Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Cette nouvelle qui a gagné le Prix Ailleurs & Demain du futur optimiste le mérite amplement. Candide ou naïf, ce texte l’est évidemment, pourtant ! A le lire, tout cela semble si simple, si évident, si normal et naturel !Le nouvel équilibre de Amélie GéalMais bien sûr, ce serait sans compter sur notre avidité, notre cupidité et notre égoïsme.
Une nouvelle réjouissante et enlevée sur un futur vertueux possible mais qui semble paradoxalement totalement inaccessible aujourd’hui
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) À son réveil, les rayons du soleil réchauffent déjà le visage d'Alia. Mauvais signe. Elle ouvre les yeux et fixe la lumière franche qui éclaire sa table de chevet. Il doit être huit heures passées. Plus tard qu'elle ne l'aurait voulu.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Lundi 21 mai 2085
Alia attend la publication des résultats du tirage au sort. Elle allume son Eterna et cherche les noms des représentant·e·s qui, pendant sept ans, bâtiront le futur du monde et de ses habitant·e·s.
Mais une autre nouvelle s'affiche : sa grand-mère, scientifique reconnue, est décédée. Troublée, Alia se tourne vers les journaux intimes qu'elle a laissés, espérant trouver dans le passé des réponses aux questions que lui pose l'avenir.
À l’instar des femmes qui regardent les hommes qui regardent les femmes (selon Nancy Huston), les humains regardent les animaux qui les regardent. De quoi faire une histoire plutôt amusante…Nos rives partagées de Zabus, dessins de Nicoby et couleurs de Philippe OryEt pourtant, si ces regards croisés tentent de plonger dans l’intime, la maladie, la mort ou la sexualité (par exemple), cette bande dessinée au dessin clair et aéré reste en surface de ses personnages.
Alors oui, c’est joli, sensible, mais je suis finalement resté comme la grenouille à me dire que finalement, il n’y avait rien à expliquer… Et, c’est peut-être très bien comme ça
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le monde commence au pied de mon nénuphar.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Ils sont six que rien ne rapproche.
Simon est prof et il doute. Son métier doit-il se résumer à inscrire des notes sur des bulletins ? Diane cherche à se reconstruire après une opération, à se sentir femme sans se sentir regardée. Nicole agite sa retraite à militer, même si sa fille ne veut plus lui parler. Vieux et usé, Pierre s'emmerde chez lui. Jill est une ado. Elle hésite entre garçons et filles... et elle envie Hugo qui, lui sait, mais sans succès.
Rien ne les rapproche sauf le rivage partagé avec une faune intriguée, qui observe ces gens empêtrés dans leurs drames, grands ou petits mais si typiquement humains.
Chronique sensible, "Nos rives partagées" narre des existences pas si ordinaires et qui ressemblent aux nôtres. Car même quand le tragique rôde, la vie peut être belle.
Ce livre commence comme nombre de romans français actuels : je parle de moi, je me mire et je m’introspecte. Je suis artiste, écorchée vive, ma souffrance est mon encre !
Mais Loulou Robert, à son habitude, va loin, plus loin encore et de façon bien sentie sans crainte du sang, des bleus et de la douleur.Déshumaine de Loulou RobertAlors, viandards, passez votre chemin ! Ou non, ouvrez ce livre et prenez en plein les tripes. C’est jouissif. Pas sûr que cela vous fasse réfléchir, mais elle aura essayé.
Confrontée à la violence subie par les animaux Loulou Robert ne le supporte plus. Alors, prenez garde ! Elle et bébé-loup ne vous manqueront pas
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je suis assise sur une chaise de jardin en bois dans ma cuisine, face à la fenêtre. Le soleil brille. Je coupe des courgettes en deux dans le sens de la longueur, puis en tronçons de six centimètres. Il faudrait que je mette un coussin sous mes fesses. Ma chienne Penny dort sous la table. Elle a la tête posée sur mon pied.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Alors je peux lui dire. Que je suis mariée, qu'à son âge j'étais folle et que je le suis toujours, que je pourrais tuer pour ma chienne, que je pourrais tuer, que j'ai toutes ces images en moi, que j'ai un monstre dans le ventre, un lapin dans la tête, dans une cage, sur un palier, que je suis pleine de colère, que je n'écris plus, que ça me tue à petit feu, que j'aime mon mari, que bientôt son roman va sortir en librairie, que je veux lui faire du mal, que je vais devoir rentrer pour promener Penny, que je suis morte, que je suis bonne à enfermer, que je l'ai déjà été, que j'aimerais qu'il me baise encore, que ça soit beau comme une danse, que je n'ai jamais parlé comme ça, que je veux qu'il me salisse, qu'il me griffe jusqu'au sang, que demain j'irai faire les courses aux halles, que je ne veux plus penser, juste ressentir, agir, comme un animal, que s'il veut partir, qu'il le fasse maintenant. »
La prose nerveuse et crue de Loulou Robert ainsi que son humour à vif disent en creux un monde d'où s'absente une humanité de moins en moins bienveillante. Un roman aussi puissant que troublant.
