Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Hé oui, la nature est facétieuse et parfois… et elle répartit bien inégalement les beautés et les défauts…La crevette de Zidrou, dessins de Paul SalomoneUne bande dessinée aux aquarelles magnifiques et fort suggestives de Salomone pour une histoire d’amour bien particulière qui commence fort mal.
Pour la petite histoire, ne connaissant pas les Gilles de Binche, j’ai eu, dans un premier temps, un petit peu de peine à comprendre… Merci Wikipedia. Et à postériori… c’est très drôle !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Si ça se trouve, c'était la première fois ?
Ben justement : la première fois, ça fait plus mal...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Ah, si les mannequins du magasin pouvaient parler... Leurs yeux de plastique en ont vu défiler, des employés. Ils en connaissent tous les petits secrets... sauf un ! Un secret minuscule qui se niche chez Séraphin, l'acariâtre patron des lieux. Un secret qu`Aline, la nouvelle dactylo, va découvrir par inadvertance. Et qui pourrait faire du magasin Divine une bien triste comédie, s`il venait à être révélé...
Personne ne s’entend vraiment bien, ni mal non plus d’ailleurs. Ils ont été enfants ensemble, ils sont restés frères et… Maintenant que le père est mort ? Les petits sous, les biens, et sous le matelas, et le petit coffre, la banque, le restaurant… ? Ça fait combien tout ça ?La mort d’Auguste de Georges SimenonSurpris par le décès du père, mort sans laisser de testament, trois frères se retrouvent (accompagnés de leurs femmes à qui Simenon fait tenir des rôles caricaturaux et guère flatteurs)… à se partager le magot autour d’un corps encore tiède.
La mort d’Auguste, l’occasion d’une photographie de la cupidité familiale
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) De la caisse où elle était assise, sereine et vaguement souriante, Fernande avait vu entrer le couple et elle avait compris tout de suite qu'ils venaient pour la première fois. Ils étaient très jeunes tous les deux, vêtus de neuf des pieds à la tête comme de nouveaux mariés qu'ils étaient sans doute, et, la porte franchie, ils s'étaient efforcés de cacher leur surprise et leur hésitation.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) A l'enseigne de « Chez l'Auvergnat », rue de la Grande-Truanderie, dans le quartier des Halles, on trouve un bistrot réputé. La modestie du décor contraste avec la clientèle aisée et mondaine qui s'y presse chaque soir. Le vieil Auguste, son propriétaire et fondateur, vient de mourir subitement. Réunis à l'occasion du deuil, ses trois fils cherchent en vain un testament, des papiers, l'argent que leur père avait accumulé, en comptant chaque sou, depuis l'âge de douze ans.
La fortune reste introuvable et les regards se font lourds, le climat pesant, les paroles dures. Auguste n'a laissé qu'une clé, celle d'un coffre bancaire du quartier. Il faut attendre, puisque la banque n'ouvre que lundi.
Tsunami raconte une touchante histoire, celle d’un jeune homme à la recherche de sa sœur disparue en Indonésie, quelque temps après le grand tsunami de 2004.Tsunami de Stéphane Piatzszek et dessins de Jean-Denis PendanxUne quête dans un cadre idyllique qui flirte avec le fantastique et les fantômes des disparus.C’est tendre et beau, parfois drôle, d’autres fois triste. Une quête pleine d’émotions aux aquarelles magnifiques
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je ne sentais pas la puanteur des motos déglinguées qui envahissaient le centre-ville.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Comment retrouver sa grande soeur... quand elle a disparu il y a dix ans ?
quand elle a disparu en Indonésie, juste après le tsunami ?
quand elle a disparu alors qu'elle soignait des populations meurtries et affamées ?
Comment retrouver sa grande soeur...
quand on n'a jamais mis un pied hors de l'hexagone ?
quand on tombe par mégarde amoureux d'une adorable Papoue en cavale ?
quand ladite jeune femme connaît le vaudou et les morts qui marchent ?
Comment retrouver sa grande soeur
quand on découvre qu'elle vit loin, très loin, tout au bout d'une île... tout au bout du monde et peut-être plus loin encore ?
Chez Zanzim, la machine à fantasmes fonctionne fort !
Lu après Grand petit homme dont la lecture de certaines pages était malaisante en pleine affaire Mazan (aujourd’hui, je me questionne encore sans trop y voir malice), ici les fantasmes sont plutôt bon enfant et nul besoin de chercher trop loin. C’est drôle, enlevé et plein de dérision pour les délires donjuanesques de ce héros malheureux.L’île aux femmes de ZanzimL’histoire d’un homme à femmes sur l’île des femmes de ses (presque) rêves les plus fous.
