La chambre bleue

Dans cette curieuse chambre bleue, Simenon nous présente un futur condamné (il semble en tout cas avoir bien peu de chance de s’en sortir) fort attachant et qui parait tout à fait innocent des suspicions qui planent sur lui.

 — Quel air a-t-il ?
 — Je ne sais pas. Il tourne le dos au soleil....
 — Où vas-tu ?
Car il ramassait ses vêtements, son linge, ses chaussures.
 — Il ne faut pas que je reste ici... Du moment qu'il ne nous trouve pas ensemble...
Il ne la regardait plus, ne se préoccupait plus d'elle, de son corps ni de ce qu'elle pouvait dire ou penser. Pris de panique, il jetait un dernier coup d'œil par la fenêtre et se précipitait hors de la chambre.
Si Nicolas était venu à Triant par le train alors que sa femme s'y trouvait, c'était pour une raison sérieuse.
La chambre bleue de Georges Simenon
Un auteur par contre toujours aussi misogyne, fidèle à son époque et qui se lâche un peu plus que d’habitude sur les scènes explicites.

Un roman à la construction virtuose qui se dévoile en même temps que son protagoniste s’enfonce

Tous les romans durs de Simenon
102. La chambre bleue
101. Les anneaux de Bicêtre (à lire) 103. L’homme au petit chien (à lire)
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
─ Je t'ai fait mal ?
─ Non.
─ Tu m'en veux ?
─ Non.
C'était vrai. A ce moment-là, tout était vrai, puisqu'il vivait la scène à l'état brut, sans se poser de questions, sans essayer de comprendre, sans soupçonner qu'il y aurait un jour quelque chose à comprendre. Non seulement tout était vrai, mais tout était réel : lui, la chambre, Andrée qui restait étendue sur le lit dévasté, nue, les cuisses écartées, avec la tache sombre du sexe d'où sourdait un filet de sperme.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tony Falcone et Andrée Despierre, qui s'étaient perdus de vue depuis la fin de leur enfance, sont devenus amants un soir de septembre. Au cours des mois suivants, ils se retrouvent huit fois dans la " chambre bleue " à l'Hôtel des Voyageurs, tenu par le frère de Tony. Un jour, il s'en faut de peu que le mari d'Andrée ne surprenne, par hasard, les amants.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu

Western drôle à l’ancienne avec des pistolets, du désert, des trains et des caravanes, des méchants, des niais, des morts et des indiens. Le tout de bonne facture. Rien à dire, le boulot est fait et même bien fait.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 1 : Chili con carnage de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Lorenzo Pieri
En bonus, l’héroïne principale use de ses armes avec beaucoup de talent et tient le manche de ces quatre albums avec poigne, douceur, séduction, pleurs, sourire, charmes et même : revolver en main !

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 2 : Sur la piste de Madison de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Au menu, trahisons, retournements de situations, manigances et… comme pour tout bon western : du sang, des viscères et des morts !

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 3 : Le mystère de la femme araignée de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Le fond de l’histoire est également bien trouvé avec le second amendement de la constitution et l’avenir des États-Unis qui se retrouve en jeu.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 4 : La loi du plus fort de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Bref, une bande dessinée en quatre tomes, drôle et mouvementée qui, sans être un chef d’oeuvre absolu se défend fort bien avec charme, violence et humour

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tome 1 : Chili con carnage
TroOOOoo ChoOOohhh...
Vous avez raison Monsieur Hoggaard. C'est inhumain, cette chaleur.

Tome 2 : Sur la piste de Madison
C'est qui, ce gars-là ?

Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Allez, mon vieux Tim. Tu vas le retrouver, cet indien, et lui faire la peau ! Tôt ou tard !

Tome 4 : La loi du plus fort
J'vvouus juuuure...
P... Pas vue, non...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tome 1 : Chili con carnage
Début du XXe siècle, Arizona... Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d'affaires, escorté de son acolyte, l'effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert en quête d'un mystérieux papier qui pourrait changer à jamais le cours de l'histoire des états-Unis d'Amérique. Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s'associe à une bande de Mexicains sans foi ni loi... Et ils seront sans pitié !

Tome 2 : Sur la piste de Madison
Pourquoi Margot de Garine a-t-elle quitté son époux, Maître Byron Peck ? Comment le Danois Knut Hoggaard, alors encore en pleine possession de ses moyens intellectuels, est-il entré dans la vie de Margot et de Byron ? Surtout, que contiennent ces mystérieuses lettres, pour lesquelles cet improbable trio est prêt à s'entre-tuer ?... Deuxième volet de la poursuite infernale au cœur de l'Arizona.

Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Margot sait y faire avec les hommes. Elle alterne baisers et coups de revolver. Certains ont eu droit aux deux traitements. Mais la méthode a un défaut : ceux qui survivent sont revanchards. Ainsi, Byron Peck et Knut Hoggaard ne sont plus seuls à traquer l'élégante voleuse en terre Navajo. Pour Margot, la messe semble dite. À moins que la mystérieuse "femme araignée" ne lui vienne en aide...

Tome 4 : La loi du plus fort
Washington D.C. Dans la jeune capitale, ce n'est pas le flingue qui fait la loi mais la finance... Lupano et Salomone mettent le point final à leur histoire de l'Amérique à contresens, ultime étape de ce voyage d'ouest en est. Dans cette Amérique de 1900 où le Congrès est dominé par les millionnaires, l'application de la loi Dawes permet la spoliation de milliers d'hectares de terres indiennes et la NRA, jeune association de promotion des armes à feu, intrigue pour faire voter une loi à sa mesure. Tandis que dans les banques le TIC TIC d'une nouvelle machine est en train de changer le monde, nos héros se retrouvent pour un chassé-croisé impitoyable...

Les témoins

Diverses circonstances vont interroger le juge Lhomond, fiévreux, sur les questions de preuves et de culpabilité.

S'il ne l'avait jamais aimée, c'était néanmoins l'être qu'il avait été le plus près d'aimer, non d'amour, mais d'une affection fraternelle.
Ce n'était pas vrai. Il se mentait une fois de plus et cela, elle le sentait avant même qu'il s'en aperçût. Le sentiment qu'il éprouvait pour elle était cette sorte de gêne qu'on éprouve devant un animal qui souffre au bord du trottoir et qu'on est impuissant à aider, qu'on ne peut même pas soulager avec des mots qu'il ne comprendrait pas.
Voilà ce qu'il y avait de tragique ! Il n'existait rien de commun entre eux, aucun lien, sinon d'avoir vécu pendant vingt-quatre ans ensemble dans cette grande maison qui n'avait jamais été un foyer.
Elle ne le lui pardonnerait jamais et elle l'en haïssait.
Par discrétion, il n'avait pas questionné Chouard plus avant, mais la façon dont le docteur la traitait indiquait qu'il ne la croyait pas en danger. Elle gardait la chambre pour ne pas reparaître à la face de la ville qui savait. Elle n'en avait pas moins peur de la solitude et il lui restait son mari.
Les témoins de Georges Simenon
L’accusé qui risque la peine de mort sur un faisceau de présomptions sans preuves réelles. Mais aussi chez lui, dans son propre couple avec sa femme malade et ce flacon de strychnine qu’il vient de casser…

Coupables ? Selon le point de vue, tout le monde ne risquerait-il pas d’être accusé ?

Un roman un peu longuet, mais pas dénué d’interrogations intéressantes

Tous les romans durs de Simenon
84. Les témoins
83. La boule noire 85. Les complices
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il n'y avait pas cinq minutes qu'il s'était levé pour redresser, dans la cheminée, une bûche qui avait roulé des chenets en émettant une gerbe d'étincelles et, de s'être penché sur les flammes, il en gardait la peau du visage chaude.

Profitant de ce qu'il était debout, il était allé sur la pointe des pieds jusqu'à la porte toujours ouverte entre sa chambre et la chambre de sa femme.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Épouse d'un magistrat, Laurence Lhomond est malade et garde la chambre depuis cinq ans. Ses crises, d'origine cardiaque, varient en nombre et en intensité suivant que son mari est plus ou moins absorbé par sa profession. Du moins, c'est ce que remarque Xavier Lhomond, qui finit par se demander si sa femme ne le fait pas exprès. La veille du jour où il doit présider la cour d'assises dans un procès où est inculpé un homme qu'on accuse du meurtre de sa femme, Lhomond voudrait, le soir, chez lui, revoir le dossier. Son épouse l'appelle, pressentant une crise.

Les aiguilles d’or

Après Blackwater et Katie, j’ai été un peu surpris par l’absence de fantastique ou de mystérieux dans ces aiguilles d’or. Mais c’est pourtant le même climat glauque qui ne tarde pas à s’installer, tant dans la crasse des bas-fonds de New-York à la fin du 19e, que dans ses classes les plus riches.

