Mille neuf cent quatre-vingt-quatre

Lu après Nous et Le meilleur des mondes, 1984 propose une autre facette des dystopies totalitaristes. Et si, dans Le meilleur des mondes tout le monde semblait béatement heureux, abruti par le sexe et le soma, c’est ici par le contrôle total, la peur et le lavage de cerveau continuel que Big Brother exerce son pouvoir.

Le parti vous enseignait à rejeter l'évidence de vos yeux et de vos oreilles. C'était son commandement ultime, le plus essentiel. Winston sentit son cœur lui manquer à la pensée de la puissance démesurée qui était déployée contre lui, à la facilité avec laquelle n'importe quel intellectuel du parti, dans un débat, le remettrait à sa place au moyen d'arguments subtils qu'il serait incapable de comprendre, et plus encore de contrer. Et pourtant, il avait raison! Ils avaient tort, il avait raison. Il fallait défendre les évidences, les platitudes, les vérités. Les truismes sont vrais, accrochons-nous à cela ! Le monde physique existe, ses lois ne changent pas. Les pierres sont dures, l'eau est liquide, tout objet lâché est attiré par le centre de la terre. Avec le sentiment de s'adresser à O'Brien, et aussi d'énoncer un axiome important, Winston écrivit :
La liberté est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit.
Mille neuf cent quatre-vingt-quatre de George Orwell, traduction de Célia Izoard
Un livre fascinant, plus encore à l’heure de la remontée des fascismes avec leur lots de post-vérité, de violence policières, de la stigmatisation des étrangers et de la traque des sans papiers, du big data, de l’explosion des caméras de surveillance, de la main mise sur les médias par l’extrême droite et, aux États-Unis, des tentatives de contrôle des universités, et des débordements de ICE… et la liste des symptômes est bien plus longue !

Et là… Vous la sentez monter, l’angoisse ?

Une lecture indispensable

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'était un jour d'avril froid et lumineux, et les horloges sonnaient 13:00. Winston Smith, le menton rentré dans le cou pour échapper au vent mauvais, franchit rapidement les portes vitrées des demeures de la Victoire, mais pas assez vite pour empêcher un tourbillon de poussière gravillonneuse de s'engouffrer avec lui.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans la mégapole d’une superpuissance mondiale, Winston Smith vit, cadenassé dans sa solitude, sous le regard constant du télécran. Employé au ministère de la Vérité, il réécrit quotidiennement les archives de presse pour les rendre conforme avec la ligne officielle du moment. Mais un jour, le petit employé de bureau se rebelle, commence un journal, tombe amoureux et flâne dans les quartiers où vivent les proles, soustraits à la discipline du Parti. Dans ces lieux où subsistent quelques fragments du passé aboli, il va s’engager dans la rébellion…

« Novlangue », « police de la pensée », « Big Brother »… Soixante-dix ans après la publication du roman de George Orwell, les concepts clés de 1984 sont devenus des références essentielles pour comprendre les ressorts totalitaires des sociétés contemporaines. Dans un monde où la télésurveillance s’est généralisée, où la numérisation a donné un élan sans précédent au pouvoir des grandes entreprises et à l’arbitraire des États, où le passé tend à se dissoudre dans l’éternel présent de l’actualité médiatique, le chef-d’œuvre d’Orwell est à redécouvrir dans une nouvelle traduction et une édition critique.

Parue pour la première fois au Québec en 2019 aux éditions de la rue Dorion (Québec), cette nouvelle version corrige les lacunes de la traduction initiale réimprimée à l’identique depuis 1950 (une quarantaine de phrases manquantes, de nombreux contresens) ; et, au contraire de la traduction « moderne » parue en 2018, restitue la dimension philosophique et la fulgurance politique du roman d’Orwell dans les termes que des millions de lecteurs se sont appropriés depuis plus d’un demi-siècle ; tout en rendant hommage à la dimension poétique de cette œuvre pleine d’humour, d’amertume et de nostalgie.

Le meilleur des mondes

Lu il y a fort longtemps, je me suis replongé dans ce classique avec émerveillement !