Un auteur au dessin naïf très maîtrisé et aux personnages baroques torturés… Sympa
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) KEUF ! KEUF !
Pincez-moi ! Je rêve !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Lorsqu'un Don Juan se retrouve prisonnier sur une île remplie de femmes...
Céleste Bompard est un « Coq en l’air », un as de la voltige. Ses prouesses lui valent un large succès auprès de la gent féminine. Il aligne les conquêtes. Engagé alors que la Grande Guerre éclate, il est chargé de transporter les lettres que les soldats du front écrivent à leurs femmes. Mais lors d’une mission, Céleste est victime d’un tir ennemi et son biplan se crashe sur une île mystérieuse. Obligé de survivre dans cet endroit visiblement désert, il trompe son ennui en lisant les lettres que les poilus destinent à leurs femmes. Un jour, en parcourant les lieux, il découvre un jardin d’Éden entièrement peuplé de femmes ! De véritables amazones, aussi belles que redoutables, qui ne tardent pas à le capturer pour remplacer leur « reproducteur » actuel. Alors qu'il avait l'habitude de mener la danse avec les femmes, voilà que Céleste est devenu leur esclave !
Zanzim revient dans la collection 1000 Feuilles et en solo avec un nouvel album truculent à souhait et féministe. Son trait sobre et élégant restitue à merveille les courbes des créatures de rêve qui peuplent son Île aux femmes !
Voilà un roman dur vraiment très Maigret avec Quai des Orfèvres, mort et enquête, concierges, et même Lucas qui apparaît. Une enquête autour d’une mort naturelle toutefois. Ici, c’est l’identité du mort qui semble mystérieuse.L’enterrement de Monsieur Bouvet de Georges SimenonUn petit roman parisien pas trop dur aux rebondissement multiples mais avec guère de suspense ou de mystère, les éléments s’ajoutant simplement les uns aux autres. On a vu Georges plus inspiré durant sa période étasunienne
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) L'arroseuse passa, avec le crissement de son balai tournant qui remuait l'eau sur l'asphalte, et c'était comme si on avait peint en sombre la moitié de la chaussée. Un gros chien jaune était monté sur une toute petite chienne blanche qui restait immobile.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un tranquille petit-bourgeois, M. Bouvet, est mort sur les quais de la Seine, tandis qu'il feuilletait un livre à l'étalage d'un bouquiniste. Rien de suspect dans cette fin, mais, comme on ne lui connaît pas de famille, on publie tout de même sa photo dans la presse. Cette publication va provoquer une cascade de révélations successives, qui plongeront l'inspecteur Beaupère, chargé du dossier, dans une perplexité croissante. Comment s'appelait réellement M. Bouvet ? Et qui était-il ? Un aventurier américain, un truand parisien lié des décennies plus tôt aux milieux anarchistes ? Ou quelqu'un d'autre encore ?
Monsieur se sent brimé, diminué par son épouse qui, elle, réussi fort bien sa vie professionnelle. Et lors d’un voyage en voiture alors qu’ils vont chercher leurs enfants, dans un geste d’affirmation fort maladroit de monsieur… tout dérape. N’est pas macho qui veut !Feux rouges de Georges SimenonEt comme dans de très nombreux Simenon… L’alcool, beaucoup ! Cette fois-ci, du Rye (oui, c’est la période étasunienne), et cela m’a un peu rappelé Maigret voyage, mais l’ivresse était tout aussi délirante dans Betty que j’ai lu voilà deux jours.
Les temps changent-ils ? S’il vivait encore aujourd’hui, parsèmerait-il ses ouvrages d’autant de drogues diverses ? Cocaïne, héroïne, MDMA, crack, Fentanil, GHB, Oxycodone, kétamine, 4-MMC, méthamphétamine…
Un roman adapté par Cédric Kahn avec Jean-Pierre Darroussin, Carole Bouquet et Vincent Deniard
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il appelait ça entrer dans le tunnel, une expression à lui, pour son usage personnel, qu'il n'employait avec personne, à plus forte raison pas avec sa femme. II savait exactement ce que cela voulait dire, en quoi consistait d'être dans le tunnel, mais, chose curieuse, quand il y était, il se refusait à le reconnaître, sauf par intermittence, pendant quelques secondes, et toujours trop tard. Quant à déterminer le moment précis où il y entrait, il avait essayé, souvent, après coup, sans y parvenir.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Steve, qui souffre de la réussite professionnelle de sa femme, de son attitude protectrice et, surtout, d'une incapacité à «sortir des rails », demande parfois à l'alcool de mettre un peu de fantaisie dans son existence. C'est ce qui se produit, le jour où ils vont rechercher leurs enfants au camp de vacances. Mais bientôt une altercation s'élève entre eux et sa femme décide de rejoindre leurs enfants par le bus. Steve dispose d'une nuit de liberté qu'il passe à boire.
