Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
C’est beau, tendre, délicat, subtil. Carton plein pour Karl !Karl de Cyril BoninLe dessin (et ses chaudes palettes de couleurs) de Cyril Bonin est tout à fait remarquable, il est immédiatement identifiable et plus encore aujourd’hui où la majorité des bandes dessinées sont réalisées numériquement. Le traitement de l’histoire également. Un déroulement qui prend son temps, un univers poétique, un équilibre fin entre textes et images, entre dit et non-dit.
Une histoire de robot pleine d’humanité
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) J'espère que vous avez été satisfaite de nos services, Mlle Brooks. Votre père avait déjà pris des dispositions et nous nous sommes efforcés de la respecter.
C'était très bien. Merci.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Charles Brooks, riche banquier fantasque, meurt dans un accident de voiture aux circonstances troubles. Sa fille, Magda qui ne l’a pas vu depuis près de dix ans, hérite de sa vaste demeure.
Alors qu’elle ouvre une à une toutes les pièces de la maison elle découvre, glissé dans une housse, un robot bleu acier mis en veille…
C’est Karl, l’androïde-majordome de son père disparu.
Pour Magda, qui préfère les relations humaines aux technologies, Karl n’est qu’un objet froid. Que va-t-il lui révéler quand elle décide de le rallumer… ?
Voilà un bien un bouquin qui m’a fait réfléchir un peu plus loin que prévu pour finir par me perdre un peu… avec beaucoup de plaisir.Une brève introduction à la conscience : réflexion sur le soi, le libre-arbitre et l’expérience du monde de Annaka Harris, trad. de Anne LemoineCar si la conscience est absolument indéniable (je la vis et la ressens présentement !), elle est pourtant bien moins palpable et évidente que la matière.
Qui suis-je ? Qu’en est-il de mon libre arbitre ? Ma conscience ne sert-elle qu’à valider, justifier et apporter un peu de cohérence ?
Et les animaux sont-ils les seuls détenteurs d’une conscience ? Les vers de terre ? Et les mousses, les unicellulaires, le non-vivant, l’univers ?
Mais alors ? C’est quoi ?
Vertigineux
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Notre expérience de la conscience est profondément intrinsèque à ce que nous sommes, au point que nous remarquons rarement le mystère qui se joue en nous.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Qu’est-ce que la conscience ?
Comment apparaît-elle ?
Pourquoi existe-t-elle ?
Est-elle une illusion ou, au contraire, une propriété de la matière ?
L’existence même de la conscience soulève des questions innombrables et profondes.
Nous considérons souvent la conscience comme une aptitude exclusivement humaine qui nous permet de faire l’expérience du monde. Mais pourrait-elle être en réalité inhérente à tout être vivant ? Un tournesol, par exemple, fait-il preuve de conscience lorsqu’il suit la course du Soleil ? Cette faculté se limite-t-elle à la capacité de perception d’un stimulus ou est-elle davantage que cela ? Pourrait-elle émerger d’une intelligence artificielle ? Est-ce déjà le cas ?
Dans ce petit livre accessible à tous, Annaka Harris nous guide à travers les théories et les découvertes scientifiques les plus récentes qui tentent de percer le mystère de la conscience. Elle revient notamment sur la question du panpsychisme, selon lequel toute matière serait imprégnée de conscience. Ce best-seller traduit en 8 langues questionne nos idées reçues sur la conscience, et nous invite à y réfléchir librement, pour autant que nous en soyons capables.
Raphaël Enthoven, écrit bien, très bien ! C’est clair, on a le sentiment de comprendre et même d’apprendre et de réfléchir. Mais tout cela, après quelques chapitres, m’a semblé tellement scolaire. Oui, tout est bien déroulé, c’est même parfois drôle ou même personnel (comme le veut la consigne ?). Les digressions permettent de s’échapper pour mieux revenir et bim : voilà ! C’est ça.
Alors, peut-on le lui reprocher ? Je ne sais pas, mais tout cela me laisse quand même l’impression d’avoir écouté un beau parleur. L’esprit artificiel : une machine ne sera jamais philosophe de Raphaël Enthoven
Et pour le fond ? L’auteur prend le pari que la machine ne pourra jamais philosopher, qu’à tout jamais cela lui restera hors de portée. Et c’est là, justement, que se situe notre humanité.
Attend-on le tome deux, notre humanité n’est pas algorithmique ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Imaginez qu'un beau jour votre conjoint vous demande pour quelle raison vous l'aimez. Et que vous, malheureux, vous aventuriez à répondre à cette question piège...
On peut douter que votre histoire d'amour y survive.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) De la science au droit, de la médecine aux questions militaires, l'intelligence artificielle bouleverse tous nos champs de compétence. Tous ? Non ! En philosophie, l'IA ne sert à rien. Le prototype d'agent conversationnel ChatGPT, qui peut répondre à toute question, trouver une recette de cuisine à partir du contenu d'un réfrigérateur, rédiger un article ou composer un poème sur le sujet de notre choix, qui puise dans l'intégralité du savoir disponible pour en livrer une synthèse en quelques secondes... se trouve comme une poule devant un couteau quand on lui demande de réfléchir.
Quelle énigme ! Pourquoi le geste tout simple qui consiste à trouver une problématique, c'est-à-dire à transformer une question en problème pour en faire la colonne vertébrale d'une réflexion, demeure-t-il hors de sa portée ? À quoi tient cette singularité, ce je-ne-sais-quoi ? Pourquoi la pratique de la philosophie est-elle inaccessible à l'intelligence artificielle ? Et pourquoi l'humanité demeure-t-elle un casse-tête pour la machine ? C'est la même question.
Comment fonctionne notre cerveau et où peuvent donc bien se trouver le moi, le ça, le surmoi et l’inconscient ? Et s’il ne s’y trouvaient simplement pas parce qu’ils n’existaient pas.
Au fil de démonstrations très convaincantes, Nick Cheater nous dévoile un cerveau plat, constamment à la recherche de cohérence et s’appuyant sur ses compréhensions passées et des associations constantes.
Et si le cerveau était bête? de Nick Chater
Comme un enquêteur qui déroule les preuves, passionnant et captivant. Abyssal.
Et dans le même sens, la lecture de Sébastien Bohler est tout aussi fascinante !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le subconscient et la « vie intérieure » ne seraient-ils qu'une illusion ?
Nous aimons penser que nous avons une vie intérieure, que nos croyances et nos désirs proviennent des profondeurs obscures de notre esprit, et que si nous savions comment accéder à ce monde mystérieux, nous pourrions vraiment nous comprendre nous-mêmes. Pendant plus d'un siècle, les psychologues et les psychiatres se sont efforcés de découvrir les secrets de notre conscience.
Nick Chater révèle que cette entreprise est vouée à l'échec. S'appuyant sur l'état de la recherche en neurosciences, en psychologie du comportement et de la perception, il démontre que notre esprit n'a pas de « profondeurs cachées » et que la pensée inconsciente est un mythe. Notre cerveau, tel un grand improvisateur, génère en fait nos idées, nos motivations et nos pensées dans le moment présent.
À travers des exemples visuels et des expériences contre-intuitives, nous comprenons que notre esprit s'invente en permanence, improvisant constamment notre comportement à partir de nos expériences passées.
Original et délicieusement provocateur, ce livre nous oblige à reconsidérer ce que nous pensions savoir sur le fonctionnement de notre esprit