en étonne.

Beaucoup de mes proches quittent Genève. Le plus souvent, ils s'installent en Valais. Moi, c'est le Jura.

De Genève, je connais chaque pierre et chaque brin d'herbe par son prénom. Je pensais ne jamais la quitter. Oui, la quitter, parce que Genève est féminine. Déjà là, on flaire la coquetterie.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Genève se tient en haute estime mais ses veaux d’or vacillent. Elle répète des mantras, les cales prennent l’eau et la société se fend comme la coque du navire. Elle s’agite dans l’insouciance du naufrage qui vient.

Un peu plus loin, le Jura, terre de luttes devenue indépendante à coups de bélier. L’auteur découvre en Ajoie une histoire singulière et puissante dont il s’empare.

Il suit les traces de la Mère Royaume, de Guillaume Tell et de la Sorcière d’Asuel. Il voit apparaître un trésor et va commettre un crime. Vrai ? Faux ?

Ce roman au vitriol questionne les mythes et les illusions collectives. C’est un récit sur le pouvoir, sur les valeurs et sur l’esprit de révolte.

Histoires courtes

Des petites nouvelles dans le ton de Laurence Boissier. L’humour est discret, élégant, presque absent. Comme un filigrane sur ces tranches de vie.

MACHINES DE CHANTIER
Mon petit garçon est par ailleurs parfait mais se méfie beaucoup du changement. Aujourd'hui, je l'emmène à la crèche en après-skis bien que nous soyons déjà en juin (en décembre il réclamera encore ses sandales). En chemin, nous étudions les pelleteuses. Nous avons de la chance car nous habitons près d'une ligne de tram en construction. Nous nous approchons d'une rangée de pelleteuses jaunes qui ressemblent en tous points à celles de son livre préféré qui s'intitule « machines de chantier », d'un certain Samuel Legris. Il s'agit d'un ouvrage illustré fort bien documenté qui m'a appris une foule de choses concernant les chantiers (presque à mon corps défendant).
Histoires courtes de Laurence Boissier

Instantanés dérisoires et intensément vivants

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Putain ! Encore Josepha avec son putain de sucre ! On s'en fout plein les chaussures ! Elle a encore frappé fort ! Sa montagne de sucre dégouline jusque dans les escaliers.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les Beaux-Arts
La toute petite chemise de nuit
Machines de chantier
Le malentendu
Bérangère
L'école
Mes enfants ont faim
Une balade au parc
Elise
La salade nage toutes feuilles dehors
Le saloon

Londres 13h30

Quelle émotion de retrouver Laurence Boissier en librairie, de découvrir cet impublié et d’y retrouver son humour tout en finesse et légèreté. Certes, c’est avec appréhension que j’ai ouvert ce petit livre, craignant d’y trouver un brouillon inachevé. Mais non, c’est bien l’autrice de Safari et de l’Inventaire des lieux qu’on retrouve ici. Un bonheur qu’il ne fallait pas laisser dans un carton poussiéreux.

Émilienne
Ce matin Émilienne réalise l'un des quelques fantasmes qui parcourent l'histoire universelle des femmes d'un bout à l'autre. Elle commande son expresso habituel au Passeport. Son garçon de café préféré le lui apporte, mousseux. Comme au ralenti, il le pose devant elle sur la table, puis le verre d'eau. Et là, au lieu de s'éloigner pour servir d'autres clients, il plante un deuxième expresso sur la table et s'assied. Sourire jusqu'aux oreilles. Le mythe du garçon de café inaccessible s'est écroulé ce matin. Et c'est elle qui était là.
Londres 13h30 de Laurence Boissier
Merci art&fiction, à la famille et à toutes et tous ceux qui ont permis à ce petit bijou de voir le jour.

