Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Une correspondance parfois à sens unique (comme toutes les conversations ?) et qui se retrouve et s’éloigne comme le bateau de Thomas Coville, à la recherche du record du tour du monde à la voile en solitaire et sans escales.
Je parle à un homme qui ne tient pas en place de Jacques Gamblin
Des pensées universelles au milieu des calmes plats et des tempêtes
Une texte qui donne vie à des représentations de Jacques Gamblin où l’émotion des textes submerge les terres
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Une correspondance entre l'acteur J. Gamblin et le navigateur T. Coville commencée en 2014, alors que ce dernier, tentant de battre le record du tour du monde à la voile en solitaire à bord de son trimaran, se trouve immobilisé par l'anticyclone à Sainte-Hélène. L'échange épistolaire se poursuit jusqu'en 2016, année où il parvient, au bout de sa cinquième tentative, à accomplir cet exploit.
Comment fonctionne notre cerveau et où peuvent donc bien se trouver le moi, le ça, le surmoi et l’inconscient ? Et s’il ne s’y trouvaient simplement pas parce qu’ils n’existaient pas.
Au fil de démonstrations très convaincantes, Nick Cheater nous dévoile un cerveau plat, constamment à la recherche de cohérence et s’appuyant sur ses compréhensions passées et des associations constantes.
Et si le cerveau était bête? de Nick Chater
Comme un enquêteur qui déroule les preuves, passionnant et captivant. Abyssal.
Et dans le même sens, la lecture de Sébastien Bohler est tout aussi fascinante !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le subconscient et la « vie intérieure » ne seraient-ils qu'une illusion ?
Nous aimons penser que nous avons une vie intérieure, que nos croyances et nos désirs proviennent des profondeurs obscures de notre esprit, et que si nous savions comment accéder à ce monde mystérieux, nous pourrions vraiment nous comprendre nous-mêmes. Pendant plus d'un siècle, les psychologues et les psychiatres se sont efforcés de découvrir les secrets de notre conscience.
Nick Chater révèle que cette entreprise est vouée à l'échec. S'appuyant sur l'état de la recherche en neurosciences, en psychologie du comportement et de la perception, il démontre que notre esprit n'a pas de « profondeurs cachées » et que la pensée inconsciente est un mythe. Notre cerveau, tel un grand improvisateur, génère en fait nos idées, nos motivations et nos pensées dans le moment présent.
À travers des exemples visuels et des expériences contre-intuitives, nous comprenons que notre esprit s'invente en permanence, improvisant constamment notre comportement à partir de nos expériences passées.
Original et délicieusement provocateur, ce livre nous oblige à reconsidérer ce que nous pensions savoir sur le fonctionnement de notre esprit
Laurent Nunez nous emmène à la découverte de mots étrangers dont la traduction serait bien difficile. Des concepts qui pourtant nous sont proches et pour lesquels le français ne propose pas d’entrées au dictionnaire.
Il nous faudrait des mots nouveaux de Laurent Nunez
Et ces mots terriblement humains nous renvoient à des miroirs qui n’ont, jusqu’à aujourd’hui, pas de nom de par chez nous.
Une sortie du cadre francophone délicieuse et cultivée comme un souffle de conscience venu d’autres contrées.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Si vous mangez comme tout le monde, vous aurez le corps de tout le monde », préviennent (un peu sèchement) les nutritionnistes. De la même manière, si vous vous nourrissez des mêmes mots que tout le monde, vous vivrez la même vie que tout le monde.
Si vous voulez une vie nouvelle : il vous faudra des mots nouveaux.
Oh ! Il ne faut pas beaucoup de mots pour que tout change. II n'en faut même que treize. Ce sont ces treize mots intraduisibles, rencontres aux quatre coins du monde, que Laurent Nunez décrypte et décrit dans ce livre érudit et joyeux - inventant quelque chose comme la « lexicothérapie » :
Une enquête énorme, approfondie et glaçante sur l’Église des Saints des Derniers Jours. Son historique, ses dérives et ses sous-branches plus… « intégristes ».
Sur ordre de Dieu de Jon Krakauer
Voyage au pays de la foi absolue et de l’obscurantisme, de la polygamie, du mariage de fillettes de 14 ans par des pédophiles incestueux, du radicalisme, du refus d’autre autorité que celle de Dieu et de l’obscurantisme créationniste.
