Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Mais qui est Gustave ?
Un crocodile, oui, certes !
Mais qui est vraiment Gustave ?Gustave de Marlo KarlenC’est l’histoire d’un départ à Barcelone avec Salomé… Mais Gustave ne supporterait pas le voyage… Et partir, c’est aussi quitter !
Une histoire aussi chou que surréaliste et aussi tendre que le sourire de Gustave Une toute petite lecture d’une grande poésie
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Depuis le hublot, les moutons sur l'eau dessinent des nuages.
Un ciel qu'on regarde la tête en bas.
Salomé a oublié sa main sur la mienne, sa tête sur mon épaule. Ses cheveux sentent le shampoing qu'on a laissé à la douane.
Ma bouche se contracte sur mes dents, je crois que c'est de la joie.
Si un jour je l'oublie, au moins ce sera écrit.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Gustave raconte l’histoire d’un départ. Avec son amoureuse Salomé, le narrateur prend la grande décision de quitter Genève pour Barcelone. L’occasion pour le narrateur de se séparer de son crocodile de compagnie, Gustave, qui le suit depuis l’adolescence. C’est un crocodile peureux, maladroit, qui ne supporte pas le monde dans le tram et le changement de température dans les magasins. Ensemble, ils aiment quand le soleil ramollit au-dessus du Rhône, quand le temps coule sans qu’on cherche à l’occuper, quand ils ne font rien d’autre que rêvasser.
Ce petit livre sent bon l’été, la crème solaire et un petit parfum de chlore soutenu vers midi par celui des frites.La piscine municipale : ethnographie sensible d’un commun de Cornelia Hummel, photos de David WagnièresMais qui vient, quand et pour faire quoi ? Cornelia Hummel s’y est intéressée, accompagnée par David Wagnière à l’appareil photo et nous donne ici sa vision de sociologue. Et même un peu plus, tant son regard est tendre et empathique.
Photos de David WagnièresUn livre comme une plongée dans les souvenirs d’enfance, les glaces à l’eau sur un linge de bain à l’ombre des bouleaux à jouer au UNO avec les copains et les copines du quartier sous le regard des grand-mères feuilletant leur Danielle Steel
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Un grand bassin, un petit bassin, parfois plus ; des arbres, une pelouse ; des vestiaires, une buvette ; des jeux pour enfants, une table de ping-pong. Tout le monde connaît la piscine municipale. Elle est présente dans les imaginaires et les souvenirs, elle évoque les jours d'été et l'insouciance, les longueurs de crawl au petit matin et l'heureuse fatigue des enfants après une journée de baignades. Lieu de mixité sociale et de vivre ensemble, elle se fait pourtant discrète, presque pudique, ses qualités étant rarement dévoilées au grand jour.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Tout le monde la connaît, la piscine municipale : elle est présente dans les imaginaires et les souvenirs d'enfance ; elle s'impose dans la vie de quartier ; elle constitue un support à l'actuel regain de la pratique de la natation. Pourtant, il s'agit d'un lieu banal, parfois méprisé car associé à la culture populaire et aux vacances « sur place ». Elle mène donc une vie discrète, hors des rayons des bibliothèques.
Mais la piscine mérite son livre ! C'est ce constat qui a rassemblé une sociologue et un photographe, qui se sont plongés dans un microcosme au sein duquel te vivre- ensemble s'exerce au quotidien et où se noue, à bas bruit, du lien social. Leur immersion révèle un espace de mixité captivant où les générations se mélangent et où les signes de classement social tombent en même temps que les habits laissés au vestiaire.
À travers un récit mêlant paroles des usagers, photographies et bulles sonores se dévoile le paysage sensible de la piscine : nous suivons les routines et les attachements, au plus près des mouvements de brasse, des sauts et plongeons, des amours adolescentes, des parasols et paréos, des frites et de la crème solaire.
Pour un premier petit livre en nom propre, voilà une jolie parution. Fraîche et enlevée (comme semble l’être son autrice) !Bruxelles, attends-moi, j’arrive ! de Sarah Des HessesUne histoire de rencontres à plusieurs niveaux. Genève et Bruxelles qui semblent si différemment similaires. Et leurs habitants ?
