Le beurre de Manako

Si vous avez un petit souci de cholestérol, n’ouvrez surtout pas ce livre. Même la couverture risquerait de vous le faire grimper. Le titre ne trompe pas.

Je vais vous faire un aveu. On a beau me voir comme une croqueuse d'hommes, je ne suis pas de ces femmes vulgaires qui ne pensent qu'à la chose. Disons plutôt que je hais les femmes, tout simplement.
Le beurre de Manako de Asako Yuzuki, trad. de Mathilde Tamae-Bouhon
Car derrière une histoire de tueuse en série manipulatrice, se cache une histoire gastronomique à la française en plein cœur du Japon. Joël Robuchon devrait valider sans hésitation !L'acidité du vinaigre met en valeur l'onctuosité de la sauce au beurre blanc accompagnant l'oursin. La chair tiède fond sur la langue pour former une crème aux saveurs marines et se mêler au flan, dont elle partage la consistance, et où se fait encore sentir le goût du jaune d'œuf.Une enquête menée par une journaliste gourmande et fascinée qui dévoile un pays patriarcal avec toutes les injonctions et inégalités qui pèsent sur les femmes

Délicieux, mais un poil écœurant… doublement

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les étroites habitations aux façades écrues s'étirent à perte de vue le long des collines en pente douce.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le quotidien de Rika, jeune journaliste ambitieuse mais surmenée, est bouleversé quand elle rencontre Manako, une femme accusée d’avoir assassiné trois de ses amants.

Pleine d’assurance, Manako ne cache pas son amour pour la cuisine somptueuse grâce à laquelle elle a su garder ses hommes. Rika veut à tout prix l’interviewer, et Manako y consent à condition que celle-ci se plie à ses demandes culinaires. Fascinée par ce personnage, Rika accepte. Mais en changeant de régime alimentaire, elle gagne quelques kilos et pour la première fois, subit le regard des autres.

Entre emprise et velléités d’indépendance, Rika va mener son enquête sur le passé trouble de Manako, tout en prenant conscience des injonctions de la société à l’endroit des femmes.

Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique, Le beurre de Manako est un roman délicieux saupoudré de tension psychologique et un portrait panoramique du Japon contemporain.

Les trois crimes de mes amis

Voilà un roman dur bien atypique. En est-ce d’ailleurs vraiment un ?
Deux hommes qui ont passé la quarantaine et l'âge de la séduction.
Laquelle des deux femmes va vouloir s'affranchir la première ?
Lequel des deux tuera le premier ?Simenon raconte ici sa jeunesse interlope et celle de trois de ses amis d’alors. Proxénètes, mythomanes, manipulés ou manipulateurs, suicidés ou meurtriers.

Ma mère disait :
 - C'est une « mauvaise maison »...
Mauvaise maison parce qu'on y louait des chambres meublées à des étudiants riches. Tout le quartier, certes, louait des chambres aux étudiants, mais il existait deux catégories de maisons celles où les locataires ne pouvaient pas recevoir de femmes et celles où ils avaient, comme on disait, « entrée libre ».
Or, là où nous sonnions, l'entrée était libre, très libre, et on voyait de la lumière aux fenêtres jusque tard dans la nuit tandis que de la musique filtrait par-dessous les portes.
On nous introduisait dans un appartement spacieux qui sentait l'eau de Cologne et, dès le premier coup d'œil, je prenais pied dans un monde nouveau.
D'abord cette femme en peignoir de soie qui nous pilotait et qui, à chaque pas, laissait entrevoir ses jambes jusque bien au-dessus des bas...
Les trois crimes de mes amis de Georges Simenon
Autobiographie ou roman ? Probablement un peu des deux. L’occasion pour l’auteur de se questionner sur la destinée. Pourquoi eux, pourquoi moi ? Quels furent nos choix, à quel moment furent-ils décisifs ?Alors, j'ai presque envie de demander à chacun :
- Combien d'assassins, combien d'assassins manqués comme les Deux Frères, avez-vous connus pendant votre enfance ?
N'ai-je reçu en partage que la proportion normale ? Est-ce le déchet naturel d'une société ?
Sinon, pourquoi, en si peu d'années, en un lieu déterminé, ai-je vu mourir le petit K..., ai-je connu Hyacinthe Danse et ai-je collaboré avec Deblauwe, tandis que je tutoyais les Deux Frères ?Un roman un peu vide, à l’instar de ces questions dont on ne réussi à trouver de réponse

Tous les romans durs de Simenon
32. Les trois crimes de mes amis
31. Touriste de bananes 33. La Marie du port
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est déroutant ! Tout à l'heure, que dis-je, il y a un instant encore, en écrivant mon titre, j'étais persuadé que j'allais commencer mon récit comme on commence un roman et que la seule différence consisterait dans la véracité.

Or, voilà que je découvre soudain ce qui fait l'artifice du roman, ce qui fait qu'il ne peut jamais être une image de la vie : un roman a un commencement et une fin !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je ne me doutais de rien et mes amis étaient des assassins ! Je ne me doutais de rien quelques années plus tard quand je commençais à écrire des romans policiers, c'est-à-dire des récits de faux crimes, tandis que ceux avec qui j'avais vécu jadis, qui avaient respiré la même atmosphère que moi, partagé les mêmes joies, les mêmes distractions, discuté les mêmes sujets, se mettaient à tuer pour de bon. »