Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Ce recueil de trois albums (Petit traité d’écologie sauvage, La cosmologie du futur, Mythopoïèse) ébloui tout d’abord par la qualité de ses aquarelles. C’est magnifique !Petit traité d’écologie sauvage : intégrale de Alessandro PignocchiPuis, vient l’humour et l’absurde (hélas absurde). Animiste et antispéciste, l’humanité reprend sa place sur terre (enfin, presque).Certes, certaines blagues tirent un peu en longueur et au fil des trois albums, le sujet se politise de plus en plus au détriment de la fraicheur et de l’efficacité.
Mais quel bonheur de nous voir scrutés par un anthropologue Jivaro et d’en rire avec les mésanges
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Vous allez être en retard à la réunion du G20, monsieur le président.
J'arrive, j'arrive, je remets un bousier sur ses pattes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les plantes et les animaux sont désormais perçus comme des partenaires sociaux ordinaires. Le pouvoir ne fait plus envie à personne, pas même à nos hommes politiques. Autrement dit, l`animisme des Indiens d`Amazonie est devenu la penséedominante.
La culture occidentale moderne, quant à elle, ne subsiste plus que dans quelques petits villages français où un anthropologue jivaro l`étudie et tente avec passion de sauver les dernières fermes d`élevage intensif, les derniers bars PMU et le rituel de la pêche à la ligne.
En anthropologue, Pascal Boyer tente ici de comprendre ce qui ─ du Cambodge à Salt Lake City, du Cameron jusqu’en Finlande ─ est à l’origine des croyances humaines. Avatars surnaturels, ancêtres, dieux, zombis… Pourquoi l’humanité les a-t-elle créés ?Et l’homme créa les dieux : comment expliquer la religion de Pascal BoyerA la manière d’un testeur informatique, convoquant neurologie, psychologie, sociologie et anthropologie, il dissèque nos fonctionnements pour tenter d’en trouver les failles qui ont permis au surnaturel de s’y glisser tout naturellement.Tout ça semble assez bien tenir la route même si à la fin de cette lecture, j’avoue ne pas tout comprendre beaucoup mieux.
A noter quand-même que si cet essai tente de mettre à jour les origines des croyances et leur inébranlable succès, il ne parle absolument pas de ce que les hommes en ont fait.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Une voisine, au village, me conseille de me protéger des sorciers. Faute de quoi ils me lanceront des flèches invisibles qui pénétreront dans mes veines et m'empoisonneront le sang.
Un chaman fait brûler des feuilles de tabac devant une rangée de statuettes tout en leur parlant. Il leur demande de se rendre dans les villages du ciel pour l'aider à guérir un patient dont l'âme est retenue prisonnière par des esprits invisibles.
Un groupe d'adeptes s'en va racontant que la fin est proche. Le Jugement dernier est prévu pour le 2 octobre. La date arrive et rien ne se produit. Les fidèles continuent à clamer que la fin est proche (mais la date a changé).
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Là où il y a des hommes, il y a des dieux, des ancêtres, des esprits, des sorcières et des démons. D'un bout à l'autre de la Terre, du bocage normand à la brousse africaine, des hauteurs de l'Himalaya aux confins du Pacifique, on retrouve le même cortège bigarré de croyances et de pratiques dont la finalité et la cause restent somme toute obscures. Car, au fond, s'il y a partout de la religion, sait-on pourquoi il en est ainsi ?
Dans cet ouvrage novateur, Pascal Boyer résout l'énigme en l'abordant sous trois angles différents. D'abord, les résultats de l'ethnographie moderne démontrent l'étonnante diversité des religions humaines mais aussi l'existence, sous ce foisonnement, de thèmes récurrents, de caractéristiques universelles. Ensuite, les sciences du cerveau, qui ont connu une véritable révolution au cours des trois dernières décennies, permettent de comprendre comment se forment les croyances religieuses. Enfin, le renouvellement de la réflexion darwinienne appliquée au cerveau permet d'inscrire le phénomène religieux dans l'histoire de notre espèce.
C'est parce que nous sommes dotés d'un certain type de cerveau, fruit dune certaine évolution, que la religion existe. Mais c'est seulement en s'intéressant au détail des résultats décrits ici par Pascal Boyer que l'on pourra mesurer la force de cette assertion. Car cette approche permet non seulement de comprendre enfin pourquoi la religion existe, mais aussi pourquoi elle entretient un rapport particulier avec la mort et la morale, pourquoi il y a des rituels, pourquoi il existe des institutions et des doctrines, et pourquoi la force de ces croyances est telle qu'elles peuvent pousser les hommes au don de soi - mais aussi à l'intolérance et au fanatisme.