Des histoires de vies qui se croisent et s’entrecroisent à l’aéroport de Genève, à déguster avec émotion en regardant les cirrus homogenitus dans le ciel

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
En allant chercher ses enfants à l'école à quatre heures, une fois de plus, Émilienne s'étonne. Tom sort très posément, scanne rapidement les environs, puis se dirige vers elle sans hésiter. Elle est émerveillée de voir comment, à chaque fois, il trouve exactement la maman qu'il lui faut.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Assise chaque jour au bar de la halle Arrivée de l’Aéroport de Genève, Émilienne tente de surmonter le plus irréparable des événements: la mort de son père, son papa, passager parmi d’autres du vol de Londres 13h30 et dont l’avion s’est abîmé dans la Manche. Observatrice à l’affût, elle documente dans son journal le passage des voyageurs. « Londres 13h30 » est le premier roman adressé par Laurence Boissier à art&fiction. Le manuscrit a disparu, longtemps, puis a réapparu subrepticement à l’occasion d’un rangement, rappelé à l’existence après la disparition de son autrice.

Albert Cohen et Genève : guide littéraire

Ce petit guide Cohen-Genève est un petit trésor d’anecdotes et d’humour.

« Jamais plus je ne la verrai
descendre du train, épanouie, confuse. Jamais plus ses valises démantibulées, pleines de cadeaux qui la ruinaient.
C'était sa grande aventure, ces expéditions vers son fils, longuement préparées et économisées. Son souci de faire bonne impression à la gare et ses vertueuses élégances, le premier soir de l'arrivée. »
Albert Cohen et Genève : guide littéraire de Pierre-Louis Chantre, Marie-Luce Desgrandchamps, Idit Ezrati Lintz, Thierry Maurice, Bruno Racalbuto, Noémie Sakkal Miville et Yan Schubert
Au travers de la brève biographie d’introduction, les liens entre l’auteur et la ville du bout du lac apparaissent rapidement pour tisser leur forte relation.Albert et Bella Cohen quittent la rue du Léman pour emménager dans le quartier de Champel en 1962. Cet immeuble moderniste caractéristique du courant architectural de l'époque vient d'être achevé. Le quartier est alors en pleine mutation et accueillera la synagogue Hekhal Haness, qui y sera édifiée entre 1970 et 1972. Les époux vivent au septième et dernier étage du bâtiment, depuis lors surélevé de deux niveaux.
C'est à l'intérieur de ce logement surchauffé, derrière de larges baies vitrées, souvent obscurcies par de lourds rideaux de velours brun, qu'Albert Cohen passe désormais la majeure partie de son temps. Il y finalise Belle du Seigneur, qu'il dicte à Bella.L’occasion de parcourir Genève et de goûter à toute la finesse de l’humour d’Albert Cohen au travers de ses petites piques sur la ville et ses habitants qui parsèment ses écrits

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
« Albert Cohen, le plus grand écrivain genevois depuis Jean-Jacques Rousseau » titre la manchette de la Tribune de Genève au lendemain de la mort de l'auteur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Albert Cohen (Corfou, 1895 - Genève, 1981) a vécu près de cinquante ans à Genève, où il a écrit la majeure partie de son oeuvre.

Ce guide littéraire interroge les rapports contrastés de l'écrivain à la Cité de Calvin. Il propose six promenades explorant vingt-neuf lieux emblématiques, des organisations internationales à Cologny, en passant par la Vieille-Ville, le Jardin Anglais et le parc des Bastions. Une riche introduction, des notices illustrées, des citations, des cartes et des documents inédits restituent la géographie personnelle de l'auteur de Belle du Seigneur.

Prodigieux satiriste, incurable inquiet, autofabulateur, Cohen fut dans sa ville d'adoption étudiant en droit, militant sioniste, fonctionnaire international, et écrivain consacré.

Nafasam

Un livre beau comme l’amour, dépaysant comme l’exil, questionnant comme la religion, délicieux comme le tadig et triste comme la maladie.

