La reine du Mardi-gras : suivi de « Un vitrail de plus »

Une reine se présente dans une autobiographie aussi réaliste que surréaliste. Solaire et lunaire.

On riait dans les caves, dans les entrepôts, on murmurait à l'ombre des musiques, on était calme en attendant la vie et la mort, on se gorgeait, on se purifiait avec l'eau de lavande. On se cognait, on se terrait, on rejaillissait, on faisait le jet d'eau, le soleil levant. On s'étonnait encore, on bruissait. On rêvait un peu, en tåtant de la langue les morceaux de gencives dénudées par les extractions dentaires. On s'allumait aux lampes, aux gyrophares de passage. On craquait, on jetait sa gourme à la poubelle. On aurait bien hurlé, mais trop polis. On serait bien parti à l'aventure, mais trop peureux.
Parfois, on se reposait pendant dix ans avant qu'un nouveau genre de bataille s'engage. Alors on sortait toute la journée et, quand on rentrait fourbu vers trois heures du matin, on trouvait chez soi des passionnés du poker embarqués dans une partie à mort, avec leurs gonzesses sifflant la vodka et le jus de groseille. On se couchait comme on pouvait, après un dernier verre, on se réveillait dans le merdier, on téléphonait une heure et on ressortait après une douche cinglante. On oubliait la misère humaine, et on mangeait des sandwiches au poulet dans les bars américains aux comptoirs rutilants.
On n'était plus très jeune, mais toujours jeune. Pas trop maigre, fallait pas, après on flottait dans sa peau à la télévision et on a des blessures narcissiques.
La reine du Mardi-gras de Brigitte Fontaine
Dans ces quelques pages à l’écriture magnifique, étincelante, Brigitte se raconte, s’amuse de ses tourments en faisant danser les mots.

C’est très court, mais peut-être que point trop n’en fallait.

Une reine suivie d’un vitrail, tout aussi lumineux

Elle se coucha nue sur le balcon et attendit peu de temps que l'astre s'abaisse vers elle avec sa corne de croissant, la caresse et la pénètre toute, comme une crème enchantée qui l'envoya vers un paradis inouï, et elle s'évanouit de délices.
Un vitrail de plus

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La Reine du Mardi-gras était à la fois une mégère douteuse et une fée de soie. Elle était inspirée par Dieu, comme George Bush Jr dont elle était d'ailleurs jadis la pire ennemie avec Oussama Ben Laden. Mais ce n'était pas du même dieu qu'il s'agissait, et Dieu était bien plus grand que tout cela. Plus grand bien sûr que la Reine du Mardi-gras, mais elle en faisait partie, comme tout le monde. D'ailleurs la Reine du Mardi-gras était comme tout le monde. C'était une souillon miraculeuse qui faisait éclore dans ses doigts bagués d'éblouissantes écharpes d'Isis et de merveilleuses chemises de Vénus.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« La Reine du Mardi-gras était à la fois une mégère douteuse et une fée de soie. […] C’était une souillon miraculeuse qui faisait éclore dans ses doigts bagués d’éblouissantes écharpes d’Isis et de merveilleuses chemises de Venus… »

Comment ne pas voir dans ce conte philosophique plus qu’une histoire pour enfants peu sages ?

Brigitte Fontaine nous livre une nouvelle quasi autobiographique où l’icône punk et poète se dévoile autant qu’elle se cache. Avec toujours la même fougue de vivre et la même créativité fantasque qu’on lui connaît sur scène comme à la ville.

Protocoles

Les procédures déresponsabilisent. Il suffit de faire juste, comme indiqué dans le manuel, obéir, scrupuleusement. Quel que soit le résultat, ignoble, infect ou inhumain, l’essentiel est de s’en tenir au protocole. Déshumanisé.

La seule échappatoire à la mort est la mort elle-même. Vous échapperez à la mort si vous mourez avant. De maladie de vieillesse de suicide. Pour que cela n'arrive pas, vous serez surveillé, vous serez soigné jusqu'à la dernière minute.
Protocoles de Constance Debré
Constance Debré raconte la peine de mort aux États-Unis, elle s’y raconte aussi, factuelle, brève, à l’essentiel.