Il n'était pas tout à fait mort quand elle lui trancha la gorge d'une oreille à l'autre avec un rasoir de barbier. Elle et son amie s'écartèrent de la trajectoire du jet de sang, et quand celui-ci se fut atténué, elles se maudirent l'une l'autre de n'avoir pas d'abord ramassé les pièces d'or qui s'étaient déversées de la poche de Benjamin.
Le verre de la lampe était constellé du sang crépitant des Stallworth, et le tas de pièces sur le matelas reposait tel un îlot luisant au milieu d'une mer écarlate.
Les aiguilles d’or de Michael McDowell

Car ici, tout est sale et oppressant. Et si la misère est bien visible dans les quartiers pauvres, c’est bien la moralité des plus riches qui est repoussante.

Encore une jolie réussite avec des femmes puissantes avec une fin plutôt trash et réjouissante pour Monsieur Toussaint Louverture et cette série de traductions-résurrections de Michael McDowell

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Par une sombre nuit d'hiver, sept enfants se blottissaient près d'une grille de ventilation sur Mulberry Street. Chacun à leur tour, pendant environ une minute, ils s'asseyaient directement sur la grille en fer pour profiter de la vapeur qui s'échappait de la chaudière des locaux de la police de New York.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans le New York de la fin du XIXe siècle coexistent deux mondes que tout oppose. D'un côté, l'opulence et le faste. De l'autre, le vice monnayé et l'alcool frelaté. C'est à leur frontière, au coeur de l'infâme Triangle Noir, qu'une famille fortunée va chercher à asseoir sa notoriété en faisant mine de débarrasser la ville de sa corruption. Les Stallworth, dirigés d'une main de fer par leur patriarche, l'influent et implacable juge James Stallworth, assisté de son fils Edward, pasteur aux sermons incendiaires, et de son gendre Duncan Phair, jeune avocat à la carrière prometteuse, ont un plan impeccable : déraciner le mal en éradiquant une lignée corrompue de criminelles : les Shanks.

Cour d’assises

Petit Louis est un coupable idéal ! Alors, quand elle en tient un comme ça, la justice ne le lâche pas facilement !

Il ne pouvait pas se douter que ses moindres faits et gestes, désormais, deviendraient quasi historiques, ni que, près d'une année durant, il aurait à expliquer des actes qu'il ne s'expliquait même pas au moment où il les accomplissait.
Cour d’assises de Georges Simenon
Dans cette cour d’assises, Simenon brosse un portrait bien peu reluisant des machines policières et judiciaires, bien plus occupées à trouver un coupable que la vérité.

Un roman plutôt bien foutu, avec un petit voyou un peu gigolo, un peu souteneur accusé de meurtre. Une sorte de pied de nez au commissaire Maigret et à toutes ses enquêtes où la vérité triomphe

Tous les romans durs de Simenon
40. Cour d’assises
39. Bergelon (à lire) 41. Il pleut bergère
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Pour les autres, pour tous ceux qui étaient là, hormis Petit Louis, il n'y avait rien d'exceptionnel au ciel ou sur la terre, rien qu'une heure enluminée, comme elles le sont le soir au Lavandou, avec le calme qui tombe soudain du ciel refroidi, figeant les objets et les sons, un souvenir assez pittoresque, en somme, à conserver parmi les cartes postales et les coquillages.
Ce qu'il faisait bon vivre !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Petit Louis, un jeune voyou, mène la belle vie sur la Côte d'Azur, entretenu par Constance, sa vieille maîtresse fortunée. Il va même jusqu'à installer chez elle une prostituée en la faisant passer pour sa sœur. Un jour Constance est assassinée ; paniqué, Petit Louis fait disparaître son corps avant d'essayer de s'accaparer sa fortune. Mais la police ne tarde pas à la rattraper, et le jeune imprudent se retrouve pris dans un terrible engrenage judiciaire...

Le coup de lune

Ce coup de lune ressemble furieusement au Long cours que Simenon publiera en 1936. Certes, sur un autre continent, mais avec la même folie qui frappe un homme dans les colonies.