La cuisine iranienne s'apprend en secret. Tu ne poses pas de questions. Tu ne demandes pas. Tu observes. Tu goûtes. Tu traînes des heures entières en cuisine. Tu soulèves les couvercles. Tu te promènes avec une cuillère. Et tu regoûtes. Tu respires. Respire l'odeur. Et tu reconnais. Tu comprends. C'est cette épice qui donne ce goût-là. Tu regardes la viande qui mijote. Le mouvement de la très vieille cuillère en bois. Et tu enregistres. Tu apprends. Sans qu'on le sache. Tu deviens une femme qui sait faire.
Un jour, tu cuisineras au grand jour. Tu surprendras alors les autres femmes qui savent. Elles te regarderont autrement.
Nafasam de Chirine Sheybani

L’histoire d’une fille de famille juive ayant fuit le régime du Shah d’Iran pour les États-Unis et se retrouvant à Genève pour ses études et… Rencontrer Augustin. Une histoire d’amour au parfum des cuisines.

Sepideh attend. Encore une autre salle d'attente. Elle regarde le mur. Il n'y a pas de fenêtre. Elle aimerait voir dehors. Ça serait plus facile. Elle pense. Putain, quand même. Sepideh ne jure jamais. Et encore moins en français. Pourtant elle pense. Putain, quand même. Tu mets une vie à la construire. Une vie. Tu la construis. Tu t'appliques. Et c'est un château de cartes. Un souffle. Un coup trop fort. Et pouf. Tout tombe. Tout s'écroule. Toutes ces cartes que tu as disposées. Imbriquées. Toutes ces réflexions. Toutes ces hésitations. Pour faire bien. Pour faire au mieux. Tous ces choix. Toutes ces décisions. Et un jour. Un mec en blouse blanche. Te dit, ça ne va pas.

Une histoire de vie magnifique qui vibre au rythme des émotions

PS pour l’éditeur : Chères éditions cousu mouche, s’il vous plait, plus de polices sans-serif qui ne mettent pas vraiment en valeur vos textes. J’ai eu l’impression de lire un horaire de gare.

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Augustin est assis en tailleur sur le tapis.

Elle s'asseyait toujours en tailleur. Partout. Sur les chaises, les fauteuils. Les canapés. Et par terre, évidemment.

Il y a du soleil dehors. Doux. Un chuchotement de lumière.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Augustin et Sepideh. Deux destins. Une rencontre. L’histoire d’un amour. En allant picorer dans leur existence, Chirine Sheybani parle de culture, d’identité, de cuisine, de maladie et d’amour.

À travers le personnage de Sepideh, elle raconte le destin des juifs iraniens, exilés sur leurs terres, puis de par le monde. Elle évoque la dignité de ces hommes et de ces femmes qui se construisent sans racines.

Chirine Sheybani dépeint aussi, au fil de pages puissantes, le combat contre la maladie et le droit de chacun d’écrire le mot fin de son histoire.

Écrit dans un style âpre, haché, et maîtrisé, Nafasam vous entraîne au plus près d’un couple attachant, dans l’intimité de Sepideh la fière et d’Augustin le conciliant.

Rentrée des classes

Le mari d’Élise a disparu en mer. Elle reste seule avec ses enfants, Henri et Mathilde.

Rentrée des classes de Laurence Boissier

Comment la vie peut-elle continuer ?

Un livre très touchant oscillant entre l’émotion et l’humour. Une vie de famille démembrée qui continue dans son appartement, avec ses voisins et… le mythique musée de l’argenterie et de la porcelaine de Genève et son curieux directeur

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Andrew exerçait son métier de maître voilier dans un atelier au bord de la rade de Genève, à deux pas du jet d'eau. Il rentrait chez lui en traversant le pont du Mont-Blanc. Il était marié à Élise, une historienne de l'art avec laquelle il avait deux enfants, Mathilde et Henry. Tout allait bien pour lui, jusqu'à la fin de cet été 1973. À la rentrée des classes, quand la maîtresse demande à Mathilde quelle est la profession de son père, la petite fille répond simplement « disparu »