Il n’y a pas de bourreau. Il y a des membres d’équipes qui accomplissent leur tâche. On applique des protocoles on suit des procédures on respecte des règles. Personne ne tue.

C’est éprouvant, hypnotique comme un cristal de roche. Une lecture fascinante et écœurante

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Vous avez été condamné à mort. Cette réunion a pour objet de vous informer des règles et procédures applicables les trente-cinq prochains jours. À l'issue de cette réunion vous serez amené dans une cellule spéciale où vous demeurerez jusqu'à votre exécution.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ici on achète les âmes.

Un rendez-vous particulier

En 2022, Martina enchainait les Rendez-vous. En 2025, c’est LE rendez-vous ! Toujours accompagnée par ce cher Monsieur qui propose de trouver la force dans des œuvres d’art.

Nous sommes avec Sixtine devant une légère soupe miso dans laquelle flottent des carrés de tofu sans goût, mais ce n'est pas mauvais. Nous avons également commandé des sashimis et des brochettes de poulet avec du fromage fondu et du riz parce que nous avons faim et que nous sommes trop amorties pour prétendre à des carrières de mannequins ; même chez les seniors elles mesurent 1 mètre 80 et sont maigres avec des liftings, parce que si tu es maigre et âgée, généralement le visage est chiffonné comme celui d'Iggy Pop, sur lui c'est perçu comme sexy, mais une femme qui ressemble à un iguane, ce n'est pas considéré comme socialement acceptable. Le vieux monde était misogyne certes mais le nouveau l'est toujours.
Alors foutu pour foutu, je vais prendre un mochi aussi, merci.
Un rendez-vous particulier de Martina Chyba
L’occasion de rire avec elle de nos paradoxes et de persévérer encore et encore dans cette cinquantaine qui n’est pas tendre, même si elle n’est pas vraiment ferme non plus

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'urologue de mon ami Max est une personne adorable.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À Paris, sur les marches du Sacré-Cœur, j’ai rencontré un homme. Grâce à une erreur sur un site de rencontres. J’ai eu peur que cet inconnu me découpe en rondelles, et que l’on ne retrouve jamais mon corps. Mais j’ai couché avec lui le premier soir et aujourd’hui nous formons un couple. Enfin, nous essayons.

Dans les contes de fées ou les comédies romantiques, les personnages surmontent des obstacles, se rejoignent, cela se termine par un baiser, ils furent heureux et tout et tout. Mais dans la réalité, c’est exactement à ce moment-là que les emmerdements commencent. N’est-ce pas ?

La preuve : un jour, l’homme des marches du Sacré-Cœur me redonne rendez-vous au même endroit et me demande de l’épouser. Je me trouve aspirée dans une histoire faite d’événements follement joyeux, mais aussi infiniment tragiques.

Nous, les quinquas, sommes une génération qui croit qu’elle a toujours 30 ans. Nous vivons en baskets, mais aussi en état de crise. En amour, comme au boulot, nous nous retrouvons parfois sur le marché, alors que nous ne sommes pas encore des légumes. Et terrorisés de finir au compost.

Heureusement, il y a des soirées soupe et des amis. Et pour m’aider, j’ai un psy pas comme les autres. Déjà, il est jeune et beau. Et il ne prescrit pas d’antidépresseurs. Mon thérapeute à moi ne prescrit que des œuvres d’art.

Et vous savez quoi ? Ça marche.

L’héroïne, inspirée du vécu de l’auteure, cumule les rôles et les défis, entre amis, travail, enfants, deuils, années qui passent, soucis de santé et amours compliquées. Avec un seul objectif : rester vivante, toujours. Ce livre, plein d’humour et sans tabous, nous aide à déculpabiliser tout en explorant le pouvoir guérisseur de l’art.

Je laisserai le lit défait

Avec ces quelques petites histoires qui vont du chaud au tiède, Léna nous raconte quelques aventures et passions qui l’ont marquée. Comme un journal, pour s’en souvenir, revivre encore.

