La dernière séance : voyage au bout de l’inconscient

C’est en terminant cette dernière séance que je me suis rendu compte qu’il s’agissait de la seconde partie de Je ne suis pas celle que je suis que je vais m’empresser de lire !

 — Je n'en ai rien à foutre, du regard...
Elle s'énerve :
 — Je vous demande si un être humain peut se construire sans que ses échecs le ramènent sans cesse aux traumatismes de son enfance.
 — On peut, dans une certaine mesure, se libérer de l'impact destructif des traumatismes. Panser les blessures, et apprendre à gérer la souffrance, avance
le psy. 
 — Donc la réponse est non, conclut-elle avec sa mauvaise foi habituelle.
Dès qu'elle avançait un peu dans son analyse, dès qu'un début d'apaisement s'esquissait, elle faisait marche arrière. Elle remettait tout en question et refusait l'idée qu'elle pût se libérer de ses souffrances.
La dernière séance : voyage au bout de l’inconscient de Chahdortt Djavann
Ce roman est brillant à plus d’un titre, mais le plus impressionnant, c’est un contraste qu’il met en évidence en opposant une violence anonyme (le régime iranien avec les mollahs, les gardiens de la révolution, le sexisme, mais aussi celle d’une interminable thérapie (avec un psy dont nous ne connaitrons jamais le nom) et, à l’opposé, les ressources de la narratrice, Donya, sa pulsion de vie et l’humanité bienveillante de nombre de ses rencontres, qui elles ont bien des noms.
Dès le premier jour de mon apparition, ma vie était aussi tourmentée que les chutes du Niagara.
Et pour tout vous avouer, je l'emmerde, la réalité. 
Heureusement, le Hasard a voulu que j'aie la sagesse de ma folie ; ou, pour le dire mieux, j'ai une folie qui n'a d'autre but que la quête de la sagesse.
Ma force créatrice vient d'une souffrance originelle et incurable.
Je suis condamnée à créer.
Divine condamnation !
J'oserai la vérité,
même si, vérité, je te hais...
Un roman de force et de courage

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le lendemain de son mariage, Donya décida de s'enfuir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le lendemain de son mariage, une jeune Iranienne, Donya, décide de s'enfuir.

Deux récits s'entrelacent. L'un relate ses aventures picaresques, tragiques, émouvantes : entre puissance de la volonté, jeux du hasard et fatalité, Téhéran, Isanbul, Sofia et Paris, une femme trace son chemin de liberté. L'autre se déroule en France, dans le cabinet d'un psychanalyste où se dévoilent, dans la douleur ou l'ironie, les secrets les plus intimes - le père, la mère, les hommes, l'enfance, la prison, la torture, le viol, la prostitution, l'exil. Second volet de l'histoire de Donya, commencée dans Je ne suis pas celle que je suis, La Dernière Séance est une ode à la langue française, un combat et un refuge où se construisent à la fois une destinée et un roman.

Les clients d’Avrenos

Triangles amoureux à Stabmoul. Enfin… plus que de triangles on peut plutôt parler d’une vraie boule à facettes. qui tourne autour de Nouchi, une ex-danseuse de cabaret qui fait tourner les têtes et de Bernard de Jonsac qui travaille à l’ambassade française.

Dès minuit, Jonsac avait les tempes douloureuses et surtout la sensation, une fois de plus, de graviter dans un univers inconsistant. À dix reprises déjà, il était passé de la terrasse du bord de l'eau à la terrasse du premier étage, en jetant un coup d'œil furtif dans toutes les chambres. Maintenant, il recommençait...
Stolberg l'avait dit : c'était bien une nuit du Bosphore, avec sa mollesse, ses magnificences et ses pauvretés, ses parfums et ses moisissures. Comme dans les paysages de Stamboul, il y avait une bonne part de poésie trop voulue, mais aussi quelques moments vraiment rares qui ne devaient rien à la volonté des hommes.
Les clients d’Avrenos de Georges Simenon
Nouchi qui a peur de la pauvreté et ne veut appartenir à personne et Jonsac prêt à tout pour ne pas la perdre. Couple, amis ou alliés dans cette ville lascive et envoûtante ?

Un très bon roman dur qui se déroule comme un pas de danse, fait d’allers et de retours et de quelques pieds écrasés pour tenter de ne pas se perdre

Tous les romans durs de Simenon
12. Les clients d’Avrenos
11. Les suicidés 13. Les Pitard
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
On n'attendait pas encore de clients, bien qu'un étudiant qui venait pour Sadjidé fût déjà accoudé au bar. Mais ce n'était pas la peine de le servir, car il ne commandait que des bocks et ne les buvait pas.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quels sont les secrets qui unissent Nouchi, l'entraîneuse de dix-huit ans originaire de Vienne, et Bernard de Jonsac, ce Français d'une quarantaine d'années que tout le monde croit diplomate ? Quels mystères se cachent derrière leur errance aux parfums d'insouciance ? Partis d'Ankara, ils arrivent à Istanbul. Les nuits moites du Bosphore cachent des personnages qui se guettent, se haïssent, sympathisent parfois... Rien ne change dans ce décor où la torpeur gouverne. Et pourtant... Une femme est retrouvée comme morte, Nouchi fascine, et Bernard de Jonsac ferme les yeux sur ce qu'il ne veut pas comprendre.