Eleanor Oliphant va très bien

Ça ressemble à du feel-good… Et c’est quand même un petit peu plus que ça, même si elle va très bien. L’histoire dure, douce et tendre d’une inadaptée sociale au lourd passif. Une vie terne et perdue dans la solitude noyée à la vodka.

Eleanor Oliphant va très bien de Gail Honeyman
Eleanor Oliphant va très bien de Gail Honeyman

Avec une jolie dédicace aux amateurs peu soigneux des bibliothèques qui m’a fait bien sourire dans ce livre qui ne manque pas d’humour.

Et une méchante coquille de la traductrice, Aline Azoulay-Pacvoñ qui failli clore cette lecture prématurément. Madame, lorsque les docteurs (esses!) sont des femmes… parlez d’elles, s’il vous plait.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dotée d'une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu'elle les pense, sans fard, sans ambages. Fidèle à sa devise « Mieux vaut être seule que mal accompagnée », Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d'une bouteille de vodka.

Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec « maman ».

Mais tout change te jour où elle s'éprend du chanteur d'un groupe de rock à la mode. Décidée à conquérir l'objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés va lui faire repousser ses limites.

Car en naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec « maman », Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d'un ami...

Les promesses

J’ai toujours aimé ces livres où une auteure fait parler un homme (ou le contraire) et qu’elle touche juste. Ces livres où, avec délicatesse, l’autre sexe dévoile ce qu’il serait difficile de voir, de s’avouer ou de concéder. Certes, parfois la projection s’égare dans ses fantasmes, mais subsiste le tableau, l’essai. Et cette fois-ci, je l’ai trouvé plutôt fidèle.

Les promesses de Amanda Sthers
Les promesses de Amanda Sthers

Une histoire sur le deuil et les amours ratés. Sur l’amitié qui, solide, survit. Une vie comme une destinée déjà tracée. Délicatement touchant et navrant.

Et cette phrase (un peu charcutée) belle comme la joie.

Pas le monstre chef d’oeuvre, mais un bouquin avec passages qui méritent leurs détours.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La vie, en général, n'en finit pas de faire des promesses qu'elle prend plaisir, ensuite, à ne pas tenir - et telle est bien l'histoire d'Alexandre, le héros de ce roman.

On lui avait ainsi promis, dès sa naissance, le bonheur, l'amour, le soleil, l'Italie et toutes les nuances du plaisir, et il en eut sa part. Mais il s'avisa, à mesure, que chaque promesse accomplie portait également en elle une part de regret, une zone de mélancolie où le destin murmurait : « Le bonheur, ce n'était donc que cela ? »

Dans ce roman qui se déploie entre Paris et l'Argentario, cette presqu'île bénie de Toscane, on croisera beaucoup de désirs, de folles sensualités, des jours glorieux, des amantes, des amis fidèles - et, en même temps, leurs contrepoints douloureux et sombres.

Cette histoire, on l'aura deviné, concerne la plupart des hommes qui entrent dans l'existence en grands vivants. Qui en jouissent. Et qui, par négligence, y font d'irrémédiables dégâts.

Surtout dans le coeur des femmes qui ont pris le risque de les aimer

Mets le feu et tire-toi : à la recherche de James Brown et de l’âme de l’Amérique

C’est avec un angle de départ bien particulier que James McBride aborde la biographie de James Brown pour tenter de comprendre sa personnalité. Le racisme du sud des États-Unis, sans lequel il serait impossible de saisir le personnage, ses excentricités, ses peurs, sa fierté, son rapport à l’argent et aux femmes et… son caractère difficile.

 Mets le feu et tire-toi de James McBride
Mets le feu et tire-toi de James McBride

S’en suivent la célébrité, l’argent, le fisc, la descente et la prison pour un retour en grâce et à la fortune et une fin dans un corps usé par la drogue et les douleurs.

Et l’héritage ? Ha, les 100 Mo $ qui devaient aller pour l’éducation des enfants ? Ils patientent…

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
L'histoire de James Brown, qui a révolutionné la musique américaine, accompagnée d'une réflexion sur le paysage culturel américain contemporain et l'héritage de l'artiste, décédé en 2006

Les flagrants délires d’Hendrik Groen

Ce n’est pas précisément la trépidante, truculente, exubérante et passionnante vie dans les EMS. Mais c’est des fois drôle, parfois triste, souvent grinçant (dans le ton et les articulations) et généralement répétitif.

Pas de scoop, ici on vieilli et on meurt, mais tant qu’à faire, sans trop se faire chier (déjà qu’on se pisse parmi).

Les flagrants délires d'Hendrik Groen de Hendrik Groen
Les flagrants délires d’Hendrik Groen de Hendrik Groen

Comme l’envie d’une dernière danse, et encore une, pourquoi pas… encore ?

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Club des vieux mais pas encore morts

Règlement
1. Notre association a pour but d'égayer nos vieux jours par des sorties.
2. Ces sorties auront lieu le lundi mercredi jeudi ou vendredi après 11 heures.
3. Les participants n'ont pas le droit de se plaindre.
4. Les handicaps de chacun seront pris en compte.
5. Les revenus de chacun seront également pris en compte.
6. Avant la sortie, l'organisateur ne divulguera que les informations strictement nécessaires.
7. Tout est possible, dans le respect des points 2 à 6.
8. Nous sommes au complet.

Pas de nouveau membre jusqu'à nouvel ordre

Maladie d’amour

Alice, splendide jeune femme tombe encore une fois amoureuse d’un homme marié. Un beau chirurgien esthétique. Mais quittera-t-il sa femme ?