Ces paroles réveillèrent un écho plaintif dans l'esprit de Bernard. Seul, seul...
 - Moi aussi, dit-il, dans une bouffée de confidence. Terriblement seul.
 - Vous aussi? - John eut l'air étonné. - Je croyais que Là-Bas... C'est-à-dire que Linda disait toujours que personne n'y était jamais seul.
Bernard rougit, gêné.
 - Il faut vous dire, fit-il, bredouillant et détournant les yeux, que je dois être un peu différent de la plupart des gens. Si l'on se trouve avoir été différent, dès la décantation...
Oui, voilà, précisément. Le jeune homme approuva d'un signe de tête. - Si l'on est différent, il est fatal qu'on soit seul. On est traité abominablement. Savez-vous bien qu'ils m'ont tenu à l'écart de tout, absolument ? Quand les autres gamins allaient passer la nuit dans les montagnes vous savez bien, quand on doit voir en rêve ce qu'on a comme animal sacré ils n'ont pas voulu me permettre d'aller avec les autres ; ils n'ont voulu me dire aucun des secrets. N'empêche que je l'ai fait tout seul, ajouta-t-il. Je suis resté sans manger pendant cinq jours, et alors, je suis allé tout seul, une nuit, dans les montagnes, par-là. - Il les désigna du doigt.
Bernard eut un rire protecteur.
 - Et vous avez vu quelque chose, en rêve ? demanda-t-il.
L'autre fit un signe de tête affirmatif.
Le meilleur des mondes de Aldous Huxley, traduction de Jules Castier
Tant de dérives totalitaires sont décrites ici, avec le consentement béat d’une population soumise chimiquement pour son plus grand bonheur abruti. Un monde ou l’eugénisme et le conditionnement dès la naissance permet à toutes les classes sociales de rester à leurs place, abreuvées de soma et de sexe.

Impressionnant !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Un bâtiment gris et trapu de trente-quatre étages seulement. Au-dessus de l'entrée principale, les mots : CENTRE D'INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT DE LONDRES-CENTRAL, et, dans un écusson, la devise de l'État mondial : COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Voici près d'un siècle, dans d'étourdissantes visions, Aldous Huxley imagine une civilisation future jusque dans ses rouages les plus surprenants : un État Mondial, parfaitement hiérarchisé, a cantonné les derniers humains « sauvages » dans des réserves. La culture in vitro des fœtus a engendré le règne des « Alphas », génétiquement déterminés à être l'élite dirigeante. Les castes inférieures, elles, sont conditionnées pour se satisfaire pleinement de leur sort.

Dans cette société où le bonheur est loi, famille, monogamie, sentiments sont bannis. Le meilleur des mondes est possible. Aujourd'hui, il nous paraît même familier...

Nous

À sa lecture, on comprend vite que ce Nous ait inspiré 1984. Une ville de verre où tout le monde voit tout le monde et ou le bonheur est prescrit sous l’œil du « Bienfaiteur »… De nombreux ingrédients sont là.

Parce que la mort - c'est justement ma dissolution à son comble. Par conséquent, si A représente l'amour, et M la mort, on obtient: A = f(M), ce qui veut dire que l'amour et la mort...
Mais oui, parfaitement. Voilà pourquoi j'ai peur de I, je lutte avec elle, je ne veux pas. Mais pourquoi ai-je en moi, côte à côte, ce « je ne veux pas » et un « je veux » ? L'horreur, c'est que cette mort bienheureuse d'hier, je la veux encore. L'horreur, c'est que même maintenant que la fonction a été intégrée, où il est évident qu'elle inclut la mort, je la veux pourtant, elle, I, mes lèvres, mes mains, ma poitrine, chaque millimètre de moi la veut...
Demain a lieu la Fête de l'Unanimité. Elle y sera aussi, bien entendu, je la verrai, mais seulement de loin. De loin - j'aurai mal, parce que j'ai besoin – irrésistiblement envie d'être à côté d'elle - que ses mains, son épaule, ses cheveux... Mais même cette souffrance, je la veux - je l'accepte.
O grand Bienfaiteur! Quelle absurdité - vouloir la souffrance! Comment ne pas comprendre que les com-posantes douloureuses - négatives - réduisent la somme de ce que nous appelons bonheur. Et par conséquent...
Non - pas de « par conséquent ». C'est ainsi. Le fait nu.
Nous de Evgueni Zamiatine, traduction de Hélène Henry
Une origine russe, donc ; datant des années 20. Les humains y sont des numéros et rien n’existe derrière la grande barrière. Rien vraiment ?

