Lu après Nous et Le meilleur des mondes, 1984 propose une autre facette des dystopies totalitaristes. Et si, dans Le meilleur des mondes tout le monde semblait béatement heureux, abruti par le sexe et le soma, c’est ici par le contrôle total, la peur et le lavage de cerveau continuel que Big Brother exerce son pouvoir.
Et là… Vous la sentez monter, l’angoisse ?
Une lecture indispensable
C'était un jour d'avril froid et lumineux, et les horloges sonnaient 13:00. Winston Smith, le menton rentré dans le cou pour échapper au vent mauvais, franchit rapidement les portes vitrées des demeures de la Victoire, mais pas assez vite pour empêcher un tourbillon de poussière gravillonneuse de s'engouffrer avec lui.
Dans la mégapole d’une superpuissance mondiale, Winston Smith vit, cadenassé dans sa solitude, sous le regard constant du télécran. Employé au ministère de la Vérité, il réécrit quotidiennement les archives de presse pour les rendre conforme avec la ligne officielle du moment. Mais un jour, le petit employé de bureau se rebelle, commence un journal, tombe amoureux et flâne dans les quartiers où vivent les proles, soustraits à la discipline du Parti. Dans ces lieux où subsistent quelques fragments du passé aboli, il va s’engager dans la rébellion…
« Novlangue », « police de la pensée », « Big Brother »… Soixante-dix ans après la publication du roman de George Orwell, les concepts clés de 1984 sont devenus des références essentielles pour comprendre les ressorts totalitaires des sociétés contemporaines. Dans un monde où la télésurveillance s’est généralisée, où la numérisation a donné un élan sans précédent au pouvoir des grandes entreprises et à l’arbitraire des États, où le passé tend à se dissoudre dans l’éternel présent de l’actualité médiatique, le chef-d’œuvre d’Orwell est à redécouvrir dans une nouvelle traduction et une édition critique.
Parue pour la première fois au Québec en 2019 aux éditions de la rue Dorion (Québec), cette nouvelle version corrige les lacunes de la traduction initiale réimprimée à l’identique depuis 1950 (une quarantaine de phrases manquantes, de nombreux contresens) ; et, au contraire de la traduction « moderne » parue en 2018, restitue la dimension philosophique et la fulgurance politique du roman d’Orwell dans les termes que des millions de lecteurs se sont appropriés depuis plus d’un demi-siècle ; tout en rendant hommage à la dimension poétique de cette œuvre pleine d’humour, d’amertume et de nostalgie.