C’est une question qui me revient sans cesse en lisant Simenon aujourd’hui. Était-il raciste, sexiste, antisémite, colonialiste… ? Et à la fin, je retombe toujours sur la même réponse : c’était un témoin incroyablement doué de son époque.
Finalement, qui était-il importe moins que ce qu’il a écrit. Témoin d’une époque raciste, colonialiste, antisémite, patriarcale et sexiste.Betty de Georges SimenonEt ainsi, ce séducteur insatiable qui enchaînait pathologiquement les aventures comme les prostituées réussi à créer ce portrait d’une femme brisée à la dérive avec une grande sensibilité et beaucoup de finesse
Un roman adapté au cinéma par Claude Chabrol en 1992 avec Marie Trintignant dans le rôle titre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) - Vous désirez manger quelque chose ?
Elle fit non de la tête. Il lui semblait que la voix qu'elle entendait n'avait pas un son naturel, comme si on avait parlé derrière une vitre.
- Remarquez que quand je dis manger quelque chose, cela veut dire du lapin, car, comme vous pouvez le voir autour de vous, aujourd'hui c'est le jour du lapin. Tant pis si vous n'aimez pas ça. Lorsque c'est le jour de la morue, il n'y a que de la morue...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Après trois jours d'errance et d'alcool, épuisée et à bout de nerfs, Betty a l'air d'une bête blessée. Comment est-elle arrivée dans ce restaurant-boîte de nuit des environs de Paris, triste refuge d'une faune bourgeoise et cossue ? Pourquoi Laure, une habituée de l'endroit, recueille-t-elle cette fille à la dérive ? Entre la bourgeoise vieillissante et déchue et l'étrange créature, naissent de mystérieuses relations d'hostilité et de secrète affection. Lentement, Betty reprend ses esprits et révèle à sa bienfaitrice l'enchaînement d'échecs et de vices qui l'a détruite.
Laure ignore encore la vraie nature de Betty. Est-elle une mal-aimée ou un être foncièrement pervers ? C'est alors qu'un homme entre en scène et la vérité, peu à peu, apparaît, imprévisible et fatale.
Philippe Battaglia a bien révisé son cathé pour nous pondre ce Da Vinci code mâtiné de Ghostbuster et de Massacre à la tronçonneuse vs L’exorciste au final apocalyptique dantesque digne des pires cauchemars de Jérôme Bosch. Quelle folie jubilatoire (au message d’amour universel) et hallucinée ! Woaw, voilà bien longtemps que je n’avais lu un tel ovni.
La dernière tentation de Judas de Philippe Battaglia
Judas face à un Dieu schizophrène, jaloux, aimant et cruel dans un combat qui ne se terminera que par K.O. Judas vs God, The Revenge aurait titré Hollywood si l’humour existait encore là-bas.
Puritains, grenouilles de bénitiers et intégristes : lisez, cela ne pourra que vous faire beaucoup de bien. Et n’oubliez jamais : aimez-vous les un-e-s les autres
Génial et époustouflant !
PS : voilà un livre sorti le 6 février 2025 qui a pour Pape Leo Quartus Decimus… ça donne quand même à penser… non ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Au sein du spacieux bureau où il officiait, le pape Leo A Quartus Decimus dormait à poings fermés dans un large fauteuil. Il était plus de trois heures du matin, mais personne n'avait songé à le déranger. Tant qu'il dort, au moins, il ne cause pas de tort, avait-on coutume de dire parmi ses proches. Quand on frappa à la porte, il ne fut pas le moins du monde incommodé et continua de ronfler.
Votre Sainteté ?...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Rome, de nos jours. Immortel et séparé de Jésus depuis quelque deux mille ans, Judas trouve enfin une raison de sortir de sa léthargie : réaliser une ancienne prophétie. Après la découverte d'un évangile apocryphe écrit par Satan lui-même, il part à la recherche des trente deniers payés par les Romains pour la dénonciation de son amant, fort de la promesse que cela lui permettra de le retrouver dans l'au-delà. Alors, le monde saura qu'il n'était pas le traître dépeint par tous.
Accompagné d'une partie des apôtres, combattu par les autres, aidé par Marie de Magdala et Lazare, sa quête aux accents de thriller religieux le bringuebale des sphères huppées de Wall Streef aux bas-fonds de Londres, du tombeau maltais de Jean de La Valette au Vatican à la botte d'un Pierre, qui n'a de saint que le nom.
