Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Une ado disparait, enlevée, séquestrée, abusée. Une famille détruite.
La tête sous l’eau de Olivier Adam
Un roman simple et efficace, rude et percutant comme un épisode d’esprits criminels.
Plutôt pour un public jeune… mais pas que ! Ça se lit vite et c’est bien foutu.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l'air perdu. Il m'a pris dans ses bras et s'est mis à pleurer. Un court instant j'ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s'est écarté et j'ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l'a retrouvée. Merde alors. On l'a retrouvée. C'en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n'en avions pas terminé
Une lecture choc, dans la viande, celle du bas. Le viol. Pire encore, la vie après.
Le malheur du bas de Inès Bayard
Un livre terrible et sans esquive, l’anéantissement d’une femme, l’impunité du salaud.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Au coeur de la nuit, face au mur qu'elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »
Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d'une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant
Comme un peintre des sentiments, avec des phrases simples et les couleurs de la vie, Grégoire bouleverse.
La femme qui ne vieillissait pas de Grégoire Delacourt
C’est doux et juste. Pas plus. Limite un peu cucul.
Mais c’est avec une grosse empathie et plein de tendresse que j’ai refermé la dernière page. L’histoire de cette femme qui a reçu un cadeau empoisonné, une jeunesse éternelle.
Et les années qui, comme les chapitres, se ressemblent et s’estompent dans le pastel d’une triste mélancolie
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) " A quarante-sept ans, je n'avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d'oie ni ride du sillon nasogénien, d'amertume ou du décolleté ; aucun cheveu blanc, aucune cerne ; j'avais trente ans, désespérément. " Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt. Celle qui prend de l'âge sans s'en soucier, parce qu'elle a d'autres problèmes. Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.
Et puis, il y a Betty
Un livre sur le vide, l’absence, la disparition, la perte, la mort de l’être aimé. La femme, l’amante, la mère du fils.
Tu ne sauras jamais combien je t’aime de Daniel Prévost
Et le désarroi lors d’une rencontre, un possible encore. L’absurdité du bonheur dans la douleur. Et la culpabilité, la trahison.
Mais presque un peu déçu de l’option « roman » de ce livre. C’est magnifiquement écrit, les sentiments sont là. Pourquoi avoir eu besoin de se cacher derrière un roman ? La vérité était elle moins belle, une pudeur nécessaire ? Ne sachant plus que croire… j’ai moins aimé. Dommage.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le temps est venu de raconter ce qui s'est passé. Du moins de tenter d'expliquer l'inexplicable, l'imprévisible. Comment dire l'indescriptible désarroi qui s'empara de moi quand Kirsten disparut ?
Brutalement, Daniel perd sa femme. Désespérément seul, il affronte son passé, ses démons, et son enfance marquée par des abandons successifs, lui qui n'a jamais connu son père. Comment accepter d'être dépossédé, à douze ans, de l'amour exclusif de sa mère - éprise d'un nouvel homme ? Et comment oublier cette amitié - née au cours d'un été - avec Paco et Rosita, deux camarades espagnols ? À travers eux, l'Espagne est venue à lui ; une Espagne fantasmée et poétique qui ne le quittera jamais. Il est des rencontres imprévues qui changent une existence... Mais Daniel aura-t-il la force d'aimer encore ?
Le chanteur de Zebda raconte son enfance, la banlieue, le sexisme, l’immigration algérienne, la violence… Mais aussi, le théâtre, la musique et le bac et la culture qui permettent de rêver plus loin. C’est tendre et violent.
Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi
Un livre qui n’a malheureusement pas autant de ressort que ce qu’il raconte. Zut !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) C'est l'année du baccalauréat pour Magyd, petit Beur de la rue Raphaël, quartiers nord de Toulouse. Une formalité pour les Français, un événement sismique pour l'« indigène ». Pensez donc, le premier bac arabe de la cité. Le bout d'un tunnel, l'apogée d'un long bras de fer avec la fatalité, sous l'incessante pression énamourée de la toute-puissante mère et les quolibets goguenards de la bande. Parce qu'il ne fait pas bon passer pour un « « intello » » après l'école, dans la périphérie du « vivre ensemble » - Magyd et ses inséparables, Samir le militant et Momo l'artiste de la tchatche, en font l'expérience au quotidien.
Entre soutien scolaire aux plus jeunes et soutien moral aux filles cadenassées, une génération joue les grands frères et les ambassadeurs entre familles et société, tout en se cherchant des perspectives d'avenir exaltantes. Avec en fond sonore les rumeurs accompagnant l'arrivée au pouvoir de Mitterrand, cette chronique pas dupe d'un triomphe annoncé à l'arrière-goût doux-amer capture un rendez-vous manqué, celui de la France et de ses banlieues.
Avec gravité et autodérision, Ma part de Gaulois raconte les chantiers permanents de l'identité et les impasses de la république. Souvenir vif et brûlant d'une réalité qui persiste, boite, bégaie, incarné par une voix unique, énergie et lucidité intactes. Mix solaire de rage et de jubilation, Magyd Cherfi est ce produit made in France authentique et hors normes : nos quatre vérités à lui tout seul !