Au pied des arbres hauts de cinquante mètres, dans cette forêt dont nul ne connaissait les limites, il n'y avait, sur les nattes, que quelques poignées de manioc, quelques bananes, quatre ou cinq petits poissons fumés. Les vieilles femmes étaient nues. Deux d'entre elles fumaient la pipe. La troisième allaitait un gamin de deux ans qui, de temps en temps, se tournait avec curiosité vers les blancs.
Aucun contact entre ceux-ci et les indigènes. Pas un salut. Adèle marchait la première, regardait les petits tas de marchandises, se penchait pour jeter un coup d'œil dans les cases. Elle se baissa et prit une banane qu'elle ne paya pas.
Il n'y avait pas d'hostilité non plus ! C'étaient des blancs ! Ils faisaient ce qu'ils voulaient, parce qu'ils étaient blancs !
Le coup de lune de Georges Simenon
Un homme qui perd pied (un gros coup de lune), fou de jalousie, épuisé par la dengue, écrasé par la chaleur étouffante et abruti par l’alcool.

Un roman au Gabon des années 30, à Libreville et dans la forêt intérieure, l’occasion d’un portrait écœurant du racisme et de l’entre-soi des colons

Un roman adapté par Serge Gainsbourg au cinéma en 1983 sous le titre Equateur avec Barbara Sukowa et Francis Huster

Adapté également par Eduardo Mignogna en 2001 sous le titre Adela

Tous les romans durs de Simenon
4. Le coup de lune
3. Le passager du Polarlys 5. Les fiançailles de M. Hire
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Avait-il une seule raison grave de s’inquiéter ? Non. Il ne s’était rien passé d’anormal. Aucune menace ne pesait sur lui. C’était ridicule de perdre son sang-froid et il le savait si bien qu’ici encore, au milieu de la fête, il essayait de réagir.
D’ailleurs, ce n’était pas de l’inquiétude à proprement parler et il aurait été incapable de dire à quel moment l’avait pris cette angoisse, ce malaise faits d’un déséquilibre imperceptible.
Pas au moment de quitter l’Europe, en tout cas. Au contraire, Joseph Timar était parti bravement, rouge d’enthousiasme.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Parti plein d’enthousiasme pour les colonies, Joseph Timar ressent, dès son arrivé au Gabon, un malaise indéfinissable qui n’est pas seulement dû à la moiteur accablante du climat. Il s’installe dans l’unique hôtel de la ville. Dès son arrivé, la patronne, Adèle, s’offre à lui...

Lettre à mon juge

Voilà un bien sale bouquin. La confession d’un meurtrier ayant tué sa maîtresse. On parlait alors de crime passionnel. Aujourd’hui on appelle ça un féminicide.

Quand il a fallu avoir recours au forceps, on m'a appelé. La sueur qui me coulait sur les paupières m'empêchait presque de voir. Mon beau-père était là aussi, à aller et venir comme ces petits chiens qui ont perdu la piste.
— Vous verrez que cela ira très bien... Très bien... répétait-il.
J'ai eu l'enfant, en effet. Une énorme fille, à qui il ne manquait que quelques grammes pour faire les douze livres. Mais la mère mourait deux heures plus tard, sans un regard de reproche, en balbutiant :
 — C'est bête que je ne sois pas plus forte...
Lettre à mon juge de Georges Simenon
Un sale bouquin parce qu’une sale époque pour les femmes. Choses des hommes.

Ici, un pauvre chouchou à sa môman, un médecin de campagne qui vit enfin une passion et qui finit, comme un enfant gâté, par tuer l’objet de son amour. - Tu as de la veine d'avoir déniché une pareille femme !
Oui, mon juge. Oui, messieurs. Je m'en rends compte humblement. Et c'est parce que je m'en suis rendu compte jour après jour pendant dix ans que...
Allons ! Je déraille à nouveau. Mais j'ai tellement l'impression qu'il suffirait d'un très petit effort pour aller une fois pour toutes jusqu'au fond des choses !
En médecine, c'est surtout le diagnostic qui compte. La maladie dépistée, ce n'est plus qu'une question de routine ou de bistouri. Or c'est bien un diagnostic que je m'acharne à faire.
Je n'ai pas aimé Jeanne et je ne me suis jamais demandé si je l'aimais. Je n'ai aimé aucune des filles avec qui il m'est arrivé de coucher. Je n'en éprouvais pas le besoin, ni le désir. Que dis-je ? Le mot amour, sauf dans la locution triviale faire l'amour, m'apparaissait comme un mot qu'une sorte de pudeur empêche de prononcer :
Je préférais le mot vérole qui dit exactement ce qu'il veut dire.
Est-ce qu'on parle d'amour, à la campagne ?
Chez nous, on dit :
 - Je suis allé faire une saillie dans le chemin creux avec la fille Untel...Dans une longue confession il tente d’expliquer à son juge comment il en est arrivé là.