Je laisserai le lit défait de Léa Grosson (Léa Celle qui aimait)
Libre et joueuse elle nous raconte une sexualité sans tabous, joyeuse et entraînante.

Premier tome d’une trilogie, Je laisserais le lit défait, marque le début d’une autrice qui performe sur les réseaux sociaux

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
─ Bouge, bouge, bouge ! Léna ! On va être en retard !
─ OUI ! Deux secondes putain.

Mes potes me saoulent, toujours à me hurler dessus, quelle idée d'être la seule fille de la bande. Je suis speed, mais j'arrive quand même à mettre du mascara sans déborder.

Je me regarde dans le miroir, va savoir pourquoi il y a des jours où je me trouve belle. J'ouvre un peu ma chemise pour offrir une jolie vue sur la dentelle de mon body noir, j'enfile mes bottines et allons-y. On débaroule à toute vitesse dans la cage d'escalier, on n'est vraiment pas en avance.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Entre le recueil de nouvelles et le roman, dans ce livre, c'est Léna qui vous embarque avec elle dans ses aventures, à la rencontre de 5 personnes qui ont éveillé et construit sa sexualité. "Je laisserai le lit défait" est le premier tome de cette trilogie érotique.

Léa Grosson est une autrice érotique. Son écriture est empreinte de réalisme, parfois très crue, Léa n'a pas peur des mots. Ses nouvelles comportent toujours un message qui permet de remettre en question son rapport à la sexualité, aux fantasmes, aux corps et à l'amour. Selon elle, la lecture érotique est un voyage rempli de découvertes où l'on voit naître en soi des désirs insoupçonnés.

L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups

Une voix suffit-elle pour une histoire d’amour ? Pas sûr.

Mais pour une escapade érotique, certainement. Et lorsque les parfums, les vents et le sable des bords de l’Atlantique, le grain de la peau, et un brin de folie s’emmêlent… mÆL s’envole !

Il me montre le clou de la soirée. Je le lèche, le pourlèche. Mes lèvres se referment sur la sucette, Chupa Chups de mon enfance. Il enfonce sa mèche jusqu'à provoquer des haut-le-cœur. J'aime la sensation. Et je suce avec plus de véhémence. Il n'a aucune retenue, il aime sonder mes profondeurs. Il attrape mes cheveux et les tire en arrière. Suis à sa merci. Il prend les commandes, j'en redemande. Je quémande, il bande dur, je veux que ça dure. J'ouvre les yeux, son regard inquisiteur versus mon abandon. Il est étonné. « Vous êtes une professionnelle ! » No comment. La pompe reste sèche. Lui, dans le contrôle.
 ─ J'ai un avantage sur vous, Sieur de Bordela.
 ─ Ah, oui, lequel ?
 ─ Je vous aime, j'ai donc beaucoup plus de plaisir que vous.
L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups de mÆL
Une femme danse avec la passion.

Un petit livre à l’érotisme flamboyant, regorgeant d’invitations poétiques, de musiques, de fantaisies typographiques et parsemé de QR codes (qui ne fonctionnent tristement pas tous) pour un voyage à fleur de peau

Un livre délicieusement sucré à suçoter au bord de mer
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
26 juin 2024, 12h30, Aéroport de Bordeaux

Je me retrouve au milieu du hall des arrivées, ma petite valise à la main. J'y ai enfourné trois tenues : celle de la petite fille bien sage, rose pâle, celle de la femme fatale, rouge passion, et celle de la mondaine, similicuir noir. They say the clothes make the woman, mais pas le moine. If you are what you wear, you'd better dress the part you want.
Enfin !
Je me sens comme une gamine.
Demain c'est mon anniversaire.
Je me suis fait un cadeau d'anniversaire.
J'ose enfin aller au bout de mes fantaisies.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un contact sur Instagram, une voix, une photo...

S'abandonnant à la folie, qui la tient depuis des années, une gamine dans le corps d'une femme ─ féminine et coquine qui plus est ─ va retrouver un homme convoité. Ballottée entre son insoutenable légèreté de l'être et l'étrange objet de son désir, elle exprime sans fard ses ressentis. De l'autofiction à la réalité, elle gomme la frontière entre réel et imagination pour raconter sa vérité. Pour ce faire, elle innove, coupe un patron inédit dans la langue, jongle avec les mots et redessine la mise en page.