Maladie d'amour de Sophie Rheims
Maladie d’amour de Sophie Rheims

Fin des clichés ! Car elle monte gentiment cette histoire, régulièrement, crescendo en tentant d’embrouiller les pistes dans une sorte de thriller psychologique.

Mais bon, ça reste gentillet et le style à l’avenant.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Alice est une jolie jeune femme. Actrice, elle rêve de jouer Claudel, mais on ne lui propose que des rôles de potiche dans des pièces de boulevard. Sa vie amoureuse n'est guère plus brillante, faite d'aventures qui se terminent toujours mal. Elle raconte tout à Camille, sa confidente qui, de son côté, mène la vie calme et rangée d'une mère au foyer.

Au moment où Alice décide enfin de renoncer à la passion, elle s'éprend d'un homme marié, le Dr Costes, qui aurait eu un coup de foudre pour elle. Camille suit cette nouvelle histoire d'amour à la manière d'un feuilleton dont elle serait l'unique spectatrice, même si d'étranges contradictions apparaissent dans les confidences de son amie.

Pour protéger Alice, Camille tente d'en savoir plus sur cet homme insaisissable. Cette démarche la fait progressivement basculer : elle se met à douter de tout, au risque de se perdre.

Dans ce quinzième roman, Nathalie Rheims explore, utilisant l'art du suspens, l'infime frontière qui sépare l'amour fou de la folie

Victoria Bretagne

Un livre fin tout en délicate finesse. Un peu trop fin toutefois. Les pensées récurrentes de la narratrice sur Victoria Bretagne, belle et balafrée.

Victoria Bretagne de Emmanuelle Guattari
Victoria Bretagne de Emmanuelle Guattari

Un peu trop léger pour réussir à s’envoler.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
De profil Victoria Bretagne est intacte : elle a des traits de Madone.

De face, ses yeux d'un vert bleu sont saisissants et sertis dans ce puissant masque de parfaite beauté balafrée.

Elle n'a perdu aucun aplomb après l'accident, ne doutant pas que la beauté qui lui avait asservi son père et tous ceux qui la rencontraient était invincible. Et foulant la conjuration, elle avait encore ajouté cette déchirure hypnotique au tableau de son empire.

« Qui est Victoria Bretagne ? », telle est la question qui obsède la narratrice de ce roman. De cette jeune fille, en effet, on sait peu de choses sinon qu'elle impose à tous le respect. Sa beauté, son autorité impressionnent et fascinent. La côtoyer semble un privilège, l'approcher une récompense...

Après les paysages de son enfance, ce sont les visages qu'Emmanuelle Guattari scrute ici avec délicatesse, et celui de Victoria Bretagne, barré d'une impressionnante cicatrice, n'est pas le moins énigmatique. Comme un miniaturiste, grâce à son écriture sensible, elle dessine ses personnages pour en sublimer la beauté et en capter les mystères

L’échappée belle du bibliobus

La jolie histoire d’une course poursuite dans un bibliobus au travers de la Grande Bretagne où les gentils sont très gentils et les méchants sont un peu méchants.

L'échappée belle du bibliobus de David Whitehouse
L’échappée belle du bibliobus de David Whitehouse

Mais heureusement, les gentils sont vraiment très gentils.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
En Angleterre, Bobby Nusku, 12 ans, ne parvient pas à accepter la mort de sa mère dans un accident de la route. Se sentant seul face à son père violent et alcoolique, il trouve du réconfort auprès de Rosa et de sa mère Val. Il se lie d'amitié avec elles et passe l'été dans le bibliobus où Val est femme de ménage. Quand cette dernière perd son travail, tous les trois prennent la fuite à son bord

Sex toy

Dans le genre descente aux enfers, difficile de faire mieux que cette ado ivre morte en pleine parano qui perd pied.

Sex-Toy de Jean-Marie Gourio
Sex-Toy de Jean-Marie Gourio

Pour les amateurs de sensations extrêmes et munis d’un sac à vomi.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Didrie, treize ans, traîne avec des garçons de son âge qui passent leur temps à boire et à surfer sur des sites pornos. Hantée par une sexualité malsaine qu'elle croit voir dans les yeux de tous les hommes (y compris dans ceux de son propre père), Didrie s'enlise dans l'alcool. À force de perdre pied avec la réalité, ses pires cauchemars vont prendre le dessus, jusqu'à faire d'elle à la fois la victime et l'instigatrice d'un drame effroyable.

Sex Toy est un monologue écrit d'un seul souffle. Dès la première page, on est happés par ce flot de mots empruntés au registre d'adolescents fracassés par la vie, en complète perte de repères. Le verbe est cru, d'une violence presque insoutenable, le suspense infernal. Roman noir, Sex Toy est aussi un réquisitoire contre la démission des adultes face au désarroi de la jeunesse. Un livre coup de poing qui ne peut laisser personne indifférent

Au revoir là-haut

Des anti-héros contre d’odieux personnages, vils, mesquins, vénaux. Rien n’est propre et l’odeur est fréquemment insoutenable.

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre
Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

Et si les victimes pouvaient prendre leur revanche.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après. »

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...

Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.

Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants

Innocent

Après l’autobiographie, voici Depardieu au présent. Qui est-il dans le monde qui l’entoure : innocent !
Passé le name dropping un peu pompeux du début, Gérard se livre avec une grande simplicité et sans tabou.

Innocent de Gérard Depardieu
Innocent de Gérard Depardieu

Et merde à ceux qui ne l’aiment pas, il est comme ça Gérard.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
L'icône du cinéma français donne son avis sur le monde d'aujourd'hui, répond aux critiques qui lui sont faites quant à ses choix de vie et prises de positions face à l'actualité, évoque avec émotion les amitiés liées au cours de son existence notamment dans le milieu du 7e art