Une peinture impressionnante de profondeur d’une société patriarcale ou mères, femmes, bonnes et maîtresses se retrouvent au service de Monsieur. Certaines y laissent leur vie

Et visiblement, cela devait quand même bien interpeller Simenon

Tous les romans durs de Simenon
60. Lettre à mon juge
59. Le destin des Malou 61. Le bilan Malétras
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
À M. Ernest Coméliau,
Juge d'instruction,
23 bis, rue de Seine, Paris (VI)

Mon juge,

Je voudrais qu'un homme, un seul, me comprenne. Et j'aimerais que cet homme soit vous.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La cause est entendue : crime passionnel. Charles Alavoine, respectable médecin de La Roche-sur-Yon, assassin de Martine Englebert, sa maîtresse, est en prison. Mais au-delà du verdict, il reste la vérité humaine... Dans cette longue lettre au juge, peu après sa condamnation, Alavoine retrace les étapes du chemin qui l'a conduit au meurtre : l'autorité possessive d'une mère qui a décidé de ses études et de son mariage, puis d'une seconde femme, qui à son tour, supplantant la mère, va régenter sa vie. L'apparition de Martine, venue occuper un emploi de secrétaire après avoir mené à Paris une existence des plus libres, a d'abord été comme un grand souffle de liberté et de passion... Mais certaines rencontres ne sont-elles pas trop fortes pour un caractère timide et soumis ? La crainte, la jalousie, le confinement de la vie provinciale et du rôle social, l'explosion des pulsions trop longtemps contenues... Ces thèmes obsédants de l'univers romanesque propre à Georges Simenon trouvent ici une expression lucide, dépouillée, quasi désespérée.

Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques

Plongée dans les tréfonds peu reluisants de la justice états-unienne et les relations troubles entre les avocats, juges, procureurs et parties civiles… Et quel meilleur endroit pour dévoiler tout ça qu’une boite de nuit avec une bière devant un lap dance ?

Les policiers mentent à la barre beaucoup plus que les témoins lambda, mais l'opinion publique croit le contraire. Il est toutefois extrêmement rare qu'un flic vienne dire à un avocat de la défense que c'est précisément ce qu'il va faire. Je ne peux pas m'empêcher d'éprouver du respect pour son honnêteté. Enfin, pas son honnêteté à proprement parler, mais vous voyez ce que je veux dire.
Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques de Iain Levison
Et c’est drôle, il y a des gueules carrées, de la drogue, des petits loosers et plein de danseuses fort dévêtues…

Et un avocat qui se retrouve empêtré dans un sombre mic-mac bien lucratif

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
« C'est un garçon tellement gentil. Tellement doux. Il a toujours été facile. »
Par-dessus mon bureau en désordre, Mme Nowak me regarde avec ses grands yeux tristes. Son fils vient d'être arrêté, pour la troisième fois, après s'être exhibé dans le bus devant des lycéennes.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Mille dollars de l'heure. Un tarif qui ne se refuse pas quand on est avocat commis d'office obligé de passer ses journées, dimanches compris, à plancher sur les dossiers attristants de petits malfaiteurs sans envergure. Puis à négocier des peines avec un procureur plus puissant que soi mais tellement moins compétent. Alors Justin Sykes, lassé par ce quotidien déprimant, accepte pour ce tarif de se mettre un soir par semaine au service des filles d'un gentlemen's club et de passer la nuit dans le motel d'en face. Sans trop chercher à comprendre. Parce que, c'est bien connu, les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques.

Les dessous du système judiciaire américain

Dans l’oreille du cyclone

Exemple parfait du shitstorm à l’heure des réseaux sociaux et des polémiques instrumentalisées.

« Nazifier les Juifs, pour vous, ce n'est pas antisémite ? »

Je rappelle une énième fois que je n'ai pas parlé des Juifs en général mais bien du Premier ministre israélien en particulier. J'insiste sur la démarche d'un humoriste satiriste, son positionnement, l'importance de l'outrance et de l'impertinence. Je rappelle aussi que j'utilise le terme nazi à des fins péjoratives et qu'il semble assez saugrenu de me prêter une quelconque accointance avec ce type d'idéologie. C'est une insulte utilisée par certains Juifs eux-mêmes, et qu'il serait également étrange de les taxer d'antisémitisme. D'ailleurs qu'est-ce qui leur prouve que je ne suis pas juif moi-même ? J'en profite pour leur poser la question. Ils répondent par une autre.
« Vous êtes juif ?
 - La police française est vraiment en train de demander à un citoyen français s'il est juif ? » 
Sourires gênés.
Dans l’oreille du cyclone de Guillaume Meurice

Guillaume raconte, jour par jour, la tempête qui s’est abattue sur lui après sa blague sur Netanyahou. Bonne ou mauvaise, la question n’est pas là. Raison ou tort, ici non plus. Mais alors, antisémite, la blague ? alors que seul Bibi est nommé ? Difficile à défendre.

Et donc… pourquoi s’excuser ?

Et aussi. Pourquoi un tel déferlement de haine ? Et d’où venait elle ? D’un parti créé par d’anciens SS ? De médias de « droite dure » ? Et qui sont les amis, les soutiens, qui reste et qui fuit ?

Le journal de bord d’un brillantissime capitaine au milieu d’un ouragan. Il affronte le gros temps, convaincu et convainquant !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
« C'est qui, pour vous, le nazi absolu ? »
Je ris. D'un rire franc. Même pas moqueur. Même pas frondeur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
C'est l'histoire d'une blague qui commence sur France Inter et finit à la police judiciaire, en passant par CNews et l'Assemblée nationale.

C'est l'histoire d'un clown pris dans la tourmente d'une polémique sans fin, entre insultes, menaces et pressions absurdes.

C'est l'histoire du lien entre notre époque et la pratique humoristique, à mi-chemin entre rire et sport de combat.

Dans ce journal de bord d'une tempête médiatique, Guillaume Meurice raconte comment les polémiques se fabriquent et se défont. Un texte, drôle et inquiétant, sur l'humour politique.

Le travail m’a tué

Des débuts merveilleux avec des étoiles dans les yeux et des paillettes au coeur jusqu’à la chute sur le carrelage de l’entreprise. Enfin, chute… Suicide, pour être précis.

Le travail m’a tué de Hubert Prolongeau et Arnaud Delalande, dessins de Grégory Mardon

L’histoire d’un employé au sein d’une grosse entreprise qui, au fil des restructurations, des plans, des changements managériaux et structurels, le presse, et le presse encore plus dans une vertigineuse perte de sens et d’injonctions délirantes.

Un album très bien monté qui démontre au fil des planches la progressive perte de contrôle de Carlos.

Une entreprise responsable ET coupable !

Le suicide au travail a fait irruption dans le monde médiatique avec une première «vague» en 2006 chez Renault, puis une deuxième en 2008-2009 chez France Telecom. Pendant une saison, le sujet a été à la une. Le problème n’est pas né avec cette médiatisation, et il ne s’est pas arrêté avec elle : il y a encore eu dix suicides et six tentatives chez Renault entre 2013 et 2017, et cela sur seulement quatre des onze sites du groupe (chiffres donnés par les syndicats). Quelques victoires juridiques ont accompagné cette reconnaissance : la plus spectaculaire a été la condamnation de Renault pour «faute inexcusable» en 2009 dans l’affaire l’opposant à la veuve d’Antonio B., un salarié s’étant suicidé en 2006. C’était devant le tribunal de la sécurité sociale. En mai 2019 s’est ouvert le procès au pénal de France Telecom, devenu depuis Orange, dont sept dirigeants se sont retrouves en correctionnelle pour «harcèlement moral» et «complicité de harcèlement moral», une première qui n’a pas manqué de remettre le problème sur le devant de la scène.
Hubert Prolongeau

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tribunal des affaires de sécurité sociale.
Les voilà : Mme Perez et son avocate.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
1 - Rester toujours égal avec ma N +1 et toujours valider avec le N + 2
2 - Rester maître de soi
3 - Attendre patiemment la fin des réunions
4 - Etre prudent
5 - Ne pas être stressé par le temps
6 - Attendre la validation du N + 2...
7 - Ne pas communiquer
8 - Avoir confiance
9 - Ne rien écrire mais parler...
10 - Construire ma vie. Ma famille. Ma femme. Mon enfant.