Après de longues années de célibat et fraîchement licenciée, Suzanne va-t-elle retrouver… Mais que cherche-t-elle, d’ailleurs ?
La vie au tournant
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Genève offre une météo clémente en cette journée ensoleillée de début août 2024. À la rue de l'École-de-Médecine, le bar « L'Établi », véritable institution genevoise, voit sa terrasse et son arrière-cour bondées et résonner des rires et bavardages d'une belle jeunesse. Une cliente, une seule, a choisi de rester à l'intérieur.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Suzanne, Genevoise et fraîchement licenciée, boit une caïpirinha dans un bistrot genevois et voit soudain Bruxelles envahir son esprit. Elle travaille à comprendre cette obsession et écrit ses conclusions dans son cahier rouge, objet transitionnel et fil conducteur de la narration. Et puis, soudain, tout s’aligne, sa vie bascule, Bruxelles y prend sa place, sa plume aussi, et d’autres surprises surviennent.
Au travers d’une approche à la fois légère et documentée de la sororité belgo-suisse, c’est une histoire particulière qui peut être celle de nombreuses femmes. Les thématiques du tournant de la vie, de l’intuition (la « petite voix »), du désir d’écrire et de la rencontre amoureuse s’y entremêlent, avec une mise en abyme de l’écriture de l’ouvrage lui-même.
Habitant Genève, c’est avec délice que j’ai lu ce polar qui s’y déroule. Pourtant, pas de grande littérature ici, non, au contraire, même.Les justiciers de l’ombre de Robert JordanEt pourtant, cette écriture au style plat (voir absent) apporte un petit charme un peu naïf à ce polar où se mêlent franc-maçonnerie, groupuscules d’extrême-droite et opéra.
Un petit livre à réserver aux régionaux ou au personnes qui seraient attachées à Genève, son Grand-Théâtre ou Mozart
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Salzburg (Autriche) de nos jours...
Le festival de musique bat son plein.
Nous sommes en août, le temps est splendide et la ville baroque, qui a vu naître le grand Mozart en 1756, brille de mille feux.
Elle a aussi vu naître, en 1908, le célèbre chef d'orchestre Herbert von Karajan.
Ses palais, ses églises et ses rues étroites enchantent les nombreux touristes et amateurs de grande musique, venus du monde entier.
L'immense forteresse de Hohensalzburg domine toute la ville. Un vieux funiculaire permet d'y accéder en quelques minutes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Les deux policiers présentent leurs cartes et le patron du Grand Théâtre les invite à s’asseoir.
Puis s’adressant à Passard :
– Que puis-je pour vous commissaire ?
L’homme a un visage rond, une chevelure noire abondante, une carrure massive. Il paraît encore assez jeune, la cinquantaine au maximum.
– Je dois malheureusement vous annoncer une mauvaise nouvelle : le Maestro Karl Schaugel ne viendra pas. Il a été assassiné ! »
Quand le célèbre chef d’orchestre Karl Schaugel est retrouvé mort dans un train à son arrivée à Genève, la scène artistique retient son souffle. Nous retrouvons le commissaire Sébastien Passard, qui sera chargé d’enquêter sur cet assassinat signé d’un nom mystérieux : les Justiciers de l’ombre. Très vite, les recherches s’orientent vers un groupuscule radical, antisémite et antimaçonnique, dont les racines plongent dans l’Europe du XVIIIe siècle. De Genève à Prague, en passant par Vienne, Nuremberg ou Salzburg, la narration alterne entre passé et présent, et explore les résurgences inquiétantes de l’extrémisme en Europe. La tension monte jusqu’au soir de la première de Don Giovanni au Grand Théâtre de Genève, où tout pourrait basculer…
Une galerie de portraits criants de vérité, adolescences qui se cherchent (adolescences qui durent parfois longtemps et qui se reconnaissent souvent dans ce qu’elles sont niées).Comment devenir de BaladiEt ces clichés n’ont guère pris de rides, au plus pourrait-on en ajouter certains nés avec Internet et les réseaux sociaux.