Presque tout est dans le titre. Il n’y manque que : mais pourquoi ?Et l’homme créa les dieux de Joseph Béhé, d’après l’essai de Pascal BoyerC’est à cette question que cette bande dessinée tente de répondre, avec toute la rigueur scientifique possible (et beaucoup de pédagogie) en se basant sur les dernières découvertes en sciences sociales, neuro-psy, anthropologie, sociologie…Et c’est, ma foi, fort bien fait, accessible et vraiment passionnant…
…Même s’il est vrai qu’à la fin toutes ces informations tendent à devenir confuses. Une bande dessinée à reprendre possiblement à plusieurs reprises pour bien en saisir tous les concepts. A moins d’en profiter pour sauter sur l’essai original de Pascal Boyer
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) On peut « entrer en religion » pour de multiples raisons :
Pour s'y adonner, s'y abandonner, faire corps avec sa puissance, se laisser pénétrer par ses mystères, pour y méditer sur sa beauté...
On peut également « entrer en religion » pour tenter d'en comprendre les ressorts invisibles, ceux qui permettent, organisent et scellent les croyances.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pourquoi existe-t-il des religions dans le monde ? Ont-elles une origine commune ? Pourquoi les gens sont-ils croyants ? Nous sommes ici face aux interrogations les plus fondamentales, les plus intemporelles et peut-être les plus cruciales pour l'avenir des hommes sur la terre.
À ces questions brûlantes, Pascal Boyer apporte des réponses concrètes en s'appuyant sur des recherches en sciences du cerveau, en anthropologie, en psychologie et en biologie de l'évolution. Cette approche croisée permet non seulement de comprendre enfin pourquoi la religion existe, mais aussi pourquoi la force de ces croyances peut pousser les hommes au don de soi mais aussi à l'intolérance et au fanatisme.
Bouleversé par cet essai qui a changé son regard sur les croyants, Joseph Béhé en livre une adaptation graphique remarquable.
Fuyant une Amazonie brûlée par le réchauffement climatique, les derniers Kaajapukugi sont accueillis au Mexique ou ils se suicident en groupe.
La mort et le météore de Joca Reiners Terron
Une fable qui commence de façon un peu absurde et presque drôle qui se transforme lentement en une métaphore fantastique de la colonisation et des pillages et massacres des grandes explorations pseudo-anthropologiques. Faut-il craindre la vengeance des pharaons dont on saccage le tombeau ?
L’homme détruit-il toujours les trésors à sa portée ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Alors que l'Amazonie ne compte plus que quelques hectares brûlants comme l'enfer, et qu'une mission spatiale chinoise doit rejoindre Mars, l'énigmatique Boaventura cherche à sauver les cinquante derniers Indiens kaajapukugi. C'est au Mexique, en territoire mazatèque, que ces anarchistes avant l'heure trouvent asile, avec une ultime provision de tinsâanhdn, la poudre de hanneton grâce à laquelle ils accèdent aux mondes supérieurs. Mais le vieux Boaventura, qui doit les accueillir, est soudain rattrapé par son passé sulfureux et meurt dans de mystérieuses circonstances à la veille de l'arrivée des Kaajapukugi...
Comme anthropologue, Ricardo Coler ne doit pas valoir grand chose. Pas plus que pour son écriture (ou celle de son traducteur, je ne sais). Mais la culture des Mosuo est tellement différente de la notre, leur mœurs si diamétralement éloignées des nôtres que ce reportage reste fascinant.
Le royaume des femmes de Ricardo Coler
Alors, certes, chez les Mosuo (comme ailleurs?) ce sont les femmes qui bossent, et peut-être plus encore. Mais leur organisation sociale centrée autour des femmes qui ont le pouvoir (et le taf, donc) est riche d’enseignements pour un monde occidental qui persiste à reproduire des schémas machistes et patriarcaux.
Un livre pour ouvrir la pensée et découvrir d’autres fonctionnements possibles.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les Mosuo sont l'une des dernières sociétés matriarcales au monde. En 2006, le journaliste argentin Ricardo Coler a séjourné parmi eux pendant plusieurs mois. Il souhaitait voir de ses propres yeux le fonctionnement d'une communauté dans laquelle les femmes ont le pouvoir, où l'homme et la femme ne vivent jamais en couple. Une société dans laquelle les enfants ne savent pas ce qu'est un père. Une société aux antipodes de la nôtre et qui, pourtant, semble fonctionner parfaitement.
Un témoignage captivant qui bouscule les idées préconçues sur le féminin et le masculin