Un livre qui pose une grande question : heureux sont-ils vraiment, les simples d’esprit ?

Une œuvre majeure et fondatrice de la grande veine des dystopies qui n’a, ma foi, pas trop trop mal vieilli

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je ne fais ici que recopier - mot pour mot - ce que publie aujourd'hui le Journal officiel :
Dans cent vingt jours, la construction de l'INTÉGRALE sera achevée.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans une société assujettie au bonheur infaillible et obligatoire, alors que la « dernière » de toutes les révolutions possibles a eu lieu, les hommes, enfermés sous une cité de verre, sont devenus des « Numéros ». Ceux-ci paient de leur vie le moindre écart à l’ordre établi contre lequel, malgré tout, une poignée de dissidents va s’insurger.
D-503, constructeur de l'« Intégrale », un vaisseau spatial qui a pour mission de ranger les civilisations extraterrestres sous la férule du « Bienfaiteur », y tient un journal à la gloire de ce monde aseptisé et y consigne les débuts d’une insurrection qui va peu à peu le transformer.

Anti-utopie prophétique qui anticipe toutes les glaciations du XXe siècle, « Nous » est considéré comme le premier chef-d’œuvre de science-fiction, celui qui inspirera « 1984 » de George Orwell et « Le Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley. Cette nouvelle traduction, la première à être fidèle à l’original, vise à faire entendre, dans les mots, cet appel tragique : on a toujours raison de se révolter.

Il est difficile d’être un dieu

Trouvé dans une liste des livres qui ont participé à l’inspiration (ou à la veine) de 1984, je suis tombé sur ce titre de SF plutôt cocasse.

 . Mais non, dit Roumata qui l'examinait avec curiosité. Les Gris sont hors de combat. Ce sont des moines.
 - Ça alors! dit le forgeron. Les Gris aussi...
 - Mâtin! Quel Ordre! Les Gris sont battus, ça, c'est bien. Mais pour nous autres, seigneur, qu'est-ce que vous pensez ? On s'y fera à leur Ordre ?
Pourquoi pas ? L'Ordre aussi a besoin de manger et de boire. Vous-vous y ferez. »
Le forgeron avait repris courage.
« Moi aussi je pense qu'on se débrouillera. Je crois que le principal, c'est de n'embêter personne et alors, personne ne vous embête, hein ? »
Roumata secoua la tête.
« Non. C'est ceux qui ne font rien qui se font tuer.
 - Ça, c'est vrai, soupira le forgeron. Mais que voulez-vous que je fasse, tout seul, avec huit morveux accrochés à ma blouse ? Ah! Si seulement on avait tué mon patron ! Il était officier chez les Gris. Qu'en pensez-vous, noble seigneur, ils l'ont peut-être tué ? Je lui devais cinq pièces d'or.
 - Je ne sais pas. C'est possible. Mais tu sais, forgeron, voilà à quoi tu devrais penser : tu es tout seul, eh bien, des tout seuls comme toi, il y en a peut-être dix mille dans la ville.
 - Oui, et alors ?
 - Eh bien, pensez-y ! » dit Roumata avec colère, et il poursuivit sa route.
Il est difficile d’être un dieu de Arkadi Strougatski et Boris Strougatski, traduction de Bernadette Du Crest
Cocasse principalement parce qu’il a quand même pas mal vieilli (il date de 1964) et qu’ici, les héros de l’espace ne viennent pas de New-York ou Philadelphie, mais sont russes !

Sur terre les humains sont devenus gentils et, en bon voyageurs de l’espace bien condescendants, ils tentent d’aider les peuples arriérés d’autres planètes à sortir de leurs totalitarismes théocratiques révoltants.