Pas grand chose à dire sur mon frère, c’est beau… Mais.
Mon frère de Daniel Pennac
Les incessantes références à Bartelby finissent par masquer ce frère dont Pennac n’arrive plus à s’approcher et ont fini, moi aussi, par me perdre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Je ne sais rien de mon frère mort si ce n'est que je l'ai aimé. Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j'ai perdu. J'ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J'ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ?
Il est long et tortueux, le chemin de l’émancipation. Et laisser derrière soi ses blessures, le salaud, le manipulateur, le destructeur pour enfin vivre et se reconnaître, soi-même.
Avec le corps qu’elle a… de Christine Orban
Et devenir ce que nous sommes
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Elle a vingt ans, et son premier roman vient d'être accepté par un éditeur.
Ce jour d'été, au bord de la mer, aurait dû être le plus heureux de sa vie, si Beau-Père ne l'avait pas réduite à un corps dont la beauté serait le seul atout. Debout, au-dessus d'elle, il lui avait lancé devant tous les invités : « Avec le corps qu'elle a, ça va être facile pour elle... » Ces mots vont fracasser son existence pendant des années et la mener au bord du gouffre.
Dans ce roman, Christine Orban explore, avec une grande sensibilité et des accents fitzgéraldiens, les « blessures invisibles » d'une jeune femme, et sa difficulté d'être elle-même dans un monde où triomphent les apparences et la domination masculine
Un livre de mémoire, pour la (re)trouver et réussir à la construire. Comment réagir en apprenant, vingt ans plus tard, que sa cousine fut violée et tuée à l’âge de neuf ans ? Héloïse Guay de Bellissen part à sa découverte et plonge dans les archives judiciaires pour retrouver Sophie.
Dans le ventre du loup de Héloïse Guay de Bellissen
Le livre part dans le passé, revient, navigue dans le temps, bifurque et m’a perdu parfois. Un livre pour tuer l’Ogre sous le lit, à la recherche de l’apaisement
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) C'est un conte, un conte bien réel. Une jeune femme ouvre les archives du tribunal d'Annecy pour revenir sur le fait divers qui a détruit sa famille, trente ans auparavant. Pourquoi ne lui a-t-on jamais parlé de sa cousine Sophie, victime à 9 ans du « monstre d'Annemasse » ? Elle plonge dans son histoire comme on plonge dans la gueule du loup. Le loup qui la guette depuis l'enfance. Le loup qui a tué, jeune assassin dont la vie a été pulvérisée par un drame. Le loup qui agit silencieusement au sein de chaque famille. Héloïse fait oeuvre de vérité, met en images les mauvais rêves, revient dans la maison de vacances où les petites filles vivaient en dehors du temps des adultes.
Revisitant le mythe du Chaperon rouge, Héloïse Guay de Bellissen, dans son roman le plus ambitieux, décrit admirablement le monde noir et solaire de l'enfance, et redonne au fantôme d'une fillette existence, dignité et amour
Les livres sont des rencontres et le timing est important. Trop tôt, on y comprend rien. Et trop tard… c’est trop tard.
Éparse de Lisa Balavoine
Un livre comme une malle aux trésors de chroniques, pensées, morceaux de vie, musiques, instants, douleurs et rencontres…
Lisa dévoile ses peurs et ses doutes, ses remises en questions, ses erreurs cent fois répétées et ses fragilités avec beaucoup d’émotion et de sincérité.
Un magnifique petit bijou qui porte bien son nom, tant il ressemble à la vie qui bouscule.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Je t'aime Mathieu Amalric parce que tu me donnes envie d'écrire un roman qui s'intitulerait Je t'aime Mathieu Amalric et où je parlerais des hommes que j'aime, de ceux qui m'ont aimée, et figure-toi que parfois ce sont les mêmes. »
En faisant le tour de son existence comme on fait le tour du propriétaire, Lisa Balavoine signe un roman espiègle et nostalgique. À travers l'inventaire de ses doutes et de ses fiascos se dessine, sur fond de culture pop, l'itinéraire d'une fille, d'une mère, d'une amante. Et tandis qu'elle rassemble les morceaux de son puzzle sentimental, c'est chacun de nous qui se redécouvre lui-même
Un livre tout en douces rondeurs, l’histoire de sa vie, de son enfance et de celle de ses parents.
Les rêveurs par Isabelle Carré
Une famille de « rêveurs », une tendre excentricité qui peut pourtant devenir une douce violence ou même une froide tyrannie.
Et c’est parfois drôle, toujours touchant.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « On devrait trouver des moyens pour em- pêcher qu'un parfum s'épuise, demander un engagement au vendeur - certifiez-moi qu'il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un fla- con acheté dans un grand magasin, retrouvent l'odeur de leur mère, d'une maison, d'une époque bénie de leur vie, d'un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l'odeur de leur enfance... »
I. C.
Quand l'enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées du moment, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d'une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d'écriture