La fille de la foudre

Je ne suis pas une terre fertile pour le bonheur. C’est avec ce brutal incipit que Gabrielle Boulianne-Tremblay ouvre ce livre qui semble avoir été écrit en un seul souffle, un cri.

Tout un crépuscule s'offre à moi en parfums. Nos vélos dévorent les kilomètres. Nos visages rencontrent quelques insectes qui meurent sous le choc. Jaden s'étonne que je prenne les devants. Personne n'aura plus à ramasser derrière moi les cristallines éructations de ma détresse. Je commence à être heureuse pour rien, c'est quand même plus reposant que d'être triste pour tout.
La fille de la foudre de Gabrielle Boulianne-Tremblay
Elle nous raconte sa difficile relation avec l’alcool, les hommes et, finalement, avec elle-même. Une écriture écorchée à la recherche d’un amour qu’elle peine à s’offrir.

Un livre qui touche par sa sincérité. Une femme trans perdue dans un ouragan de violence la recherche de douceur et d’apaisement.

Avec une couv’ en collages de la géniale Sara Hébert

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je ne suis pas une terre fertile pour le bonheur.
Je m'agrippe au comptoir du Quai des Brumes pendant qu'il me parle, comme pour ne pas tomber dans un précipice. Les gens au bar bougent comme des algues.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La fille de la foudre est amoureuse du chaos. Avec l’alcool, elle tente de freiner la fulgurance de ses pensées. Au fil du temps elle comprend qu’il ne faut pas désirer ce que tout le monde désire et utilise l’amitié comme ancrage. Dans sa nouvelle vie, elle tente la sobriété mais s’intoxique à travers l’amour des hommes. Alors qu’elle recolle les parties éclatées de son passé, elle fait la rencontre de Khalil, homme lunaire passionné de minéralogie avec qui elle cartographie la blessure d’un paysage intérieur. Sous le regard des pierres, une femme prépare sa renaissance.

La question qui tue : perfidies ordinaires, maladresses et autres…

Franchement… j’ai dû en poser quelques unes…

La question qui tue : perfidies ordinaires, maladresses et autres… de Sophia Aram

Maladroites, condescendantes voir franchement racistes, homophobes ou sexistes (j’en passe), Sophia Aram dresse la liste de ces micro-agressions et c’est très drôle et tout à fait consternant.

Après une première partie théorico-pratico-experiencielle, suit une belle collection de toutes ces petites merdasses à déguster

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je peux toucher tes cheveux ? »
« Vous fêtez les anniversaires dans ton pays ? »
« T'as pas l'air gay, pourtant. »
« L'important, c'est que tu te sentes bien dans ton corps. »
« T'as tes règles ou quoi ? »


Ces remarques aux faux airs amicaux charrient une tonne de préjugés. Elles sont pesantes précisément parce que les personnes qui les prononcent sont rarement conscientes de leur énormité et des effets qu'elles peuvent produire. C'est pourquoi il est important de prendre la mesure de ces micro-agressions et, pourquoi pas, d'en rire.

L'idée n'est pas d'organiser le plus grand procès d'intention de l'histoire mais de continuer de militer pour la tolérance afin que chacun puisse vivre paisiblement ses différences. Et puisque ça ne suffira pas, que ces « questions qui tuent » nous fassent hurler, sourire ou pleurer, finalement peu importe, l'idée serait simplement de ne pas s'y habituer