Un collector à dénicher absolument, un recueil de miroirs hilarants autant que fidèles, une pépite pleine d’amour pour la dangereuse Océanne
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Rencontrée dans un train entre Paris et Genève, Océanne m'est tout de suite apparue comme l'incarnation superbe de la souffrance et la cruauté mêlées...
Alors, évidement je suis tombé amoureux !...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Toutes ressemblances avec des personnages existants ou ayant existé se limitent aux observations d'Océanne et moi-même
Il semblerait qu’Erida Bega sache tout faire ! Du violon, de la guitare, autrice, compositrice, interprète, shopping et… écrire. Et chaque fois avec talent !Et pour rentrer chez moi, je contourne l’ambassade de Chine de Erida BegaC’est tendre, doux, nostalgique et malicieux. Elle nous parle de l’enfance et de l’attachement. Mais aussi, fatalement, de cet instant où l’on quitte, on déménage, on émigre.
C’est l’enfance en Albanie, vue par les yeux d’une petite fille. Mais aussi de Genève, vue par les yeux d’une femme
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) À 19 h, ce jour-là
Souvent, je crains l'arrivée du soir. À 19 h, je ressens un creux à l'estomac. Certainement la faim. Je n'ai qu'une envie: partir du bureau vite, m'échapper. De l'air, de l'air ! Comme si j'avais retenu mon souffle la journée entière.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le compte à rebours arrivait à son terme. Il fallait encore traverser le dernier jour dans des conditions supportables. J’avais vécu ce déménagement comme une milicienne dans des récits de guerre. Des sentiments homériques et audacieux bousculaient mon quotidien. J’imaginais ma grand-mère, jeune et belle, devant cette maudite grenade qui avait emporté sa jambe et sa jeunesse. Alors que je craignais les séquelles dans mon âme face au claquement définitif d’une simple porte.
Tirana, 1988. Alors qu’une jeune fille apprend que sa famille va déménager, c’est tout son équilibre qui vacille. Genève, trente ans plus tard, devenue femme, elle fait une rencontre impromptue à travers laquelle ressurgit l’Albanie communiste de son enfance. Un texte vif et frais, qui questionne avec malice le déracinement ainsi que le poids des souvenirs.
Voilà bien un livre qui réjouira tous les helvètes et évidement les jurassiens… à l’exception peut-être des genevois un peu trop fiers, gaussés de leur prétendue importance, repus, fats et vaniteux.Je vous écris de Porrentruy de Andre KlopmannCar oui, la grande Genève s’en prend un peu plein sa légendaire grande gueule. Et c’est très drôle !
Alors certes, ce n’est pas si drôle que ça, parce que derrière l’humour – oui, j’ai bien ri – se retrouvent bien des vérités que les petits roitelets aveugles préfèrent ne pas regarder, préférant l’entre-soi suffisant autour d’un Spritz à la Clem…
… tant que ça dure
Allez, on se tire aussi ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je vous écris de Porrentruy.
C'est inattendu et moi-même je m'en étonne.
Beaucoup de mes proches quittent Genève. Le plus souvent, ils s'installent en Valais. Moi, c'est le Jura.
De Genève, je connais chaque pierre et chaque brin d'herbe par son prénom. Je pensais ne jamais la quitter. Oui, la quitter, parce que Genève est féminine. Déjà là, on flaire la coquetterie.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Genève se tient en haute estime mais ses veaux d’or vacillent. Elle répète des mantras, les cales prennent l’eau et la société se fend comme la coque du navire. Elle s’agite dans l’insouciance du naufrage qui vient.
Un peu plus loin, le Jura, terre de luttes devenue indépendante à coups de bélier. L’auteur découvre en Ajoie une histoire singulière et puissante dont il s’empare.
Il suit les traces de la Mère Royaume, de Guillaume Tell et de la Sorcière d’Asuel. Il voit apparaître un trésor et va commettre un crime. Vrai ? Faux ?