Construit autour du meurtre d’une femme et de sa fille par deux frères de son mari au nom de Dieu et parce qu’elle ouvrait quand vraiment trop sa gueule, ce livre révolte bien plus d’une foi(s) tout en retraçant l’histoire des mormons.
Gore et édifiant.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Du sommet de la plus haute flèche du temple de Salt Lake, étincelante sous le soleil de l'Utah, une statue de l'ange Moroni, soufflant dans une trompette d'or, domine le centre de Salt Lake City. Le massif édifice en granite est le centre spirituel et temporel de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (SDJ), qui se présente comme la seule vraie foi.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Utah. Une petite ville plantée dans le sillage de Salt Lake City, le fief de l'Église mormone. Le 24 juillet 1984, Allen Lafferty, mormon pratiquant, rentre chez lui après sa journée de travail, dans la maison qu'il habite avec sa jeune épouse et leur bébé de quinze mois. Quand il pousse la porte, l'horreur l'attend : Brenda et sa petite fille ont été sauvagement égorgées. En un instant, Allen est convaincu qu'il connaît les coupables. Et pour cause, ce sont ses frères.
À la barre des mois plus tard, Ron et Dan Lafferty ne nieront pas les faits. Pas plus qu'ils n'exprimeront le moindre remords. Les deux Lafferty sont des prophètes, Dieu parle à travers eux, il leur chuchote ses ordres. Pour eux, l'État n'existe pas. L'école ? Une machination. La médecine ? Un charlatanisme. Ron et Dan Lafferty ont quitté le giron des mormons pour embrasser une foi chrétienne radicale, dont l'un des piliers n'est autre que la polygamie. Et Brenda Lafferty avait commis l'erreur d'y être opposée...
Revenant sur les grandes heures de la fondation de la religion mormone et l'épineux dossier des sectes transfuges qu'elle a fait naître dans ses rangs, le maître de la narrative non fiction interroge les ressorts du fanatisme religieux et exhume l'une des affaires criminelles les plus retentissantes de l'histoire américaine des dernières décennies
Un livre important, pourtant dans une édition… mais diablesse, pourquoi de si petits caractères ! Misère, ce livre m’a arraché les yeux.
Sorcières de Mona Chollet
Pour revenir à plus de sérieux, un vrai bon livre sur le féminisme contemporain, bourré de références actuelles et historiques. Un essai aux avis tranchés ! Et si parfois on pourrait se mettre à penser « un peu trop », en suivant le cours de la réflexion, en comprenant le contexte et en s’attardant sur les citations… misère ! C’est juste !
Avec pour thématiques principales, l’autonomie, le droit à disposer de son corps, la non-maternité et le jeunisme.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?
Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante - puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; a femme sans enfant - puisque l'époque des chasses a marqué a fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée - devenue, et restée depuis, un objet d'horreur. Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s'est développé alors tant à l'égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever
Cinq étoiles, évidement, pour Ron Stallworth et ses collègues qui ont infiltré le K.K.K. à la fin des années 70. Le ridicule des bouffons en robes et capuches pointues est délicieux. Des bras cassés qui rêvent de brûler des croix dans des délires suprématistes. Dangereux pourtant!
Le noir qui infiltra le Ku Klux Klan de Ron Stallworth
Bon, le bouquin… bof. Mais pour l’audace et le courage : chapeau !
Un passé pas si lointain au éternelles réminiscences bien présentes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Tout a commencé un jour d'octobre 1978. Inspecteur à la brigade de renseignement de la police de Colorado Springs, j'avais notamment pour mission de parcourir les deux quotidiens de la ville à la recherche d'indices sur des activités subversives.
Les petites annonces ne manquaient jamais de m'étonner. Parfois, entre stupéfiants et prostitution, on tombait sur un message qui sortait de l'ordinaire. Ce fut le cas ce jour-là
Un trésor de bonnes vibrations et de belles émotions. L’accueil d’un réfugié Afghan.
Le Prince à la petite tasse de Emilie de Turckheim
Une année d’humanité, de découvertes de l’autre et de parcours de vie. Une année de générosités partagées.
