Jeune, j’ai aimé tes chansons. Carrément fan ! Puis nous nous sommes éloignés.

Et tu as écrit, mais je ne t’ai pas lu… Je m’en vais réparer ça. Trop tard, évidemment
La violence est-elle contagieuse ? Se retrouve-t-on forcément un jour à rendre les coups reçus, peut-on pardonner, comment se reconstruire ?

Un livre puissant, rude. Une famille avec un père violent, abuseur, incestueux, imprévisible et pervers. Une grosse saloperie ! Une femme et deux filles prises dans ses griffes dans un petit village du Valais (mais il y en a partout) où chacun regarde ailleurs, refuse de voir, d’aider, d’intervenir.
L’histoire d’une fuite, d’une reconstruction, des cicatrices qui ne se referment pas. L’histoire des victimes et du bourreau.
Un roman qui ne se referme pas sans malaise et questionnements. Une fiction qui dépeint une affreuse réalité, celle de la maison d’à côté, de l’étage en dessus, la porte du voisin
Quelle merveille, quel cadeau !

Maria Larrea nous offre un livre en deux parties d’une même quête, celle de son identité et ça commence par celle de ses parents. Et puis, tout bascule.

Un livre bouleversant sur l’identité, la filiation et les origines
Une longue, longue, très longue phrase de cent vingt pages, sans reprendre son souffle pour un orgasme livresque.

Anne Archet s’autofictionne, se masturfictionne, désire, fantasme, jouit et jouit encore.
Et c’est très drôle, sexe, brut et explicite. Une lecture jouissive et jouissante sur le plaisir
Quel numéro d’équilibriste que ces Héros anonymes.

Car voilà un livre qui paradoxalement brille par son ambiguë absence de traitement. Un délire au premier degré.
Un jeune franco-marocain cynique en errance, troll du web sans convictions, un jeune qui bascule sans même se comprendre. Mais comment le raconter ? Comme ça ? L’amok !
Après un livre d’images Noir fort surprenant, Sylvain Tesson revient à la vie avec ce Blanc. Une rando à peaux de phoque à travers les Alpes en compagnie de du Lac et de Rémoville, un autre montagneux rencontré sur les cimes enneigées. Quatre tronçons répartis sur quatre hivers. Du blanc, du blanc, du blanc et du blanc !

Mais trop d’effort vide la tête et ce carnet de bord fini par ressembler à un décompte des dénivelés, cols et bivouacs.
Oui, la plume est sublime et la route est belle. Mais plus créative est l’inaction, mère de l’introspection et des digressions
Ce recueil de strips, de une ou quelques cases, parus dans le Guardian est un petit bijou d’humour, de fraîcheur et de bonheur !

Abordant toute sortes de sujets, neofuturistes ou préhistoriques, philosophiques, absurdes, éditoriaux, dérisoires, humains et sociaux… Tom Gauld touche toujours juste.
Une édition soignée pour un rire de qualité !
Sacré Jean !
Tu m’as ébloui avec l’horreur de Darling, poilé avec l’humour du Montespan, érotisé avec Héloïse et bluffé avec la noire drôlerie du magasin des suicides. Mais voilà, c’est fini.

C’est sûr, tu as écrit des bouses aussi et il m’est arrivé de ne plus te comprendre tant tu nous avais rendu exigeants. Mais resteront tes trésors et pour ceux là, mille et mille merci ! Ce sont des cadeaux que je chéris !
Salut Jean
Pour d’émouvantes raisons expliquées en fin d’ouvrage (oui, vous n’avez qu’à le lire pour comprendre), Eugène se retrouve à écrire une lettre à Nicolae Ceaușescu, dictateur du pays que ses parents et lui ont fui alors qu’il avait 6 ans. Il raconte l’arrivée à Lausanne en 2 temps (ses parents, puis lui et son frère), l’immigration et ses rapports particuliers avec son pays d’origine.

Il raconte aussi la mégalomanie du couple Ceaușescu, la folie de la dictature, la peur, les usines à bébés, la Securitate… jusqu’à l’effondrement du régime.
Un livre où l’histoire rencontre les émotions et la vie. L’histoire de la construction d’une identité
Màj du 21.04.2023 : Eugène vient de gagner le prix des librairies Payot pour cette lettre. Magnifique, Bravo !