Vous aimez l’humour décalé, insolite, ahurissant… désespéramment absurde ?False Knees de Joshua BarkmanJoshua Barkman et ses drôles d’oiseaux (et pas que) sont là pour vous.C’est parfois hilarant, et d’autres fois… je me questionne encore.
Plongée anthropomorphique chez les volatiles et autres amis qui vivent dans la forêt et la grande nature
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Hey Mademoizelle
Célib chaud et bouillant
Té té bé ème
Magnifique
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Quand on regarde voleter nos amis les oiseaux, ça nous évoque tant de douceur et de souvenirs merveilleux. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que les oiseaux sont de gros enfoirés de leur race avec des préoccupations au ras des pâquerettes, un sens de l'esthétique tout pourri et un QI de 2.
Allongée dans un lit d’hôpital, Florence (oui, c’est autobiographique) a peur de sortir
Cruelle de Florence Dupré la Tour
Et allongée elle repense à son enfance, ses frères et sœurs (et sa jumelle), l’église et surtout, son rapport aux autres et aux animaux. Cochons d’Inde, lapins, poissons, poules, oies, tortues, chats, chiens… tout ces animaux aimés, mutilés et torturés (ou tués)…
Une bande dessinée très curieuse qui la met un peu mal et questionne sur la cruauté enfantine et le « que penser de l’enfant que j’étais » ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le spectacle de la vie
Je suis à l'hôpital. J'ai 26 ans. Chambre 203. Tension à 13/8. Il est 11 heures 37. Il pleut un peu dehors.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Enfant :
Être humain dans sa période de développement située entre la naissance et la puberté.
Animal :
Être vivant organisé, sensible et capable de mouvement.
Cruauté :
Plaisir que l'on éprouve à voir un être vivant souffrir ou à lui infliger cette souffrance.
Un dessin magnifique dans une très belle édition soignée avec un scénario qui donne très envie de voir la suite comme un préquel aux aventures du Marsupilami avec Spirou et Fantasio.
La bête de Zidrou et Frank Pé
Un premier tome absolument frustrant et peut-être un peu léger. Heureusement, seuls deux tomes sont prévus !
Un superbe hommage qui fait peur, qui parle de maltraitance et de traite d’animaux sauvages, de harcèlement dans une Belgique violente et anxiogène au sortir de la guerre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) L'espèce existait bien avant qu'on la nomme Marsupilami. Véritable défi pour les zoologues, doté d'une queue démesurée, l'animal possède aussi une force impressionnante, une grande intelligence, un don d'empathie et... un appétit féroce !
Voici le récit, authentique, d'une bête égarée dans la Belgique pluvieuse de 1955
Un petit livre aux illustrations rigolotes qui prend le parti de faire bouger les lignes en évitant les postures absolutistes et intégristes. Certes, il en résulte possiblement des légères incohérences (pas le lait sans élevage des vaches), mais même si on peut toujours souhaiter « moins », changer un peu, c’est peut-être déjà beaucoup.
Manger moins (et mieux) de viande de Gilles Daveau
Idéal pour trouver une motivation et commencer une réflexion.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) La viande soulève des débats passionnés. Alors, pour passer à l'action, dédramatisons ! Entre les postures radicales « viandard » ou « vegan », mille voies sont possibles et celle qui convient à l'un ne sera jamais tout à fait la même que pour son voisin.
Si plus personne aujourd'hui ne peut ignorer qu'il est urgent de s'emparer de ce sujet dans notre quotidien, on oublie trop souvent, en effet, cette notion essentielle : à chacun de le faire à son rythme et à sa manière. Comment ? Cet ouvrage apporte des réponses simples, dont la force est de s'appuyer, précisément, sur nos différences.
Il nous entraîne dans un passage à l'acte personnalisé et libérateur. Où le « moins » se transforme en « plus » : plus de saveurs, de couleurs et de nutriments. Et où le « mieux » permet enfin de rendre sa noblesse à un aliment « de choix », issu du vivant : la viande.
Une démarche d'ouverture, bien plus que de vertu, qui nous amène à renouer avec cette longue histoire commune qui lie les hommes et les animaux