Philippe Battaglia peint, dans un esprit résolument punk, une galerie de personnages et d'histoires au coeur de notre imaginaire collectif. Drôle et érudite à la manière de Terry Pratchett, cette apocalypse survitaminée bouscule notre vision des apôtres.
Après tout, la Bible, c'est de la pop-culture.
- Tu savais ! Tu savais mes sentiments pour Jésus et tu connaissais aussi les siens ! Tu étais mon ami ! Et tu as tout de même écrit ce torchon !
- Ce torchon ? Mon Évangile ? s'offusqua le Publicain.
- Ouais ! Ce ramassis de conneries ! Tu m'as fait porter le chapeau alors que tu étais un des seuls à connaître la vérité.
« Je ne me permettrai pas de poser de jugement sur la foi. Tout comme les histoires, elle peut être capable de grandes choses ou se révéler destructrice. Je dois néanmoins confesser une quelconque méfiance à l'égard des porte-étendards autoproclamés. Voilà pourquoi j'ai voulu raconter une histoire qui parle d'histoires, de la manière dont elles impactent celles et ceux qui les entendent et, à travers eux, le monde. La mienne n'a aucune prétention, si ce n'est, comme toutes ses sœurs, celle d'exister et peut-être, avec bienveillance, de se frayer une toute petite place en vous. »
Philippe Battaglia
Voilà un roman bien amoral. Pur jus de l’époque ! Un homme tue sa maîtresse et vlan : deux cent trente-cinq pages d’introspection. Qui était elle, d’où venait elle… Beuh, là n’est pas le sujet. Elle finira découpée en morceaux et qu’importe. Personne ne sera puni, non, l’important c’est Monsieur et ses états d’âme.Le bilan Malétras de Georges SimenonPar ailleurs, le portrait de Malétras est très réussi et la plongée dans ses tourments offre un tableau d’une grande profondeur.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Emile, le garçon du Cintra, fut frappé par le changement et ne se trompa que d'assez peu dans l'interprétation de celui-ci. Quand, un peu après cinq heures, Malétras s'était assis derrière les joueurs de bridge, Emile s'était avancé comme d'habitude. Comme d'habitude aussi, il avait murmuré :
- Bonsoir, monsieur Malétras. Un Impérial ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Jules Malétras est un homme d’origine modeste qui a réussi. Pourtant, malgré son argent et son statut dans la bonne société du Havre, il reste un homme brutal et sans éducation dont la vie est loin d’être aussi parfaite qu’elle le paraît. Son fils est mort, sa fille l'évite ; quant à sa femme, chaque fois qu’il la regarde, c’est pour se rappeler qu’ils ne sont pas du même milieu…
Un soir, presque par accident, il étrangle sa jeune maîtresse. Ce geste insensé marquera-t-il le début d’une nouvelle vie ?
C’est affreux, cette histoire. Il n’y a rien qui va et pourtant, je suis sûr que nous connaissons tous un couple pareil. Oh, bien sûr, peut-être pas aussi pire (… regardons bien), mais un vieux couple, attachés par leur haine de l’un pour l’autre. Ensemble. Et le jour où l’un s’en va, c’est sa meilleure maladie qui meurt. Quelle horreur, quel enfer.Le chat de Georges SimenonNe me rappelant que vaguement de l’adaptation avec Gabin et Signoret, j’ai découvert une histoire qui m’a fait frémir. Quelle misère.
Adapté en 1971 par Pierre Granier-Deferre avec Jean Gabin et Simone Signoret
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) II avait lâché le journal, qui s'était d'abord déployé sur ses genoux puis qui avait glissé lentement avant d'atterrir sur le parquet ciré. On aurait cru qu'il venait de s'endormir si, de temps en temps, une mince fente ne s'était dessinée entre ses paupières.
Est-ce que sa femme était dupe ? Elle tricotait, dans son fauteuil bas, de l'autre côté du foyer. Elle n'avait jamais l'air de l'observer, mais il savait depuis longtemps que rien ne lui échappait, pas même le tressaillement à peine perceptible d'un de ses muscles.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Emile, ancien ouvrier au naturel bourru, est un homme sans détour. Marguerite, à l'opposé, est une femme délicate, d'une douceur affectée, sournoise et avare. Elle provient d'une famille de propriétaires, dont on démolit les nombreux immeubles dans le quartier. Ils étaient voisins, tous deux veufs, et se sont mariés, lui à 65 ans, elle à 63, peut-être par peur de la solitude. Leur incompatibilité de tempérament ne tarde pas à se muer en sourde hostilité. Joseph, le chat d'Emile que Marguerite n'a jamais accepté, disparaît.