Un livre sur le désir amoureux qui ne devrait pour vous laisser indifférent.e.s.

Mesdames, une réflexion osée et libertaire. Messieurs, une mise à nu sexy et audacieuse.

900 km la distance à parcourir pour...

Python

Nathalie s’est prise d’une fascination pour le code ! Il faut bien choisir, ce sera Python. Elle veut comprendre, apprendre, appréhender cet univers.

- Au fond, dit Margaux, le bad boy et le codeur, ce n'est pas si différent, tu sais. Le codeur pense qu'il n'apprend rien au lycée. En classe, il coupe la parole, il s'impatiente, parce qu'il a l'habitude de résoudre tous ses problèmes tout seul. Ce n'est pas du tout Agnan, le chouchou de la maîtresse, il est plus coriace que ça et d'ailleurs, la maîtresse ne l'aime pas.
Python de Nathalie Azoulai

Si l’idée est plutôt sympa, le bouquin finit par devenir laborieux lorsqu’il se perd à retracer l’historique de l’informatique.

Et de l’éblouissement, il ne reste finalement que quelques miettes entremêlées aux pensées et relations de l’autrice

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Nous nous apprêtons à déjeuner sur la terrasse de notre ami Pierre, nous sommes une dizaine de convives. C'est un beau jour de juin, ensoleillé, pas trop chaud, un jour qui donne envie de vivre longtemps.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les machines du monde tournent grâce à des programmes informatiques qu'on appelle le code. J'ai passé l'âge mais je veux apprendre à coder. En Python, à cause du nom, mais surtout pour comprendre ce qui se passe sous les doigts des codeurs qui pianotent jour et nuit. Car les codeurs sont optimistes, à défaut d'aimer la vie, ils aiment le futur, l'avenir commence ici.

- Très bien, alors écris un biopic, l'histoire d'un codeur qui fait fortune, ce sera romanesque, les gens aiment ça.

- Non, je veux comprendre comment ça marche.

Par où commencer ?

Je ne sais pas, je me noie, mais Python m'obsède alors je m'obstine. Je prends des cours, je me faufile parmi des bataillons de geeks. Python devient le nom d'une initiation, de cette soute où je descends pour mieux voir vivre entre eux les garçons.

Et Dieu riait beaucoup

Joann Sfar est un surdoué prolifique. Malheureusement, prolifique, il l’est peut-être un peu trop et parfois… reste un sentiment de brouillon, de premier jet mal corrigé, d’inabouti. Et là, ben ouais ! Zut !

Ils ne parvenaient pas à s'empêcher de marcher côte à côte. Le juif d'extrême droite et le juif bien-pensant accéléraient et ralentissaient leur cadence au même moment.
Loin au-dessus, Dieu riait beaucoup.
Et Dieu riait beaucoup de Joann Sfar

Alors, certes, je n’ai pas l’éducation religieuse suffisante pour bien tout comprendre. Et du judaïsme, ma foi… je n’en sais rien où pas grand chose que des généralités.

Pourtant, serais-je passé à côté d’un grand chef d’oeuvre ? Et bien même pas, me semble-t-il, tant tout cela m’a vraiment semblé confus.

Dieu a-t-Il vraiment ri ?

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Chaque nuit, on asseyait le roi David à la terrasse de son palais. Il passait un moment à faire semblant d'y voir encore et nommait toutes les collines de son empire.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
C'est l'histoire de deux juifs dans un avion vide.
C'est aussi celle d'un homme qui quitte la France à la recherche de sa terre promise et ne la trouve pas.
On y croise un metteur en scène qui n'a plus rien à perdre, une comédienne armée d'un revolver, un polémiste juif d'extrême droite, un vétérinaire, un chien, un Joann Sfar, sans oublier le roi David et la Shulamite. Dans ce récit de pure fiction, chacun cherche sa place, même Dieu.
Lorsqu'on a des mauvaises idées, il faut parfois s'y accrocher obstinément, surtout quand c'est tout ce qu'il nous reste.