Un livre historiquement intéressant mais aux ficelles un peu épaisses

Adapté au cinéma en 2015 par Alexei Guerman

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'arbalète d'Anka était équipée d'un fût en matière plastique noire, d'une corde d'acier chromé, et un seul mouvement de son levier coulissant suffisait à la bander. Anton n'aimait pas les nouveautés, il utilisait un bon vieil engin du même modèle que celui du maréchal Totz, premier roi d'Arkanar : bardé de cuivre, avec un moulinet sur lequel s'enroulait une corde de boyau. Pachka, lui, avait pris une carabine à air comprimé. Paresseux et peu doué pour les travaux manuels, il considérait les arbalètes comme des armes préhistoriques.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La planète Arkanar ploie sous la férule du tyrannique ministre de la Sûreté. Cette société semi-féodale qui persécute ses intellectuels, évoquant à la fois l'Espagne de l'Inquisition, l'Allemagne nazie et la Russie stalinienne, intéresse au plus haut point l'Institut d'histoire expérimentale de la Terre qui, elle, est peuplée depuis longtemps d'humanistes tout-puissants que l'on considère volontiers comme des dieux. Doivent-ils intervenir pour miner le fascisme, ébranler l'obscurantisme? Bien sûr que non! L'Histoire doit suivre son cours naturel. Mais le jeune Roumata va avoir bien du mal à l'accepter, alors qu'il sait combien il est dangereux, pour un dieu, de se mêler de la misère des mortels.

Madame Hayat

Madame Hayat m’a touché, bouleversé. Une histoire toute en contrastes qui raconte l’initiation sentimentale de Fazil.

 — Assieds-toi, je t'en prie, je vais faire un café.
Je pris place sur le canapé. Elle revint avec deux cafés. Elle s'assit sur le fauteuil, les jambes croisées. Sa robe remonta sur sa cuisse. J'en avalai ma salive. Incapable de savoir quoi dire, quoi faire. Elle était clairement en train de me séduire, et moi je n'arrivais même pas à me rendre compte que j'étais en train d'être séduit.
 — C'est très beau chez vous, dis-je d'une voix timide.
 — Tu aimes ?
 — Oui, vraiment.
Madame Hayat de Ahmet Altan
C’est la liberté folle de Madame Hayat dans un régime totalitaire, c’est la misère après l’opulence, c’est la volupté sans âges et un amour de jeunesse, c’est la timidité face à l’expérience, c’est la volonté de fuir et le besoin de se toucher toujours, c’est une relation inconditionnelle toute en omissions, c’est ambivalence des désirs, c’est envisager un futur dans un pays soumis à un pouvoir arbitraire.

Et plus que tout, c’est la beauté vue pour la première fois, l’émerveillement, l’absolu.

Mais c’est aussi le premier instant des choix déchirants

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La vie des gens changeait en une nuit. La société se trouvait dans un tel état de décomposition qu'aucune existence ne pouvait plus se rattacher à son passé comme on tient à des racines. Chaque être vivait sous la menace de sombrer dans l'oubli, abattu d'un seul coup comme ces pantins qu'on prend pour cible dans les fêtes foraines.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Fazil, le jeune narrateur de ce livre, part faire des études de lettres loin de chez lui. Devenu boursier après le décès de son père, il loue une chambre dans une modeste pension, un lieu fané où se côtoient des êtres inoubliables à la gravité poétique, qui tentent de passer entre les mailles du filet d’une ville habitée de présences menaçantes.
Au quotidien, Fazil gagne sa vie en tant que figurant dans une émission de télévision, et c’est en ces lieux de fictions qu’il remarque une femme voluptueuse, vif-argent, qui pourrait être sa mère. Parenthèse exaltante, Fazil tombe éperdument amoureux de cette Madame Hayat qui l’entraîne comme au-delà de lui-même. Quelques jours plus tard, il fait la connaissance de la jeune Sıla. Double bonheur, double initiation, double regard sur la magie d’une vie.

L’analyse tout en finesse du sentiment amoureux trouve en ce livre de singuliers échos. Le personnage de Madame Hayat, solaire, et celui de Fazil, plus littéraire, plus engagé, convoquent les subtiles métaphores d’une aspiration à la liberté absolue dans un pays qui se referme autour d’eux sans jamais les atteindre.

Pour celui qui se souvient que ce livre a été écrit en prison, l’émotion est profonde.

Simili Love

Il faut lire Antoine Jaquier ! C’est important. Tout d’abord parce qu’il écrit bien, et c’est pas désagréable. Ensuite parce qu’il écrit avec ses tripes, avec la viande et des idées ! C’est rude, souvent trash, merdique, angoissant, violent (parfois très ! (Avec les chiens m’avait franchement dérangé)), inspiré, et souvent avec une vision très noire de l’avenir (mais franchement, vous y croyez encore aux lendemains radieux ?).

