C’est la vie, les emmerdes, les bonheurs, le fric qui manque, le travail (beaucoup, tout le temps), les craintes, le climat qui se réchauffe, les copains, les collègues, les employés, les arbres, les cultures, la famille… C’est la vie d’un paysan (agrumiculteur) qui fait du bio en France.
Un magnifique journal, vivant et passionné
Dimanche 20 février 2022
Depuis 8 h 20 ce matin, c'est le printemps par ici. Il y avait bien quelques indices précurseurs, pour ceux qui se soucient de la fin de la floraison des amandiers, ou des rosiers centifolia qui débourrent malgré la sécheresse hivernale. Des indices oui, mais le printemps ce n'est pas ça. C'est une odeur changeante de la terre, une assurance imprévue du soleil, les rougequeues qui ne se sentent plus à leur place dans une vibration nouvelle connue de tous. Les saisons font mentir le calendrier.
Chaque soir, pendant un an, un paysan témoigne en quelques lignes de son activité du jour. Ses textes nous donnent accès à l'intimité rugueuse d'un métier fondamental devenu méconnu. On y trouve, entre autres, des bigaradiers, du désherbage, des souvenirs d'enfance, des oiseaux, des coups de gueule, des alambics... On y découvre de l'intérieur, dans l'oeil d'un naturaliste, des champs, une filière, un pays.
Ce journal rend compte d'un engagement corps et âme dans une vocation. Il est aussi une ode à la matière ─ naturelle, transformée, vivante, spirituelle.