« Nous ne sommes pas éloignés de Dieu, il habite loin, c'est tout. »

La fille d’elle-même

Quelle misère, voilà que je me suis retrouvé à pleurer à chaudes larmes avec cette fille d’elle-même. Un texte d’une absolue beauté sur la (re)naissance d’une femme trans.

Je marche pieds nus sur les dalles des douches avec une démarche hasardeuse et embrumée. L'eau coule dans le drain et je me demande si je peux la suivre. Au sortir de la douche, je reviens au monde, purifiée pour un temps de l'angoisse de ne rien savoir.
C'est l'époque où je ne pose pas de questions, parce que je sais que personne n'a de réponses.
La fille d’elle-même de Gabrielle Boulianne-Tremblay

Un livre qui commence alors qu’elle est toute petite et que son entourage, sa famille ne voient en elle qu’un petit garçon. Ce livre témoigne du chemin, des difficultés, des violences, des rejets et des incompréhensions dont sont victimes les personnes trans.

Le lendemain, après m'être reposée, je consulte des forums de discussion. J'échange avec des femmes trans qui vivent en plein jour leur réalité et je pleure à les lire. C'était donc ça, depuis tout ce temps, ces malaises depuis l'enfance, cet inconfort, cette prison de chair qui n'en est finalement pas une. J'ai été une maison abandonnée et maintenant, je sens qu'elle peut être habitable.

Au risque de me répéter, voilà un livre sublime et parfois d’une grande violence. Il raconte la quête de soi avec beaucoup de tendresse pour cette petite fille qui ne se comprenait pas et de toutes les épreuves à traverser pour devenir une femme, pour devenir elle-même

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'école en briques rouges me fait penser à un immense cœur qui bat au milieu du village. Aujourd'hui, c'est la rentrée. C'est la première fois que j'en verrai l'intérieur. L'école est ceinturée de ces peupliers protecteurs qui ondulent sous le vent dans un mouvement hypnotique. Mon groupe s'enfonce dans la cour de récréation. Déjà, je cherche les lieux où je pourrai fuir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans un village à la lisière d’une forêt de conifères, une petite fille se sent différente ; tout le monde croit qu’elle est un garçon. Souliers toujours trop petits, coupe champignon, elle se fait traiter de fille manquée, fume des cigarettes pour ne plus grandir et traîne pendant toute son adolescence un garçon mort dans son portefeuille, jusqu’à ce qu’elle se donne naissance en quittant la terre à l’origine de sa tristesse.

Épopée identitaire, quête tant amoureuse que sociale, La fille d’elle-même s’insère dans la littérature de la transidentité, une lignée qui va des Métamorphoses d’Ovide à Orlando de Virginia Woolf, mais offre ici le paysage québécois avec son fleuve salé qui avale le mal et la douleur des filles rêvant de mettre le feu.

Prague

Histoire d’une passion qui ne veut pas dire son nom. C’est cru, rude, ça part doucement en vrille et difficile de voir vers où le tourbillon se dirige.

Je suis arrivée en premier au bar, le même qu'à l'habitude. J'ai reconnu la serveuse. Je l'avais déjà rencontrée dans un party où, encore une fois, j'avais pleuré, vomi, fait une conne de moi. Elle m'avait nettoyé le visage et les cheveux.
Prague de Maude Veilleux

Une autofiction qui goûte très authentique, avec style et rythme ! Pleine de questionnements et qui tente de n’en éviter aucun… ou presque, mais sera-ce le sujet du livre suivant.

Je n'en revenais pas de découvrir le sexe. Je croyais avoir tout compris. Je veux dire, pas dans la pratique, mais dans l'émotion. Je pensais avoir aimé, avoir désiré, mais je me rendais compte que ça pouvait être autre.

Un court roman comme une démonstration de l’adaptation hédonique. Impossible de rester éternellement en haut. Et comment faire ensuite ?