Avoir quelque chose à dire dans un livre change beaucoup de choses. Le style pour le style n'est pas défendable lorsque la maison brûle, mais j'ai peut-être tort. À l'image de l'orchestre du Titanic qui aurait joué jusqu'au bout, mourir avec élégance serait peut-être, aussi dans notre cas, la meilleure option. Un peu de poésie avant la Grande Nuit.
Simili Love de Antoine Jaquier

Un livre en plusieurs parties sur notre abrutissement généralisé et la fin de la société suite à la Grande Lumière (la mise en libre accès de toutes la informations personnelles par Foogle) et la prise en main de l’avenir de la planète par l’intelligence artificielle.

Le rêve serait d'enfermer mon texte dans une bouteille qui remonterait le fil du temps jusqu'à avant qu'il ne soit trop tard. Prévenir mes ancêtres. Le point de bascule est difficile à situer. Jésus Christ? Les débuts du capitalisme? L'industrialisation? La fin de l'étalon-or? Internet? Le tout numérique?
De toute manière, personne n'aurait envie d'y croire.
« Il est notre sauveur ! » s'exalteraient les premiers. « Vous n'arrêterez pas le progrès! » diraient les grands bourgeois. « Vous ne comprenez rien à l'économie! » scanderaient les libéraux. « Nous allons rapprocher les hommes », se convaincraient les geeks.

Un livre lumineux, sombre et magnifique ! Un livre qui gratte là où ça démange

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Pas que j'avais manqué d'amour, non, on ne pouvait pas dire ça. Sans doute même un privilégié. Le fils chéri de maman. L'adolescent que les filles se disputaient. De solides amitiés forgées à la vingtaine. Des copines et une épouse formidables. Pas de quoi me plaindre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
2040. Dans un monde socialement fracturé, Foogle décrète la Grande lumière et rend publiques les données personnelles. Une épidémie mortelle prolifère, les pauvres sont chassés des centres, les autres s'isolent et vivent avec des androïdes facilitateurs de vie.

Déprimé et solitaire, un écrivain tombe fou amoureux de son androïde et rompt avec son statut protégé...

Épidémie - Surveillance - Transparence : Bienvenue en 2040...

Et ces êtres sans pénis !

Mais comment, mais pourquoi ? Comment et pourquoi un système peut-il exister dans lequel la moitié de la population n’a aucun autre droit que celui de se taire, se voiler et subir ? Dans quels esprits malades une telle organisation a-t-elle pu voir le jour, comment fait-elle pour perdurer ?

Et ces êtres sans pénis ! de Chahdortt Djavann

Un livre qui, sur le fond, rappelle fortement Les putes voilées n’iront pas au paradis, tout en mixant avec brio l’auto fiction, le documentaire et le roman.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je ne respecte les règles d'aucun romancier » affirme Chahdortt Djavann. En effet, la voilà qui entre et sort de manière virtuose de son roman, comme si elle franchissait les frontières d'un pays. Narratrice de sa fiction, elle en devient aussi un des personnages.

Après « faute de naissance », un premier chapitre intime où l'auteur confesse son « indélicatesse d'être née sans pénis après un frère mort », elle nous raconte, de Téhéran à Ispahan, le destin de plusieurs femmes qui paient un prix effroyable pour avoir joué autour d'une fontaine, refusé un mariage arrangé en vivant un amour homosexuel, ôté son voile en public ou tenu tête a un mari puissant.

Dans le dernier chapitre aux allures de conte, l'auteur traverse l'Europe, l'Arménie et l'Azerbaïdjan et rentre clandestinement dans son Iran natal, au risque d'être arrêtée comme espionne. Elle y retrouve deux cousines, devenues grandes résistantes, qui vont changer le cours de l'Histoire.

Voici le roman le plus atypique, le plus poétique et le plus audacieux de Chahdortt Djavann dont la plume, limpide et puissante, nous surprend et nous transporte

Fahrenheit 451

Un livre d’actualité sur Google, Facebook, le big-data, l’entertainment et les lois antiterroristes.

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury
Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Flippant!

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé