L’extinction des vaches de mer

Les vaches de mer (Rhytine de Steller) : découvertes en 1741, éteintes en 1768. L’homme découvre… L’homme détruit ! Écœurant, révoltant !

Les vaches de mer, victimes de ce qu'on a appelé la ruée vers l'or gras, et avec elles les cormorans aux ailes inutiles ainsi que les autochtones aléoutes, enrôlés de force pour la chasse à la loutre, ont été exterminés. Moins d'un an après le départ de Steller et de l'équipage, les vaches de mer furent massacrées. Pour peu qu'on fût distrait, on aurait cru l'île de Béring baignée dans le rougeoiement d'un éternel coucher de soleil, même en plein jour.
L’extinction des vaches de mer de Adèle Rosenfeld
Dans ce livre Adèle Rosenfeld raconte sa fascination pour cet animal et pour l’expédition qui le découvrit. Puis, dans une seconde partie, elle tisse des liens (un poil alambiqués ?) avec la fin de vie de son grand père. La disparition et la préservation de la mémoire.

Une écriture exigeante qui m’a plusieurs fois laissé à distance malgré un sujet fascinant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les nuages s'étaient essorés et ne formaient plus qu'un mince ourlet vaporeux au-dessus de la mer, quand une impulsion électrique traversa le ciel, la sensation d'un danger, un changement brutal qui alerta Steller. Une masse sombre couvrit les flots, lui fit d'abord penser à une zone d'algues brunes, mais cette masse persista, jusqu'à ce qu'émergeassent d'autres collines au-dessus des flots bariolés d'écume, puis une silhouette jaillissant qui émit un bruit de choc d'air, de chair et d'eau, comme si quelque part des draps mouillés étaient étendus dans une plaine, le linge claquant dans le vent, et la masse brune replongea, et une autre plus loin apparut.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La Rhytine de Steller, plus connue sous le nom de « vache de mer », a été découverte en 1741 par le naturaliste allemand Georg Wilhelm Steller. C’est lors d’une expédition dans les eaux glacées du Pacifique nord qu’il rencontre ce gigantesque animal marin au destin tragique – puisqu’il s’éteindra définitivement 27 ans après son premier contact avec les hommes.
À la fois roman d’aventure, épopée scientifique et plongée dans l’intimité d’un équipage échoué, L’extinction des vaches de mer nous entraîne dans la vie d'un grand explorateur lancé dans la bataille que se livrent les savants européens du XVIIIème siècle pour s’approprier de nouvelles terres et des espèces encore inconnues. Jusqu’à trouver ces vaches de mer devenues mythiques, dont la chair a le pouvoir de sauver les naufragés affamés, sa graisse de les réchauffer, et ses airs de sirène de les enivrer.Mais si la Rhythine de Steller a envahi l’imaginaire de la narratrice, de quoi cette obsession est-elle le nom ?
Porté par une écriture poétique, sensorielle, L’extinction des vaches de mer interroge la possibilité de préserver ce qui menace de s’effacer : un animal, un grand-père, une langue, une histoire familiale. À travers la figure de Steller, scientifique hanté par la beauté et la fragilité du vivant, Adèle Rosenfeld propose une réflexion bouleversante sur la disparition, les douleurs silencieuses et le besoin de transmettre.

Sa majesté des mouches

Ne me souvenant pas vraiment bien de cette histoire lue il y a bien trop longtemps, difficile d’en juger la fidélité de l’adapation. Pour autant, ses planches magnifiques m’ont vraiment donné envie de m’y replonger.

Sa majesté des mouches de Aimée de Jongh, d’après le roman de William Golding

Les graphismes sont superbes, les mises en pages soignées et le tout forme un très bel ouvrage aussi attendrissant qu’à la cruauté révoltante.

Une grosse (oui, au premier degré aussi) réussite !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le garçon blond descendit les derniers rochers et se fraya un chemin vers la lagune.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un avion s'écrase sur une île déserte. Les seuls survivants sont un groupe d'écoliers. Explorateurs de plages splendides le jour, les jeunes garçons sont visités, la nuit, par le spectre d'une créature primitive, et hantés par leurs précieux souvenirs. Orphelins de la civilisation, ils doivent à présent bâtir la leur. Mais le groupe se trouve rapidement divisé et leurs jeux innocents prennent une dangereuse tournure.

Les Pitard

De nombreux Simenon se passent sur mer ou le long les canaux qui semble avoir été fasciné par ce monde. Les Pitard, c’est l’histoire d’un marin, son bateau et sa femme. La grosse mer et un naufrage. Naufrage d’un couple, d’un bateau ou des deux ?

Le signal du jour qui allait naître, ce fut, à bord du Tonnerre-de-Dieu, la distribution de café noir dans les quarts en fer-blanc, sauf pour les officiers à qui un Campois fantomatique apporta des bols.
 - Sors une bouteille de rhum et sers une tournée générale, dit Lannec en épiant d'un œil maussade le ciel qui pâlissait.
Il faisait plus froid que la nuit, un froid humide et pénétrant et tout le monde avait les yeux rougis par la fatigue. La mer ne s'apaisait pas, au contraire, et à mesure que la grisaille de l'aube permettait d'en voir davantage du Françoise, les visages se renfrognaient.
Le spectacle du chalutier désemparé était sinistre. Amputé de sa cheminée et de sa cabine, il n'avait plus physionomie de bateau et d'ailleurs, depuis longtemps, il ne réagissait plus en bateau.
Les Pitard de Georges Simenon
Un roman fascinant par sa montée en puissance et le déchaînement au paroxysme de la tension.

Une violente tourmente en pleine mer

Tous les romans durs de Simenon
13. Les Pitard
12. Les clients d’Avrenos 14. 45° à l’ombre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le Journal de Rouen publiait à la rubrique « Mouvement du Port » : « Sortis : Le Tonnerre-de-Dieu, commandant Lannec, pour Hambourg, avec 500 tonnes de divers... »


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Ne fais pas trop le malin. Quelqu'un qui sait ce qu'il dit t'annonce que le Tonnerre de Dieu n'arrivera pas à bon port. Ce quelqu'un a bien l'honneur de te saluer et de dire le bonjour à Mathilde. »
Qui a bien pu écrire ces lignes couchées sur une feuille de mauvais papier qu'Émile vient de trouver dans sa cabine ? Qui ose lui gâcher son plaisir alors qu'il vient tout juste d'acheter son cargo après des années de labeur ? Et pourquoi mentionner Mathilde, son épouse ? Comment expliquer qu'Émile se sente à ce point surveillé alors que rien ne va comme prévu ?... Un farceur sûrement... Oui, c'est cela, un farceur... Mais de la farce au drame, il n'y a parfois qu'un pas...

L’île aux femmes

Chez Zanzim, la machine à fantasmes fonctionne fort !

Lu après Grand petit homme dont la lecture de certaines pages était malaisante en pleine affaire Mazan (aujourd’hui, je me questionne encore sans trop y voir malice), ici les fantasmes sont plutôt bon enfant et nul besoin de chercher trop loin. C’est drôle, enlevé et plein de dérision pour les délires donjuanesques de ce héros malheureux.

L’île aux femmes de Zanzim
L’histoire d’un homme à femmes sur l’île des femmes de ses (presque) rêves les plus fous.

Un auteur au dessin naïf très maîtrisé et aux personnages baroques torturés… Sympa

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
KEUF ! KEUF !
Pincez-moi ! Je rêve !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Lorsqu'un Don Juan se retrouve prisonnier sur une île remplie de femmes...

Céleste Bompard est un « Coq en l’air », un as de la voltige. Ses prouesses lui valent un large succès auprès de la gent féminine. Il aligne les conquêtes. Engagé alors que la Grande Guerre éclate, il est chargé de transporter les lettres que les soldats du front écrivent à leurs femmes. Mais lors d’une mission, Céleste est victime d’un tir ennemi et son biplan se crashe sur une île mystérieuse. Obligé de survivre dans cet endroit visiblement désert, il trompe son ennui en lisant les lettres que les poilus destinent à leurs femmes. Un jour, en parcourant les lieux, il découvre un jardin d’Éden entièrement peuplé de femmes ! De véritables amazones, aussi belles que redoutables, qui ne tardent pas à le capturer pour remplacer leur « reproducteur » actuel. Alors qu'il avait l'habitude de mener la danse avec les femmes, voilà que Céleste est devenu leur esclave !

Zanzim revient dans la collection 1000 Feuilles et en solo avec un nouvel album truculent à souhait et féministe. Son trait sobre et élégant restitue à merveille les courbes des créatures de rêve qui peuplent son Île aux femmes !