Finalement on y trouve la difficulté de tout embrasser. Et prendre dans ses bras peut aussi signifier qu’il faut laisser tomber ce qui s’y trouvait

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Nous avions commencé à parler de partir à Prague à la blague. Nous étions dans un bar, avions déjà bu pas mal. Je lisais Vérité et amour de Claire Legendre. Il adorait Milan Kundera. J'avais toujours rêvé de Prague sans trop savoir pourquoi. L'idée était venue comme ça. Nous avons payé nos verres, dit au serveur que nous partions en voyage la semaine suivante. Nous sommes sortis, avons traversé la rue jusqu'à son appartement et avons acheté les billets.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le livre avait beau parler du couple ouvert au début, ce n’était plus tout à fait le sujet.
Le sujet, c’était je-ne-sais-plus-trop-quoi. Le sujet, c’était mon angoisse à ne plus aimer quelqu’un qui m’avait sauvé, qui avait tout pour me plaire, qui m’aimait, que j’aimais. Ne plus aimer quelqu’un que j’aimais et aimer un autre, un imparfait, un inconnu. Ne plus aimer l’homme que je voulais aimer pour toujours.
J’hésite à l’écrire : ne plus aimer l’homme que j’avais voulu aimer pour toujours.

Ceci n’est pas un roman érotique

Après le jubilatoire et très érotique Il est 14h, j’enlève ma culotte, Zoé Vintimille propose un journal / bio / autofiction / roman (que sais-je et qu’importe). Une histoire de femme, sans pudeur mais pas forcément impudique.

Écrire
En rentrant chez elle, en fin de journée, elle se met à écrire. Les premiers mots qu'elle pose sont pour raconter la rencontre qui vient d'avoir lieu, les pieds dans l'eau, comme elle avait l'habitude de le faire par le passé avec chaque homme qui entrait dans sa vie.
Elle a toujours pris des notes, avant, sur ses rencontres avec les hommes. Au début sans autre but que de poser un peu de distance avec ce qui venait de se vivre, et pour se souvenir aussi, d'une phrase dite, d'une odeur, d'un détail, d'une sensation physique particulière éprouvée pendant le sexe. Et puis, également, ce besoin de faire récit, d'être bien certaine, en le figeant par des mots, que ce qui a eu lieu a vraiment eu lieu.
Ceci n’est pas un roman érotique de Zoé Vintimille

Alors que les premiers courts chapitres parlent d’«elle», elle laisse finalement tomber la distance et se met à écrire «je». Comme un besoin de cesser de se regarder, l’urgence de vivre et d’être présente.

Serais-je en train de tomber amoureuse? Est-ce que je suis capable de tomber amoureuse d'un homme qui n'a qu'un livre dans sa chambre, et qui de son propre aveu ne l'a lu qu'à demi? Je me dis petite saleté d'intello qu'est-ce que tu es snob.

Une femme, sa découverte de la sexualité, un mariage, des enfants… et tout s’emballe rien ne se maîtrise, la vie bouscule. Le sexe, l’amour… plus rien n’est clair

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Elle naît à 18h45, une dizaine de minutes avant son frère et deux bons mois avant terme. Elle est donc biologiquement l'aînée, mais il paraît que, concernant les naissances gémellaires, une sombre coutume attribuerait au second-né le bénéfice du droit d'aînesse.
Absurde.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Elle rencontre le sexe assez tard, si l'on tient en considération les statistiques établies. Vingt et un ans. Elle traînait cette virginité comme un boulet, rêvait d'entrer enfin dans la vraie vie, de découvrir le frisson, mais, rien à faire, ça ne venait pas. Il a bien fallu qu'elle prenne les choses en main. »

Partant d'une blessure amoureuse, la narratrice dévide sa vie et remonte au plus loin qu'elle peut, retraçant la façon dont elle a construit son rapport au sexe et à l'amour. Et comment elle s'y est révélée autant qu'enfermée. Joyeux, excitants, dérangeants, les tableaux tirés de son expérience racontent la vie d'une femme d'aujourd'hui : mère célibataire chahutée, quarantenaire qui revendique ses choix, sa sexualité et son goût des histoires