Une merveille.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) « Un jour, j'ai dit : « Ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu'un pourrait habiter chez nous, peut-être ? »
Et Fabrice a dit : « Oui, il faudra juste acheter un lit. »
Et notre fils Marius a dit : « Faudra apprendre sa langue avant qu'il arrive. »
Et son petit frère Noé a ajouté : « Faudra surtout lui apprendre à jouer aux cartes, parce qu'on adore jouer aux cartes, nous ! »
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pendant neuf mois, Emilie, Fabrice et leurs deux enfants ont accueilli dans leur appartement parisien Reza, un jeune Afghan qui a fui son pays en guerre à l'âge de douze ans. Ce journal lumineux retrace la formidable aventure de ces mois passés à se découvrir et à retrouver ce qu'on avait égaré en chemin : l'espoir et la fraternité
Un essai sans complaisance par une auteur qui maîtrise le sujet. Un regard critique sur le monde du porn et ses dérives, l’arrivée des tubes et leur totale impunité, les conditions du milieu de cette industrie, les messages véhiculés, les dérives sociétales et, finalement l’impact sur la jeunesse et les ados.
À un clic du pire : la protection des mineurs à l’épreuve d’Internet de Ovidie
Dans ce panorama, Ovidie cherche des solutions et propose un dialogue non moralisateur et vertueux pour tenter de préserver les plus fragiles.
Un livre à mettre entre toutes les mains !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) En dix ans, l'humanité a regardé l'équivalent de 1,2 million d'années de vidéos pornographiques. 95 % de cette consommation passent par des sites de streaming gratuits détenus par des compagnies offshore aux pratiques obscures. Jamais l'accès au porno n'aura été aussi facile : des millions de contenus piratés sont à disposition de façon permanente, sans restriction d'âge, sans aucune forme de contrôle quant à la violence des contenus diffusés. La gratuité combinée à l'immédiateté du streaming fait de ces sites un moyen prisé pour accéder aux images explicites, tant par les adultes que... par les mineurs.
C'est pourquoi nous devons nous réapproprier le sujet, sans panique morale ni désir de censure, mais sans minimiser non plus l'influence de la porn culture. Il est temps pour nous tous d'en comprendre les rouages, de connaître ses moyens de diffusion, de la décoder et d'en évaluer l'impact sur notre rapport au corps et à l'Autre
Dommage, c’est pas mal, mais reste une impression de traitement de surface, comme si Marie Maurisse n’avait pas voulu ou pu voir au fond des choses, le glauque et le malsain (ou peut être ma vision est-elle biaisée). Même son voyage à Budapest parait bien gentil. En dehors de cette impression, le livre tente de faire le tour du sujet et ne semble éviter aucune facette.
Planète Porn de Marie Maurisse
Reste un livre équilibré pour aborder ce sujet et s’en faire une idée sans dogmatisme ni à priori.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le X est partout. Chaque année, près de cent milliards de vidéos sont regardées gratuitement sur le site Pornhub. Amateurs, fétichistes, libertins... Désormais, la pornographie est à portée de clic. Cette banalisation change la manière de travailler des professionnels du secteur, confrontés à une crise sans précédent. Doit-on avoir peur de cette nouvelle donne ? Comment appréhender les contenus pornos disponibles sur Internet ? Sont-ils de plus en plus violents ? Faudrait-il les censurer pour le bien-être de nos enfants ? Les femmes regardent-elles aussi du porno ? L'addiction existe-t-elle ?
De Los Angeles à Budapest, en passant par Paris, Newcastle et Barcelone, Marie Maurisse a rencontré les nouveaux acteurs du X et questionné des spécialistes sur ce que la diffusion massive de la pornographie change dans nos vies. Son récit mélange reportages, interviews et analyses qui nous donnent les clés pour réagir à ce nouvel âge
Ces hommes qui m’expliquent la vie de Rebecca Solnit
Un recueil d’articles brillants, pointus et parfois drôles qui sentent l’exaspération de l’impatience. Le monde et les mentalités changent, heureusement, mais il reste tant de travail et d’inégalités.
Les articles abordent différentes facettes, et du coup, c’est parfois redondant. Mais il est aussi bon de dire et redire !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés d'expliquer aux femmes ce qu'elles savent déjà ? D'où vient leur certitude de savoir mieux qu'elles ce qu'elles doivent penser, ou faire ?
Peut-être de l'Histoire, qui a constamment relégué les voix des femmes au silence.
Dans ce recueil d'essais où la colère le dispute à l'intelligence et à l'humour, Rebecca Solnit explore une nouvelle façon de penser le féminisme.
Et fournit des armes pour les luttes à venir.
« Une portion significative des femmes de votre entourage entre dans la catégorie des survivantes. »