Ce roman au vitriol questionne les mythes et les illusions collectives. C’est un récit sur le pouvoir, sur les valeurs et sur l’esprit de révolte.
Des petites nouvelles dans le ton de Laurence Boissier. L’humour est discret, élégant, presque absent. Comme un filigrane sur ces tranches de vie.
Histoires courtes de Laurence Boissier
Instantanés dérisoires et intensément vivants
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Putain ! Encore Josepha avec son putain de sucre ! On s'en fout plein les chaussures ! Elle a encore frappé fort ! Sa montagne de sucre dégouline jusque dans les escaliers.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les Beaux-Arts
La toute petite chemise de nuit
Machines de chantier
Le malentendu
Bérangère
L'école
Mes enfants ont faim
Une balade au parc
Elise
La salade nage toutes feuilles dehors
Le saloon
Quelle émotion de retrouver Laurence Boissier en librairie, de découvrir cet impublié et d’y retrouver son humour tout en finesse et légèreté. Certes, c’est avec appréhension que j’ai ouvert ce petit livre, craignant d’y trouver un brouillon inachevé. Mais non, c’est bien l’autrice de Safari et de l’Inventaire des lieux qu’on retrouve ici. Un bonheur qu’il ne fallait pas laisser dans un carton poussiéreux.Londres 13h30 de Laurence BoissierMerci art&fiction, à la famille et à toutes et tous ceux qui ont permis à ce petit bijou de voir le jour.
Des histoires de vies qui se croisent et s’entrecroisent à l’aéroport de Genève, à déguster avec émotion en regardant les cirrus homogenitus dans le ciel
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) En allant chercher ses enfants à l'école à quatre heures, une fois de plus, Émilienne s'étonne. Tom sort très posément, scanne rapidement les environs, puis se dirige vers elle sans hésiter. Elle est émerveillée de voir comment, à chaque fois, il trouve exactement la maman qu'il lui faut.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Assise chaque jour au bar de la halle Arrivée de l’Aéroport de Genève, Émilienne tente de surmonter le plus irréparable des événements: la mort de son père, son papa, passager parmi d’autres du vol de Londres 13h30 et dont l’avion s’est abîmé dans la Manche. Observatrice à l’affût, elle documente dans son journal le passage des voyageurs. « Londres 13h30 » est le premier roman adressé par Laurence Boissier à art&fiction. Le manuscrit a disparu, longtemps, puis a réapparu subrepticement à l’occasion d’un rangement, rappelé à l’existence après la disparition de son autrice.
Ce petit guide Cohen-Genève est un petit trésor d’anecdotes et d’humour.Albert Cohen et Genève : guide littéraire de Pierre-Louis Chantre, Marie-Luce Desgrandchamps, Idit Ezrati Lintz, Thierry Maurice, Bruno Racalbuto, Noémie Sakkal Miville et Yan SchubertAu travers de la brève biographie d’introduction, les liens entre l’auteur et la ville du bout du lac apparaissent rapidement pour tisser leur forte relation.L’occasion de parcourir Genève et de goûter à toute la finesse de l’humour d’Albert Cohen au travers de ses petites piques sur la ville et ses habitants qui parsèment ses écrits
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) « Albert Cohen, le plus grand écrivain genevois depuis Jean-Jacques Rousseau » titre la manchette de la Tribune de Genève au lendemain de la mort de l'auteur.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Albert Cohen (Corfou, 1895 - Genève, 1981) a vécu près de cinquante ans à Genève, où il a écrit la majeure partie de son oeuvre.
Ce guide littéraire interroge les rapports contrastés de l'écrivain à la Cité de Calvin. Il propose six promenades explorant vingt-neuf lieux emblématiques, des organisations internationales à Cologny, en passant par la Vieille-Ville, le Jardin Anglais et le parc des Bastions. Une riche introduction, des notices illustrées, des citations, des cartes et des documents inédits restituent la géographie personnelle de l'auteur de Belle du Seigneur.
Prodigieux satiriste, incurable inquiet, autofabulateur, Cohen fut dans sa ville d'adoption étudiant en droit, militant sioniste, fonctionnaire international, et écrivain consacré.